Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

99 résultats 

neuropathie optique œdémateuse l.f.

oedematous optic neuropathy

Neuropathie optique qui comporte indépendamment de sa cause, à la période aigüe, un gonflement de la papille optique visible à l'examen du fond d'œil.

dégénérescence œdémateuse d'un léiomyome utérin l.f.

oedematous degeneration of uterine myoma

Transformation bénigne d'un fibrome en rapport avec une imbibition liquidienne et un œdème dissociant les fibres musculaires avec, du point de vue clinique, une augmentation de volume et un ramollissement, en particulier au cours de la grossesse.

Étym. lat. degenerare : dégénérer

dystrophie œdémateuse héréditaire de Meige l.f.

Meige’s hereditary edematous dystrophy

H. Meige, neurologiste français, membre de l'Académie de médecine (1898)

lymphangiome diffus éléphantiasique

Hardy (sclérodermie œdémateuse de) l.f.

Hardy’s edematous scleroderma

Aux frontières de la sclérodermie, le Sclérœdème de Buschke.

A. Hardy, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1877), A. Buschke, dermatologiste allemand (1900)

sclérodermie œdémateuse

[N3,2015]

Édit. 2015

infiltration œdèmateuse de l'o s l.m.

oedema infiltration of the bone

Image oedémateuse mise en évidence grâce à l’IRM dans l’os sous chondral à proximité d’une articulation, qui semble préjuger d’un risque évolutif plus sévère vers l’arthrose.
Elle est évidente sur les images en saturation de graisse, et l’hypersignal de l’eau contrastant avec l’hyposignal de la graisse environante. Sur la séquence T1, l’œdème se manifeste par une plage mal limitée en hyposignal siégeant dans l’os spongieux alors que normalement, il est en hypersignal.
Cet œdème est observé aussi dans d' autres pathologies : rhumatisme inflammatoire, algodystrophie, ostéonécrose.

arthrose, rhumatisme inflammatoire, algodystrophie,ostéonécrose

inflammation œdémateuse l.f.

edematous inflammation

inflammation séreuse

maculopathie diabétique œdémateuse l.f.

edematous diabetic maculopathy

œdème maculaire diabétique

maculopathie diabétique œdémateuse aigüe l.f.

acute edematous diabetic maculopathy

Sigle  : MDOA

capillaropathie œdémateuse aigüe

Meige (dystrophie œdémateuse héréditaire de) l.f.

H. Meige, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1898) ; W. F. Milroy, médecin interniste américain (1892)

lymphangiome diffus éléphantiasique, lymphœdème congénital de Milroy-Meige, Meige (maladie de)

pancréatite œdémateuse l.f.

oedematous (or interstitial) pancreatitis

Pancréatite aigüe caractérisée par une inflammation non infectée et un œdème de la glande pancréatique sans foyer de nécrose.
Son pronostic est pratiquement toujours favorable contrairement à celui de la pancréatite nécrosante.

pancréatite aigüe

papillopathie diabétique œdémateuse aigüe l.f.

acute edematous diabetic papillopathy

capillaropathie œdémateuse aigüe

rétinopathie diabétique œdémateuse l.f.

diabetic exsudative retinopathy

Microangiopathie rétinienne diabétique au cours de laquelle prédominent les troubles de la perméabilité vasculaire.
Ce tableau clinique de la rétinopathie diabétique est caractérisé par un œdème rétinien clinique plus ou moins sévère et par des phénomènes de diffusion angiographique.

Syn. rétinopathie diabétique exsudative

maculopathie diabétique

sclérodermie œdémateuse de Hardy l.f.

Hardy’s oedematous scleroderma

Affection caractérisée par la survenue d'une induration sous-cutanée et d'un œdème dur, de consistance parfois pierreuse, localisés aux membres ou atteignant le tronc et les membres.
Ses rapport sont discutés avec le sclérœdème de Buschke, alors que Touraine, Golé et Soulignac, en 1937, concluaient à leur identité et proposaient le terme de cellulite sclérodermiforme extensive bénigne.

