Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

23 résultats 

nutrition parentérale l.f.

Mode d’introduction d’aliments dans l’organisme par voie d’entrée vasculaire.

alimentation parentérale l.f.

parenteral nutrition

Alimentation artificielle par perfusion intraveineuse de solutions nutritives, utilisée chez les patients qu'on ne peut nourrir par les voies naturelles ou entérales.
Cette technique est indiquée en médecine pour des maladies du tube digestif, notamment chez l'enfant, lorsque l'intestin grêle est trop court (après résection, par ex.) et en postopératoire de chirurgie digestive jusqu'à cicatrisation de la plaie intestinale.
Pour faire face aux besoins métaboliques on ajuste la ration énergétique sur le métabolisme de base théorique et sur l'importance de l'agression subie (tenir compte de le catabolisme accru des traumatisés du crâne). Outre la ration énergétique qui est couverte surtout par les glucides et les lipides, il faut donner des protéines (0,8 g/kg/j) avec les acides aminés essentiels (isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, tryptophane, valine). En situation de stress intense on ajoute certains acides aminés «conditionnellement indispensables» (arginine, cystéine et surtout glutamine, chez l'enfant, taurine et histidine).
L'industrie fournit des pochettes de solutions stériles de mélanges ternaires à utilisation instantanée. Ils permettent d'assurer les perfusions dans les meilleures conditions de stérilité et de qualité. Trois constituants sont mélangés :
- glucose (éventuellement des substituts tels le fructose, le sorbitol ou le xylytol) doit apporter 40 à 100 % de la ration énergétique ;
- émulsions lipidiques (lipides extraits du soja et phosphatides d'œuf) qui peut apporter 50 à 60% de la ration énergétique. Elle doit apporter de l'acide linoléique et de l'acide alpha-linolénique (acides gras essentiels) ;
- protides avec une quantité d'azote ajustée pour respecter le rapport calorico-azoté, soit 150 à 250 kcal/g d'azote.
Enfin le mélange nutritif apporte encore des minéraux (K, P, Ca, Mg) des oligo-éléments (Zn, Mg et Cu) et la quantité d'eau nécessaire. Comme la quantité d'eau est trop petite pour permettre des solutions isotoniques, les solutions sont en général hypertoniques, ce qui impose des précautions particulières : les voies veineuses périphériques ne peuvent être utilisées que pour des solutions de molarité proche de l'isotonie.
En général on cathétérise une voie centrale (veines sous-clavière ou jugulaire interne) qui a un débit suffisant pour tolérer solutions hypertoniques.
L'administration est continue dans les situations aigües, pour les cas chroniques on fait une administration cyclique, 8 à 12 heures de perfusion par jour. Des conditionnements portables sont disponibles ; ils permettent aux patients de ne pas être confinés à l'hôpital.
Les complications possibles sont métaboliques (hyperglycémie, déshydratation), hépatobiliaires (cholestase, stéatose) et surtout locales (irritation de l'endothélium veineux, thrombose, infection). Parfois des complications iatrogéniques se voient, essentiellement une perforation pleurale, médiastinale ou péricardique.

Étym. lat. alimentum, aliment – alere, nourrir ; gr. enteron : intestin ; terminaison al d'intestinal ; gr. para : à côté : entéral

métabolisme de base, nutrition entérale

[R2,L1,L2]

Édit. 2017 

appareil de nutrition l.m.

Chacun des quatre appareils qui concourent à la survie de l’individu : appareil digestif, appareil circulatoire auquel se rattachent les glomus, appareil respiratoire et appareil urinaire.
Les glandes endocrines sont également intégrées dans les appareils de la nutrition.

centre national d'étude et de recherche sur la nutrition et l'aliment l.m.

Laboratoire du conseil national de la recherche scientifique (CNRS) dont le rôle est de synthétiser et de valoriser les travaux scientifiques portant sur l’alimentation.
Ces travaux peuvent avoir pour origine des scientifiques venus d’horizons divers (université, industrie, etc.). Le CNERNA n’a pas pour mission d’effectuer lui-même des recherches.

