radioactivité n.f.
Propriété physique de certains nucléides de présenter des désintégrations nucléaires spontanées aléatoires avec émission d'une particule chargée (en général β+ ou β- ou particule α), souvent suivie de l'émission de photons γ
La probabilité qu'a un atome donné, ou nucléide, de se désintégrer par unité de temps porte le nom de constante radioactive de symbole λ. Un nombre N d'atomes radioactifs identiques décroît, en fonction du temps t, à partir d'une valeur N0, selon la loi exponentielle N=N0 ∙ e- λt c'est-à-dire avec une période T répondant à λT=ln2=0,693. On appelle activité le produit λN qui représente un nombre moyen de désintégrations par unité de temps et que l'on utilise comme grandeur quantitative de la radioactivité d'une préparation; l'unité d'activité est le becquerel (Bq) correspondant à une désintégration par seconde ; le curie (Ci) est une unité ancienne établie à partir de 1 g de radium 226 en équilibre avec sa descendance, 1 Ci = 37.109 Bq.
La radioactivité naturelle des sels d'uranium a été découverte par Henri Becquerel le 1er mars 1896 et l'isolement du radium réussi par Pierre et Marie Curie en 1898. La production de radioéléments artificiels a été initiée en 1934 par Irène et Frédéric Joliot-Curie (Prix Nobel de chimie en 1935).
radioactivité alpha l.f.
α radioactivity
Désintégration d'un atome radioactif accompagnée de l'émission d'une particule α (noyau d'hélium).
Sans intérêt en imagerie en raison du faible parcours de la particule émise, l'émission α est caractérisée par une action radiobiologique élevée, ce qui explique son importance en matière de radiotoxicité concernant des éléments tels que plutonium, radium, radon et thorium. Récemment, on a essayé de l'utiliser en radiothérapie métabolique.
radioactivité bêta moins l.f.
β_ radioactivity
Désintégration d'un atome radioactif accompagnée de l'émission d'une particule β- (électron négatif ou négaton).
Responsable d'effets radiobiologiques d'ailleurs utilisés en radiothérapie, l'émission β- en diagnostic accompagne malheureusement certaines émissions photoniques de radioéléments ; elle en rend l'utilisation beaucoup plus difficile en scintigraphie, comme c'est le cas pour l'iode 131, le plus ancien des éléments radiopharmaceutiques.
→ bêtathérapie, bêtatron, particule β
radioactivité bêta plus l.f.
β + radioactivity
Désintégration d'un atome radioactif accompagnée de l'émission d'une particule β+ (électron positif ou positon).
L'interaction d'une particule β+ avec la matière aboutit, après un parcours très bref, à l'apparition simultanée de deux photons de 511 keV émis à 180° l'un de l'autre. Cette particularité directionnelle, associée à la possibilité de n'enregistrer que des paires de photons arrivant simultanément sur le détecteur tout en déterminant la direction commune des deux émissions (détection en coïncidence), résume le principe de fonctionnement des caméras à positons (tomographie par émission de positons) qui ne comportent pas de collimateur.
L'intérêt de cette radioactivité, réside dans la possibilité d'obtenir par cyclotron des radioisotopes émetteurs bêta+, à partir d'éléments légers entrant dans la constitution des molécules biologiques (oxygène 15, carbone 11 et azote 15), ou susceptibles de marquer ces molécules sans altérer de façon notable leurs propriétés métaboliques.
radioactivité d'un nucléide l.f.
activity of a radioactive body
Grandeur caractérisant une quantité de nucléides radioactifs par le nombre dN de désintégrations qui s'y produisent pendant une courte durée dt : l'activité A est définie par le quotient A = dN/dt.
Pour une quantité donnée de nucléides le nombre -dN de noyaux en désintégration pendant le temps dt est proportionnel au nombre total N de noyaux, soit dN/dt = - λ N. La constante λ est appelée constante radioactive. Cette équation différentielle a pour solution N = No e-- λt avec No le nombre total de nucléides au temps 0. Ainsi l'activité, A = λ N, décroit exponentiellement avec le temps selon une constante de temps τ = 1/λ.
