myasthénie congénitale l.f.
congenital myasthenia
Affection congénitale transmissible, rare, reconnue en général à la naissance ou dans les premiers mois de la vie sur un ptosis, une ophtalmoplégie, des troubles de la déglutition avec dysphagie, une hypotonie, une fatigabilité à l’effort, des épisodes paralytiques provoqués par les cris, les vomissements ou un accès fébrile.
Les perturbations respiratoires engagent le pronostic vital, il peut s’ensuivre une apnée et la mort subite. Par rapport à la myasthénie néonatale et infantile auto-immune les signes d’orientation sont : une mère non myasthénique, l’absence d’anticorps sériques anti-récepteurs de l’acétylcholine (anti-R-Ach) et la fréquence des formes familiales. L’affection est due à un trouble de la transmission synaptique à la jonction neuromusculaire. Trois formes sont distinguées :
1- La forme postsynaptique (85% des cas) est due le plus souvent à une anomalie des récepteurs de l’acétylcholine (R-Ach), canaux ioniques de la membrane musculaire, par mutation de ses sous-unités ; il s’ensuit une diminution du nombre de ces récepteurs ou un défaut de leur fonctionnement qui est trop rapide (canal rapide) ou trop lent (canal lent). D’autres causes sont décrites : mutation du gène RAPS (locus en 11p11.2-p11.1) codant pour la rapsyne qui stabilise le RACh dans la membrane ; des gènes MuSK et Dok7, codant pour des protéines membranaires. Elle est due plus rarement à un défaut de formation de la membrane musculaire à la jonction neuromusculaire lors de la période fœtale; c’est la forme la plus précoce et la plus sévère.
2- La forme synaptique (10% des cas) est due à un déficit en acétylcholinestérase par mutation du gène COLQ (locus en 3p24.2) codant pour la queue collagénique de l’enzyme qui intervient sur la fixation de l’acétylcholine sur son récepteur ou à un déficit en laminine β (gène LAMB2) ou en agrine (gène AGRN) qui ont un rôle dans la transmission synaptique et la composition de la lame basale intermédiaire de la jonction neuromusculaire.
3- La forme présynaptique (5% des cas) est due à une mutation du gène CHAT (locus en10q11.2) codant pour l’acétylcholinetransférase nécessaire à la synthèse de l’acétylcholine et provoquant son déficit dans les vésicules présynaptiques
Les anticholinestérasiques sont efficaces sauf dans les formes synaptiques et le canal lent mais non les traitements à visée immunitaires (corticoïdes, immunosuppresseurs, etc.) Les jeunes malades doivent être surveillés par un monitorage respiratoire et circulatoire ; la disponibilité d’un respirateur manuel par masque est indispensable.
Étym. gr. mus : souris, muscle ; astheneia : manque de vigueur (a- privatif ; sthenos : force)
Syn. myasthénie héréditaire
Sigle : SMC : Syndrome Myasthénique Congénital
myasthénie grave familiale infantile l.f.
familial infantile myasthenia gravis
Myasthénie avec difficultés respiratoires à la naissance, ophtalmoplégie sévère et déficit moteur du membre supérieur.
A l’examen oculaire on trouve le ptosis de Cogan et une diplopie pour les formes tardives infantiles. Le test aux inhibiteurs de la cholinestérase (tensilon ou prostigmine) est positif. L’affection est sporadique ou autosomique récessive (MIM 254210). De rares cas récessifs ont été notés lorsque la mère n'est pas elle-même atteinte de myasthénie et qu'elle transfère à l'enfant ses anticorps antiAChR (anti-protéine du récepteur de l’acétylcholine).
F. Walsh et W. Hoyt, neuro-ophtalmologistes américains (1959)
Étym. gr. mus : souris, muscle ; astheneia : manque de vigueur ( a- privatif ; sthenos : force)
Syn. myasthénie congénitale