accouchement dirigé l.m.
assisted delivery
Maîtrise et augmentation des contractions utérines du travail de l'accouchement par une intervention médicale : rupture artificielle des membranes, médicaments antispasmodiques ou ocytociques, etc.
Étym. lat. accubare : se mettre au lit ; dirigere : diriger
Syn. travail dirigé
[O3]
Édit. 2016
accouchement provoqué l.m.
induced labour
Accouchement obtenu après induction du travail par amniotomie ou médicaments ocytociques.
Étym. lat. accubare : se mettre au lit ; provocare : appeler
Syn. déclenchement artificiel du travail
[O3]
Édit. 2016
activité utérine inefficace l.f.
inefficient uterine activity
Succession de contractions utérines inadaptées, trop fortes, trop faibles ou anarchiques, inaptes à induire une progression harmonieuse du travail.
La dystocie de démarrage illustre cet état caractérisé par des contractions utérines intenses et un col qui reste fermé. En synchronisant et régularisant la motricité utérine, les ocytociques corrigent souvent ces anomalies.
Étym. lat. activitas : activité (déverbal d'ago : pousser devant soi, agir)
[O3]
Édit. 2017
analogue des prostaglandines l.m.
prostaglandin analog
Molécule de synthèse reproduisant les effets des prostaglandines naturelles endogènes.
En gynécologie, ce sont surtout les analogues des prostaglandines E1, le misoprostol et le géméprost, et E2, le sulprostone, qui sont utilisés pour leurs effets ocytociques puissants pour les interruptions de grossesse, en association avec le RU 486, la mifégyne, et pour les hémorragies de la délivrance par inertie utérine.
[G5, O3, O4]
Édit. 2020
arrêt de progression de la présentation fœtale l.m.
arrest of progress of the foetal presentation
Stagnation de la descente et de la rotation de la présentation fœtale dans l'excavation pelvienne entrainant une durée d'expulsion supérieure à 20 ou 30 minutes.
Il peut être dû à une hypocinésie utérine, à un défaut de flexion ou d'orientation de la tête fœtale, à un obstacle à la rotation de la tête fœtale au niveau du détroit moyen ou à une résistance exagérée des parties molles du bassin. Son traitement repose sur l'utilisation d'ocytociques, la flexion ou la rotation manuelle de la tête fœtale ou l'extraction instrumentale du fœtus.
délivrance dirigée l.f.
active management of the third stage
Direction pharmacologique de la phase de délivrance par injection prophylactique d'ocytociques, soit de manière systématique, soit en fonction de facteurs de risques hémorragiques : utérus surdistendu, grande multiparité, antécédent d'hémorragie de la délivrance, troubles de la coagulation sanguine, césarienne.
La méthode de choix est l'injection intraveineuse d'une ampoule de 5 UI d'ocytocine au moment du dégagement de l'épaule antérieure en cas de présentation céphalique, ou immédiatement après l'expulsion de la tête en cas de présentation du siège. La délivrance dirigée accélère la délivrance, prévient les anomalies du décollement placentaire et diminue la perte sanguine. Elle présente un risque d'enchatonnement ou d'incarcération du placenta.
ergométrine . n.f.
Mycotoxine (alcaloïde polycyclique) produite par l'ergot de seigle (Claviceps purpurea), micromycète parasite des épis de seigle.
Elle est responsable, avec l’ergotamine, de l’ergotisme. Ses propriétés ocytociques ont été utilisées pour lutter contre les hémorragies du postpartum.
Syn. ergobasine
[D1,G4]
Édit. 2018
hypotonie utérine l.f.
uterine hypotonia
Défaut d’activité contractile de l’utérus.
En cours de travail, l’hypotonie utérine est la conséquence d’une hypocinésie de fréquence et d’intensité. Dans le postpartum immédiat, l’hypotonie utérine est à l’origine d’hémorragie de la délivrance, secondaire à une grande multiparité, une surdistension utérine par grossesse multiple, macrosomie, hydramnios, tentative de version, arrêt de l’administration d’ocytociques. Elle est rarement isolée, et plus souvent associée à une rétention placentaire.
injection intramurale l.f.
intramural injection
Injection d’ocytociques dans la paroi du corps utérin.
Elle favorise la rétraction utérine après l’accouchement. Elle se pratique par voie transabdominale sur la ligne médiane entre l’ombilic et la symphyse pubienne, ou directement dans le muscle utérin au cours d’une césarienne lorsque la rétraction utérine est absente ou insuffisante.
prostaglandine n.f.
prostaglandine
Chacune des substances pharmacologiquement actives dérivées de l'acide prostanoïque.
Les prostaglandines sont biosynthétisées par la plupart des cellules de l’organisme : elles ont une demi-vie courte dans les milieux biologiques et agissent localement par effet autocrine ou paracrine.
