Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

30 résultats 

angiostrongylose nerveuse l.f.

nervous angiostrongylosis, eosinophilic meningitis

Méningite aigüe à éosinophiles, anthropozoonose causée par les larves d’un nématode, Angiostrongylus cantonensis, qui sévit en Afrique, en Asie et dans les îles du Pacifique et de l’Océan indien.
En Amérique tropicale, l’affection est causée par Angiostrongylus costaricensis.

Syn. méningite à éosinophile, maladie d’Alicata.

angiostrongylose, Angiostrongylus cantonensis, méningite à éosinophiles

[D1,H1]

Édit. 2017

biopsie nerveuse l.f.

nerve biopsy

Prélèvement d'un fragment de nerf pour étude histologique.
Au terme des investigations complémentaires dans le cadre d'une polyneuropathie, ce type de prélèvement peut être indiqué, généralement associé à celui du muscle. Leur étude permet d'affirmer l'atteinte neurogène.
Il se fait sous anesthésie locale, le plus souvent aux membres inférieurs, sur le nerf musculocutané, à l'union du tiers moyen et du tiers inférieur de la jambe, à un centimètre en avant d'une ligne unissant la tête du péroné à la malléole externe (parfois au dos du pied ou encore sur la branche sensitive du nerf radial au membre supérieur). Il s'agit généralement de prélèvements de nerfs sensitifs, très exceptionnellement, dans des indications précises, d'une biopsie de filet moteur.
Les fragments sont examinés en microscopie optique et électronique, et immunohistochimie. Des études dites de microdissection portant séparément sur chaque fibre nerveuse, permettent d'apprécier l'état des gaines myéliniques.
L'étude histologique du nerf permet p. ex. de confirmer une vascularite, une amylose ou une lèpre
Ainsi peut être également précisé le mécanisme des lésions du nerf périphérique au cours de certaines maladies comme la dysglobulinémie monoclonale
Le diagnostic de génétique moléculaire a supplanté la biopsie nerveuse dans certaines affections dégénératives comme la maladie de Charcot-Marie-Tooth.

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

biopsie, neuropathie périphérique

Édit. 2017

boucle nerveuse intrasclérale l.f.

intrascleral nerve loop

Petits nodules entourés de pigment sur la sclère à trois ou quatre millimètres du limbe et de la taille d'un à trois millimètres.
Histologiquement, on constate un nerf périphérique ciliaire avec artère ciliaire antérieure traversant la sclère et faisant une boucle pour repartir vers la choroïde.

K. Axenfeld, ophtalmologiste allemand (1902)

Édit. 2017

boulimie nerveuse l.f.

bulimia nervosa

Trouble du comportement alimentaire à type d’accès répétés de gloutonnerie que le sujet ne peut contrôler ( « binge eating ») bien qu’il soit obsédé par son poids et son apparence corporelle .
L’accès hyperphagique est suivi de comportements à visée compensatoire : vomissements provoqués , prises de laxatifs ou de diurétiques .
Le trouble débute à l’adolescence ou chez l’âge adulte jeune , plus fréquemment chez la femme ( 10 femmes pour 1 garçon ) .
Son évolution est variable , plus ou moins durable et permanente, parfois en alternance avec des phases d’anorexie . La présence d’un trouble psychiatrique associé tel que trouble de la personnalité ( impulsivité , instabilité affective ), conduites addictives , trouble de l’humeur, indique un risque d’évolution défavorable en particulier suicidaire.
Plusieurs déterminants de ce trouble sont répertoriés : trouble émotionnel ( anxiété sociale,terrain dépressif ), antécédent personnel d’obésité infantile, de puberté précoce , antécédents familiaux de trouble du comportement alimentaire.
Des complications somatiques sont observées : trouble ionique ( hypokaliémie ), alcalose métabolique , altération de l’état dentaire . 

trouble du comportement alimentaire , anorexie mentale

[H3]

Édit. 2020

cellule nerveuse l.f.