Dans la pratique on utilise la demi-vie du radionucléide ou "période", T = 0,693 τ, temps au bout duquel la moitié des atomes du radionucléide se sont désintégrés.
L'unité internationale d'activité est le « becquere »l, 1 Bq = une désintégration par seconde. La petitesse de cette unité conduit généralement à utiliser ses multiples, kilobecquerel, kBq, mégabecquerel, MBq, gigabecquerel, GBq ou térabecquerel, TBq.
La « curie », ancienne unité d'activité, correspond à 3,70.1010 désintégrations par seconde : 1 Ci = 37 MB. Elle a été définie en 1912 comme l'activité d'un gramme de radium.
→ constante de temps, demi-vie des corps radioactifs, dose radioactive, exponentiel
radioactivité gamma l.f.
γ radioactivity
Désintégration d'un atome radioactif accompagnée de l'émission d'un photon d'origine nucléaire.
L'émission d'un photon, lors de la désintégration d'un radioélément, est à la base de la scintigraphie. L'énergie de ce photon doit être suffisante pour ne pas être trop absorbée par les tissus, mais pas trop élevée pour que l'absorption par les cristaux d'iodure de sodium du détecteur reste notable ; un compromis particulièrement intéressant est représenté par le technétium 99m à 140 keV.
→ caméra à scintillations, isomère, rayons gamma
médullosurrénales (scintigraphie des glandes) l.f.
suprarenal medulla scintigraphy
scintigraphie n.f.
scintigraphy
Méthode d'imagerie médicale utilisant le rayonnement d'un composé radioactif introduit dans l'organisme, puis détecté par voie externe, pour en suivre le cheminement et la fixation dans un but d'étude morphologique et/ou dynamique.
L'enregistrement des radiations émises était autre fois réalisé à l'aide d'un scintigraphe à balayage qui fournissait un document en vraie grandeur, mais en un temps long (une heure ou plus). On utilise actuellement une caméra à scintillations placée en regard de la région à explorer qui permet d'obtenir une image en quelques minutes. L'image obtenue sous une incidence donnée est une projection 2D (parallèle ou conique selon le type de collimateur utilisé) dite scintigraphie planaire ou scintigramme, dont le champ peut être restreint ou, à l'opposé, étendu au corps entier. L'obtention d'une série de projections sous des angles différents conduit, après reconstruction informatique, à une tomoscintigraphie. L'enregistrement, sous une même incidence, d'une série d'images successives et brèves constitue une scintigraphie dynamique.
La scintigraphie est très utilisée pour explorer différents organes : cerveau, thyroïde, poumon, cœur, foie, rein, rate, surrénales et squelette.
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
Syn. scintillographie
scintigraphie à balayage l.f.
sweeping scintigraphy
scintigraphie cardiaque l.f.
cardiac scintigraphy
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
[B2, B3, K1]
Édit. 2020
scintigraphie cérébrale l.f.
cerebral scintigraphy, brain scintigraphy, gammagraphy of the brain
Technique d'imagerie médicale non invasive destinée à détecter sur un mode externe et à représenter la distribution d'un traceur radioactif au sein du cerveau.
Ce traceur est composé d'un vecteur moléculaire et d'un marqueur radioactif permettant de localiser le premier.
Deux types d'appareils sont utilisés selon le rayonnement émis par le radioélément :
- les émetteurs de photons, imposant l'emploi d'une gamma-caméra pour la réalisation d'images de tomographie d'émission monophotonique (TEMP) ;
- la tomographie par émission de positons (TEP), effectuée avec une caméra à positons et des radioéléments émettant ce type de particules ; pour ne pas interférer avec la fonction explorée, des quantités très faibles de traceur sont injectées, grâce à la très grande sensibilité des appareils scintigraphiques.
