marqueurs non invasifs de la fibrose hépatique l.m.p.
La fibrose anatomo-pathologique, élément pronostique essentiel dans les maladies chroniques du foie, justifie l’utilisation de marqueurs fournis initialement par la ponction biopsie et, depuis vingt ans, par des marqueurs non invasifs.
La classification métavir, fournie par la biopsie, comprend cinq grades : F0 (absence de fibrose), F1 (fibrose minime), F2 (fibrose caractérisée par des septas fibreux en pont reliant deux espaces portes ou un espace porte et une veine sus-hépatique) ; F3 (pré-cirrhogène avec une fibrose arciforme ne dessinant pas encore une fibrose annulaire), F4 (cirrhose histologique c'est-à-dire une fibrose annulaire qui entoure des nodules de régénération). La fibrose F2 est considérée comme « significative », grade à partir duquel un traitement est habituellement proposé alors que pour les grades 0 et 1, une surveillance est conseillée
Par extension, la classification a été proposée pour des marqueurs non invasifs qui permettent de réduire les indications de biopsie du foie en raison de ces risques et de ces effets indésirables. Elle peut être un obstacle à l’accès aux soins car les malades craignant cet examen peuvent ne pas consulter les hépatologues. Par ailleurs, la biopsie ne fournit pas toujours des fragments exploitables : il faut qu’ils aient une taille suffisante (plus de 10 à 15 mm de longueur) et contiennent un nombre satisfaisant d’espaces portes analysable (plus 10). Dans l’hépatite C la fibrose est surtout péri-portale.
Les marqueurs non invasifs de fibrose hépatique sont de deux ordres : un algorithme de marqueurs biologiques et une méthode physique : l’élastométrie impulsionnelle ou Fibroscan®. Plus d’une vingtaine d’algorithmes biologiques sont utilisables. les marqueurs non invasifs de fibrose ont surtout été validés dans l'hépatite chronique C. La Haute autorité de santé a retenu quatre marqueurs non invasifs de fibrose : les trois algorithmes biologiques que sont le fibrotest, le fibromètre et l’hépascore et l’élastométrie impulsionnelle. Depuis fin 2016, le traitement de l'hépatite C est disponible chez tous les patients virémiques qui le souhaitent, sans restriction de stade de fibrose. Néanmoins, une évaluation de la fibrose reste nécessaire pour diagnostiquer les fibroses sévères et les cirrhoses, qui doivent être suivies même après éradication virale afin de dépister le carcinome hépatocellulaire.
Les hépatopathies non alcooliques sont une cause de maladie de foie parmi les plus fréquentes pour lesquelles l'évaluation de l'inflammation qui caractérise l'hépatite stéatosique non alcoolique et surtout la fibrose sont importantes. Compte tenu de la prévalence élevée dans la population, il n'est pas possible de biopsier tous ces patients. Les marqueurs non invasifs par élastographie hépatique (fibroscan avec une sonde M ou XL spécialement développée chez les obèses) associée à différents tests sériques: NALD fibrosis score, FIB4, ELF, fibromètre S ... la plupart disponibles sur internet, sont utilisés. Les endocrinologues et nutritionnistes peuvent aussi apprécier la fibrose de la graisse blanche, bon reflet de la fibrose hépatique par la mesure à l'aide de l'Adiposcan, placé au niveau de la graisse située près de l'ombilic.
Les marqueurs non invasifs de fibrose peuvent aussi être utilisés dans les hépatites chroniques B et par extension aux autres maladies de foie avec moins de recul et de certitude quant à la fiabilité.
→ hépatite C, fibrotest, fibromètre, hépascore, élastomètrie, classification métavir, fibroscan®, hépatite stéatosique non alcoolique
[B3, L1, R1, R2]
Édit. 2019
fibrose hépatique congénitale (FHC) l.f.
congenital hepatic fibrosis
Affection génétique, transmise sur le mode autosomique récessif, caractérisée par des lésions hépatiques de fibrose avec prolifération des canaux biliaires des espaces portes, associée à une atteinte rénale.
Sa prévalence a été évaluée à 1 pour 100 000 naissances.
