pneumothorax thérapeutique extrapleural l.m.
extrapleural pneumothorax
Décollement chirurgical du feuillet de la plèvre pariétale, suivie d'insufflation d'air régulièrement dans cette cavité artificielle.
L'indication de cette technique était posée lorsque la cavité pleurale présentait des adhérences telles que, après tentatives de sections de brides, un pneumothorax artificiel n'était pas réalisable. Ce pneumothorax extrapleural exposait à un risque hémorragique important.
Ce mode de traitement est abandonné depuis les années 1950.
syndrome extrapleural l.m.
extra pleural lesions
Terme souvent utilisé, mais à tort, comme synonyme de syndrome pariétal.
De manière stricte, sont extrapleurales toutes les structures au delà de la plèvre pariétale, c'est-à-dire non seulement la paroi thoracique mais aussi le médiastin et le diaphragme.
Quand elles empiètent sur le poumon, les tumeurs du médiastin et les hernies diaphragmatiques donnent les mêmes signes qu'une masse d'origine pariétale : opacité à limites nettes ayant un raccordement en pente douce avec le territoire dans lequel elles ont pris naissance.
pneumothorax n.m.
pneumothorax
Épanchement d'air entre les deux feuillets de la plèvre qui peut être spontané ou provoqué par un processus morbide, un traumatisme ou par l'insufflation thérapeutique d'un gaz.
Sur le cliché thoracique, le pneumothorax réalise une hyperclarté avasculaire, limitée en dehors par le gril costal et en dedans par le poumon souligné par un fin liseré dense répondant au feuillet viscéral de la plèvre. Dans la détection des formes difficiles, la sensibilité de la scanographie est plus élevée que celle de la radiographie standard.
L'épanchement peut intéresser les deux plèvres.
Le pneumothorax spontané, dit «idiopathique», est de beaucoup le plus fréquent. Il est dû à la rupture de petites bulles d'emphysème souspleurales qui prédominent à l'apex des poumons. Cette affection est, en règle, bénigne, mais la plupart des auteurs conseillent l'évacuation de l'air par un drain ou un cathéter, voire par simple exsufflation à l'aiguille. La récidive (30% des cas) dans les cinq années qui suivent, du même côté ou du côté opposé, justifie alors la chirurgie vidéo-assistée.
Le pneumothorax «à soupape» provoque un syndrome de compression médiastinale avec insuffisance ventilatoire aigüe causée par l'accumulation de l'air entrant à chaque inspiration dans la plèvre : du fait d'un mécanisme de clapet, cet air ne peut sortir à l'expiration suivante. L'évacuation en urgence s'impose.
L'hémopneumothorax associe les signes d'insuffisance respiratoire à ceux d'hémorragie interne, il est dû à la rupture intrapleurale d'une bride très vascularisée. Le traitement est chirurgical en urgence.
Il y a d'autres formes de pneumothorax spontané notamment dans les bronchopneumopathies chroniques obstructives, les emphysèmes pulmonaires avec ou sans bronchite et la tuberculose pulmonaire active.
Au cours d'un syndrome d'immunodépression acquise compliqué d'une pneumopathie à Pneumocystis carinii traitée par la pentamidine en aérosols, le pneumothorax est dû à la rupture de pneumatocèles et de gros kystes aériens souspleuraux.
Plus rarement le pneumothorax est dû à une pneumopathie granulomateuse ou interstitielle, florissante ou non, à une maladie de Marfan, à une lymphoangiomatose ou à une connectivite.
Le pneumothorax thérapeutique n'a plus qu'un intérêt historique, il était pratiqué naguère pour la collapsothérapie de la tuberulose pulmonaire.
Un pneumothorax résiduel, souvent induit, fait suite à une intervention cardiothoracique ou ORL basse. Il se résorbe en quelques jours. La chirurgie vidéoassistée du thorax nécessite la création d'un pneumothorax provisoire, par insufflation de CO2 qui se résorbe en général rapidement.
Un pneumothorax iatrogène peut se voir après une ponction pleurale, un cathétérisme de la veine sousclavière et surtout au cours de la ventilation mécanique par trachéotomie, intubation nasale ou orale (barotraumatisme), lorsque l'importance des résistances bronchiques ou le caractère réfractaire de l'hypoxémie justifient une pression positive permanente. Devenu plus rare avec l'emploi de l'hypercapnie contrôlée, ce type de pneumothorax est souvent d'un pronostic très mauvais, tant par lui-même que par le contexte étiologique.
J. M. Itard, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1803)
Étym. gr. pneuma : souffle, air ; thôrax : poitrine
→ emphysème pulmonaire, pneumothorax spontané, pneumothorax bridé, pneumothorax thérapeutique, pneumothorax traumatique, pneumothorax suffocant, hémopneumothorax, bride, bronchopneumopathie chronique obstructive, tuberculose pulmonaire commune, syndrome d\'immunodépression acquise, Pneumocystis carinii, maladie de Marfan, lymphangiome, connectivite, barotraumatisme, collapsothérapie, hypercapnie contrôlée
[K1]
Édit. 2018
pneumothorax artificiel l.m.
pneumothorax bridé l.m.
