immunothérapie n.f.
immunotherapy
Traitement d'une maladie par une intervention sur le système immunitaire.
L’immunothérapie est dite « active » quand elle agit en stimulant les réponses de l’appareil immunitaire soit de façon spécifique (vaccination par une bactérie tuée, vivante ou atténuée, ou par un antigène microbien purifié), soit de façon non spécifique (adjuvant, cytokine immunostimulante comme l’IL-2). L’immunothérapie est dite « passive » quand elle apporte au receveur des composants de la réponse immunitaire provenant d’individus immunisés (anticorps comme dans la sérothérapie ou le traitement par les immunoglobulines, cellules lymphoïdes T comme dans le cas de l’immunité « adoptive »).
Étym. lat. immunis : exempt de
immunothérapie anticancéreuse n.f.
antineoplasic immunotherapy
Traitement d'un cancer par intervention sur le système immunitaire qui peut être spécifique ou non.
1) Immunothérapie non spécifique :
-BCG (Bacille de Calmette et Guérin) en traitement local pour le cancer de la vessie,
-interféron α pour certaines leucémies,
-interleukine 2 pour l’adénocarcinome rénal métastatique.
2) Immunothérapie spécifique, dite thérapie « ciblée », utilisant des anticorps monoclonaux» :
- anti CD 20 utilisés dans le traitement des lymphomes malins : rituximab,
- anti EGF (Epidermal Growth Factor) utilisé dans le cancer colorectal métastatique et dans certains cancers épidermoïdes : cetuximab
- anti HER2/neu utilisé dans le cancer du sein : trastuzumab
- anti VEGF (Vascular Epidermal Growth Factor) utilisé dans les cancers colorectal, bronchique et mammaire: bevacizumab.
3) Immunothérapie par inhibition du point de contrôle (« check point ») qui utilise des anticorps bloquant les points de régulation du système immunitaire mis en place par une tumeur cancéreuse pour échapper aux défenses de son hôte. Elle donne des résultats spectaculaires dans une proportion importante de mélanomes et de cancers bronchiques.
J. Allison, immunologiste américain, et Tasuku Honjo, immunologiste japonais, prix Nobel de médecine en 2018
Étym. lat. immunis : exempt de
→ BCG-thérapie endovésicale, interféron, interleukine
[F3, G5]
Édit. 2020
immunothérapie de l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine l.f.
Adjonction d’un traitement immunomodulateur, tel que l’interleukine 2, au traitement antirétroviral.
Destinée à stimuler la croissance et la prolifération des lymphocytes T, elle est indiquée chez les patients ayant une réponse immunitaire insuffisante sous trithérapie suivie depuis au moins six mois.
Étym. lat. immunis : exempt de
→ sida
immunothérapie vésicale l.f.
vesical immunotherapy
Action thérapeutique visant à provoquer une réaction immunitaire de la muqueuse vésicale par introduction dans la lumière de l'organe d'une solution antigénique, dans le but de traiter certaines affections tumorales diffuses ou récidivantes.
Le type en est l'utilisation du BCG pour le traitement du carcinome in situ et des papillomatoses diffuses de la vessie.
Étym. lat. immunis : exempt de
radio-immunothérapie l.f
radioimmunotherapy
Application thérapeutique d’anticorps vecteurs de radioactivité.
Le vecteur, un anticorps monoclonal, reconnaît les antigènes exprimés par les cellules-cibles que le radio-isotope lié peut dès lors détruire par émission de rayonnement α ou β.
La principale indication actuelle de cette méthode est la destruction de cellules tumorales
(lymphome malin, leucémie lymphocytique…), mais les indications potentielles paraissent larges.
déficit en lymphocytes tueurs naturels l.m.
defect in natural killer lymphocytes
A. M. Béguez-César, pédiatre cubain (1943) ; M. Chédiak, médecin cubain (1952) ; O. Higashi, pédiatre japonais (1954)
→ Chédiak-Higashi (maladie de )
déficit idiopathique en lymphocytes T CD4+ l.m.
idiopathic CD4+ lymphocyte deficiency
Syndrome caractérisé par une diminution des lymphocytes T CD4+ périphériques au-dessous de 100/mL en l’absence de toute infection virale (VIH ou rougeole) et de traitement immunosuppresseur.