Le diagnostic doit être évoqué devant une hépatomégalie ferme, une splénomégalie en cas d’hypertension portale alors que la biologie hépatique est normale. Deux complications peuvent survenir : des hémorragies digestives en rapport avec l’hypertension portale et des angiocholites bactériennes. Il n’y a pas d’insuffisance hépatocellulaire. L’affection peut se compliquer de carcinome hépatocellulaire et de cholangiocarcinome.
La FHC est le plus souvent associée à des anomalies rénales caractérisées par des ectasies tubulaires qui sont retrouvées chez environ deux tiers des malades. Chez certains patients, les ectasies tubulaires perdent leur communication avec le reste de l’arbre urinaire et se transforment en de volumineux kystes entrant dans le cadre de la polykystose rénale récessive. On peut observer une hypertension artérielle au cours des premières années de vie, ou surtout à l'âge adulte des manifestations d'insuffisance rénale qui peuvent être précoces en cas de polykystose rénale.
La FHC correspondant à une malformation de la plaque ductale des canaux biliaires interlotbulaires, résulte d’une anomalie du développement embryologique des voies biliaires qui associe des lésions destructrices et fibrosantes des canaux biliaires.
La fibrose de la FHC est très différente de celle de la cirrhose, diffuse et inhomogène, elle encercle à la fois les canaux biliaires et vasculaires.
Il est quasiment toujours retrouvé au moins une mutation du gène PKHD1 (polycystic kidney hepatic disease 1 gène) localisé en 6p12.3-p12.2 avec production d’une protéine anormale, la fibrocystine.
La malformation de la plaque ductale peut toucher tous les étages de l’arbre biliaire intrahépatique. Elle est à l’origine de quatre maladies : la maladie de Caroli, la FHC, les complexes de von Meyenbourg et la maladie polykystique du foie. La FHC peut être associée à la maladie de Caroli.
Syn. obsolètes, fibro-angio-adénomatose hépatique, fibro-adénomatose biliaire
→ maladie de Caroli, Meyenbourg (complexe de von), maladie polykystique du foie, fibrose hépatique, polykystose rénale
[L1,M1,O1,Q2]
Édit. 2018
fibrose hépatique l.f.
hepatic fibrosis
Mécanisme de cicatrisation pathologique consécutif à une agression (toxique, infectieuse, métabolique…) source d’inflammation chronique, responsable d’une destruction de l’architecture tissulaire, consécutive au dépôt excessif de tissu collagène.
La fibrose est le résultat d’une dérégulation de l’équilibre entre synthèse et destruction de la matrice extracellulaire.
En pratique clinique, on distingue selon une gravité croissante le stade 1 où la fibrose est minime, le stade 2 où elle devient significative, le stade 3 pré-cirrhotique et le stade 4, ultime qui est la cirrhose. La cirrhose est définie histologiquement par une désorganisation diffuse de l’architecture hépatique avec une fibrose annulaire délimitant des nodules d’hépatocytes, appelés nodules de régénération.
Lorsque le facteur d’agression du foie a disparu et que la fibrose n’est pas au stade de cirrhose, elle régresse complètement. On a longtemps cru que la régression de la fibrose n’était pas possible au stade de cirrhose. On sait maintenant que si le facteur d’agression a disparu, la réaction inflammatoire étant donc stoppée, la cirrhose peut régresser. La régression de la cirrhose n’est pas possible lorsque les septums fibreux sont épais avec de petits nodules de régénération ce qui correspond souvent au plan clinique à des cirrhoses s’accompagnant de signes d’insuffisance hépatocellulaire et d’hypertension portale. A l’opposé, lorsque les septums fibreux sont minces avec de gros nodules de régénération, la réversibilité de la cirrhose avec restitution ad integrum du parenchyme hépatique est possible, une fois le facteur d’agression éliminé.
→ cirrhose hépatique, fibrose hépatique congénitale
[A2,L1]
Édit. 2018
fibrose hépatique-rein polykystique-colobome l.m.
hepatic fibrosis-polycystic kidney-colobomata
Syndrome associant fibrose hépatique, polykystose rénale, colobome rétinien et encéphalopathie.
