Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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neuropathies médicamenteuses  l.f.p.

drug neuropathies

Atteintes iatrogènes du système nerveux dont l'incidence est difficile à préciser (environ 5%).
Plusieurs mécanismes sont possibles.
On distinguera :
- des formes démyélinisantes, les plus rares, observées lors de la prise de médicaments amphiphiles, susceptibles d'induire une lipidose médicamenteuse (amiodarone notamment) ;
- des atteintes schwanniennes, avec inhibition des enzymes lysosomiques, qui surviennent également avec l'amiodarone, la chloroquine, la suramine ;
- une myélinopathie avec les sels d'or, par un mécanisme probablement dysimmunitaire ;
- des atteintes axonales, les plus fréquentes, avec dégénérescence rétrograde ("dying back") par trouble du flux axonal rapide (vincristine, taxol, cisplatine, colchicine, podophiline), par déficit en pyridoxine (isoniazide, hydralazine, éthionamide) lié à une fixation sur l'ARN (métronidazole, misonidazole), par déficit en glutathion (nitrofurantoïne), par mécanisme immunologique (cimétidine, amphétamines, carbimazole, tryptophane). Un trouble du flux axonal lent est provoqué par le disulfiram ou le métarsoprol ;
- des neuronopathies, qui seraient dues à la pyridoxine, au clioquinol, à la thalidomide.
Malgré une fréquente étiologie multifactorielle, souvent ces neuropathies régressent progressivement à l'arrêt de la substance incriminée.

complément et néphropathies l.m.p.

complement and renal diseases

Le système du complément participe activement à la génèse de nombreuses glomérulonéphrites expérimentales et humaines.
L'exemple type est fourni par la glomérulonéphrite membranoproliférative hypocomplémentaire. Les dépôts de complément au niveau des glomérules, révélés par immunofluorescence sont souvent associés à des dépôts de complexes immuns.

système du complément

[M1,F3]

complexes immuns et néphropathies l.m.p.

immune complexes and renal diseases

La présence de complexes immuns circulants sous forme soluble ou sous forme de précipité est à l'origine de divers types de néphropathies expérimentales et humaines, essentiellement glomérulonéphrites.
L'atteinte rénale observée au cours de la maladie sérique de von Pirquet et au cours de la néphrite du shunt illustre le mécanisme. Les dépôts d'immuns complexes dans les glomérules révélés par immunofluorescence sont souvent associés à des dépôts de complément.

C. von Pirquet, Freiherr,  pédiatre autrichien (1905 et 1906)

 maladie à complexes immuns

[F3,M1]

immunosuppresseurs et néphropathies l.m.

immunosuppressives drugs and nephropathies

Ces médicaments sont couramment utilisés dans le traitement de nombre de néphropathies suivant des schémas thérapeutiques et avec des posologies assez variables.
Dans le cadre des glomérulopathies primitives, les glomérulopathies dites malignes et les syndromes néphrotiques corticorésistants, indépendamment du type histologique, représentent des indications majeures.
Les immunosuppresseurs sont largement prescrits en présence de manifestations rénales des collagénoses. Leur prescription est systématique après transplantation rénale.
Les médicaments les plus prescrits sont l'azathioprine, le cyclophosphamide, la cyclosporine. Ils sont associés habituellement aux glucocorticoïdes. Les résultats sont inconstants.

Étym. lat. immunis : exempt de

traitement immunosuppresseurs et transplantation

intoxications et néphropathies l.f.p.

intoxications and renal diseases

néphropathies toxiques, néphropathies médicamenteuses

néphropathies du transplant l.f.p.

transplant nephritis

Ensemble de la pathologie rénale observée après homo-transplantation.
Les troubles succèdent le plus souvent aux lésions rénales de cause immunologique induites par une réaction de rejet hyperaigüe, aigüe ou chronique, mais également aux diverses atteintes parenchymateuses consécutives à l'ischémie requise par la technique de la transplantation, aux anomalies éventuelles de la voie excrétrice, à la néphrotoxicité de certains médicaments, notamment immunosuppresseurs et antibiotiques, enfin à la récidive de l'affection rénale primitive ou à une glomérulonéphrite de novo relevant de causes multiples.

nécrose corticale du transplant, rejet du transplant