Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

19 résultats 

monitorage électronique fœtal l.m.

fetal heart rate monitoring

Enregistrement du rythme cardiaque fœtal au cours de la grossesse ou de l'accouchement.
Les premiers capteurs de Hammacher consistaient en des microphones placés sur l'abdomen de la mère. Aujourd'hui le signal déclenchant l'horloge est activé par un capteur à ultrasons qui, par effet Doppler, saisit le mouvement des valves cardiaques du fœtus au début de chaque cycle.
Pendant la grossesse l'anomalie recherchée est une perte de la variabilité du rythme cardiaque fœtal de battement à battement ou de cycle à cycle, analysée selon des classifications diverses dont la première fut celle de Hammacher et la plus courante aujourd'hui celle de Claude Sureau.
Pendant le travail la souffrance fœtale aigüe se signale par des ralentissements ou des décélérations du rythme cardiaque fœtal, contemporains ou non des contractions utérines, d'autant plus alarmants qu'ils sont plus profonds, plus durables et plus fréquents.

K. Hammacher, gynécologue obstétricien suisse (1968), C. Sureau, gynécologue obstétricien français, membre de l’Académie de médecine (1971)

Hammacher (score cardiotocographique de)

hémodynamique (monitorage de l') l.m.

haemodynamic monitoring

Surveillance des paramètres circulatoires : pression artérielle, fréquence cardiaque, électrocardiogramme, débit cardiaque, saturation oxyhémoglobinée du sang veineux mêlé, échocardiographie transcutanée ou transœsophagienne, adaptée à l'état du patient et, s'il y a lieu, à la nature de l'intervention.
Le monitorage effractif se fait la plupart du temps par cathétérisme artériel, mais le monitorage non effractif est de plus en plus possible grâce au développement de la technique. Il sert à détecter les complications circulatoires et à adapter les traitements (expansion volémique, perfusions de médicaments à visée cardiovasculaire, etc.).

Étym. gr. haima : sang ; angl. dunamis : force

[G2]

monitorage n.m.

monitoring

En anesthésie-réanimation, ensemble de techniques et de moyens permettant de surveiller en permanence un ou plusieurs paramètres fonctionnels d'un patient.
P. par exemple fréquence cardiaque, pression artérielle, débit cardiaque, température, fréquence respiratoire, ventilation, etc.
Le monitorage utilise des capteurs, externes ou internes, pour prendre l'information, des moyens de transmission vers la centrale de traitement, un affichage et des alarmes ; il peut aussi comprendre un enregistreur.
Selon le paramètre contrôlé, le monitorage peut porter sur une fonction vitale (la grandeur surveillée est dite cardinale) ou sur une fonction partielle (la grandeur surveillée ne concerne qu'un aspect fonctionnel particulier, p. par exemple surveillance des contractions utérines au cours d'un accouchement, contrôle de la curarisation).
Pour qu'un monitorage soit efficace il faut qu'il satisfasse à plusieurs qualités :
- fidélité, il ne doit pas donner de fausses indications ;
- exactitude, ses indications ne doivent pas s'écarter des valeurs données par le constructeur (précisées en général sur l'appareil ou sur la notice) ;
- fiabilité, il ne doit pas risquer de tomber en panne ou du moins il doit signaler s'il y tombe (système à sûreté intégrée) ; la fiabilité dépend de la solidité du capteur, de la réalisation de l'unité centrale, de la sécurité de son alimentation et enfin des moyens de transmission (par exemple les fils reliant les capteurs à l'unité de traitement) ;
- innocuité, il ne doit pas entraîner de dommage au patient (ce qui impose en général que les capteurs soient stérilisables, qu'ils ne risquent pas de blesser ni de brûler, etc.).
2) En gynécologie-obstétrique, ensemble des moyens mis en œuvre pour surveiller et apprécier la qualité d'une induction de l'ovulation dans le cadre d'une procréation médicalement assistée, en particulier par la pratique répétée de dosages de l'œstradiol sanguin et d'échographies des ovaires.

