dysharmonie évolutive psychopathologique l.f.
developmental dysharmonia
Dénomination employée par des psychiatres psychanalystes, sans qu'en soient toujours précisés le contenu ni les limites, et qui rend compte des difficultés rencontrées à cerner dans leurs mécanismes et leur évolution des perturbations complexes de l'enfant.
Ce cadre rassemble des présentations et des modes de regroupement disparates. En situant la place importante prise par certains traits structuraux dans une organisation qui reste fondamentalement "en mosaïque", on peut isoler les dysharmonies évolutives de structure psychotique, de type névrotique, celles faisant redouter une évolution vers la psychopathie et celles conduisant à une organisation déficitaire.
dysharmonie contractile de l'utérus l.f.
irregular contraction
Activité utérine inefficace, incoordination du premier degré.
autisme n.m.
autism
L'autisme et les troubles apparentés constituent un ensemble de syndromes actuellement regroupés dans les classifications internationales des maladies sous les termes «troubles envahissants du développement» (CIM 10) et plus récemment « troubles du spectre de l’autisme » (DSM 5), caractérisés par des fonctionnements particuliers qui altèrent dès les premières années de vie, avant 3 ans, la socialisation, la communication et l'adaptation.
Dans le domaine de la socialisation et de la communication, l'enfant semble seul dans son monde et pourrait faire penser qu'il est sourd. Il réagit avec les personnes comme si elles étaient des objets. Son contact oculaire est atypique. Sa mimique est pauvre. Le partage émotionnel lui est difficile. Il ne parle pas, ou, si son langage existe, il ne s'inscrit pas dans un échange, un dialogue avec autrui.
En ce qui concerne les facultés d’adaptation : le moindre changement dans son environnement peut provoquer chez lui angoisse et agressivité ; l'enfant est attaché à «l'immuabilité». Le répertoire de ses activités est réduit, répétitif. Il est parfois animé de mouvements stéréotypés, battements, rotations ou balancements d'une partie ou de l'ensemble du corps. Des réactions témoignant d’hyper ou hypo-réactivité sensorielle sont également très caractéristiques
Tous ces traits persistent à l'âge adulte. La variabilité de l'expression clinique résulte non seulement du degré d'autisme mais aussi de son association à d'autres troubles (retard mental, troubles moteurs, sensoriels et perceptifs, épilepsie...).
La prévalence de ce syndrome est l’objet de discussion ; le chiffre désormais admis est de 1 pour 150 avec classiquement 4 garçons pour une fille.
L'identification des signes précoces est un enjeu majeur de santé publique. Les symptômes peuvent être discrets ou méconnus. Vers trois ans, le tableau d'autisme peut être confirmé, défini par les altérations qualitatives du comportement qui constituent les critères de diagnostic des classifications internationales. La CIM10 doit être obligatoirement appliquée en France selon les recommandations de la Haute autorité de santé. Le diagnostic est clinique. Il n'existe aucun marqueur biologique validé à ce jour.
L’autisme touchant différents domaine du développement, il est essentiel de favoriser une prise en charge globale qui aura pour objectif l'acquisition de compétences sociales, du langage ou de moyens alternatifs de communication, d'autonomie…
Chaque individu avec autisme a son propre profil qui peut varier au cours de sa vie. Aucun protocole standard n'existe, toutefois plusieurs principes fondamentaux guident les stratégies éducatives, rééducatives, les pratiques de soins et d'intégration sociale :
- précocité de l'intervention,
- accessibilité des services éducatifs et de soins,
- diversité des méthodes et moyens mis en œuvre,
- évaluation des besoins tout au long de la vie,
- l'implication de la famille partenaire et continuité du suivi garanti par un dossier personnalisé régulièrement mis à jour.
Le Comité consultatif national d’éthique a souligné, en 2007, la nécessité d’appuyer les pratiques sur un socle de connaissances issues de la recherche.
