Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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paludisme n.m.

malaria

Parasitose provoquée par des protozoaires du genre Plasmodium.
Quatre espèces de Plasmodium, transmises par des moustiques du genre Anopheles, sont responsables du paludisme de l'Homme: Plasmodium falciparum, P. vivax, P. ovale, P. malariae La pathogénicité, la répartition géographique, la fréquence de ces parasites varient beaucoup suivant l'espèce. D'autres Plasmodium parasitent les animaux.
Dans l'organisme humain, ces parasites présentent un développement complexe comportant un cycle intra-hépatique, strictement asymptomatique, et un cycle endo-érythrocytaire auquel sont liées les manifestations cliniques.
Après une incubation initiale longue de 9 jours à plusieurs mois, le paludisme est caractérisé cliniquement par la survenue d'accès fébriles (frissons, fièvre à 40°C, céphalées, sueurs), généralement accompagnés d'une hépatosplénomégalie, de myalgies, de troubles digestifs (vomissements, diarrhée) et, à la longue, d'une anémie. La périodicité de ces accès est liée à la durée du cycle endo-érythrocytaire, variable selon l'espèce plasmodiale en cause: fièvre tierce avec P. falciparum, P. vivax et P. ovale, quarte avec P. malariae. En l'absence de traitement, l'évolution peut se faire soit vers la guérison, soit vers la répétition des accès et des rechutes à plus ou moins longue échéance, soit encore vers la survenue de diverses complications (paludisme viscéral évolutif, fièvre bilieuse hémoglobinurique...) dont la plus grave est l'accès pernicieux, ou neuropaludisme, dû au seul P. falciparum (encéphalopathie fébrile avec signes méningés, convulsions, coma,... d'évolution toujours rapidement mortelle si un traitement adéquat n'est pas instauré en urgence). Le jeune âge et la grossesse sont deux facteurs accroissant la gravité du paludisme.
En zone d'endémie, avec la répétition des infections, une immunité de prémunition se constitue progressivement; c'est pourquoi, en zone de forte endémie, les porteurs asymptomatiques, avec faible parasitémie, sont nombreux. Cette immunité disparaît en quelques mois si le sujet n'est pas ré-infecté.
Le diagnostic est principalement fondé sur le tableau clinique et la mise en évidence du parasite dans les hématies. Le traitement repose sur l'administration de médicaments antipaludiques spécifiques, vis-à-vis desquels les Plasmodium développent malheureusement de plus en plus fréquemment des résistances.
Le paludisme est aujourd'hui la parasitose humaine la plus fréquente et la plus largement répandue. Son incidence annuelle est de l'ordre de 600 millions de cas et, selon les différentes estimations, la maladie serait responsable de 1 à 2 millions de décès chaque année, principalement chez des enfants du continent africain. Le paludisme est le plus souvent endémique dans nombre de pays de la zone intertropicale (avec une très forte prédominance en Afrique sub-saharienne où, de plus, P. falciparum est l'espèce de loin la plus fréquente), mais il peut être épidémique dans les régions où le paludisme est instable. La prévention repose sur une chimioprophylaxie spécifique et sur la lutte contre les vecteurs.
L'agent du paludisme a été identifié pour la première fois en 1880, à l'hôpital de Constantine, par le Français A. Laveran, parasitologue, médecin militaire français, membre de l’Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1907

Étym. lat. palus, paludis  : marais (d’où l’ancienne dénomination de « fièvre des marais »)

Syn. malaria (utilisé à tort et déconseillé)

Plasmodium, Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium ovale, Plasmodium malariae, anophèle, accès palustre, accès pernicieux, paludisme grave, paludisme viscéral évolutif, neuropaludisme, fièvre bilieuse hémoglobinurique

paludisme (anomalies hépatiques du) l.f.

liver abnormalities

Anomalies hépatiques constatées au cours du paludisme habituellement au second plan, derrière la fièvre, les frissons, les céphalées, les myalgies, les nausées, et, dans les formes graves, les troubles de conscience.
Cependant, une hépatomégalie est banale, un ictère, surtout hémolytique est fréquent, ainsi qu'une augmentation discrète de l'activité sérique des enzymes hépatiques. Les cellules de Kupffer sont hypertrophiées et contiennent des érythrocytes phagocytés ; il existe une dilatation sinusoïdale hépatique modérée, et dans les cas graves, une nécrose centrolobulaire. Le diagnostic est fait par l'examen d'un frottis sanguin ou d'une goutte épaisse.

paludisme cérébral l.m.

accès pernicieux, neuropaludisme

[D1,F3,H1]

Édit. 2016

paludisme des aéroports l.m.

airport malaria

Petite épidémie de paludisme survenant, dans un pays non endémique, dans le voisinage d’un aéroport.
Le plus souvent, il s’agit de malades contaminés en zones impaludées (paludisme importé), à partir desquels s’infestent des anophèles locaux qui assurent ensuite une transmission limitée autour de l’aéroport, en fonction du périmètre de vol de l’espèce anophélienne. Plus rarement, le paludisme des aéroports peut être causé par des anophèles infestants, transportés dans un avion qui n’a pas été désinsectisé avant le départ ou en vol.

