potentiels évoqués (PE) l.m.p.
evoked potentials
Potentiel électrique induit par une excitation d’un nerf sensitif (potentiel évoqué sensitif) ou moteurs et enregistré en face des zones sensorielles du cerveau ou au contact des nerfs étudiés (potentiels évoqués somesthésiques ou PES).
Le type de stimulation permet de distinguer les potentiels évoqués visuels (PEV), auditifs (PEA) et somesthésiques (PES).
Les PE sont de faible amplitude et nécessitent des techniques de « moyennage ». Le graphe obtenu comporte une abscisse en millisecondes et une ordonnée en microvolts. Les paramètres importants sont les latences et les amplitudes.
Les PE sont exploités en neurologie (sclérose en plaques notamment), ophtalmologie (PEV), ORL (PEA), réanimation (PE chez le comateux) et au bloc opératoire (contrôle de l'anesthésie, chirurgie vasculaire, neurochirurgie, chirurgie orthopédique médullaire). En orthopédie leur étude est faite surtout en cours d’intervention, sur le rachis en particulier, pour contrôler l’état neurologique de la moelle ou des racines nerveuses et peut mettre en évidence un blocage de la transmission nerveuse lors de la correction des déviations rachidiennes.
Les potentiels évoqués cognitifs sont des PE endogènes différents des PE classiques exogènes, dus à des stimultations externes.
Étym. Evoquer, en lat. médical (Rabelais) : faire venir, attirer à soi la connaissance d’une cause, de evocare : appeler à soi des troupes en particulier
potentiels évoqués cognitifs l.m.p.
cognitive evoked potentials
Type de potentiels évoqués endogènes liés à la réaction du sujet lors d'une stimulation sensorielle.
Une tâche mentale et/ou motrice doit être effectuée par celui-ci à chaque fois qu'une stimulation est appliquée (sensitive sur un index, généralement).
On distingue ainsi les potentiels évoqués cognitifs précoces et des composantes tardives (P300 ou onde P3, N400 ou N4).
Cette technique est utilisée dans l'exploration des démences.
potentiels évoqués du tronc cérébral l.m.p.
brainstem evoked potentials
Type de potentiels évoqués auditifs survenant dans les 10 ms suivant le stimulus.
Ils sont très utilisés dans les atteintes du tronc cérébral, les pathologies vasculaires et anoxiques et les hypertensions intracrâniennes.
potentiels évoqués moteurs du périnée l.m.p.
potentiels évoqués otolithiques l.m.
evoked otolithic potentials, ou vestibular evoked myogenic potentials
Potentiels électriques générés par le saccule en réponse à une stimulation acoustique forte.
Le saccule est l’un des deux organes otolithiques vestibulaires. Considéré comme un organe auditif vestigial, il peut être stimulé par une stimulation acoustique à type de click ou de short tone burst d’une intensité égale ou supérieure à 90 dB. Il répond par une contraction réflexe des muscles striés impliqués dans la posture de la tête et du corps (réflexe vestibulo-spinal). En pratique, l’activité électrique réflexe est enregistrée au niveau du muscle sterno-cleïdo-mastoïdien sous forme de deux ondes précoces, l’une positive P aux environs de 13 ms et l’autre négative N aux environs de 23 ms.
potentiels évoqués somesthésiques (PES) l.m.p.
somatosensory, somesthetic evoked potentials
Type de potentiels évoqués exogènes obtenus par une stimulation sensorielle somesthésique, destinés à explorer les voies sensitives.
La stimulation périphérique peut se faire au membre supérieur (nerf médian ou cubital) avec cinq électrodes d'enregistrement allant du point d'Erb au scalp, et au membre inférieur (sciatique poplité interne ou sciatique poplité externe). Des stimulations peuvent être effectuées au niveau cutané de tout point du corps, par ex. digital, pénien et clitoridien.
Des variations de courbes sont notées de façon physiologique en fonction de la taille du sujet, de son âge, de sa température corporelle et des médications.
Les PES ont un intérêt dans les études des nerfs périphériques, des racines rachidiennes, des pathologies médullaires et encéphaliques.
potentiels évoqués somesthésiques du nerf honteux l.m.
potentiels évoqués visuels (PEV) l.m.p.
visual evoked potentials
Potentiels évoqués recueillis au niveau du cuir chevelu occipital après stimulation lumineuse de l'œil.
La décussation chiasmatique fait qu'une stimulation monoculaire fera naitre un potentiel dans les deux hémisphères.
On distingue les PEV obtenus au flash et ceux obtenus par damiers (échiquier lumineux : (PEVl). Les courbes des PEVl sont dominées par une positivité dont la latence est de 100 ms, normalement inférieure à 110 ms.
L'amplitude des ondes et le moment de l'apparition (latence) des PEV sont modifiés en cas de lésions situées sur les trajets périphériques ou centraux des voies visuelles. Technique très utilisée en pathologie ophtalmologique, mais surtout neuro-ophtalmologique et neurologique (sclérose en plaques notamment). La latence est augmentée en cas de névrite optique rétrobulbaire.
potentiels évoqués visuels (technique d'enregistrement des) l.f.
Enregistrement à distance de l’activité électrique des aires occipitales : des électrodes cutanées placées sur le cuir chevelu permettent de mesurer une différence de potentiel entre une électrode de référence située en regard de la mastoïde et une électrode située en regard de l’aire occipitale.
La stimulation est brève réalisée soit par un flash lumineux, et on obtient alors un PEV flash, soit par l’alternance d’une structure type damier, et on obtient alors un PEV damier.
potentiels tardifs ventriculaires l.m.p.
ventricular delayed potentials
Potentiels électriques multiples, d’origine myocardique, et préférentiellement formés à proximité d’une aire nécrosée, qui se projettent sur les premières millisecondes du segment ST de l’ECG.
De faible amplitude, ils sont identifiables soit par recueil des courants épicardiques, soit par un procédé spécifique d’électrocardiographie à haute amplification. Les potentiels tardifs ventriculaires contribuent au diagnostic et au pronostic des arythmies d’origine ventriculaire.