neurone

[A2,H1]

conduction nerveuse l.f

nervous conduction evaluation

stimulodétection, étude de la conduction nerveuse

[C2,H1]

couche nerveuse de la rétine l.f.

stratum nervosum partis opticae retinae (TA)

Ensemble des couches de la partie optique de la rétine à l’exception de la couche pigmentaire (la plus profonde)

rétine, partie optique de la rétine

[A1,P2]

fibre nerveuse l.f.

nervous fiber

neurofibre

[H1,A2]

Édit. 2018

glu nerveuse l.f.

névroglie

grossesse nerveuse l.f.

false pregnancy, phantom pregnancy, pseudo-pregnancy

Perturbation psychologique réalisant un état pseudogravidique avec aménorrhée, nausées, tension mammaire, augmentation du volume abdominal, voire perception de mouvements (Hippocrate).
Cette illusion, essentiellement due à un désir inconscient, réalise un ensemble de manifestations physiques évoquant une grossesse chez une femme qui n’est pas enceinte. Elle se rencontre souvent chez certaines femmes stériles désirant un enfant, mais parfois également chez des hystériques ou, rarement, chez des délirantes chroniques avec thèmes hypocondriaques prévalents : surtout dans ce dernier cas, les facteurs endocriniens doivent attirer l'attention.

partie nerveuse de la neurohypophyse l.f.

pars nervosa neurohypophysis (TA)

pars nervosa of neurohypophysis

hypophyse

rameaux à destinée nerveuse nés de la partie caverneuse de l'artère carotide interne l.m.p.

rami nervorum partis cavernosae arteriae carotis internae (TA)

branches to nerves of cavernous part of internal carotid artery

partie caverneuse de l'artère carotide interne

syphilis nerveuse l.f.

neurosyphilis

Groupe de tableaux cliniques divers mais à symptomatologie neurologique prédominante, dus à Treponema pallidum, qui s’accompagnent d’une positivité des réactions sérologiques de la syphilis mais sont devenus exceptionnels depuis le dépistage et le traitement de la maladie à son stade initial.
Une méningovascularite au stade secondaire constitue la forme commune de base. Si celle-ci reste habituellement latente, elle peut aussi se traduire par un syndrome méningé fébrile avec possibilité de troubles de la vigilance, atteinte des paires crâniennes, ou d’une, voire de plusieurs racines rachidiennes, ou même signes encéphaliques focaux. Avant l’ère de la pénicilline, le LCR était modifié dans la moitié des cas : hypercytose lymphocytaire, hyperalbuminorachie modérée avec un taux élevé de gammaglobulines et sérologie positive. Une rapide régression clinique et une normalisation du LCR sont obtenues en quelques mois par la pénicilline.
Lié à la topographie et au calibre des artères touchées, le tableau de la syphilis méningovasculaire peut comporter une atteinte des nerfs crâniens, des signes hémisphériques ou du tronc cérébral, ou bien ceux d’une myélite transverse. Le LCR est de type inflammatoire. Ici également la pénicilline est efficace.
A la phase dite tertiaire survenaient autrefois le tabès et la pralysie générale, devenus, eux aussi, exceptionnels.

D.M. Argyll-Robertson, ophtalmologiste britannique (1869)

Syn. neurosyphilis

Argyll-Robertson (signe d'), tabès, paralysie générale

étude de la conduction nerveuse l.f

nervous conduction evaluation

Variable liée aux caractéristiques des fibres nerveuses, qui est d'autant plus rapide que celles-ci sont myélinisées et de gros diamètre.
Cependant, un nerf périphérique étant composé des différents types de fibres, les vitesses de conduction sont comparables dans les nerfs étudiés en stimulodétection.
Les latences distales sont de l'ordre de 3,7 millisecondes pour les nerfs des membres supérieurs et de 5 millisecondes pour les nerfs distaux des membres inférieurs.
Les vitesses de conduction sont de l'ordre de 50 mètres par seconde pour les nerfs des membres supérieurs et de 40 mètres par seconde pour les nerfs des membres inférieurs. La vitesse de conduction sensitive est étudiée sur les nerfs en effectuant un rapport distance/ temps de latence. Les fibres proprioceptives sont explorées par l'étude du réflexe H.

stimulodétection

[C2,H1,B3]

Édit. 2018  

glu nerveuse l.f.