A. Hardy, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1877) ; A. Buschke, dermatologue allemand (1900)

sclérœdème de Buschke, cellulite slérodermiforme extrensive bénigner de Touraine, Golé et Soulignac

agglutinines froides (neuropathie à) l.f.

peripheral neuropathy in cold agglutinin disease

Affection auto-immune caractérisée par une anémie chronique, un hémoglobinurie et un rash avec acrocyanose provoqué par le froid.
L'existence d'une polyneuropathie sensitive, plutôt de nature axonale, a été décrite dans un cas de maladie des agglutinines froides idiopathique sans cryoglobulinémie. Le traitement par glucocorticoïdes et échanges plasmatiques a entraîné une guérison de l'anémie et de la neuropathie périphérique.

T. D. Thomas, neurologue américain (1991)

Étym. lat. glutinare : coller

agglutinine froide

[F1,F3,H1,N3]

Édit. 2017

blocs de conduction (neuropathie focale avec) l.f.

focal neuropathy with conduction blocks

Neuropathies le plus souvent purement sensitives avec blocs de conduction multifocaux et chroniques.
Surtout masculines, elles comportent une atteinte motrice asymétrique plutôt distale, prédominant aux membres supérieurs, avec crampes, fasciculations et aréflexie fréquente. Leur évolution est lente.
Selon certains, ces neuropathies sont proches des polyradiculonévrites chroniques et elles se caractérisent par : une élévation, dans un bon nombre de cas, d'anticorps antigangliosides (antiGM) dans le sérum du patient et par l'efficacité des traitements à visée immunosuppressive (immunoglobulines par voie intraveineuse, cortisone, échanges plasmatiques et immunosuppresseurs tels que le cyclophosphamide).

Édit. 2017

démyélinisante (neuropathie congénitale) l.f.

demyelinizating congenital neuropathy

Polyneuropathie de l'enfant avec démyélinisation.
Quelques très rares observations depuis celle rapportée par Lyon en 1969, ont été décrites. Elles se traduisent par une hypotonie, un déficit moteur marqué, des difficultés respiratoires et des troubles de la déglutition. La conduction nerveuse est très basse, souvent inférieure à 5 m par seconde. La biopsie nerveuse confirme une démyélinisation très sévère. Certains cas comportent, associées, des lésions d'hypermyélinisation.
Actuellement, il est difficile de savoir si ces cas correspondent à des formes à début précoce de maladie de Charcot-Marie-Tooth, 1 ou 3 (Dejerine-Sottas).

G. Lyon, neuropédiatre français (1969) ; J-M. Charcot et P. Marie, neurologues français, membres de l'Académie de médecine (1886) ; H. H. Tooth, neurologue britannique (1886) ; J. Dejerine, membre de l'Académie de médecine et J. Sottas, neurologues français (1893)

Charcot-Marie-Tooth (maladie de), Dejerine-Sottas(maladie de)

Denny-Brown (neuropathie de) l.m.

Denny-Brown’s neuropathy, paraneoplastic sensory neuropathy

Ensemble de manifestations cliniques liées à une neuropathie sensitive d’origine paranéoplasique par atteinte du ganglion spinal rachidien postérieur, parfois prolongée par des lésions dégénératives des cordons postérieurs.
Cette atteinte radiculaire et cordonale postérieure se traduit par des paresthésies et par des douleurs fulgurantes asymétriques des quatre membres. Elle s’installe en quelques jours à quelques mois, entraîne une ataxie proprioceptive et aboutit à un tableau pseudo-tabétique. L’évolution se fait vers une atteinte diffuse du névraxe avec troubles respiratoires. Ce syndrome paranéoplasique est presque exclusivement observé dans les carcinomes bronchiques à petites cellules. Il est très souvent révélateur, précédant la découverte du carcinome. Il serait d’origine auto-immune. Il n’est qu’exceptionnellement réversible sous traitement.

