Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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névralgie du trijumeau l.f.

trigeminal neuralgia

Douleurs faciales dans le territoire du trijumeau (Vème nerf crânien), dont il existe deux types.
La névralgie primitive ou essentielle, survient dans la seconde moitié de la vie, chez trois femmes pour deux hommes. Des éclairs fulgurants ("tics douloureux"), souvent atroces, durent quelques secondes à quelques minutes, parfois regroupés en accès. Unilatéraux, ils touchent le plus habituellement, du moins au début, le territoire d'une seule branche, surtout celui du nerf maxillaire supérieur (V2) ou du nerf maxillaire inférieur (V3). Ces algies sont déclenchées par le contact cutané ou muqueux, appelé zone gâchette ou mieux détente ("trigger zone") ou par la parole, la mastication, le sourire. L'examen neurologique est négatif. Sa cause peut être un conflit artère-nerf sur boucle vasculaire dans la fosse postérieure. Les formes familiales ne sont pas exceptionnelles. L’affection est autosomique dominante (MIM 190400) ou sporadique.
La névralgie secondaire ou symptomatique est moins aigüe, comportant un fond douloureux plus permanent. Il existe une hypoesthésie dans le territoire du nerf trijumeau. Ses origines sont multiples : sclérose en plaques, zona, séquelle de syndrome de Wallenberg, traumatisme, tumeur, méningite chronique, etc.
Le traitement est celui de la cause éventuelle, mais il utilise aussi les antiépileptiques à visée antalgique (notamment la carbamazépine), la thermo-coagulation des nerfs au niveau du ganglion de Gasser et parfois des interventions dans la fosse postérieure sur le conflit artère-nerf dans la névralgie essentielle.

Syn. névralgie faciale, tic douloureux de la face, Trousseau (maladie de), prosopalgie (désuet)

nerf trijumeau

trijumeau (névralgie du) l.f.

trigeminal neuralgia

névralgie du trijumeau

ganglion semi-lunaire du nerf trijumeau l.m.

ganglion trigéminal

nerf trijumeau l.m.

nervus trigeminus  (TA)

trigeminal nerve

Nerf crânien appartenant à la cinquième paire.
C’est un nerf mixte, branchial et annexé au premier arc branchial et à ses dérivés. Les fibres sensitives gagnent le ganglion trigéminal relié par la racine sensitive du trijumeau au noyau sensitif bulbo-pontique du nerf. Les fibres motrices nées du noyau moteur pontique du nerf trijumeau (noyau masticateur) forment la racine motrice qui rejoint le nerf mandibulaire. Les trois branches terminales du nerf trijumeau sont : le nerf ophtalmique et le nerf maxillaire qui sont purement sensitifs, et le nerf mandibulaire, nerf mixte sensitivo-moteur.  Le nerf trijumeau tient sous sa dépendance la presque totalité de l’innervation sensitive de la face et des cavités qui lui sont annexées. Par sa racine motrice, via le nerf mandibulaire, c’est le nerf de la mastication. Les trois branches terminales reçoivent des contingents végétatifs sécrétoires ou sensoriels gustatifs d’emprunt pour les organes annexés aux cavités de la face.

nerf ophtalmique, nerf maxillaire, nerf mandibulaire.

racine mésencéphalique du trijumeau l.f.

tractus mésencéphalique du trijumeau

racine motrice du nerf trijumeau l.f.

radix motoria nervi trigemini (TA)

motor root

nerf trijumeau

racine sensitive du nerf trijumeau l.f.

radix sensoria nervi trigemini (TA)

sensory root

nerf trijumeau

tractus mésencéphalique du nerf trijumeau l.m.

tractus mesencephalicus nervi trigemini (TA)

mesencephalic tract of trigeminal nerve

Racine du nerf trijumeau qui transporte les fibres de la sensibilité proprioceptive de la face.
Elle aboutit au noyau du tractus mésencéphalique du trijumeau.

