loase n.f.
loaiasis, loiasis
Infestation parasitaire due à la filaire Loa loa.
Cette helminthose humaine est strictement africaine. Sa distribution est limitée au bloc forestier centrafricain : très fréquente au Gabon, Cameroun, Congo, Zaïre et Nigeria, peu fréquente en Angola, au Bénin, Guinée Équatoriale, République centrafricaine et Tchad. Elle est transmise par la piqûre d’un taon du genre Chrysops. Les filaires adultes, de 3 à 7 cm, se déplacent dans le derme. Les femelles ovovivipares émettent des microfilaires qui circulent dans le sang avec une périodicité diurne.
La symptomatologie dépend du nombre de piqûres infestantes : elle atteint 3 à 35% ou plus de la population en zone d’endémie. Les manifestations cliniques apparaissent après une durée d’incubation de 4 à 24 mois et peuvent persister jusqu’à 20 ans : prurit, urticaire, arthralgies, myalgies, œdème ferme prurigineux, migratoire et fugace ou œdème de Calabar. Le nématode adulte peut migrer sous la conjonctive, occasionnant photophobie, conjonctivite, œdème périorbitaire. Sa migration sous la peau se manifeste par un petit cordon érythémateux, très prurigineux, palpable et mobile. En cas d'infestation massive et prolongée, diverses complications, notamment rénales (glomérulonéphrites) ou cardiaques (endocardites), peuvent survenir. Il existe une forte hyperéosinophilie sanguine. Le diagnostic repose sur la recherche et l'identification des microfilaires diurnes, éventuellement le recueil d'une filaire adulte lors de sa migration sous-conjonctivale ou, à la rigueur, la recherche d'anticorps. Le traitement repose sur l'administration prudente (risque d'encéphalite) de diéthylcarbamazine, éventuellement après une cure d'ivermectine.
Etym. loa : mot africain