Le syndrome est décrit dans une fratrie avec, entre autres signes, une petite taille, un retard psychomoteur, une hypertonie, une ataxie, des convulsions et une paralysie. Il existe en outre une splénomégalie. L'atteinte oculaire peut être sévère avec hypertélorisme, ptosis, strabisme, nystagmus et cécité. L’affection est autosomique récessive.
A. G. Hunter, pédiatre généticien canadien (1974)
→ fibrose hépatique, polykystose rénale, colobome rétinien, encéphalopathie.
[A2,Q2]
Édit. 2018
marqueurs biologiques tumoraux l.m.p.
tumor-associated markers
Molécules protéiques ou glycoprotéiques secrétées par les cellules tumorales. Ces marqueurs peuvent permettre la détection de tumeurs les produisant. Ils sont, toutefois, souvent peu spécifiques et leur dosage est donc surtout utile pour la surveillance des malades traités, afin de déceler précocement une récidive.
Les plus importants sont :
- l'α-fœtoprotéine dans les cancers du foie et les tératomes,
- la beta-HCG, dans les tumeurs germinales testiculaires,
- la calcitonine dans le cancer médullaire de la thyroïde,
- le PSA (Prostate Spécific Antigen) pour les carcinomes prostatiques,
- le CA 125 (Cancer Antigen 125) pour les cancers de l'ovaire,
- le CA 15-3 (Cancer Antigen 15-3) pour les carcinomes du sein,
- le CA 19-9 pour les carcinomes gastriques et pancréatiques,
- l'ACE ou antigène carcino-embryonnaire pour les carcinomes colorectaux,
- la NSE (Neuron-Specific Enolase) pour les carcinomes bronchiques à petites cellules.
Syn. marqueurs biologiques des cancers
marqueurs en stimulation l.m.p.
stimulation marker
Symboles générés par le stimulateur montrant le type d’activité cardiaque reconnue dans chaque cavité.
marqueurs tumoraux l.m.p.
Indicateurs biochimiques de la présence d’une tumeur comprenant des antigènes de surface,
des protéines cytoplasmiques, des enzymes et des hormones.
→ marqueurs biologiques tumoraux
maladies neurodégénératives (marqueurs biologiques) l.m.p.
Marqueurs permettant de différencier la maladie d'Alzheimer de la démence à corps de Lewy : protéine Tau totale, protéine Tau phosphorylée, phospho-Tau 181 et peptides Aβ42 et Aβ40 présents dans le liquide cérébrospinal.
La valeur prédictive d'une maladie d'Alzheimer augmente en fonction du nombre de marqueur positifs (0 marqueur : valeur prédictive (VP) de 9,6 % ; 1 marqueur : VP de 24,7 % ; 2 marqueurs : VP de 77,2 % ; 3 marqueurs : VP de 94,2 %).
Le profil biochimique de la maladie d'Alzheimer correspond à
1/ des peptides Aβ42 < 500-700 ng/L et à un rapport Aβ42 / Aβ40 diminué,
2/ une protéine Tau totale > 400 ng/L et
3/ une protéine phospho-Tau 181 > 60 ng/L.
La valeur prédictive (VP) d'une maladie d'Alzheimer augmente en fonction du nombre de marqueur positifs (0 marqueur : VP 9,6 % ; 1 marqueur : VP 24,7 % ; 2 marqueurs : VP 77,2 % ; 3 marqueurs : VP 94,2 %).
→ Alzheimer (maladie d'), Alzheimer (biomarqueurs de la maladie d'), démence à corps de Lewy, protéine Tau, peptide amyloïde A-bêta
[H3]
Édit. 2019
caisse nationale d'assurance maladie et maternité des travailleurs non-salariés des professions non agricoles l.f.
national health insurance fund and maternity of the non-salaried workers of the not agricultural occupations
Organisme privé gérant un service public, jouissant d’une autonomie financière, chargé de gérer le financement de ce régime, les risques maladies et maternité, d’organiser le contrôle médical, l’action sanitaire et sociale, de contrôler les caisses mutuelles régionales.
Sont concernés par exemple les artisans, les professions libérales, telles qu’avocats, médecins, ingénieurs, etc.
Sigle : CANAM
[E]
hépatite non-A, non-B l.f.
non-A, non-B hepatitis
Terminologie devenue caduque utilisée pour désigner les hépatites observées au cours d’infections par d’autres virus que A, B, delta ou d’autres virus non hépatotropes.