Syn. anc. racine mésencéphalique du trijumeau

tractus spinal du nerf trijumeau l.m.

tractus spinalis nervi trigemini (TA)

spinal tract of trigeminal nerve

Racine du nerf trijumeau qui transporte les fibres de la sensibilité extéroceptive tactile protopathique de la face.
Elle aboutit au noyau spinal du nerf trijumeau (noyau gélatineux de Rolando).

trijumeau (nerf) l.m.

nerf trijumeau

trijumeau (noyau mésencéphalique du) l.m.

mesencephalic nucleus of trigeminal nerve

Noyau supérieur sensitif recevant les fibres de la sensibilité proprioceptive des muscles innervés par le trijumeau moteur.

trijumeau (noyau moteur du) l.m.

motor nucleus of trigeminal nerve

Noyau moteur situé à la partie supérieure de la protubérance, au-dessus du noyau moteur du nerf facial.

trijumeau (noyau principal du) l.m.

chief nucleus of trigeminal nerve

Noyau moyen sensitif du trijumeau situé dans le tegmentum protubérantiel.
Il reçoit les fibres de la sensibilité discriminative de la face et projette sur le noyau ventropostéromédian du thalamus.

trijumeau (noyau spinal du) l.m.

spinal nucleus of trigeminal nerve

Noyau sensitif étendu en hauteur dans le bulbe et la partie haute de la moelle.
Il reçoit les afférences de la racine descendante du V, surtout thermiques et douloureuses, et envoie des efférences vers le noyau ventropostéromédian du thalamus par le lemnisque médian.

Syn. noyau de la racine descendante

Arnold (névralgie d') l.f.

Arnold’s neuralgia

Névralgie par souffrance de la branche postérieure du deuxième nerf cervical qui provoque des douleurs du côté homolatéral à l’atteinte, entre l’occiput et le vertex.
Elle peut entraîner des douleurs paroxystiques comparables à la névralgie du trijumeau. La douleur est reproduite ou exacerbée par la pression au point d’émergence épicrânien du nerf, à cinq centimètres en dehors de la protubérance occipitale externe et une hypo-esthésie à l'examen dans le territoire douloureux.

F. Arnold, anatomiste allemand (1803-1890)

névralgie n.f.

neuralgia

Douleur spontanée ou provoquée, paroxystique ou continue, siégeant sur le trajet d'un nerf périphérique.
La névralgie faciale siège dans le territoire du tronc du nerf trijumeau ou d'une de ses branches. On distingue la névralgie faciale essentielle (maladie de Trousseau), qui survient par crises brèves, très douloureuses, durant quelques secondes, souvent déclenchées : c'est le tic douloureux de la face. Cette affection bénigne mais invalidante du fait de l'intensité de la douleur, se produit plus volontiers chez les femmes après la soixantaine. Elle est bien calmée, au début du moins, par la carbamazépine. Différentes interventions chirurgicales ont été également proposées. On admet, avec Jannetta, que ce tableau est induit par une irritation du nerf trijumeau au niveau d'une de ses radicelles, à sa sortie du tronc cérébral, par une boucle vasculaire. Une des modalités thérapeutiques chirurgicales est donc de séparer, sous microscope, vaisseau et nerf.
Une névralgie cervico-brachiale est une douleur du membre supérieur de topographie radiculaire C7-D1. Elle peut être associée à des troubles moteurs et trophiques dans ce même territoire.
Une névralgie crurale siège à la cuisse, dans le territoire d'innervation sensitive du crural de façon plus ou moins complète.
La topographie de la névralgie sciatique est variable selon le niveau lésionnel. Elle peut concerner l'ensemble du territoire sciatique ou plus particulièrement celui du sciatique poplité interne ou du sciatique poplité externe. Le territoire d'innervation sensitive du nerf sciatique poplité interne est la face postérieure du mollet, ainsi que la plante du pied. Celui du sciatique poplité externe concerne essentiellement le nerf musculo-cutané, qui innerve la partie antéro-externe de la jambe et le dos du pied jusqu'aux premiers orteils.

