mort (datation de la) l.f.
time of the death
Détermination du moment de cessation de la vie.
La mort ne peut être considérée comme un phénomène instantané, c'est un processus qui s'installe en un temps très variable selon les organes. L'arrêt cardiaque, qui définit habituellement le moment de la mort, fait suite à une agonie plus ou moins longue où les battements du cœur s'espacent puis deviennent inefficaces. La durée de cette période dépend essentiellement des moyens de réanimation mis en œuvre.
Les épreuves respiratoires (buée sur un miroir) et circulatoires (arrêt de la circulation vérifiée par artériotomie ou par injection d'un produit fluorescent) ne sont pratiquement plus utilisées depuis la mise en place d'équipes de secours d'urgence (SMUR) dotées d'un appareillage suffisant pour effectuer, s'il y a lieu, une réanimation respiratoire (O2 et respiration artificielle) et cardiaque (massage cardiaque, défibrillation).
En milieu d'aide médicale urgente ou de réanimation, la mort récente se définit par l'arrêt du cœur enregistré par l'électrocardiogramme continu, par l'arrêt des mouvements respiratoires et par l'absence d'activité cérébrale clinique et électrique. Le cerveau est l'organe le plus rapidement altéré de manière irréversible par l'arrêt circulatoire. Les organes comme le rein, le foie et le cœur restent potentiellement fonctionnels ce qui justifie une réanimation prolongée pendant au moins vingt minutes et autorise ensuite les prélèvements d'organes et de tissus pour les greffes.
Les signes cliniques de la mort confirmée apparaissent progressivement, sous un aspect et avec des délais variables selon l'environnement, ce qui rend très délicate la fixation de l'heure de la mort et parfois même sa date lorsque l'examen est pratiqué après plusieurs heures : ces signes sont l'abaissement de la température centrale, en particulier celle du foie, la rigidité cadavérique, qui s'installe en quelques heures et correspond à une contracture musculaire due à l'acide lactique formé par le métabolisme en l'absence d'oxygène, les lividités cadavériques, qui se forment par accumulation du sang dans les parties déclives et donnent à ces zones une teinte livide, et la perte de transparence de la cornée. De nombreux tests biologiques sont proposés pour confirmer les effets de l'anoxie et évaluer sa durée probable. Les datations sur cadavre ou débris anciens font appel à l'étude des stades de la putréfaction et à l'examen des insectes nécrophages.