polynévrite alcoolique l.f.
alcoholic polyneuritis
Polyneuropathie périphérique, sensitivomotrice, diffuse et symétrique, compliquant un alcoolisme important et ancien, observée le plus souvent chez l’homme après 40 ans.
Dans sa pathogénie, à la possible action directe de l’alcool s’associent des désordres nutritionnels : carences vitaminiques essentiellement (B1 surtout mais aussi B6 et PP) et protidique contrastant avec des apports hydrocarbonés excessifs. Ils sont aggravés par divers facteurs pathologiques associés comme une denture médiocre, une gastrite alcoolique, un antécédent de gastrectomie.
Après un début long et relativement insidieux avec fatigabilité à la marche, crampes et douleurs nocturnes, encore réversible sous l’influence du traitement, s’installe un déficit moteur bilatéral et symétrique, limité le plus souvent aux membres inférieurs, de localisation distale, associé à des douleurs superficielles et profondes majorées la nuit, à une hypoesthésie superficielle, à une abolition des réflexes achilléens et à des troubles trophiques cutanés.
L’examen électromyographique et éventuellement la biopsie nerveuse révèlent des lésions axonales prédominantes devenant secondairement axonomyélinique.
La physiopathologie relève d’un mécanisme de dégénérescence rétrograde, dite de « dying back ».
L’affection peut s’associer à d’autres manifestations de l’alcoolisme : psychopolynévrite avec déficit moteur korsakovien, névrite optique rétrobulbaire, insuffisance cardiaque sensible à la vitaminothérapie.
L’abstinence, la reprise nutritionnelle, surtout un traitement thiaminique à doses élevées, la physiothérapie et la rééducation permettent de limiter les séquelles. Une prise en charge globale de la personne alcoolique est indispensable.