P. J. Jannetta, neurochirurgien américain (1967)

névralgie amyotrophiante de l'épaule l.f.

shoulder neuralgic amyotrophy

M. J. Parsonage et J. W. A. Turner, neurologues britanniques (1948)

Parsonage et Turner (syndrome de)

névralgie cervico-brachiale l.f.

cervicobrachial neuralgia

Algies liées à une atteinte des racines du plexus brachial, notamment de C6, C7 et C8, par un conflit disco-radiculaire.
Elles comportent, en association à un syndrome radiculaire du membre supérieur, des cervicalgies avec douleurs et enraidissement ébauchant un torticolis.
Selon la topographie, la névralgie peut être de niveau :
- C5 (moignon de l'épaule, avec parfois déficit du deltoïde) ;
- C6 (face antérieure du bras, partie externe de l'avant-bras jusqu'au pouce, avec déficit sensitif électif sur celui-ci et déficit moteur sur le long supinateur, le biceps, le brachial antérieur, et abolition possible des réflexes bicipital et styloradial) ;
- C7 (face postérieure du bras et de l'avant-bras jusqu'aux trois doigts moyens où se localise le déficit sensitif, avec perte motrice sur l'extenseur commun des doigts, parfois le triceps, et abolition ou inversion du réflexe tricipital) ;
- C8 (face interne du bras et de l'avant-bras jusqu'à l'auriculaire, ce dernier siège d'un déficit moteur électif, avec perte motrice éventuelle des fléchisseurs des doigts, des muscles de la main et abolition ou diminution possible du réflexe cubitopronateur). Cette névralgie justifie la recherche d’un cancer de l’apex pulmonaire (syndrome de Pancoast-Tobias).
Le scanner X et l'IRM précisent les données de l'examen clinique en montrant notamment l'œdème radiculaire dans le canal transversaire. Il s'agit généralement d'une hernie discale molle.
L'évolution est en règle générale favorable en 6 à 8 semaines, mais il est des formes rebelles pouvant durer plusieurs mois. L'intervention agrandit le trou de conjugaison. L'ablation de la hernie est pratiquée si elle est possible sans risques majeurs.

H. K. Pancoast, médecin radiologue américain (1932) ; J. W. Tobías, médecin interniste argentin (1932)

Pancoast-Tobías (syndrome de)

névralgie crurale l.f.

crural neuralgia

Radiculalgie au niveau des IIIe et surtout IVe racines lombaires, qui part de la région lombaire moyenne pour gagner la face externe de la fesse et la partie antérieure de la cuisse.
Elle est ravivée par l'hyperextension du membre inférieur étendu sur le bassin, constituant une sorte de manœuvre de Lasègue inversée. On relève une parésie quadricipitale, une atrophie locale généralement modérée. une hypo-esthésie de la face antérieure de la cuisse et une diminution, voire une abolition du réflexe rotulien.
Parmi les étiologies, la plus fréquente semble le diabète, avec ses douleurs d'apparition rapide, souvent comparées à des brûlures, maximales la nuit, difficilement contrôlables pendant les deux à trois premières semaines, suivies d'une récupération progressive du déficit en trois à six mois. Surtout s'il existe une hyperprotéinorachie, fréquente en pareil cas, une IRM de la région dorsolombaire permettra d'éliminer une atteinte tumorale ou mécanique.
Il convient par contre de préciser que sur la base des données électrophysiologiques, la "cruralgie" diabétique a été considérée comme tronculaire et non radiculaire, suggérant alors un mécanisme ischémique. Des mononeuropathies multiples ont été décrites.

névralgie d'Arnold l.f.

Arnold's neuralgia

Névralgie dans le territoire du grand nerf d'Arnold, branche postérieure du deuxième nerf rachidien cervical.
Douleur occipitale unilatérale, fulgurante ou continue, réveillée par la pression du nerf à son émergence des plans profonds, en dehors de la tubérosité occipitale externe. Elle est plus souvent secondaire que primitive.
Le traitement symptomatique repose sur les infiltrations locales, voire sur la section chirurgicale.