[D3,L1]
hyperbilirubinémie non conjuguée, non hémolytique, héréditaire l.f.
Syn. maladie de Gilbert, hyperbilirubinémie non conjuguée, non hémolytique, héréditaire, cholémie familiale
A. Gilbert, membre de l’Académie de médecine, M. J. Castaigne, P. Lereboullet, membre de l'Académie de médecine gastro entérologues français (1900)
[L1]
Édit. 2015
fibrose n.m.
fibrosis
Lésion non spécifique, caractérisée par une hyperplasie du tissu conjonctif, par multiplication des fibroblastes et augmentation de la synthèse des fibres collagènes et/ou élastiques.
Cette définition histologique a sa correspondance macroscopique sous le terme de sclérose avec lequel elle est souvent confondue.
Étym. lat. fibra : fibre ; ose : processus chronique
→ sclérose, élastose, sclérose élastogènen, collagène
[A2]
Édit. 2018
fibrose avec rétraction isolée du droit inférieur l.f.
fibrosis with isolated retraction of the inferior rectus muscle
Syndrome bilatéral avec absence d'élévation du globe oculaire et ptosis.
Le globe reste bloqué dans le regard en bas et l'abduction et l'adduction sont normales. La tête est mise en arrière et même en duction forcée, l'élévation est impossible. Il s'agit peut-être d'une forme a minima d'ophtalmoplégie congénitale. L’affection est autosomique dominante.
[P2]
Édit. 2018
fibrose cardiaque du nourrisson l.f.
→ fibroélastose de l'endocarde
[A2,K2,K3,O1]
Édit. 2018
fibrose cervicocéphalique l.f.
fibrosis of the head and neck
Tuméfaction fibro-inflammatoire de cause inconnue, parfois douloureuse, extensive.
Le point de départ est variable : région cervicale, thyroïdienne, parotidienne, faciale, lèvre, langue, cavité buccale. La thyroïdite de Riedel est actuellement incluse dans ce cadre anatomo-clinique. Elle est parfois associée à une fibrose rétro-péritonéale.
B. M. Riedel, chirurgien allemand (1896)
Syn. fibrose cervico-faciale
→ Riedel (thyroïdite de), fibrose rétro-péritonéale
[A2,I1]
Édit. 2018
fibrose cervico-faciale l.f.
cervicofacial fibrosis
Syn. fibrose cervicocéphalique
[A2,P1]
Édit. 2018
fibrose congénitale des muscles oculaires extrinsèques l.f.
congenital fibrosis of extraocular muscles
L’affection est autosomique dominante.
[A2,P2,Q2]
Édit. 2018
fibrose cutanée l.f.
cutaneous fibrosis
État fibreux de la peau consécutif à un processus inflammatoire ou traumatique.
→ fibrose nodulaire sous-épidermique
[A2,J1]
Édit. 2018
fibrose du quadriceps l.f.
quadriceps contracture
Syn. rétraction du quadriceps
[A2,I1]
Édit. 2018
fibrose élastigène l.f.
Syn. fibrose élastique
[A2]
Édit. 2018
fibrose élastique l.f.
elastic fibrosis
Formation excessive de fibres élastiques dans un tissu cicatriciel, une inflammation chronique, certaines dystrophies.
Syn. fibrose élastigène
[A2]
Édit. 2018
fibrose généralisée des muscles oculomoteurs l.f.
congenital generalized fibrosis of extraocular muscles
[A2,P2]
Édit. 2018
fibrose kystique l.f.
cystic fibrosis
[A2]
Édit. 2018
fibrose kystique du pancréas l.f.
cystic fibrosis of the pancreas
Forme grave de mucoviscidose avec troubles métaboliques liés à l'insuffisance des sécrétions interne et externe.
[L1]
Édit. 2018
fibrose médiastinale postradique l.f.
radiotherapeutic fibrous mediastinitis
Sclérose fibreuse médiastinale apparaissant au moins six mois après une radiothérapie de cette région.
→ irradiations médiastinales thérapeutiques (conséquences des)
[K1,F2,G5]
Édit. 2018