D. Denny-Brown, neurologue néo-zélandais (1951) ; R. Wyburn-Mason, médecin britannique (1948)

Syn. neuropathie sensitive subaiguë paranéoplasique

neuropathie paranéoplasique, paranéoplasiques (neuropathies périphériques)

dysglobulinémique (neuropathie) l.f.

dysglobulinemic (neuropathy)

Neuropathie associée à une gammapathie monoclonale bénigne (ou gammapathie monoclonale de signification indéterminée) ou produit d'une prolifération lymphoplasmocytaire (macroglobulinémie de Waldenström, myélome multiple, lymphome malin, etc.).
Deux types sont distingués :
- IgM (gammapathie bénigne ou macroglobulinémie de Waldenström), avec une activité auto-anticorps antiMAG (composant antigénique de la myéline) souvent présente, et un tableau clinique de polyneuropathie sensitive ataxiante. Révélés par les techniques d'immunomarquage, les dépôts de l'IgM dans la myéline ont un aspect caractéristique d'élargissement des lamelles de myéline en microscopie électronique. En l'absence d'anticorps antiMAG, les caractères démyélinisants sont moins nets. L'efficacité des traitements immunosuppresseurs
est faible ;
- IgG ou IgA, avec ou sans myélome, traduites par des polyneuropathies sensitivomotrices ou sensitives pures de type axonal, des polyradiculonévrites chroniques, un syndrome POEMS, une atteinte rare des nerfs crâniens. Elles précèdent souvent le myélome. Dans 20% des cas, il s'agit d'une neuropathie amyloïde. Les aspects électrophysiologiques sont de type axonal. La biopsie nerveuse est peu éclairante en dehors des formes avec amylose. De rares cas miment une maladie du neurone moteur (amyotrophie spinale ou sclérose latérale amyotrophique). Les immunosuppresseurs sont exceptionnellement actifs, sauf dans les polyradiculonévrites chroniques, et en tout cas inefficaces sur les neuropathies amyloïdes.

J. G. Waldenström, médecin interniste suédois, membre de l’Académie de médecine (1944)

dysimmune (neuropathie) l.f.

dysimmune neuropathy

Neuropathie périphérique dont les mécanismes lésionnels pourraient être en rapport avec une anomalie acquise du système immunitaire de l'organisme : il s’agit soit d'une atteinte isolée des nerfs périphériques, soit de manifestations s'intégrant dans le cadre d'une maladie générale inflammatoire ou dysimmunitaire.
Parmi les atteintes isolées, on envisage surtout le syndrome de Guillain-Barré et les formes subaigües ou chroniques de polyradiculonévrite. On peut y associer les polyneuropathies des gammapathies monoclonales dites bénignes (de signification indéterminée, en anglais : "MGUS", "Monoclonal Gammopathy of Undetermined Signification")) et les neuropathies à blocs de conduction multifocaux.
Dans le cadre des neuropathies d'une maladie inflammatoire générale, on regroupe celles de la périartérite noueuse, des collagénoses, de la sarcoïdose, des hémopathies (neuropathies paranéoplasiques associées à une gammapathie monoclonale maligne, au cours d'un lymphome malin, d'une cryoglobulinémie). Les atteintes du système nerveux périphérique d'origine infectieuse, comme la lèpre et les infections par un rétrovirus (HIV, HTLV), sont également de ce type.

G. Guillain et G. Barré, neurologues français, membres de l’Académie de médecine (1916)

neuropathie du fémorocutané l.f.

femoral cutaneous neuropathy

Neuropathie sensitive du membre inférieur.
Issu du plexus lombaire (L2-L3), ce nerf est à l'origine de la méralgie paresthésique de Roth, avec douleurs et paresthésies en "raquette" à la face antéro-externe de la cuisse, lors de la station debout : neuropathie qui serait secondaire à une compression du nerf au niveau de l'épine iliaque antéro-supérieure. Elle s'améliore par des infiltrations de la région. Parfois, une douleur dans ce territoire a pu être révélatrice d'un diabète.