Étym. angl. monitoring, participe présent du verbe to monitor : contrôler, surveiller (lat. monitor : qui surveille)

brûlures, cardinale (grandeur), mesure (appareil de), sureté intégrée (dispositif à)

monitorage de la curarisation l.m.

curarisation monitoring

curarisation (monitorage de la)

monitorage obstétrical l.m.

obstetrical monitoring

Surveillance du fœtus par enregistrement de son rytme cardiaque (RCF) pendant la grossesse et pendant le travail.
L'analyse porte sur les critères suivants : rythme de base, oscillations, accélérations et décélérations. L'interprétation des données n'a de sens qu'en fonction du contexte clinique fœtal. Pendant la grossesse, on pratique en général des enregistrements de trente minutes sur une patiente en décubitus latéral gauche à partir du 5e mois. Pendant le travail, le monitorage est actuellement considéré comme indispensable pour toutes les femmes. Le rythme cardiaque fœtal reste un élément primordial pour la décision d'extraction en cas de souffrance fœtale.

Étym. angl. monitoring, participe présent du verbe to monitor : contrôler, surveiller (lat. monitor : qui surveille)

pression intracrânienne (monitorage de la) l.m.

intracranial pressure monitoring

Dispositif permettant de mesurer en permanence la pression à l'intérieur du crâne.
D'abord utilisée en neurochirurgie, cette mesure a ensuite été employée non seulement dans les suites opératoires de chirurgie endocrânienne mais encore dans certains cas médicaux où l'œdème cérébral est menaçant (syndrome de Reye, certaines méningites purulentes graves, certaines encéphalites aigües ou pour suivre les conséquences d'une hypoxie grave).
Divers dispositifs ont été mis au point : le capteur peut être appliqué à la surface de la dure-mère ou placé de l'autre côté de celle-ci, une chaine de pression hydraulique ou une ligne de fibres optiques transmettent l'information à l'unité de traitement et d'affichage.
Quelle que soit la technique utilisée il faut surveiller en même temps la pression artérielle générale pour s'assurer qu'une pression de perfusion cérébrale minimale de 60 mm de Hg reste maintenue.

anoxie-ischémie cérébrale, encéphalite du nouveau-né, hypertension intracrânienne, monitorage, pression intracrânienne, traumatisme du crâne

capture électronique l.f.

electron capture

Le noyau résultant a un numéro atomique inférieur d’une unité à celui du noyau père. Lors du réarrangement des orbites électroniques, l’émission d’un photon X de fluorescence peut présenter un intérêt analogue à celui d’une émission g lorsque son énergie est suffisante, car le phénomène ne s’accompagne d’aucune émission corpusculaire.

Type de transformation radioactive dans laquelle, au lieu de l’émission d’une particule, se produit une incorporation dans le noyau d’un électron périphérique (généralement de la couche K -capture K), p. ex. 125I (période: 56 jours)

électrons de conversion

[B1]

collision électronique l.f.

collision

Interaction d'une particule chargée en mouvement avec un électron du milieu auquel elle transfère une partie de son énergie cinétique.
L'interaction résulte de la force de Coulomb qui s'exerce entre les 2 particules.
Cause principale du ralentissement d'une particule chargée dans un milieu et de l'absorption d'énergie par celui-ci.

pouvoir de ralentissement

[B1]

cryomicroscopie électronique l.f.