L'application la plus courante est l'imagerie du débit sanguin cérébral, qui témoigne indirectement de l'activité et de la viabilité des cellules cérébrales. L'imagerie de tumeurs est réalisée par des analogues du potassium comme le thallium ou des acides aminés marqués. Enfin, surtout avec la TEP, l'imagerie de la neurotransmission rend compte du fonctionnement des synapses des divers systèmes présents dans le cerveau. Une information hautement sélective est donc obtenue. Ainsi, un diagnostic des syndromes parkinsoniens est réalisable à l'aide de ligands du transporteur présynaptique de la dopamine ou du récepteur D2.
Une limitation de la scintigraphie cérébrale tient au défaut de références anatomiques dans les images obtenues, car seules les structures fixant le traceur sont visibles. Désormais, des techniques de traitement d'image permettent de fusionner les images scintigraphiques avec celles issues de l'IRM. Celle-ci apporte sa très grande qualité anatomique pour la localisation de l'information scintigraphique.
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
Syn. gamma-encéphalographie, gammagraphie cérébrale
→ scintigraphie, tomographie par émission de positons, tomographie par émission monophotonique,TEMP, TEP
scintigraphie corps entier l.f.
whole body scintigraphy
Scintigraphie réalisée à l'aide d'un dispositif, en général à balayage, permettant, par des mouvements combinés de la tête de détection et du lit d'examen, d'augmenter le champ d'exploration d'une gammacaméra et de l'étendre à la dimension désirée.
Le radionuclide utilisé est généralement le technétium, mais aussi d'autres émetteurs à sélectivité osseuse (89strontium, 153samarium, 186rhénium).
Une technique récente est employée en imagerie in vivo, à la recherche d'éventuelles localisations cancéreuses, notamment osseuses; elle utilise le 18FDG (fluorodésoxyglucose) et la détection se fait par TEP (tomographie par émission de positons).
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
→ scintigraphie, TEP
scintigraphie d'absorption l.f.
absorption scintigraphy
Enregistrement, au moyen d'une gammacaméra, d'informations densitométriques permettant d'effectuer les corrections d'atténuation d'une tomoscintigraphie pour la rendre quantitative.
La technique consiste à faire balayer le champ d'exploration par une source radioactive externe, d'émission analogue à celle du traceur introduit dans l'organisme et dont le rayonnement traverse cet organisme avant de parvenir à la caméra.
Cette technique peut être appliquée en SPECT comme en TEP.
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
→ SPECT, TEP, scintigraphie
scintigraphie des cavités cardiaques l.f.
multigated cardiac scintigraphy
Scintigraphie dynamique réalisée après administration d'un traceur radioactif demeurant intravasculaire.
On réalise une série d'enregistrements successifs de très courte durée pour obtenir des images du début à la fin du cycle cardiaque d'une systole à la systole suivante.
La scintigraphie myocardique permet d’évaluer la perfusion myocardique (c’est-à-dire la qualité de l’irrigation par les artères, les coronaires), et ainsi de faire le diagnostic de maladie coronaire. Cet examen a des performances supérieures au test d’effort seul et équivalentes à l’échocardiographie sous dobutamine (ou d’effort).
Elle renseigne aussi sur le fonctionnement du muscle cardiaque, c’est-à-dire sur sa contractilité globale (la fraction d’éjection ventriculaire). Il peut aussi étudier le métabolisme cellulaire en particulier évaluer la viabilité myocardique : par exemple, après un infarctus du myocarde, il s’agit de voir s’il subsiste au niveau de l’infarctus des zones encore viables donc qui peuvent récupérer une certaine contraction.
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
Syn. angiocardiographie isotopique, ventriculographie isotopique
→ scintigraphie, scintigraphie myocardique
[B2, B3, K2]
Édit. 2020
scintigraphie des glandes salivaires
salivary glands scintigraphy
Ses principales indications sont les hypo ou asialies (syndrome de Gougerot-Sjögren, sarcoïdose, séquelles de radiothérapie…), les tumeurs salivaires (cystadénolymphome ou tumeur de Whartin) ou l’identification de masses cervicales hautes.
Cette scintigraphie, où le radiopharmaceutique utilisé est le Technétium 99m, est réalisée au repos puis après stimulation salivaire par ingestion de produit acidulé (jus de citron…).
