Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

51 résultats 

nouveau-né de mère diabétique l.m.

infant of diabetic mother

colosse aux pieds d'argile

enfant de mère diabétique l.m.

diabetic mother's newborn

Enfant ayant subi pendant la grossesse les effets du diabète maternel au travers de la circulation fœtomaternelle.
A un stade avancé, le diabète de la mère compromet la circulation fœtoplacentaire, ce qui entraîne une hypotrophie fœtale. Un diabète mal équilibré s'accompagne d'une hypertrophie fœtale et placentaire et d'un hydramnios. En fin de grossesse, ce peut être la cause d'une mort in utero inexpliquée. A la naissance, l'enfant est pléthorique avec un hyperinsulinisme responsable d'une viscéromégalie et d'une hypoglycémie grave dans les premiers jours. L'enfant est souvent ictérique, polyglobulique et hypocalcémique. Certains présentent une myocardiopathie transitoire, mais grave. Enfin on peut voir des lésions cérébrales qui résultent, notamment, d'accès d'hypoglycémie incontrôlée chez la mère. Une bonne équilibration, dès le début de la grossesse, de la glycémie maternelle permet une naissance à terme d'un enfant pratiquement normal, cependant la fréquence de malformations congénitales est relativement élevée.

hypoglycémie du nouveau-né, hydramnios

[O1, R1]

Édit. 2020

arachnoïde et pie-mère l.f.

arachnoidea mater et pia mater ; leptomeninx (TA)

arachnoid mater and pia mater ; leptomeninx

leptoméninge

dure-mère l.f.

pachyméninge

enfant de mère séropositive pour le VIH l.m.

HIV positive mother's child

Enfant souvent prématuré ou dysmature, chez lequel la présence d'anticorps VIH ne traduit pas forcément la contamination car il peut s'agir d'anticorps transmis.
Moins de 20 % des enfants nés de mère infectées se révèlent ultérieurement atteints de la maladie. L'administration très précoce d'AZT réduit le risque à 8 %.

AZT, sida

[D1, O1]

Édit. 2020

enfant de mère toxémique l.m.

child of toxemic mother

toxémie gravidique

[O1, O3, K2]

Édit. 2020

enfant de mère toxicomane l.m.

child of drug addicted mother

Le nouveau-né de mère toxicomane peut présenter, dans un délai de quelques heures à quelques jours après la naissance, un syndrome de sevrage aux opiacés.
Le tableau clinique associe des troubles neurologiques (hyperexcitabilité, trémulations, hypertonie voire convulsions), des troubles du sommeil (avec pleurs), des troubles digestifs (difficulté de succion, régurgitations ou vomissements), des  troubles respiratoires.
L’établissement de scores cliniques permet une évaluation objective de ce syndrome, de son intensité, de sa progression  et oriente la prise en charge thérapeutique associant des soins de nursing (emmaillotement, limitation des stimuli sonores et lumineux), un apport alimentaire fractionné avec un lait épaissi et en cas de sévérité un traitement médicamenteux (sédatifs, morphine). 

[G4, O1]

Édit. 2020

enfant né après un hématome rétroplacentaire de la mère l.m.

abruptio placentae complications in the child

Complications rencontrées chez les enfants ayant eu une souffrance fœtale et néonatale aigüe très grave par anoxie-ischémie liée à un hématome rétroplacentaire de la mère.
Elles sont constituées par un état de mort apparente, une inhalation méconiale, des troubles neurologiques : hypo- ou hypertonie etc.
En général l'enfant vient au monde dysmature, fragilisé, exposé à l'hypoglycémie et au décès. S'il survit, des séquelles cérébrales sont fréquentes.

Étym. gr. haïma : sang, -ome : suffixe désignant une tumeur, une tuméfaction

hématome rétro-placentaire

[O1, O3]

Édit. 2020

espace épidural de la dure-mère spinale l.m.

espace péridural

[A1,A5]

Édit. 2018 

filum de la dure-mère l.m.

partie durale du filum terminale

[A1]

Édit. 2018

pie-mère n.f.

pia mater (TA)

pia mater

Mince lame de tissu conjonctif lâche et transparent qui recouvre toute la surface externe du nevrax.
Avec l’arachnoïde, elle appartient au groupe des leptoméninges. La richesse des vaisseaux sanguins qui y cheminent avant de s’enfoncer dans la substance nerveuse en fait une véritable membrane nourricière. Elle envoie dans le tissu nerveux des prolongements qui accompagnent les vaisseaux. Sa face externe ou périphérique est séparée de l’arachnoïde par le tissu sous-arachnoïdien. On distingue la pie-mère crâniale ou encéphalique et la pie-mère spinale.