Ce syndrome n’est pas familial. L’anomalie moléculaire sous-jacente n’est pas encore caractérisée. Ce syndrome peut entraîner chez l’enfant et chez l’adulte des infections opportunistes.
leucémie à grands lymphocytes granuleux (LGL) l.f.
T cell large granular lymphocytic leukemia
Syndrome lymphoprolifératif caractérisé par une expansion clonale de lymphocytes T CD3+ cytotoxiques ou de cellules natural killer (NK) CD3 infiltrant la moelle osseuse, la rate et le foie et fréquemment associée à des maladies auto-immunes.
On estime que les leucémies LGL représentent 2 à 5% des syndromes lymphoprolifératifs chroniques en Europe. Les hommes et les femmes sont affectés dans la même proportion. L’âge médian est de 60 ans avec seulement 25% de patients ayant moins de 50 ans. La splénomégalie est la manifestation clinique la plus fréquente, rencontrée chez près de la moitié des patients. La présence d’une hépatomégalie, d’adénopathies ou de symptômes B est beaucoup plus rare. Sur le plan hématologique, l’anomalie la plus habituelle est la neutropénie. L’anémie et la thrombopénie sont plus rares. Une hyperlymphocytose (supérieure à 4 x109/L) secondaire à la prolifération du clone LGL est observée chez plus de la moitié des patients. L’électrophorèse des protéines montre une hypergammaglobulinémie et un pic monoclonal est rapporté dans environ 15 % des cas. Le diagnostic de leucémie à LGL repose sur la mise en évidence d’une expansion clonale de grands lymphocytes granuleux circulants. Les analyses phénotypiques montent que les lymphocytes tumoraux correspondent à des lymphocytes T mémoire effecteurs terminaux caractérisés par l’expression du marqueur CD45RA et l’absence de la molécule d’adhésion CD62L.
Récemment des mutations somatiques du gène STAT3 ont été identifiées chez 30 à 40 % des patients porteurs d’une leucémie LGL.
Les complications sont dominées par l’anémie, les risques infectieux secondaires à la neutropénie chronique et l’association avec des pathologies auto-immunes, au premier rang desquelles la polyarthrite rhumatoïde. Cette dernière précède le plus souvent le diagnostic de leucémie LGL. Le traitement de première intention repose habituellement sur l’utilisation d’immunosuppresseurs.
T. Marchand, hématologue français (2015)
lymphocytose à grands lymphocytes granuleux l.f.
large granular lymphocyte leukemia, T gamma lymphoproliferative disease, T-cell chronic lymphocytic leukemia
Affection définie par la présence en excès dans la sang, la moelle osseuse, la pulpe rouge splénique et plus inconstamment dans d'autres organes, de lymphocytes particuliers par leur aspect morphologique à cytoplasme abondant contenant des granulations azurophiles, par leurs marqueurs de différenciation exprimant le plus souvent les antigènes CD3, CD8, CD57.
Cette affection associe une splénomégalie, une neutropénie souvent extrême,des manifestations d'auto-immunité au premier rang desquelles une polyarthrite avec présence de facteur rhumatoïde à titre élevé, et peut simuler par ces aspects un syndrome de Felty. L'évolution est chronique, émaillée par de fréquentes complications infectieuses.
lymphome à petits lymphocytes l.m.
small lymphocytic lymphoma
Syn. lymphome à petites cellules, lymphome lymphocytique
[F1]
Édit. 2018
lymphome splénique à lymphocytes villeux l.m.
splenic lymphoma with villous lymphocytes (SLVL)
Variété de lymphome malin de faible malignité, individualisé par l'école anglaise dans le cadre du diagnostic différentiel des leucémies lymphoïdes chroniques.
Cette affection représente 1 à 2 % des lymphomes non-hodgkiniens et survient chez des personnes âgées (méd. 70 ans) avec un ratio H/F à 2/1.