V. K. Roth, neuropathologiste russe (1895)

nerf fémoro-cutané, méralgie paresthésique du nerf cutané fémoral latéral

[H1]

Édit. 2018 

grand dentelé (neuropathie du nerf du) l.f.

serratus anterior nerve neuropathy

Atteinte du nerf du grand dentelé, issu du plexus brachial.
Elle peut être isolée et entraîner un décollement de l'omoplate par paralysie du muscle grand dentelé (m. serratus anterior), mais le port répété de charges lourdes sur l’épaule avec un appui dans l’angle entre le cou et l’épaule (lourdes caisses de bois) peut être à l’origine d’une contusion du nerf.
Le diagnostic différentiel doit se faire avec le syndrome de Parsonage et Turner.

M. J. Parsonage et J. W. A. Turner, neurologues britanniques (1948)

Parsonage et Turner (syndrome de)

grandes fibres (neuropathie à) l.f.

large fiber neuropathy

Neuropathie par atteinte prédominante des grosses fibres myélinisées.
Elle induit une aréflexie généralisée, des troubles de la statique avec signe de Romberg, une main instable ataxique, des troubles sensitifs proprioceptifs et fréquemment un tremblement des extrémités. Les neuropathies axonales sont exceptionnelles, alors que les neuropathies démyélinisantes sont plus fréquentes, p. ex. : les neuropathies à IgM, les polyradiculonévrites chroniques inflammatoires idiopathiques. Il peut aussi s'agir de gangliopathies, telles que les neuropathies paranéoplasiques de Denny-Brown et certaines neuropathies toxiques.

ataxiante (neuropathie).

gravidique (neuropathie) l.f.

gravidic neuropathy

Neuropathie survenant au cours d'une grossesse.
De telles neuropathies sont de mécanismes variés, souvent d'origine compressive, comme un syndrome du canal carpien, une méralgie paresthésique, des paralysies du travail et de la délivrance, en particulier au niveau des nerfs crural, sciatique, poplité externe, obturateur et de leurs branches. Elles peuvent aussi être d'origine endocrinienne ou  carentielle. Des tableaux de polyradiculonévrite de type Guillain-Barré ont été observés.

Indiana (neuropathie amyloïde familiale de type) l.f.

Indiana type amyloid hereditary neuropathy

J. G. Rukavina, dermatologiste américain (1956)

Étym. Cette affection a été décrite chez des personnes d’origine helvétique demeurant dans l’État d’Indiana aux États-Unis

amyloïdes (neuropathies)

inflammatoire (neuropathie) l.f.

inflammatory neuropathy

Neuropathie survenant dans le cadre d'affections générales inflammatoires éventuellement  dysimmunitaires.
Le qualificatif d'inflammatoire est trop souvent employé sans raison, soit que la neuropathie se développe dans le contexte d'une maladie inflammatoire générale, soit qu'il y ait des lésions du nerf périphérique réellement inflammatoires. Il est souvent associé au terme de neuropathie dysimmune. Ainsi, au cours d'atteintes des nerfs périphériques telles que le syndrome de Guillain-Barré et les polyradiculonévrites chroniques de mécanisme auto-immun identique, le terme de neuropathie inflammatoire est souvent utilisé alors qu'il y a peu ou pas de lésions histologiques inflammatoires. Il serait donc préférable de réserver cette terminologie aux neuropathies intégrées à un tableau de maladies générales inflammatoires du type d'une vascularite, comme au cours des collagénoses, notamment de la périartérite noueuse.

G. Guillain et J. A. Barré, neurologistes français et membres de l'Académie de médecine (1916)

Étym. lat. flamma : flamme

Guillain-Barré (syndrome de), polyradiculonévrites chroniques

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