F. Arnold, anatomiste allemand (1803-1890)

névralgie du ganglion géniculé l.f.

geniculate neuralgia, Hunt neuralgia geniculate

Névralgie de siège auriculaire, rare, avec douleurs paroxystiques sur fond continu avec hypoesthésie du conduit auditif externe et d'une partie du pavillon de l'oreille (zone de Ramsay-Hunt : tragus, conque de l'oreille, antitragus, anthélix et fosse de l'anthélix).
Généralement provoquée par un zona du ganglion géniculé, elle s'accompagne d'une éruption vésiculeuse de la conque, d'une paralysie faciale périphérique et plus rarement d'un déficit cochléaire ou vestibulaire. L'atteinte des VIIéme et VIIIéme nerfs crâniens constitue le syndrome otitique total de Sicard.
Le pronostic est lié davantage aux séquelles motrices du nerf facial ou sensorielles auditives qu'aux algies post-zostériennes.

J. A. Sicard, neurologue et médecin radiologue français (1872-1929)

névralgie du ganglion sphénopalatin l.f.

sphenopalatine ganglion neuralgia

G. Sluder, otorhinolaryngologiste américain (1908)

Sluder (syndrome de)

névralgie du glossopharyngien l.f.

glossopharyngeal neuralgia

Douleur unilatérale fulgurante dans le territoire du nerf glossopharyngien (IX).
Intense et unilatérale, celle-ci siège sur la base de la langue et le pharynx, irradiant vers l'oreille ou l'angle de la mâchoire. Elle est provoquée ou accentuée principalement par la déglutition, mais aussi la parole, la toux et s'accompagne de salivation, larmoiement, sueurs, tachycardie, hypertension, et/ou vertiges. Des crises épileptiques, des syncopes, des bradycardies par stimulation vagale ont été décrites.
Ces accès douloureux, qui durent de quelques minutes à plusieurs jours, surviennent en moyenne deux à trois fois par an.
Les causes principales sont des lésions :
- intramédullaires, en général associées à des atteintes des noyaux des VIIIème et Xème paires crâniennes et des fibres longues, par lésions surtout vasculaires, tumorales ou inflammatoires ;
- extramédullaires, qu'il s'agisse d'un neurinome du IXème nerf crânien (avec le plus souvent une sémiologie du VIIIème nerf crânien dominante), d'une tumeur du glomus jugulaire (en fait traduite par un syndrome de Vernet), de chordomes, de métastases ou fractures de la base du crâne, d'une mono-neuropathie diabétique, voire d'un syndrome de Guillain-Barré.
Des formes idiopathiques sont aussi possibles. La carbamazépine semble être alors le traitement de choix.

nerf glossopharyngien

névralgie du nerf de Jacobson l.f.

Jacobson’s neuralgia

Forme localisée de la névralgie du glossopharyngien où la douleur siège dans le fond du conduit auditif externe.

L. L. Jacobson, anatomiste danois, membre de l’Académie de médecine (1818)

névralgie du nerf honteux interne l.f.

nervus pudendus neuralgia

Syndrome aigu ou chronique lié à la compression du nerf honteux interne et dominé par des douleurs dont il existe plusieurs formes cliniques.
Un véritable syndrome canalaire par fibrose du canal d'Alcock, qui est délimité par l'ischion, l'obturateur interne et son aponévrose, entraine des névralgies du périnée, déclenchées ou renforcées en position assise. Le traitement consiste en des infiltrations cortisoniques réalisées sous repérage scannographique.
Une compression plus aigüe ou subaigüe peut être observée dans le canal d'Alcock. Il existe des douleurs et souvent des déficits sensitifs périnéaux régressifs, voire de discrets troubles vésico-sphinctériens à type d'incontinence. Ce tableau s'observe chez les cyclistes ; il est dû à des microtraumatismes sur la selle de bicyclette.
Plus rarement, le nerf est comprimé par un envahissement néoplasique lors d'un cancer rectal.

Syn. pudendalgie

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