Syn. névroglie, glie, anc. basilemme

névroglie

[A1, A2, H1]

Édit. 2018

angiome ostéo-hypertrophique l.m.

mixed vascular malformations

Angiome congénital de type angiome plan, siégeant sur un ou plusieurs membres et s'accompagnant d'une hypertrophie des tissus mous et du squelette, ainsi que d'angiodysplasies profondes.
Il correspond à l'angiodysplasie ostéo-hypertrophique.

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ôma : tumeur

angiome avec anomalies vasculaires profondes, angiodysplasie ostéo-hypertrophique

[I1,I2,K4,Q2]

Édit. 2017  

angiome veineux ostéo-hypoplasique l.m.

ostéo-hypoplastic venous angioma

Dysplasie veineuse rare, unilatérale, siégeant dans la majorité des cas aux membres supérieurs et comportant des phlébectasies importantes des veines collatérales sus et sous- aponévrotiques, sans atteinte des gros troncs veineux.
Elle s'accompagne de calcifications intra-angiomateuses, d'un raccourcissement du squelette et d'une ostéoporose, parfois géodique, qui peut occasionner des fractures spontanées. Bien que, au début, les lésions ne provoquent qu'une impotence légère, leur extension progressive et la possibilité de fractures et de thromboses locales justifient un traitement chirurgical précoce.

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ôma : tumeur

[I2,K4]

Édit. 2017

diabétiques (ostéo-arthropathies) l.f.p.

diabetic osteoarthropathies

Troubles trophiques ostéo-articulaires survenant au cours des polynévrites sensitives diabétiques.
Les ostéo-arthropathies touchent surtout les segments distaux des membres inférieurs : arthropathies métatarsophalangiennes, atteinte médiotarsienne, tibiotarsienne, plus rarement des genoux.
Comme dans toutes les ostéo-arthropathies nerveuses, s'associent une ostéoporose avec fractures spontanées indolores et lyse osseuse, ainsi que des productions ostéophytiques. Des aspects inflammatoires parfois importants sont décrits.

gaines ostéo-fibreuses des orteils l.f.p.

gaines fibreuses des doigts de pied

gaines ostéo-fibreuses digitales l.f.p.

gaines fibreuses des doigts de la main

ostéo-arthrite n.f.

infectious osteoarthritis

Arthrite infectieuse compliquée de lésions osseuses des extrémités articulaires.
L'infection articulaire peut se produire à partir d'un foyer infectieux situé à distance ou succéder à une inoculation directe de l'articulation par plaie ou injection intra-articulaire. Les symptômes surviennent en général 2 à 3 jours après la contamination, associant des signes infectieux généraux et des signes inflammatoires locaux aigus, avec impotence fonctionnelle. La ponction ramène un liquide trouble avec plus de 30 000 cellules par mm3.
Le germe le plus fréquemment responsable est le staphylocoque ; mais il peut aussi s’agir de gonocoques, streptocoques, pneumocoques, ou de bacilles à Gram négatif. Enfin des arthrites s'observent au cours de la tuberculose, de la brucellose et de la syphilis. Le traitement doit comporter une immobilisation de l'articulation jusqu'à une franche amélioration. Afin d'éviter l'ankylose, des mouvements passifs sont pratiqués quotidiennement. L'antibiothérapie, adaptée à la sensibilité de la bactérie responsable, doit être poursuivie longtemps.

Édit. 2017

ostéo-arthrite vertébrale tuberculeuse l.f.