Étym. lat. médiéval pia mater : mère tendre, «car elle enveloppe débonnairement le cerveau»

sinus de la dure-mère l.m.p.

sinus durae matris (TA)

dural venous sinuses

Canaux veineux compris dans un dédoublement de la dure-mère.
Ils sont prismatiques triangulaires ou irrégulièrement cylindriques. Ils sont placés les uns sur la paroi crânienne où ils creusent des gouttières, les autres dans les prolongements de la dure-mère. Ce sont les branches d’origine de la veine jugulaire interne. Ils drainent toutes les veines des organes contenus dans la cavité crânienne (encéphale et méninges) et dans la cavité orbitaire (œil et ses annexes), ainsi que quelques veines osseuses ou diploïques. Ces sinus ne sont pas valvulés et leurs parois ne sont ni élastiques, ni contractiles, ni extensibles. Leur lumière est souvent trabéculaire, voire caverneuse. Au nombre de vingt et un, les sinus de la dure-mère sont répartis en deux groupes : le groupe postéro-supérieur comprend trois sinus impairs et médians (sinus sagittal supérieur, sinus sagittal inférieur, sinus droit) et quatre sinus pairs (sinus latéraux formés des sinus transverses et sigmoïdes, et sinus occipitaux ; le groupe antéro-inférieur comprend les deux sinus caverneux dans lesquels se jettent les sinus sphéno-pariétaux, les sinus coronaires antérieur et postérieur et le plexus basilaire, et qui se drainent par les sinus pétreux supérieurs et les sinus pétreux inférieurs, le sinus occipital et les sinus carotidiens

Syn. anc. sinus crâniens, sinus veineux de la dure-mère, sinus veineux du crâne

sinus transverse de la dure-mère l.m.

sinus transversus durae matris (TA)

dural transverse sinus

Portion du sinus latéral qui fait suite au confluent des sinus au niveau de la protubérance occipitale interne.
Il se continue par le sinus sigmoïde qui se termine dans le golfe de la veine jugulaire interne au niveau du foramen jugulaire.

sinus veineux de la dure-mère l.m.p.

sinus de la dure-mère

acidocétose diabétique l.f.

diabetic ketoacidosis

Acidose métabolique survenant au cours de l'évolution d'un diabète insulinodépendant (type I), souvent à la faveur de circonstances favorisantes ou déclenchantes telles qu'infections, accidents vasculaires, pancréatite, troubles endocrines, intoxications médicamenteuses, psychiques et surtout erreurs de traitement.
Elle est caractérisée par une production accrue de corps cétoniques (acide acétylacétique, acide bêta-hydroxybutyrique). Elle peut survenir de façon inaugurale. Ces acides faibles élèvent la concentration en ions H+ : il en résulte une acidose, d'abord compensée par hypocapnie, puis décompensée (baisse du pH). Le syndrome est caractérisé cliniquement, par une hyperpnée ample (rythme de Kussmaul), l'odeur acétonique de l'haleine (odeur de pomme de reinette), des signes de déshydratation extra- et intracellulaire (signe de Krause), des signes digestifs (signe de Lereboullet), des signes neuropsychiques (forme de Dreschfeld), un coma, des signes cardiovasculaires d'hypovolémie, oligurie, cylindrurie (signe de Külz) et hypothermie (signe de Naunyn). Il y a association d'hyperglycémie, éventuellement d'hyperlipémie, et d'hypercétonémie avec cétonurie, d'acidose métabolique avec hypocapnie et de désordres hydro-électrolytiques.
Non traité, le syndrome peut se compliquer de collapsus, d'insuffisance rénale aigüe, surtout fonctionnelle, de coagulopathie de consommation.
Le traitement associe l'insulinothérapie, l'administration de glucides (éventuellement du fructose), la rééquilibration hydro-électrolytique et, de façon discutée, l'alcalinisation.

[C3,R1]

Édit. 2017

acrodystrophie diabétique l.f.

diabetic acrodystrophy

diabétique (acropathie ulcéromutilante)

[R1]

Édit. 2017

anomalie microvasculaire intrarétinienne de la rétinopathie diabétique (AMIR) l.f.

microvascular intraretinal abnormality

Segment capillaire dilaté, télangiectasique, tortueux.
Ces anomalies sont situées à proximité des territoires non perfusés, et peuvent prendre l'aspect d'anses capillaires anarchiques L'angiographie en fluorescence permet de les identifier.
Pour l'ETDRS (Early treatment diabetic retinopathy study group), les AMIR représentent, avec les micro-anévrismes, les hémorragies, et les anomalies veineuses un des facteurs prédictifs principaux de passage à la forme proliférante.