paludisme et psychiatrie l.m.

malaria and psychiatry

Problème connu depuis Hippocrate, ravivé récemment par les mouvements de population.
On distingue plutôt, actuellement, des formes :
- psychotiques, principalement confusionnelles et stuporeuses, délirantes aigües (possibilité de délire aigu proprement dit dans certains accès pernicieux), amnésiques (parfois korsakoviennes), confusomélancoliques ou confusomaniaques, schizophréniformes ;
- non psychotiques, surtout dépressives, neurasthéniques, apathiques, hystériformes ;
- démentielles.
 Des lésions diverses, surtout celles du "paludisme cérébral", entrent en jeu, dans les formes aigües particulièrement.
On discute beaucoup de la relation étiologique : spécifiquement paludique ; réveil d'une psychose dite endogène ou libération d'une psychose latente à cette occasion ; évolution intercurrente ; effet iatrogène de certains antipaludiques.
Une origine palustre peut être invoquée à tort par d'anciens paludéens, notamment alcooliques.

paludisme grave l.m.

severe malaria

Paludisme dont la gravité est définie par l'OMS à partir de dix critères : coma, anémie profonde (hémoglobine inférieure à 5 g/dL), insuffisance rénale, détresse respiratoire aigüe (œdème pulmonaire), hypoglycémie, état de choc, saignements ou coagulation intravasculaire disséminée, convulsions généralisées ou répétées, acidose métabolique, hémoglobinurie macroscopique.
Les critères les plus importants sont, par ordre de fréquence et de valeur pronostique, le coma, l'état de choc, l'acidose, l'œdème pulmonaire ; au contraire le taux de parasitémie (>5%), pris isolément, n'est pas un facteur de gravité.
Les complications gravissimes du paludisme viscéral évolutif sont généralement dues au Plasmodium falciparum, dont les souches sont de plus en plus chimiorésistantes. Ces complications peuvent survenir à tout moment de l'évolution de la maladie, même lors d'une primo-invasion, en particulier dans les 50 jours suivant le retour d'un voyageur non immunisé, ayant négligé la chimioprophylaxie. On peut évoquer l'accès pernicieux dès qu'existent des signes d'encéphalopathie (céphalées intenses rétro-orbitaires ou frontales, obnubilation, désorientation avec sensations ébrieuses), avec une hyperthermie à 40-41°C.
Ce syndrome est dû à la séquestration d'hématies parasitées dans les veinules postcapillaires ce qui entraine des hémorragies dans les anneaux périvasculaires de la substance blanche du cerveau. Il peut exister une hypertension intracrânienne et un œdème cérébral (en particulier chez l'enfant). Les hypothèses physiopathologiques envisagent une cytoadhérence accrue sur l'endothélium des hématies parasitées et des trophozoïtes.
Cette urgence doit être rapidement traitée par quinine ou artémisinine (quinghaosu) intraveineuse associée à une réanimation symptomatique.

Étym. lat. palus : marais ; paludisme : fièvre des marais

Syn. accès pernicieux palustre (le terme de paludisme cérébral est impropre)

paludisme importé l.m.

imported malaria

Paludisme observé dans des pays non endémiques chez des sujets revenant de zones impaludées où ils ont été contaminés.
On observe annuellement en France plusieurs milliers de paludismes importés, avec quelques dizaines de cas mortels.
Normalement, ces cas demeurent isolés. Exceptionnellement, ils peuvent être le départ de petites épidémies locales, le paludisme des aéroports.

paludisme transfusionnel l.m.

post-transfusion malaria

Paludisme accidentel provoqué par l’injection du sang d’un donneur présentant une parasitémie asymptomatique, avec présence de formes endoérythrocytaires asexuées de Plasmodium.
Cet accident est particulièrement grave chez des receveurs dépourvus de toute immunité (prémunition) antipalustre, d’autant plus que le diagnostic étiologique est souvent tardif. La réglementation sanitaire française impose des précautions particulières pour tous les donneurs de sang ayant séjourné en zone d’endémie palustre.

paludisme viscéral évolutif l.m.

chronic malaria

Complication du paludisme à P. falciparum et, plus rarement à P. vivax, qui ne s'observe que chez les sujets dépourvus de prémunition.
Associant une fébricule à une anémie importante, avec neutropénie, hyperplaquettose, hypergamma-globulinémie et splénomégalie, cette complication a un pronostic toujours sérieux, mais variable en fonction de l’espèce plasmodiale en cause et du terrain (paludisme viscéral évolutif de l’enfant).

ganglions lymphatiques préveineux des chaînes ganglionnaires lymphatiques latéro-aortiques droites l.m.p.

nœuds lymphatiques pré-caves

ganglions lymphatiques rétro-veineux des chaînes ganglionnaires lymphatiques latéro-aortiques droites l.m.p.

nœuds lymphatiques rétro-caves