Sigle CNERNA

conseil national de l'alimentation, conseil supérieur d'hygiène publique de France

[E,C]

nutrition n.f.

nutrition

1) Ensemble des actes d’assimilation et de désassimilation qui se font dans l’organisme et ayant pour but la conservation ou l’accroissement de l’individu, le maintien de sa température constante et la production de l’énergie dépensée au travail.
2) Étude physiologique des aliments et de leurs transformations dans l’organisme, dont les données sont utilisées dans l’étude ou la science de l’alimentation

diététique

nutrition artificielle l.f.

artificial nutrition

alimentation entérale, alimentation parentérale, nutripompe

nutrition médicale l.f.

 medical nutrition

Intervention médicale dans l’apport alimentaire, elle comporte les suppléments nutritionnels et les préparations nutritionnelles pour alimentation orale, entérale et parentérale.

sous-nutrition n.f.

subnutrition

État dans lequel se trouve un sujet chez qui l’insuffisance des apports alimentaires énergétiques, inférieurs aux besoins de l’organisme humain, se traduit cliniquement par une perte de poids supérieure à 5% en un mois, à 7,5% en trois mois ou à 10% en six mois.
La sous-nutrition peut être affirmée si l’indice de masse corporelle est inférieur : à 18,5Kg/m2 chez l’adulte et à 20 Kg/m2 chez la personne âgée.  Il y a trois grandes causes de sous-nutrition :
- inappétence, dégoût alimentaire ou problèmes socio-économiques (pauvreté, solitude, environnement peu familier, alimentation inappropriée pour la culture ou la religion de la personne ;
- existence d’une maladie aigüe ;
- évolution d’une maladie chronique.

acrodermatite continue d'Hallopeau l.f.

Hallopeau’s acrodermatitis, acrodermatitis perstans ou continua

Affection décrite sous le nom de polydactylite suppurative chronique et considérée actuellement comme une forme clinique de pustulose palmoplantaire amicrobienne chronique, caractérisée par l'apparition incessante de pustules sur les extrémités, (d'où le nom d'acrodermatite), souvent péri-unguéales d'abord, mais pouvant atteindre ensuite toute la longueur d'un ou plusieurs doigts ou orteils, pour aboutir, après plusieurs poussées, à un état squamocroutelleux permanent.
L'examen histologique met en évidence une pustule spongiforme multiloculaire de Kogoj-Lapière.
Son autonomie est discutée et, surtout pour les formes à tendance extensive et diffuses, beaucoup la rattachent au psoriasis pustuleux.
F. Hallopeau, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1890)

Étym. gr. akros : extrémité ; derma : peau ; ite : inflammation

psoriasis pustuleux, dermatitis repens de Crocker

[J1]

Édit. 2017

culture continue l.f.

continuous culture

Culture en milieu liquide d'un microorganisme maintenu en phase exponentielle, pendant une longue durée, par addition continuelle de milieu neuf et stérile dans le récipient de culture, cependant qu'un volume égal de culture est soutiré.

[D1]

desquamation familiale continue l.f.

familial continual skin peeling syndrome, deciduous skin

Affection familiale rare, associant une peau sèche, hyperkératosique, et des zones de desquamation superficielle spontanée, de contour polycyclique, sans prurit, de siège essentiellement palmaire.

Syn. érythrokératolyse, peeling skin syndrome

doppler à émission continue l.m.

continuous-wave doppler

Technique échographique d'exploration vasculaire dans laquelle l'émission et la réception des ultrasons s'effectuent en continu par deux céramiques distinctes.
Le glissement en fréquence du faisceau émetteur est proportionnel à la vitesse de la cible mobile. Les informations obtenues sur le trajet des ultrasons peuvent se superposer et gêner l’analyse.
Cette technique, malgré sa mauvaise résolution spatiale, s'utilise pour la vélocimétrie du flux sanguin. Elle permet une auscultation vasculaire par l'écoute de la fréquence doppler recueillie et reste un complément des autres méthodes vélocimétriques.

doppler pulsé, CVI

épilepsie partielle continue l.f.

A. Y.  Kojewnikow, neuropsychiatre russe (1894 et 1895) ; T. B. Rasmussen, neurologue canadien (1958)

Syn. Kojewnikow (syndrome de), Rasmussen (syndrome de)

Kojewnikow (syndrome de), Rasmussen (syndrome de)

[H1]

Édit. 2020

extension continue l.f.

continuous traction

Méthode de correction et d’immobilisation prolongée en traumatologie et en orthopédie, usitée en cas de fracture, luxation congénitale de la hanche, scoliose, etc.
La traction est appliquée, soit sur une broche transosseuse, soit sur un bandage ; la contrextension est souvent assurée par la position déclive du lit.

Syn. traction continue

[I2]

Édit. 2018  

formation médicale continue l.f.

Obligation légale des médecins concernant le maintien de leur capacité professionnelle et l’acquisition des données nouvelles.

Sigle FMC

Hallopeau (acrodermatite continue d') l.f.