Schématiquement, les prostaglandines de la série 1 sont dérivées de l'acide eicosatriénoïque, celles de la série 2 de l'acide eicosatétraénoïque (acide arachidonique), et celles de la série 3 de l'acide eicosapentaénoïque. Seules les prostaglandines de la série 2 semblent avoir une importance biologique. Les enzymes responsables de synthèse à partir de l'acide arachidonique sont les cyclooxygénases (COX), dont il existe une forme constitutive (COX1) et une forme inductible (COX2). L'inhibition pharmacologique des COX par les antiinflammatoires non stéroïdiens rend compte de l'effet antiinflammatoire de ces substances.
Pour plus de précision il faut ajouter que
- leur structure d'acides gras cycliques à 20 atomes de carbone leur a valu le nom d'eicosanoïdes qu'elles partagent avec d'autres dérivés métaboliques des acides gras polyéthyléniques à 20 carbones (thromboxanes, leucotriènes).
- les principales prostaglandines proviennent de la peroxydation de l'acide arachidonique, et ont 2 doubles liaisons : elles forment la classe des PG2 ; celle des PG3 qui ont 3 doubles liaisons dérivent de l'acide eicosapentaénoïque et se trouvent chez les esquimaux qui se nourrissent de graisse de phoque. La prostaglandine I2, isomère époxy 6-9 de la PGE2 est appelée prostacycline. Les prostaglandines D sont des isomères des PGE dans lesquels les fonctions cétone et hydroxyle ont une position inverse dans le cycle. Les prostaglandines A, B et C ont une double liaison dans le cycle pentanique. Les deux autres classes de prostaglandines dérivent d'acides gras à 20 carbones ayant une double liaison en moins en 5-6 (PGE1, PGF1) ou en plus en 17-18-cis (PGE3, PGF3). La première prostaglandine biosynthétisée dans les cellules par action de 2 molécules de dioxygène sur une molécule d'acide arachidonique, est nommée PGG2 (endoperoxy-9-11-hydroperoxy-15-prostadiènoïque). Celle-ci est réduite par la glutathion-peroxydase en prostaglandine H2 qui est biosynthétisée, stockée et sécrétée par les plaquettes sanguines et utilisée par les cellules des parois artérielles qui les transforment en prostacycline. Dans les plaquettes sanguines elle est également transformée en thromboxanes sous l'action d'une thromboxane-synthase.
Les prostaglandines sont impliquées dans les processus inflammatoires (douleur, œdème). Elles agissent sur les muscles lisses (vasodilatatrices, bronchodilatatrices), sur le muscle utérin (déclenchement de l'accouchement, avortement), sur l'intestin (stimule la contraction), sur le système nerveux central, sur les plaquettes sanguines, sur les adipocytes (lipomobilisation), etc. Elles sont spécialement utilisées :
- en obstétrique où leurs effets sont multiples : elles sont lutéolytiques ; elles sont ocytociques et présentes en fortes concentrations dans les membranes de l’œuf et dans le liquide amniotique au début de la parturition ; sous forme de gel ou d’ovule, elles sont utilisées pour déclencher artificiellement le travail de l’accouchement ou des avortements et pour induire une maturation du col préalable au déclenchement ; elles sont vasoactives et responsables, notamment PGE2, de la forte baisse des résistances vasculaires pendant la grossesse et du maintien de la perméabilité du canal artériel pendant la vie fœtale;
- dans le tube digestif, où l'effet le mieux connu des prostaglandines est sur la sécrétion gastrique, elles stimulent la sécrétion de mucus et de bicarbonates, et à doses pharmacologiques peuvent inhiber la sécrétion acide pariétale. De ce fait, des analogues de synthèse comme le misoprostol sont utilisés en prophylaxie des lésions gastriques induites par les antiinflammatoires non stéroïdiens;
- dans le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire.
Elles ont été découvertes en 1935 dans les vésicules séminales du mouton par von Euler (qui a cru par erreur qu'elles étaient sécrétées par la glande prostatique)
U. von Euler, physiologiste suédois, prix Nobel de médecine en 1970 (1935)
Étym. prostate
Sigle : PG
→ PGA, PGB, PGC, PGD, PGE, PGF, PGI, PGH, poumon (fonctions métaboliques du), prostanoïque (acide)
prostaglandine E2 n.f.
prostaglandin E2
Prostaglandine naturelle dérivée de l’acide arachidonique, douée de propriétés ocytociques, vasodilatatrice et lutéolytique.
Préparée sous forme de comprimés, de gel ou d’ovules, elle est utilisée en médecine de reproduction pour induire la maturation du col utérin préalable au déclenchement du travail, pour déclencher artificiellement le travail de l’accouchement ou provoquer les interruptions médicales de grossesse du deuxième trimestre. Lors de certaines cardiopathies congénitales complexes, elle permet le maintien chez le nouveau-né de la perméabilité du canal artériel le temps d’accéder à l’intervention correctrice.
Syn. dinoprostone
prostaglandine F2 alpha l.f.
prostaglandin F2α
Prostaglandine naturelle dérivée de l’acide arachidonique et douée de propriétés ocytociques, vasoconstrictrices et lutéolytiques.
Par voie orale ou intraveineuse, en instillation intra-cervicale, extra-amniotique ou en injection intra-amniotique, elle était utilisée pour déclencher le travail de l’accouchement et provoquer les avortements médicaux du deuxième trimestre. On lui préfère maintenant les analogues de la prostaglandine E1.