[P2]

Édit. 2017

anomalies artériolaires de la rétinopathie diabétique l.f.p.

arteriole abnormalities

Ensemble des modifications biomicroscopiques et angiographiques des parois artérielles rétiniennes.
Elles sont retrouvées dans 15 à 40% des yeux atteints de rétinopathie diabétique pré-proliférante. Elles associent des rétrécissements localisés, des thromboses au niveau de la naissance des branches collatérales, l'élargissement et/ou l'hyperfluorescence de segments pariétaux, l'aspect flou du contour artériolaire. Ces deux dernières caractéristiques angiographiques témoignent de l'hyperperméabilité du réseau artériolaire.

[P2,R1]

Édit. 2017

anomalies veineuses de la rétinopathie diabétique l.f.p.

venous abnormalities

Ensemble des modifications biomicroscopiques et angiographiques des parois veineuses rétiniennes.
Les modifications veineuses rencontrées sont les rétrécissements localisés, des boucles veineuses en oméga ou duplications, des engainements, des exsudats périveineux, et des veines moniliformes ou en collier de perles. Ce dernier aspect représente le facteur prédictif le plus important de passage au stade de rétinopathie proliférante.

[P2,R1]

Édit. 2017

bullose diabétique l.f.

diabetic bullae, bullosis diabeticorum

Eruption de bulles de grande taille touchant les pieds et les mains, survenant en peau saine chez le diabétique et cicatrisant en quelques semaines.
Ces bulles sont sous-épidermiques et accompagnées d'importantes lésions de micro-angiopathie diabétique sous-jacente.

Étym. lat. bulla : bulle ; diabetes : qui traverse

Édit. 2017

capillaropathie diabétique aigüe l.f.

acute capillaropathy

Forme évolutive atypique de la rétinopathie diabétique caractérisée par une évolution rapide.
On distingue une forme œdémateuse et une forme ischémique:
La capillaropathie œdémateuse aigüe résulte de la décompensation aigüe de la barrière hématorétinienne interne pouvant être responsable d'une atteinte papillaire pure (papillopathie diabétique œdémateuse aigüe), d'atteinte maculaire et/ou polaire postérieure, voire d'une atteinte mixte papillomaculaire. En plus du contrôle rigoureux du diabète, une corticothérapie intraveineuse en cure brève peut être proposée.
La capillaropathie ischémique aigüe (forme dite floride) est une forme rare concernant des sujets jeunes de moins de 30 ans, porteurs d'un diabète de type I instable et de plus de 10 ans d'ancienneté. Elle est caractérisée par une évolution rapide, hémorragique et cécitante. Il se produit, au niveau du pôle postérieur, une dilatation capillaire diffuse et une transformation néovasculaire du réseau capillaire.

[P2,O4]

cataracte diabétique l.f.

diabetic cataract

Opacification du cristallin d’apparition précoce chez un sujet diabétique.
La vraie cataracte diabétique, aigue, bilatérale chez le sujet jeune insulinodépendant et mal équilibré, est rare. Elle peut être observée à la suite d’un coma hyper-osmolaire et elle est parfois réversible. L’aspect biomicroscopique des opacités est classiquement décrit sous forme de "flocons de neige". En dehors de cette forme typique, l’apparition d’une cataracte dégénérative est plus précoce chez un sujet diabétique.

Étym. gr. katarraktès: chute d’une trappe, d’une porte de ville, chute d’eau, kata rassô : tomber complètement, chute d’un voile (devant les yeux)

cataracte, diabète insulinodépendant, coma hyperosmolaire

[P2,O4]

choroïdopathie diabétique l.f.

diabetic choroïdopathy

Ensemble des anomalies vasculaires pariétales et hémodynamiques de la circulation choroïdienne chez le diabétique.
Ces anomalies regroupent des dilatations anévrismales des parois capillaires, veineuses, artériolaires et des territoires choriocapillaires oblitérés. Sur le plan histologique, les altérations touchent essentiellement l'endothétlium des capillaires et la membrane de Bruch. La choroïdopathie diabétique est mal visualisée cliniquement par l'angiographie.

rétinopathie diabétique

[P2]

dermopathie diabétique l.f.

diabetic dermopathy

Ensemble de lésions cutanées prétibiales bilatérales, plus rarement situées sur les avant-bras et les hanches, compliquant très fréquemment un diabète, de type érythémateux, planes ou papuleuses, de 0,5 à 1 cm de diamètre, évoluant vers une desquamation et parfois une cicatrisation brune atrophique.
Il n'y a pas de corrélation avec l’ancienneté ni la sévérité du diabète.

diabétique (acropathie ulcéromutilante) l.f.

diabetic ulceromutilating acropathy

Troubles trophiques cutanés survenant au cours des polynévrites sensitives diabétiques.
Sont décrits surtout des maux perforants plantaires indolores, situés au regard de la tête de 1er ou des 4e et 5e métatarsiens, plus rarement au talon.
La complication essentielle de ces plaies torpides creusantes est la surinfection.
Le traitement repose sur la suppression transitoire de l'appui.

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