souffrance n.f.
suffering
Action de supporter péniblement.
Il s’agit d’un malaise émotionnel, affectif et thymique, plus ou moins intense, personnel à chacun, qui se développe en face d’une douleur ressentie comme non tolérable avec laquelle il s’intrique généralement. Cela concerne une insuffisance organique qui peut entraîner des dommages plus ou moins graves et peut produire de la douleur, celle-ci étant une réaction nerveuse plus ou moins perçue par la conscience. Il n’y a pas de douleur si l’organe ou l’être qui souffre n’a pas une structure nerveuse suffisamment développée : une plante peut souffrir mais on ne conçoit pas qu’elle puisse ressentir de la douleur comme un animal. L’anesthésie supprime seulement la douleur. Le traitement de la souffrance passe par des soins nutritionnels ou psychologiques. L’expression « douleur morale » est impropre : elle signifie plus exactement souffrance morale.
Étym. lat. sufferentia : action de supporter (déverbal de suffero : supporter)
→ douleur
souffrance cellulaire l.f.
cell distress
souffrance fœtale l.f.
fœtal distress
État qui se manifeste chaque fois que le fœtus est victime d'une insuffisance importante ou pro
La souffrance fœtale aigüe, contemporaine de l'accouchement, peut compliquer une souffrance chronique.
La souffrance fœtale chronique s'observe le plus souvent au cours d'une toxémie gravidique lorsqu'il y a implantation basse du placenta et en cas de malformation utérine ou de misère physiologique maternelle. Elle entraîne une hypotrophie fœtale qui peut être considérable et désastreuse lorsqu'il y a un retard de développement du système nerveux. Le nouveau-né possédant alors peu de réserves énergétiques, le risque d'hypoglycémie est important.
La souffrance fœtale aigüe s'observe chaque fois que les échanges respiratoires et métaboliques ont été entravés, voire abolis, p. ex. au moment de la naissance. La cause peut être un hématome rétro-placentaire, un placenta prævia très hémorragique, un collapsus ou une hypoxie chez la mère, une procidence du cordon, des difficultés lors de l'extraction, une hypertonie utérine spontanée ou provoquée par les ocytociques : beaucoup d'enfants naissent alors en état de mort apparente. Pendant l'extraction, des signes peuvent annoncer une souffrance aigüe : ce sont, par ordre chronologique, une accélération de la fréquence cardiaque du fœtus, puis une bradycardie et enfin l'expulsion de méconium dans le liquide amniotique. L'asphyxie provoque des mouvements respiratoires prématurés du fœtus qui inhale alors ce liquide : il en résulte un effet délétère sur ses alvéoles. Si le liquide est chargé de méconium la situation est plus grave car il y a inhalation de corps étrangers particulièrement visqueux et obstructifs.
En cas de souffrance fœtale, on constate à la naissance une hypoxie profonde, une acidose métabolique majeure avec souvent une forte hyperlactacidémie. Le score d'Apgar est très bas. Une attention particulière doit alors être portée au risque d'hypoglycémie.
→ Apgar (score d'), hématome rétro-placentaire, mort apparente du nouveau-né, placenta prævia, toxémie gravidique, retard de croissance intra-utérin, hypotrophie fœtale,
souffrance fœtale aigüe l.f.
acute foetal distress
État correspondant à la suppression temporaire de l’apport d’oxygène au fœtus.
Elle peut survenir pendant la grossesse, lors d’un hématome rétro-placentaire ou d’une hypotension maternelle. Elle se produit le plus souvent pendant le travail, à cause d’une compression ou d’une procidence du cordon, d’une hypercinésie ou d’une contracture du myomètre, ou enfin de l’altération du placenta, p. ex. par une toxémie gravidique. Elle provoque une triple réaction fœtale : une réponse cardiovasculaire, qui s’exprime surtout par un ralentissement du rythme cardiaque fœtal, d’autant plus profond et durable que l’hypoxie est plus sévère ; une émission de méconium dans le liquide amniotique ; une acidose à dominance métabolique ou respiratoire selon les cas, avec une baisse de la PO2, du pH, une élévation de la PCO2 et des lactates dans le sang fœtal qui s’évaluent par un microprélèvement de sang sur le cuir chevelu du fœtus et, plus récemment, par un oxymètre de pouls fixé sur la face du fœtus. Le seul traitement en cas de souffrance fœtale aigüe confirmée est l’extraction fœtale.
souffrance fœtale chronique l.f.
chronic foetal distress
État correspondant à une altération progressive de la croissance et de la vitalité du fœtus in utero.
Elle peut être due à une cause embryonnaire ou fœtale : une malformation fœtale par anomalie chromosomique ou par tératogenèse, p. ex. une embryopathie virale (rubéole, infection à cytomégalovirus) ou parasitaire (toxoplasmose). Elle peut être la conséquence d’une intoxication chronique maternelle par le tabac, l’alcool ou les stupéfiants. Elle peut être secondaire à une maladie maternelle, p. ex. une toxémie gravidique. Dans un tiers des cas elle est idiopathique. Elle se traduit cliniquement par un retard de croissance intra-utérin, une hauteur utérine trop faible pour le terme de la grossesse. A l’échographie, la circonférence abdominale du fœtus et la longueur du fémur sont d’abord réduites puis, au stade ultime, le diamètre céphalique bipariétal. La vélocimétrie Doppler montre une réduction du flux dans les artères ombilicales, dans les artères utérines en cas de maladie vasculaire de la mère, et dans les artères cérébrales du fœtus en cas d’atteinte très sévère. La perte de la variabilité du rythme cardiaque à l’enregistrement cardiotocographique indique un risque imminent de mort fœtale in utero et l’urgence d’une extraction fœtale. Pour les fœtus viables et non malformés, le seul traitement est en effet l’extraction fœtale.
→ retard de croissance intra-utérin, hypotrophie fœtale, cardiotocographie
souffrance néonatale l.f.
neonatal distress
Altération des fonctions vitales du nouveau-né à la naissance.
Conséquence d’une souffrance fœtale aigüe sévère, elle se traduit à des degrés divers par une perte de l’activité cardiaque, respiratoire ou musculaire du nouveau-né, dont le score d’Apgar exprime la gravité, et que quantifie la mesure des gaz du sang au cordon (pH, pO2, pCO2, excès de base, et lactates). Elle réalise au pire une mort apparente du nouveau-né. Elle justifie une prise en charge pédiatrique immédiate et une réanimation qui restaure une dynamique circulatoire par le massage cardiaque externe, une hématose par la ventilation assistée avec ou sans intubation trachéale, une correction de l’acidose métabolique par la perfusion de bicarbonate semimolaire.