L. Kanner, pédopsychiatre américain (1943) ; H. Asperger, pédopsychiatre autrichien (1938 et 1944)
Étym. gr. autos : soi-même
Syn. troubles envahissants du développement, troubles du spectre de l’autisme
→ autisme (modèles physiopathologiques)
[H3]
Édit. 2018
autisme (modèles physiopathologiques) l.m.p.
Les examens neuro-fonctionnels spécialisés, psychologiques et cérébraux, mettent en évidence des altérations du décodage de l'information sensorielle, motrice et émotionnelle.
Certains résultats des études sur les fonctions neurophysiologiques à la base des interactions sociales confirment les liens entre :
- défaut de réciprocité sociale et activation atypique des «systèmes miroirs» ;
- trouble de la communication et anomalie du traitement cortical de l'information sensori-motrice ;
- intolérance au changement et réactivité anormale du cortex cérébral aux événements inhabituels.
Ces anomalies du fonctionnement des réseaux neuronaux ont un impact majeur sur la perception d’autrui, de leurs intentions, de leurs émotions et de leurs réactions. Ces hypothèses «neuronales» rejoignent les modèles proposés par les psychologues décrivant les particularités du fonctionnement intellectuel et relationnel dans ce syndrome. Des travaux concernent actuellement la mise en évidence de corrélats cérébraux des déficits de l'empathie, de la théorie de l'esprit (« theory of mind »), de la fonction exécutive, de la cohérence centrale. Cette double approche réunit les cliniciens non seulement sur les modèles neuro-psycho-physiologiques mais aussi sur des propositions éducatives et thérapeutiques.
Il ne fait plus de doute que les facteurs génétiques contribuent fortement à la survenue de l'autisme. Du fait de la forte hétérogénéité clinique du syndrome autistique, il est nécessaire de constituer des sous-groupes homogènes à partir de variables phénotypiques cliniques et biologiques comme la taille du crâne, l'existence d'une régression du développement, l'épilepsie, les troubles du sommeil... Certaines caractéristiques électro-physiologiques (EEG, potentiels évoqués corticaux) s'intégreront certainement dans cette série de marqueurs.
La combinaison des approches cliniques, de neuro-imagerie et de génétique moléculaire vont permettre d'identifier des périodes critiques du développement cérébral et des fonctionnements neuronaux cibles. L'hypothèse de perturbations de la connectivité avec anomalie des structures et fonctions syn.aptiques est actuellement avancée.
→ autisme
troubles du spectre de l'autisme l.m.p.
Dénomination actuelle de la DSM 5 (diagnostic and statistical manual or mental disorders) regroupant l’ensemble du syndrome d’autisme.
→ autisme, autisme (modèles physiopathologiques)
cataracte nucléaire diffuse non évolutive l.f.
nuclear diffuse non progressive cataract
Cataracte à opacité limitée au noyau nucléaire fœtal et ressemblant à la sclérose nucléaire sénile.
Cette cataracte est non évolutive et rarement récessive. L’affection est autosomique dominante (MIM 116300).
A. Vogt, ophtalmologiste suisse (1931)
[P2,Q2]
phase évolutive du cancer du sein l.f. (PEV)
inflammatory breast cancer
Paramètre servant à désigner le degré d'évolution du cancer du sein.
Il est utilisé en complément de la classification TNM pour définir succinctement le pronostic de la tumeur et guider la stratégie thérapeutique. La classification PEV comporte 4 stades de gravité croissante :
- PEV 0 : tumeur peu évolutive, sans manifestation inflammatoire,
- PEV 1 : tumeur ayant doublé de volume en moins de 6 mois,
- PEV 2 : présence de signes inflammatoires péri-tumoraux,
- PEV 3 : inflammation de l'ensemble du sein, réalisant le tableau de la mastite aigüe carcinomateuse.
pression évolutive l.f.
evolutive pressure
Au sein d'une population, phénomène susceptible de modifier les fréquences alléliques.
