dépression endogène l.f.
endogenous (autogenic, autonomous, endogenic) depression
Dépression d'origine interne, en opposition à psychogène, avec son caractère spontané, inexplicable, immotivé, autonome.
De nombreux critères ont été proposés pour la définir : humeur dépressive vitale, perte de l'intérêt et du plaisir, absence de réactivité émotionnelle, ralentissement psychomoteur ou agitation, anorexie et amaigrissement, perte de libido, signes de dysrégulation des rythmes biologiques (réveil prématuré ou hypersomnie, prédominance matinale des troubles). Certaines formes sont dites délirantes, à thèmes mélancoliques (ruine, culpabilité, syndrome de Cotard), persécutifs, hypocondriaques.
Ce tableau clinique correspond à ceux de dépression avec symptômes psychotiques (CIM.10) ou de type mélancolique (DSM IV) sans que soit utilisé le terme d'endogène, à connotation étiopathogénique.
La dichotomie endogène-psychogène est mise en question, car plus arbitraire et aléatoire qu'on ne l'a longtemps supposé.
La dépression endogène relève d'abord de thérapeutiques biologiques : médicaments antidépresseurs, voire sismothérapie.
J. Cotard, psychiatre français (1880)
Syn. mélancolie
→ endogène
dépression mélancolique l.f.
melancholia
1) Au sens classique de la psychiatrie européenne, accès dépressif de la psychose maniacodépressive.
Celui-ci est caractérisé par une intensité, une acuité particulières et la présence de signes patents dits d'endogénécité : majoration matinale des symptômes, idées délirantes mélancoliques (à thèmes de culpabilité, ruine, dévalorisation), ralentissement psychomoteur manifeste, tristesse profonde, potentiel suicidaire élevé.
Certaines variétés cliniques étaient reconnues : mélancolie simple, anxieuse, agitée, délirante à thèmes de persécution, souriante d'autant plus trompeuse que le risque suicidaire est élevé.
Les termes de dépression endogène, psychotique, sont pratiquement identiques.
2) Au sens de la CIM IO, internationale, et/ou du DSM IV, américain, ensemble sémiologique défini par :
- l'un ou l'autre des symptômes suivants durant la période la plus sévère de l'épisode actuel : perte d'intérêt ou de plaisir pour toutes ou presque toutes les activités ; manque de réactivité aux stimulations habituellement agréables (le sujet ne se sent pas mieux, même temporairement) ;
- quatre (CIM) ou trois et davantage (DSM) de ces critères : tonalité particulière de l'humeur dépressive, ressentie différemment par rapport aux sentiments éprouvés après la perte d'un être cher ; dépression régulièrement plus marquée le matin ; réveil matinal précoce (au moins deux heures avant l'heure habituelle du réveil) ; ralentissement psychomoteur marqué ou agitation ; anorexie ou perte de poids significative ; culpabilité excessive ou inappropriée ; diminution marquée de la libido.
Syn. mélancolie
mélancolie n.f.
melancholia
Étym. gr. melas : noire, cholè : bile