electronic cryomicroscopy

La cryomicroscopie utilise une technique de vitrification qui permet d’obtenir un échantillon à examiner en microscopie électronique qui ne soit ni gelé ni liquide.
Un examen normal en microscopie électronique nécessite que l’échantillon soit déshydraté, coloré ou exposé aux rayons X. Ces techniques altèrent l’échantillon et ne permettent pas de l’examiner à l’état naturel. Pour qu’une molécule conserve son état originel au moment de l’observation il faut le refroidir. On ne peut pas se contenter de la congeler car l’eau contenue dans l’échantillon deviendrait solide (cristallisation) et ce gel l’altèrerait. La vitrification permet d’obtenir un échantillon ni gelé ni liquide. Pour y arriver, il faut soit utiliser des produits, des cryoprotecteurs, pour faire chuter la température, soit provoquer une baisse extrêmement rapide de la température, de sorte que le gel n’ait pas le temps de se former. L’eau se solidifie tout en gardant sa forme liquide. Les échantillons biologiques gardent ainsi leur forme naturelle. Cette méthode, utilisée en biochimie et en biologie moléculaire, permet de «voir» l'enchaînement des atomes dans de grosses molécules biologiques dans de l'eau. L'idée a été d'adapter la microscopie électronique à des protéines, des molécules très complexes du vivant, dont certaines propriétés dépendent de leurs «forme». Pour figer ces protéines avant de les regarder sous un microscope électronique, les protéines en solution ont été «figées», avec de l'eau «vitrifiée». C'est-à-dire qu'elles sont gelées très rapidement en les plongeant dans un bain d'azote liquide (- 196°C). La rapidité de la congélation fige les biomolécules. Leur état est alors préservé malgré la pression du système de mise sous vide des microscopes électroniques. Grâce à cette technologie, il est possible d’observer des mécanismes vivants complexes à l’échelle de l’atome
J. Dubochet a mis cette technique au point dans les années 1980. De 1975 à 1986, J. Frank a élaboré une méthode de traitement des images adaptée aux protéines, leurs formes en 3 dimensions étaient recréées au moyen d'un flux d'électrons qui les éclairent sous différents angles. Enfin, en 1990, R. Henderson a permis de préciser la méthode de visualisation pour déterminer l'enchaînement des atomes. Il a, le premier, produit une image en 3D en microscopie électronique d'une protéine, la rhodopsine, une avancée qui a permis de démontrer tout le potentiel de l'approche de Dubochet.
L'image pour mieux comprendre la cryomicroscopie électronique a, depuis l'époque des pionniers, fait des progrès. Les chercheurs ont désormais accès à des processus moléculaires inconnus jusqu'ici et qui permettent non seulement de mieux comprendre les ressorts chimiques de la vie mais aussi de développer de nouveaux médicaments. Récemment lorsque le rôle du virus Zika a été mis en cause dans la survenue des anomalies cérébrales des nourrissons au Brésil, les scientifiques « ont eu recours à la cryo-EM (cryomicroscopie électronique) pour visualiser le virus », comme l’a rappelé le comité Nobel.

J. Dubochet, chimiste suisse (1980) ; J. Frank, chimiste américain (1986) ; R. Henderson, chimiste britannique (1990), ; tous trois prix Nobel de chimie en 2017

Étym. gr. kruos: froid ; micros : petit : scopein : voir

[A2,A3,B1,B3]

Édit. 2017

équilibre électronique l.m.

electronic equilibrium, electronic balance

Condition réalisée en dosimétrie lorsque l’énergie des photons qui entrent et qui sortent d’une d’une sphère élémentaire de matière est égale.
Soit une sphère élémentaire au coeur de la matière. Quand un rayonnement ionisant pénètre dans cette matière avec une énergie d’entrée Σe, il entre en collision avec les électrons contenus dans la sphère élémentaire (ce qui libère des photons par effets photoélectrique et Compton) et en ressort avec une énergie de sortie Σs. La différence entre l’énergie d’entrée Σe et l’énergie de sortie Σs est l’énergie communiquée aux électrons contenus dans la sphère élémentaire : c’est l’énergie cinétique déposée par unité de masse
(Kinetic Energy Released per Mass Unit) ou KERMA, exprimée en Gray (Gy).
L’énergie des photons libérés par les collisions avec les électrons dans la sphère va être absorbée non seulement au sein de la sphère mais aussi à l’extérieur d’elle. De la même façon, les photons issus des collisions extérieures à la sphère seront absorbés à l’extérieur, mais aussi dans la sphère.
Quand il a égalité entre l’énergie produite dans la sphère et absorbée dehors et celle produite dehors et absorbée dedans, on parle d’équilibre électronique. Il y a alors égalité entre
KERMA et dose absorbée. En dosimétrie, cette condition est supposée réalisée.

Étym. lat. aequus : égal; libra : balance à un plateau

KERMA, accroissement initial de la dose absorbée

[B1, B2, F2]

Édit. 2020

immunomicroscopie électronique en dermatologie l.f.

immuno electron microscopy

Technique ultrastructurale de révélation antigénique utilisant des produits de marquage dense aux électrons, liés aux anticorps.
Il peut s'agir de technique immuno-enzymatique utilisant la peroxydase du Raifort, ou de technique immunométallique ayant recours à des marqueurs particuliers tels que l'or colloïdal. Bien que longue et coûteuse, cette méthode diagnostique est très utile dans l'étude de certaines dermatoses bulleuses.

Étym. lat. immunis : exempt de

microscopie électronique l.f.

electronic microscopy

Procédé de microscopie utilisant un faisceau d’électrons et non des photons comme dans un microscope optique et permettant d’obtenir un agrandissement beaucoup important pouvant atteindre plusieurs millions de fois.
Il existe plusieurs types de microscopie électronique :
1- la microscopie électronique en transmission (MET) où la source d’électron est une cathode (en tungstène par par exemple) ; les faisceaux d’électrons sont concentrés par une lentille électrostatique et électromagnétique (le condenseur). Après agrandissement l’image est enregistrée sur un écran phosphorescent ou dirigée vers un appareil photographique ou une caméra. Le spécimen doit avoir une épaisseur très faible, quelques dizaines de nanomètres au maximum, pour pouvoir être traversée par le faisceau d’électrons.
2- la microscopie électronique en réflexion (MER) détecte le rayonnement électronique réfléchi par l’élément à observer ; celui-ci qui peut être plus épais est exploré en surface.
3- la microscopie électronique à balayage (MEB), utilise un faisceau électronique très étroit, ce qui permet d’explorer une plus large surface.
4- la microscopie électronique à balayage en transmission (MEBT, en anglais STEM : scanning transmission electron microscopy) associe les deux méthodes, transmission et balayage. L’échantillon examiné est placé sous vide pour éviter la diffusion des électrons par les molécules de son environnement.

E. Ruska, prix Nobel de physique 1986, et M. Knoll, ingénieurs allemands (1931 premier prototype)

Étym. gr. micros : petit : scopein : voir ; phos, photos : lumière ; elektron : ambre

paramagnétisme électronique l.m.

paramagnétisme

[B1,B2,B3]

Édit. 2018

résonance paramagnétique électronique l.f.

electronic paramagnetic resonance (EPR)

Sigle RPE

résonance magnétique

[B2,B3]

Édit. 2018

sonde à balayage électronique l.f.

electronic scanning probe

sonde électronique

sonde électronique l.f.

electronic probe

Sonde d'échographie constituée par un alignement de céramiques piézoélectriques dont la vibration est déclenchée de façon séquentielle par le générateur assurant ainsi électroniquement le déplacement du faisceau ultrasonore.

Syn. sonde à balayage électronique

sonde

stimulateur électronique l.m.

electronic pacemaker

Appareil destiné à régulariser selon un rythme physiologique la commande nerveuse et le fonctionnement d’un muscle.
Les premiers appareils de ce type et les plus répandus sont les stimulateurs cardiaques qui ralentissent ou accélèrent les contractions cardiaques en cas de troubles de la commande ou de la conduction nerveuse. On utilise de plus en plus des stimulateurs neurosphinctériens contre les incontinences du rectum ou de la vessie. Des stimulateurs destinés aux muscles de l’appareil locomoteur sont à l’essai, lors de certaines paralysies des membres.

tachycardie par réentrée électronique l.f.

Tachycardie survenant après une stimulation ventriculaire entrainant une conduction rétrograde des ventricules à l’oreillette et entendue par le circuit auriculaire du stimulateur

transition électronique l.f.

electron transition

Saut d'un électron périphérique sur une orbite plus interne, où une place se trouve vacante à la suite d'une ionisation ou excitation.
L’électron tend toujours à occuper le niveau d’énergie disponible le plus bas en cédant de son énergie. L'énergie ainsi libérée  par la transition est emportée par un photon de fluorescence ou communiquée à un électron Auger.

P. Auger, physicien français (1923)

effet Auger