Elle peut résulter de divers mécanismes tels que la sélection naturelle, la migration, la dérive génétique aléatoire, etc.
affirmation de soi l.f.
assertiveness
Ensemble des comportements affirmés d'un individu placé en situation sociale.
Les comportements affirmés se distinguent à la fois des comportements agressifs (expression inadaptée d'hostilité, imposition de ses points de vue sans respect de l'interlocuteur) et des comportements passifs (pas d'expression de ses opinions ni de ses souhaits, soumission à ceux de l'interlocuteur).
L'affirmation de soi, outre sa dimension essentiellement comportementale, s'accompagne en général d'un faible niveau d'anxiété sociale pour l'individu. La classification, somme toute assez simpliste, des comportements en trois grandes catégories (affirmés, passifs et agressifs) est parfois contestée au profit du concept plus global de compétence sociale ou d'habileté sociale.
Syn. assertivité
→ entraînement à l'affirmation de soi
[H3]
Édit. 2020
affirmation de soi (entraînement à l') l.m.
assertiveness training
Forme de psychothérapie comportementale dont l'objectif est de faire acquérir à l'individu des comportements affirmés dans diverses situations sociales, en lui apprenant parallèlement à réduire ses comportements agressifs et passifs.
L'entraînement se fait essentiellement sous la forme de jeux de rôle comportementaux où, sous la direction du thérapeute, le sujet apprend à modifier progressivement ses comportements non verbaux et verbaux. Les principales situations travaillées concernent des domaines aussi variés que refuser quelque chose à quelqu'un, faire une demande, exprimer son mécontentement ou répondre à une critique. L'entraînement se poursuit en dehors des séances thérapeutiques sous la forme de "tâches" à effectuer en milieu réel. Il s'effectue le plus souvent en groupe, mais il est possible d'appliquer ces techniques dans le cadre de la prise en charge individuelle d'un patient.
→ modeling (thérapie par), affirmation de soi
[E1,H3,H4]
Édit. 2017
différenciation du soi l.f.
self-differentiation
Différenciation du moi d'un sujet en fonction de son niveau d'individualisation sur le plan affectif et intellectuel, à partir de l'indifférenciation familiale fondatrice.
M. Bowen, psychiatre américain (1984)
non-soi n.m.
non-self
→ immunité
soi n.m.
oneself
Par approximation, mot parfois utilisé indistinctement à la place du "moi".
Plus strictement, en psychanalyse, là où le moi est défini comme la structure fonctionnelle inconsciente, le soi en serait la fonction préconsciente. Il est, alors, à considérer comme étant le siège de l'unité et de la continuité de la personne : à la fois représentant et garant de l'unité fonctionnelle du moi.
→ "self"
soi modifié l.m.
altered oneself
En biologie, concept selon lequel une molécule antigénique de l'organisme peut être modifiée par addition d'un élément exogène (ex : haptène), par modification de glycosylation, par mutation ou par modification conformationnelle.
Cette molécule peut alors être reconnue comme antigénique par les lymphocytes T ou B de l'organisme.
proto-soi n.m.
proto-self
Terme utilisé pour désigner l’information préconsciente la plus élémentaire de soi.
La fonction du proto-soi qui est très précoce dans le développement du système nerveux central, est de détecter et enregistrer, à chaque instant, les changements physiques internes qui perturbent l’homéostasie. Elle est commune à de nombreuses espèces. C’est sur elle que se bâtissent les étapes suivantes de « conscience noyau » et « conscience étendue ». A Damasio en donne la définition suivante : « coherent collection of neural patterns which map moment-by-moment the state of the physical structure of the organism ».
Antonio Damasio né à Lisbonne en 1944, directeur de l'Institut pour l'étude neurologique de l'émotion et de la créativité de l'université de la Californie méridionale (University of Southern California) depuis 2005.
[H4]
Édit. 2018