Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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région rolandique l.f.

rolandic area

Région fonctionnelle sensori-motrice, centrée sur le sillon central de l’hémisphère cérébral et délimitée par les sillons pré- et postcentraux, correspondant au gyrus précentral et au gyrus postcentral au niveau de la convexité, se poursuivant par le lobule paracentral sur la face médiale.
Le cortex moteur primaire (aire 4 de Brodmann - FA ou gyrus précentral, et partie antérieure du lobule paracentral - M1) est un idiocortex agranulaire caractérisé par la présence de cellules pyramidales géantes retrouvées dans la couche V (cellules de Betz), impliqué dans le déclenchement des mouvements de l'hémicorps controlatéral. Les cellules pyramidales sont à l'origine de l'essentiel des fibres de la voie cortico-spinale ou pyramidale commandant les mouvements volontaires fins distaux et notamment des fibres cortico-motoneurales directes des muscles de la main. Le cortex moteur primaire est également à l'origine de voies extrapyramidales qui relaient à différents étages (noyaux de la base, tronc cérébral) et qui commandent des synergies larges en flexion ou extension de l'ensemble d'un membre.
L'aire somato-sensitive primaire (S1) ou aire de projection des sensibilités élémentaires (aires 3, 2, 1 de Brodmann - PA ou gyrus post-central, et partie postérieure du lobule paracentral) est un koniocortex granulaire somesthésique caractérisé par un développement abondant des grains dans la couche IV avec envahissement des couches III et V et par la disparition des cellules pyramidales. EIle est impliquée dans la perception discriminative des modalités élémentaires de la somesthésie.
La représentation corticale s'effectue selon une carte somato-topique (homonculus moteur et somato-sensitif de Penfield) et l'importance physiologique des diverses parties de chaque hémicorps controlatéral.
Cette région représente un couple fonctionnel ou servomécanisme, siège du réflexe transcortical ("functional stretch reflex"), qui adapte la réponse musculaire à une stimulation proprioceptive transitant par le cortex moteur. Les neurones pyramidaux forment avec leurs afférences somesthésiques des modules sensori-moteurs mis en jeu dans la commande des muscles controlatéraux lors du déplacement articulaire ou du maintien de position. Ces modules sont sous le contrôle de structures (néocervelet, noyaux de la base, aires associatives et région prémotrice) qui déterminent le choix des modules, le moment de leur activation et le gain du réflexe (Massion).

Syn. région centrale

artère du sillon rolandique l.f.

artère du sillon central

artère rolandique l.f.

artère du sillon central

épilepsie rolandique l.f.

benign chilhood epilepsy with centrotemporal spikes

Syndrome épileptique fréquent, âge dépendant, observé uniquement chez l'enfant, se manifestant par des crises partielles (sensorimotrices et touchant électivement la sphère buccofaciale), et des anomalies EEG à type de pointes lentes en regard de la région centrotemporale.
Fait partie du cadre des épilepsies partielles idiopathiques. Sa composante génétique est certaine.
Début entre 2 et 13 ans chez des enfants normaux, sans déficit neurologique ni intellectuel. Les crises sont en règle peu fréquentes, évocatrices par la symptomatologie et leur horaire de survenue, souvent en rapport avec le sommeil (endormissement, réveil). L'EEG est caractéristique (pointes centrotemporales), fortement activé par le sommeil lent. Une association est possible avec des anomalies généralisées.
Un traitement n'est pas toujours indispensable, compte tenu de la disparition sans exception de l'ensemble clinique et EEG à l'adolescence.

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

Syn. épilepsie à paroxysmes rolandiques, épilepsie partielle bénigne à paroxysmes centrotemporaux

[H1,O1, Q2]

Édit. 2020

sillon post-rolandique l.m.

sillon postcentral

sillon rétro-rolandique l.m.

sillon postcentral

syndrome rolandique l.m.

rolandic syndrome

Ensemble de manifestations dues à une atteinte des régions corticales voisines du sillon central de l’hémisphère cérébral : gyrus précentral et gyrus postcentral, opercule fronto-pariétal, lobule paracentral.
La sémiologie paroxystique comporte surtout : des crises somatomotrices souvent d’emblée cloniques, plus ou moins étendues de l’hémicorps opposé, parfois non limlitées à celui-ci, des crises motrices bravais-jacksoniennes, les plus classiques mais peu fréquentes (10%) ; un syndrome de Kozhevnikoff; de rares crises somatosensitives.
La sémiologie déficitaire peut être motrice, plus ou moins pure, parfois partielle, souvent distale, ou sensitive, touchant les sensibilités tactile et douloureuse, la discrimination tactile et le sens de position segmentaire, mais habituellement sans démarcations nettes.
Il est possible de distinguer des syndromes : operculaire avec notamment, paralysie faciale de type central et parésie pharyngolaryngée controlatérales dans les formes unilatérales ; du lobule paracentral, épargnant la face avec prédominance au membre inférieur et à la racine du membre supérieur ; de l’angle supérieur de l’hémisphère, avec déficit prédominant à la racine du membre supérieur, parfois également du membre inférieur.
Les étiologies sont le plus souvent vasculaires (infarctus dans les territoires des branches de l’artère cérébrale moyenne), sinon tumorales.

A. Y. Kozhevnikov, neurologue russe (1894)