Syn. dinoprost
rupture utérine l.f.
ruptured uterus
Solution de continuité dans la paroi utérine, lors de l'accouchement, le plus souvent.
La rupture complète, exceptionnelle dans les pays développés, entraîne un choc hémorragique avec une douleur abdominale brutale, la mort du fœtus est fréquente. La rupture partielle, moins grave, est souvent découverte lors d'une césarienne.
La rupture de la paroi utérine se fait au niveau du corps (60 à 80% des cas au segment antérieur) ou du segment inférieur, elle survient soit pendant la grossesse, soit, le plus souvent, pendant le travail. Elle peut se manifester par l'apparition d'une souffrance fœtale aigüe accompagnée d'une hémorragie minime ou être découverte lors d'une césarienne. Elle peut aussi être signalée par une hémorragie de la délivrance ou par un trouble de coagulation de la mère après l'accouchement. Dans tous les cas une révision utérine doit être pratiquée, elle permet de poser le diagnostic.
Les causes favorisant la rupture utérine sont :
- la grande multiparité (plus de 5 enfants),
- les cicatrices antérieures (après césarienne, myomectomie, la cure de malformation utérine, perforation au cours d'un curetage antérieur),
- l'excès de volume utérin causé par un hydramnios,
- les manœuvres de version, au début de l'accouchement surtout, avec une grande rotation aux forceps sur tête non engagée ou au détroit supérieur,
- l'utilisation mal contrôlée des ocytociques, surtout associés à des prostaglandines.
Des antécédents de césarienne ne contrindiquent pas l'analgésie péridurale pour un accouchement par voie vaginale. Dans la plupart des cas, l'analgésie péridurale laisse persister une sensation douloureuse en cas de déhiscence utérine.
La rupture utérine impose une laparotomie exploratrice et, selon l'importance des lésions, une suture utérine ou l'hystérectomie.
Étym. lat. uterus : utérus, ventre de la mère, d'un bateau etc.
souffrance fœtale l.f.
fœtal distress
État qui se manifeste chaque fois que le fœtus est victime d'une insuffisance importante ou pro
La souffrance fœtale aigüe, contemporaine de l'accouchement, peut compliquer une souffrance chronique.
La souffrance fœtale chronique s'observe le plus souvent au cours d'une toxémie gravidique lorsqu'il y a implantation basse du placenta et en cas de malformation utérine ou de misère physiologique maternelle. Elle entraîne une hypotrophie fœtale qui peut être considérable et désastreuse lorsqu'il y a un retard de développement du système nerveux. Le nouveau-né possédant alors peu de réserves énergétiques, le risque d'hypoglycémie est important.
La souffrance fœtale aigüe s'observe chaque fois que les échanges respiratoires et métaboliques ont été entravés, voire abolis, p. ex. au moment de la naissance. La cause peut être un hématome rétro-placentaire, un placenta prævia très hémorragique, un collapsus ou une hypoxie chez la mère, une procidence du cordon, des difficultés lors de l'extraction, une hypertonie utérine spontanée ou provoquée par les ocytociques : beaucoup d'enfants naissent alors en état de mort apparente. Pendant l'extraction, des signes peuvent annoncer une souffrance aigüe : ce sont, par ordre chronologique, une accélération de la fréquence cardiaque du fœtus, puis une bradycardie et enfin l'expulsion de méconium dans le liquide amniotique. L'asphyxie provoque des mouvements respiratoires prématurés du fœtus qui inhale alors ce liquide : il en résulte un effet délétère sur ses alvéoles. Si le liquide est chargé de méconium la situation est plus grave car il y a inhalation de corps étrangers particulièrement visqueux et obstructifs.
En cas de souffrance fœtale, on constate à la naissance une hypoxie profonde, une acidose métabolique majeure avec souvent une forte hyperlactacidémie. Le score d'Apgar est très bas. Une attention particulière doit alors être portée au risque d'hypoglycémie.
→ Apgar (score d'), hématome rétro-placentaire, mort apparente du nouveau-né, placenta prævia, toxémie gravidique, retard de croissance intra-utérin, hypotrophie fœtale,
travail obstétrical l.m.
Ensemble des phénomènes physiologiques et mécaniques de l'accouchement, processus douloureux de l'accouchement.
Il se déroule en deux phases : une première phase caractérisée par la survenue régulière de contractions utérines avec effacement et dilatation du col et progression du fœtus ; une deuxième phase marquée par la descente de la présentation dans le petit bassin osseux, les efforts expulsifs et l'accouchement. Un faux travail signifie l'existence de contractions utérines douloureuses et inefficaces, sans modification notable du col utérin. Le travail est dit dirigé quand son déroulement est soumis à l'influence de médicaments ocytociques et de l'analgésie péridurale
vasotocine n.f.
vasotocin
Hormone posthypophysaire nonapeptidique de tous les Vertébrés autres que les Mammifères, possédant des activités ocytociques et antidiurétiques.
Elle peut être appelée Ile3- vasopressine ou Arg8-ocytocine.
[K4, C2, G3]
Édit. 2020