Pott's disease

Spondylodiscite due au bacille de Koch, pouvant atteindre une ou plusieurs vertèbres le long du rachis.
Par des glissements articulaires, elle peut entraîner des modifications des courbures (surtout cyphoscolioses) parfois paralysantes. Les abcès froids qui en résultent peuvent être volumineux et subir des migrations intra-thoraciques, pelviennes, etc.

P. Pott, Sir, chirurgien britannique (1779)

Syn. mal de Pott, tuberculose vertébrale

Édit. 2017

ostéo-arthrose n.f.

Traduction d’ « osteoarthritis » dénomination anglo-saxonne de l’arthrose.

arthrose

Édit. 2017

ostéo-fibrodysplasie de Campanacci l.f.

osteofibrous dysplasia of long bones

Tumeur ostéofibreuse bénigne de l’enfant jeune, presque toujours localisée au tibia, pouvant évoluer spontanément vers la guérison après la puberté, posant des problèmes diagnostiques difficiles avec la dysplasie fibreuse et l’adamantinome.
La lésion, indolore, est décelée vers l’âge de 5 ans par la constatation d’une voussure antérieure de la jambe ou parfois lors d’une fracture de la jambe. Le tibia est déformé en crosse. La corticale diaphysaire antéro-interne présente une lacune plus ou moins étendue en hauteur, soufflant l’os, pouvant détruire la corticale. Le péroné adjacent peut présenter une lésion comparable dans 10% des cas. L’atteinte isolée d’un autre os est exceptionnelle. La lésion paraît évolutive pendant plusieurs années ; elle a tendance à récidiver si elle a été opérée, puis elle régresse, habituellement vers  10 - 15 ans, par ossification progressive. L’examen histologique montre que le périoste est conservé ; le contenu est fibreux, avec persistance de rares travées osseuses bordées d’ostéoblastes actifs (contrairement à la dysplasie fibreuse). De rares cellules épithéliales et le résultat d’examens biologiques pouvant évoquer un adamantinome font discuter du rapport entre les deux affections et ont fait isoler une forme particulière : l’adamantinome juvénile (J.M. Mirra, 1989).

M. Campanacci, chirurgien italien (1976) ; J. M. Mirra, anatomopathologiste américain (1989)

Syn. dysplasie ostéofibreuse de Campanacci

adamantinome, dysplasie fibreuse

Édit. 2017

ostéo-onychodysostose n.f.

osteoonychodysostosis, nail patella syndrome

Malformation congénitale caractérisée par une absence ou une hypoplasie des ongles et des rotules, une dysplasie osseuse, une néphropathie et des lésions oculaires.
La dysplasie osseuse concerne les surfaces articulaires et des parties juxta-articulaires des genoux et des coudes, du bassin ou du crâne. L’hypoplasie de la tête radiale, les cornes osseuses sur les fosses iliaques externes, et les anomalies de la rotule ou patella (hypoplasie ou absence, subluxation, dédoublement) sont les principaux symptômes osseux. Les ongles sont atrophiques, rayés. Une atteinte rénale avec glomérulonéphrite est fréquente. Les lésions oculaires sont constantes. L’affection est autosomique dominante, Le gène (NPS1), lié au gène du groupe sanguin ABO, est en 9q34.

A. C. Chatelain, chirurgien suisse (1822) ; W. Österreicher, neurologue allemand (1930), J. W. Turner, médecin américain (1933), W. Kieser, médecin allemand (1939), A. Touraine, dermatologiste  français, membre de l'Académie de médecine (1942), E. E. Fong, médecin radiologue américain (1946)

Étym. gr. onux, onuchos : ongle; osteon : os ; dus  : difficulté

Syn. ostéo-onychodysplasie, onycho-ostéodysostose, onycharthrose Österreicher-Turner (syndrome d’), Turner-Kieser (syndrome de), Fong (disease)

onycho-ostéodysplasie, Österreicher-Turner (syndrome d'), Tuner-Kieser (syndrome de)

Édit. 2017

| /2 | page suivante