prélèvement d'organe l.m.
organ harvesting
Prélèvement chirurgical fait en vue d'une transplantation, sur un donneur en état de mort cérébrale et effectué sur un seul organe (rein par ex.) ou plusieurs (rein, pancréas, foie, poumons, cœur) ou beaucoup plus rarement chez un donneur vivant volontaire apparenté ou éventuellement non apparenté conformément aux règles en vigueur et alors seulement pour les organes pairs ou régénérables (rein, foie, poumon).
Pour que le transplant ait une bonne viabilité il est nécessaire que le prélèvement soit lui-même en bon état. Si le sujet est en état de mort cérébrale, son histoire doit être connue, la mort cérébrale doit avoir été dument constatée et la déclaration de décès faite, un bilan complet doit avoir été fait et enfin des soins ininterrompus de réanimation doivent avoir été prodigués pour maintenir les organes choisis en bon état de fonctionnement jusqu'au moment du prélèvement. Les conditions préalables au prélèvement sont codifiées dans des règles de bonne pratique suivant les principes de l'assurance qualité qui ont fait en France l'objet d'une réglementation précise (CSP art. L.1231-1 à 1235-7 – Loi n°2004-800 du 6 août 2004).
L'hématose et l'hémodynamique du donneur doivent être correctement assurées : on utilise souvent la dopamine pour améliorer la perfusion des organes, notamment pour le foie. Un diabète insipide est fréquent, il doit être contrôlé pour éviter des déséquilibres humoraux. L'usage de la thyroxine a été préconisé, elle améliorerait la viabilité de certains prélèvements. Des progrès sont encore à espérer dans les soins au donneur afin d'améliorer la résistance du greffon à l'hypoxie et pour diminuer les effets défavorables de sa reperfusion. Des prélèvements pour une recherche soigneuse des bactéries et des virus doivent avoir été effectués chez le donneur. Cette recherche est indispensable pour éviter toute contamination et elle peut être très précieuse pour instituer un traitement éventuel du transplanté.
Le transplant doit satisfaire à cinq conditions :
1) Immunité : un minimum de compatibilités entre donneur et receveur est nécessaire. La tolérance large pour les greffes de foie (groupes sanguins compatibles), est beaucoup plus étroite pour les autres organes.
2) Innocuité : le greffon ne doit pas transmettre de maladie.
3) Efficacité : certaines maladies métaboliques (hyperammoniémie, oxalose) contrindiquent la greffe de foie.
4) Viabilité : les greffons douteux (infection préexistante, intoxication ou altération liée à l'épisode létal) ainsi que ceux provenant de donneurs trop âgés sont à rejeter.
5) Légalité : le donneur doit avoir exprimé au préalable son consentement par écrit. S'il s'agit d'enfants, il faut le consentement écrit des deux parents. Si l'enfant est donneur vivant il faut l'avis favorable d'un comité de sages et son consentement.