Hallopeau’s continue acrodermatitis

F. Hallopeau, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1890)

acrodermatite continue

[J1]

Édit. 2015

hémicrânie continue l.f.

continued hemicrania

Syndrome extrêmement rare, ressemblant aux algies vasculaires de la face par sa sévérité et son siège, mais de caractère permanent, sans véritables crises ni rémissions et sensible à l'indométacine comme le sont les hémicrânies paroxystiques chroniques.

hémicrânie paroxystique chronique, algie vasculaire de la face

[H1]

hystérectomie par section continue transverse l.f.

Kelly’s hysterectomy

H. A. Kelly, gynécologue américain (1898)

hystérectomie à l'américaine

qualité (amélioration continue de la) l.f.

continuous improvement of the quality

Démarche ayant pour but d'intégrer la qualité dans les modes de gestion d'un établissement, d'un service, d'une équipe.
Cette démarche repose sur l'instauration d'un processus permanent d'amélioration de la qualité selon le principe proposé par Denning dans le domaine industriel. Ce processus, connu sous le sigle PDCA, se décompose en quatre phases : préparer (plan), réaliser (do), vérifier (check), améliorer (act). Cette méthode est celle utilisée par l'Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé (ANAES) dont les attributions ont été conférées à la Haute Autorité de Santé pour l'appel d'offre des «programmes d'assurance de la qualité».

accréditation, Haute Autorité de Santé, PDCA

rotation continue (scanner à) l.m.

scanographe à rotation continue

scanographe à rotation continue l.m.

continous rotation scanner

Scanographe récent dont le tube et les détecteurs effectuent une rotation continue à vitesse constante de 360° autour du patient en un temps très bref, l'émission des rayons X étant également continue pendant toute la rotation du tube.
Ce type d'appareil supprime le délai intercoupe et réduit le temps d'acquisition. Il impose que le courant haute tension soit acheminé dans la partie rotative du système par l'intermédiaire de bagues collectrices ; son coût élevé faisait hésiter les constructeurs quand l'apparition de l'acquisition hélicoïdale (qui combine la rotation continue avec un déplacement à vitesse constante de la table d'examen) est venue en faire la technique actuelle de scanographie.

scanographe hélicoïdal

syndromes d'activité musculaire continue généralisée l.m.p.

generalized continuous muscular activity syndromes

Ensemble des syndromes d'hyperexcitabilité d'origine périphérique décrits sous des appellations variées, notamment : syndrome de myokymies-myotonie-hyperidrose (J. Gamstorp, G.A. Wolfhart), syndrome d'activité continue des fibres musculaires (H. Isaacs), maladie de Morvan, syndrome "crampes-fasciculations-bénignes".
Débutant à tout âge, d'intensité très variée, leur signe commun est une contraction musculaire involontaire persistant lors du sommeil. Au minimum, des fasciculations et des myokymies permanentes, diurnes et nocturnes, s'installent aux membres inférieurs et se généralisent. Puis se fixe une raideur gênant la marche, associée à une sudation continue. Dans les formes majeures, une forte contracture imprime une position très anormale, analogue à celle d'un chevalier en armure. Une hypertrophie musculaire est observée dans un quart des cas. L'EMG enregistre des décharges dites neuromyotoniques.
L'évolution est fort variable, avec même possibilité de disparition de l'hyperactivité musculaire après des années. A contrario, des formes graves avec dysautonomie peuvent être mortelles.
Dans ce groupe pathologique majoritairement sporadique, dont la pathogénie de plus en plus probable est liée à des anomalies des canaux ioniques membranaires (canaux potassium d'action lente) et à des mécanismes auto-immuns, une néoplasie médiastinale (cancer à petites cellules) est parfois associée.

Étym. lat. activitas : activité (déverbal d'ago : pousser devant soi, agir)

Syn. neuromyotonie

Isaacs (syndrome d')

[H1,I4]

variable continue l.f.

continuous variable

Se dit de variables quantitatives pouvant prendre en théorie toutes les valeurs d’un segment de la droite des réels.
En physiologie et en pathologie, leurs distributions suivent souvent une loi normale (au sens biostatistique) ou de Laplace-Gauss.
P. ex. le poids en kilogrammes avec décimales, la taille, la créatininémie sont des variables quantitatives continues.

P-F. de Laplace, mathématicien, astronome, physicien français (1749-1827) ; C.F. Gauss, mathématicien, astronome, physicien allemand (1777-1855)

loi normale de distribution

[E1]

Édit. 2020