Les cellules prolifèrent dans la rate, la moelle et le sang où on les reconnaît par l'aspect frangé de leur cytoplasme ; ces lymphocytes B expriment CD19+, CD20+, CD22+, CD24+, CD79b+, FMC7+ et DBA44+. Les anomalies cytogénétiques les plus fréquentes sont : 7q22-q32 (20-40% des cas), t(11;14)(q13;q32) (10-15% des cas). Une immunoglobuline monoclonale (surtout IgM) est souvent décelée dans le sang, de fréquence variable en fonction des séries de la littérature. L'évolution est habituellement indolente sans traitement : (survie de 80% à 5 ans).
X. Troussard, hématologiste français (2005)
Syn. lymphome splénique de la zone marginale
récepteurs des lymphocytes B l.m.p.
B lymphocytes receptors
Récepteurs d'antigène des lymphocytes B qui sont des immunoglobulines fixées sur la membrane des lymphocytes B.
Quand ces anticorps se lient spécifiquement à l'antigène, le lymphocyte B est stimulé, il prolifère et se différencie en cellules B mémoire et plasmocytes sécréteurs d'immunoglobulines spécifiques de l'antigène.
récepteurs des lymphocytes T l. m. p.
T lymphocytes receptors
Ce sont des structures de membrane permettant aux lymphocytes T de reconnaître spécifiquement les antigènes.
Leur combinaison avec l’antigène transmet un signal d’activation à la cellule par l’intermédiaire de complexes moléculaires CD3 auxquels ils sont associés. Ils sont tous identiques pour un même lymphocyte. Ils sont constitués de deux chaînes polypeptidiques dont il existe quatre sortes : α, β, γ, δ construites sur le même modèle :
-une partie constante prolongée par une séquence hydrophobe (assurant son ancrage dans la membrane) et par un segment intracytoplasmique ;
-une partie variable (tournée vers l’extérieur de la cellule) qui, comme pour les immunoglobulines, est du fait de la variabilité le support de leur spécificité pour l’antigène.
Il existe deux sortes de récepteurs :
-les récepteurs α β, formés d’une chaîne α unie par un pont disulfure à une chaîne β, sont présents sur les lymphocytes T CD3+, CD4+ et sur les T CD3+ CD8+. Ils reconnaissent l’antigène présenté par les CPA en association avec des molécules HLA de classe II (T auxiliaires) ou de classe I (T cytotoxiques) ;
-les récepteurs γ δ formés d’une chaîne γ associée à une chaîne δ sont présents sur les lymphocytes T CD3+ CD4- CD8- représentant 1 à 10 % des lymphocytes circulants mais ils sont plus nombreux dans certains tissus. Ils peuvent se lier à des épitopes non associés à des molécules HLA.
→ CPA, TCR, lymphocyte T
lymphocytes MAIT l.m.
MAIT lymphocytes
Variété de lymphocytes T innés pouvant secréter rapidement d’importantes quantités de cytokines pro inflammatoires dont les capacités cytotoxiques, notamment vis-à-vis des cellules infectées par des bactéries en font des acteurs importants dans la lutte contre les infections bactériennes.
Chez l’homme, les lymphocytes MAIT sont abondants dans les muqueuses intestinales et pulmonaires ; d’où leur nom. Ils sont également présents dans le sang où ils constituent jusqu’à 10% des lymphocytes T circulants.
Sigle MAIT acr. angl. pour Mucosal-Associated Invariant T cells
[A2,F1,F3]
Édit. 2018
antigène cutané associé aux lymphocytes l.m.
cutaneous lymphocyte antigen
Antigène glucidique qui facilite le ciblage des lymphocytes T mémoire sur la peau enflammée.
Cet antigène est défini à la fois par sa réactivité avec un anticorps monoclonal unique, HECA-452 et par son activité en tant que ligand de la E-sélectine. Sa structure est une modification glucidique inductible du ligand-1 de la glycoprotéine de P-sélectine (PSGL-1), une glycoprotéine de surface connue, qui est exprimée de manière constitutive sur tous les lymphocytes T humains du sang périphérique.
Sigle angl. CLA
[F1, F3, J1, ]
Édit. 2019