Irruption d’air par rupture d’une bulle dans une cavité pleurale libre où existe une petite bride, fixant le sommet du poumon à la cupule pleurale habituellement
La bride suspend le poumon. Elle contient une artériole issue d'un vaisseau de la paroi thoracique. Sous l'effet de l'hyperpression, la bride qui maintient béante la fistule aérienne se rompt entraînant un saignement dans la cavité pleurale (hémopneumothorax spontané).
Le saignement est minime, modéré ou parfois important; ce qui justifie la règle du drainage systématique d'urgence de toute pneumothorax bridé.
pneumothorax du nouveau-né l.m.
Pneumothorax qui est presque toujours le résultat d'un emphysème interstitiel ayant fusé vers le médiastin en dehors de rares cas d'origine traumatique (fracture de côte ou de la clavicule, geste effractif lors d'une ponction exploratrice ou d'un abord va
Il peut apparaître en ventilation spontanée sur un poumon inhomogène (après une détresse respiratoire transitoire, une maladie des membranes hyalines, une infection, une inhalation), ou après une ventilation au masque ou sur sonde trachéale. Il peut être iatrogène par barotraumatisme. Il se produit alors après un intervalle libre de 18 à 24 h, mais peut se manifester dramatiquement par une apnée ou même par un arrêt circulatoire.
Une distension anormale d'un hémithorax avec gonflement de l'abdomen; un tympanisme à la percussion de ce côté, le silence à l'auscultation et un refoulement des bruits du cœur le confirment. La transillumination peut être utile. Dans les situations à risque, il faut une surveillance renforcée afin de porter immédiatement secours, s'il y a lieu : il ne faut pas perdre de temps et ponctioner immédiatement pour décomprimer l'hémithorax distendu : le poumon retourne à la paroi et l'hémodynamique se restaure. Faire ensuite un drainage pleural à l'abri de l'air. Mais, même après ces soins, la PaO2 met souvent plusieurs heures pour revenir à la normale.
pneumothorax spontané l.m.
spontaneous pneumothorax
Irruption d'air dans une cavité pleurale, libre ou partiellement cloisonnée, liée à une effraction du parenchyme pulmonaire et de la plèvre viscérale qui le recouvre en dehors de tout traumatisme.
Il s'observe surtout chez les hommes (plus de 8 fois sur 10).
Chez l'adolescent et l'adulte jeune, la cause du pneumothorax est près de 9 fois sur 10 la rup
Chez l'adulte, ces affections se retrouvent aussi, auxquelles s'ajoutent la fibrose pulmonaire, rarement une tumeur bronchique obstructive. Mais la grande cause est l'emphysème obstructif. Ce sont le plus souvent les petites bulles qui se perforent dans ce cas.
Le diagnostic de pneumothorax est affirmé sur la radiographie pulmonaire en expiration forcée et mieux la tomodensitométrie qui permet d'étudier en outre l'état du parenchyme pulmonaire.
Une gêne respiratoire impose le drainage, les récidives une pleurectomie pariétale selon diverses techniques.
pneumothorax suffocant l.m.
suffocating pneumothorax
Épanchement d'air dans la cavité pleurale par une brèche pulmonaire douée d'un mécanisme de clapet empêchant la sortie de l'air à l'expiration tandis que chaque inspiration laisse entrer toujours plus d'air.
La respiration artificielle manuelle ou mécanique aggrave le phénomène. La conséquence du pneumothorax suffocant est l'augmentation progressive de la pression intrathoracique, ce qui entraîne la compression des organes intrathoraciques (l'autre poumon, le cœur et les grosses veines) et amène l'asphyxie et le collapsus circulatoire.
La ponction pleurale et la remise à la pression ambiante est le traitement d'urgence. La pose d'un drain avec une valve antiretour peut souvent être nécessaire.
→ Heimlich-Martinez (valve d')
pneumothorax thérapeutique l.m.
artificial pneumothorax, induced pneumthorax
Insufflation d'air dans la cavité pleurale pour affaisser une partie du poumon afin de limiter son expansion donc son activité fonctionnelle, afin d’aider à la guérison, des lésions tuberculeuses pulmonaires, pensait-on jadis.
Les insufflations étaient renouvelées régulièrement pour maintenir l'affaissement du poumon, durant 2 ans en moyenne.
La méthode fut mise au point par Forlanini entre1888 et 1912. Elle sera abandonnée après l'apparition de l'isoniazide dans les années 1950.
C. Forlanini, médecin interniste italien (1847-1918)
Syn. collapsothérapie, pneumothorax artificiel
pneumothorax traumatique l.m.
traumatic pneumothorax
Épanchement d'air dans la cavité pleurale, dû le plus souvent à l'embrochage de la corticalité pulmonaire par un fragment costal.
Ce pneumothorax peut être modéré, révélé par un petit emphysème pariétal, une diminution du murmure vésiculaire à l'auscultation, objectivé par le cliché thoracique en position assise et en expiration. Il peut être complet rétractant le poumon au hile.
Sa gravité est liée à la taille de la brèche pulmonaire qui peut entraîner une fuite aérienne importante aboutissant à une hyperpression intrapleurale : l'épanchement collabant le poumon, pouvant comprimer le médiastin et gêner ainsi le retour veineux. Toute gêne respiratoire impose le drainage.