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
→ syndrome de Gougerot-Sjögren, syndrome sec, scintigraphie
scintigraphie des récepteurs l.f.
receptor scintigraphy
Scintigraphie réalisée, en recherche biologique, à l'aide de substances marquées se fixant électivement sur des récepteurs normaux ou pathologiques.
Elle peuvent être marquées soit à l'aide d'un émetteur de photons (par exemple octréotide marqué à l'indium 111), soit à l'aide d'émetteurs de positons.
Cette technique est particulièrement utilisée pour l'étude des récepteurs cérébraux.
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
scintigraphie des corticosurrénales l.f.
suprarenal cortex scintigraphy
→ scintigraphie, cholestérol marqué, iodocholestérol
[B2,O4]
scintigraphie du squelette l.f.
skeletal scintigraphy
scintigraphie dynamique l.f.
dynamic scintigraphy
scintigraphie ganglionnaire l.f.
lymph node scintigraphy
→ scintigraphie, lipiodol ultrafluide, technétium 99m
scintigraphie gastrique l.f.
gastric scintigraphy
Scintigraphie dynamique de l'estomac après absorption d'aliments solides ou liquides marqués par un radioisotope, voire après ingestion des deux en utilisant un double marquage.
Technique obsolète, elle permettait d'étudier des troubles fonctionnels, dont le dépistage d'un reflux gastro-œsophagien, et d'apprécier l'effet d'agents pharmacologiques ou de certains traitements médicaux ou chirurgicaux.
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
scintigraphie hépatique l.f.
hepatic scintigraphy
Étude morphologique du foie à l'aide d'un isotope radioactif, largement utilisée à une période, mais tombée en désuétude à l'apparition de l'imagerie moderne (échographie, scanographie, IRM).
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
scintigraphie lymphatique l.f.
lymphatic scintigraphy
→ scintigraphie, lipiodol ultra fluide, technétium 99m
scintigraphie myocardique l.f.
cardiac scintigraphy
Méthode d’exploration de la vitalité du myocarde étudiant la fixation par celui-ci d’un isotope radioactif à l’aide d’une gamma caméra à scintillation.
Le traceur utilisé est un émetteur de rayonnement gamma ayant un tropisme particulier pour le myocarde ; plusieurs sont utilisés, le plus fréquent étant le 201thallium. Les images sont enregistrées dans un seul plan (scintigraphie planaire) ou par un procédé de coupes tomographiques (tomoscintigraphie), soit au repos, soit après un effort. Le but de la scintigraphie myocardique est de déceler et de délimiter les zones mal ou non irriguées par suite d’un infarctus du myocarde.
L'examen est le plus souvent réalisé à l'occasion d'une épreuve d'effort (ou d'un test pharmacologique) afin de démasquer une éventuelle ischémie et d'apprécier sa réversibilité. Il peut être utilisé dans un but de dépistage d'une insuffisance coronarienne ou, plus souvent, pour apprécier son retentissement et guider la stratégie thérapeutique, mais également en cancérologie pour recherche de tumeur cardiaque.
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
Syn. scintigraphie cardiaque
→ scintigraphie, scintigraphie des cavités cardiaques
[B2, B3, K1]
Édit. 2020
scintigraphie osseuse l.f.
bone scintigraphy
Technique d'imagerie du squelette utilisant un radio-isotope lié à une molécule ayant une forte affinité pour le tissu osseux.
Actuellement, on utilise le méthyldiphosphonate marqué au technetium99. Après injection intraveineuse, le diphosphonate a une fixation osseuse maximale entre 2 et 3 heures après l'injection. Deux types d'images peuvent être obtenues : des images vasculaires précoces et des images osseuses plus tardives où l'isotope se concentre plus particulièrement dans l'os réactionnel en voie de minéralisation. La scintigraphie osseuse est utilisée en cas de tumeurs osseuses malignes ou bénignes (ostéome ostéoïde), dans la recherche de métastases osseuses et pour le diagnostic d'algodystrophie, de maladie de Paget ou d'infections osseuses.
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire