membre fantôme l.m.
phantom limb, stump hallucination
Illusion apparaissant en général immédiatement après l’amputation d’un segment de membre, quasi constante après l’âge de huit ans (où le schéma du corps est suffisamment édifié) et concernant le membre sectionné, vécu comme toujours présent et mobile.
Elle peut s’accompagner de paresthésies ou même, parfois, de douleurs intenses du moignon (algohallucinoses). Maximale à la main et au pied, cette sensation est parfois très durable. La sensation de sa perception (sa vividité) est accrue par des facteurs comme la position allongée, l’émotion ou l’endormissement et calmée par la vue du moignon. Quelle que soit l’importance de l’amputation, la place du membre fantôme est vécu de façon variable, le plus souvent négligeable, parfois dramatiquement envahissante surtout si la douleur est marquée.
Pour divers auteurs, il s’agit de la conséquence neurologique d’une désaffectation du système nerveux central. Ce phénomène ne dépendrait ni de l’état anatomique de l’extrémité périphérique ni des nerfs sectionnés (causalgie, névrome), tandis qu’interviendraient des états psychologiques répondant aux modifications de schéma corporel.
A. Paré, chirurgien français (1545, première descripion), S. Weir Mitchell, neurologue américain (1872, dénomination)
Étym. lat. membrum ; gr. phantasma : fantôme
Syn. algohallucinose
→ paresthésie, causalgie, névrome, somatognosie
[H1]
Édit. 2019