Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

15 résultats 

immunisation fœtomaternelle l.f.

feto-maternal immunization

Apparition d’anticorps dans la circulation maternelle dirigés contre les antigènes correspondants du fœtus.
Ces anticorps maternels utilisent la voie transplacentaire pour atteindre la circulation fœtale où ils provoquent la
destruction de cellules fœtales. Sa gravité est évaluée par le dosage de la bilirubine fœtale dans le liquide amniotique et le dosage de l’hémoglobine fœtale obtenue par cordocentèse. Elle se traite par des transfusions in utero, dans la veine ombilicale, de sang rhésus négatif, jusqu’à la viabilité fœtale, autour de 34 semaines d’aménorrhée en pratique. Elle se prévient par l’injection dans les 72 heures qui suivent la naissance, de gamma globulines anti-D à toute femme rhésus négatif non encore immunisée, dont le nouveau-né est rhésus positif, cette sérothérapie s'applique aussi à toute femme enceinte rhésus négatif non immunisée à l’occasion d’une fausse couche, d’une grossesse extra-utérine, d’une amniocentèse, d’un cerclage, d’une version par manœuvre externe ou de métrorragies d’un placenta praevia.
Cette immunisation peut concerner le système érythrocytaire rhésus avec production d’anticorps anti-D, anti-E, anti-e, anti-C, anti-c et le système Kell. Il peut s’agir d’une immunisation antiplaquettaire dans le système Pla, responsable de purpura thrombopénique néonatal, ou d’une immunisation antileucocytaire dans le système HLA, responsable de granulopénie transitoire.

Étym. lat. immunis : exempt de

immunoglobuline anti-D, maladie hémolytique du nouveau-né, plasmaphérèse, transfusion fœtale in utero

hémorragie fœtomaternelle l.f.

feto-maternal hemorrhage

Passage transplacentaire de sang fœtal dans la circulation maternelle, sur placenta normalement inséré ou prævia, au moment de l'accouchement ou de la délivrance, à l'occasion d'un traumatisme utérin, d'une manœuvre de version, d'une amniocentèse, d'une fausse couche, d'une grossesse extra-utérine.
Son volume, évalué par le test de Kleihauer, atteint parfois plusieurs dizaines de millilitres, cause d'anémie fœtale et surtout d'immunisation anti-D chez les femmes rhésus négatif.

E. Kleihauer et K. Betke, pédiatres allemands (1957)

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

Kleihauer (test de)

[O3]

Édit. 2015

incompatibilité sanguine fœtomaternelle l.f.

materno-fœtal allo-immunization

Immunisation d’une femme enceinte contre les antigènes de son fœtus.
Lorsque le fœtus possède des antigènes érythrocytaires, leucocytaires ou plaquettaires différents de ceux de sa mère, leur passage dans la circulation maternelle peut susciter la production d’anticorps dont le transfert transplacentaire provoque des accidents fœtaux hématologiques.

Syn. immunisation fœtomaternelle

transfusion fœtomaternelle l.f.

foetomaternal transfusion

Hémorragie de sang fœtal dans la circulation maternelle à travers le placenta, qui survient au moment de l’accouchement ou peut être provoquée par une manœuvre obstétricale, un avortement, une insertion basse du placenta.
Son volume évalué par le test de Kleihauer varie de moins de dix à plusieurs dizaines de millimètres cubes, jusqu’à parfois provoquer la mort fœtale par anémie aigüe. Chez les femmes rhésus négatif dont le fœtus est rhésus positif, elle constitue la cause de l’immunisation fœtomaternelle antirhésus.

E. Kleihauer et K. Betke, pédiatres allemands (1957)

Kleihauer (test de)

allo-immunisation n.f.

isoimmunisation

Sécrétion par un individu d'anticorps dirigés contre des antigènes étrangers appartenant à la même espèce, mais dont il est dépourvu.
Une allo-immunisation peut se développer après une transfusion ou une grossesse et concerner différentes lignées cellulaires telles que les érythrocytes, les plaquettes, les polynucléaires. En obstétrique, l'allo-immunisation fœto-maternelle dans le système rhésus est la mieux connue et la plus fréquente.

[F3]

Édit. 2017 

allo-immunisation fœto-maternelle l.f.

fetomaternal isoimmunisation

groupe sanguin, rhésus (facteur)

[F3,O6]

Édit. 2017 

auto-immunisation n.f.

autoimmunisation

Processus caractérisé par une réaction immunologique humorale ou cellulaire de l'organisme contre l'un de ses constituants.

glomérulopathie extra-membraneuse anténatale par allo-immunisation materno-fœtale l.f.

Glomérulopathie due au passage transplacentaire d’anticorps maternels qui se fixent sur les podocytes des glomérules fœtaux.
Les anticorps pathogènes sont dirigés contre la néprilysine ou endopeptidase neutre (EPN)/CD10. La maladie glomérulaire est caractérisée par un syndrome néphrotique à la naissance, qui évolue rapidement vers l’insuffisance rénale sévère au cours des premières semaines de vie.
Elle est due à une immunisation développée par la mère pendant la grossesse liée au passage transplacentaire des anticorps néphritogènes. Les mères, apparemment bien portantes, sont génétiquement déficientes en EPN et s’immunisent dès la première grossesse contre l’EPN/CD10 présente sur les cellules placentaires.
Cette maladie représente la première cause prouvée de pathologie d’organe induite par allo-immunisation materno-fœtale. Les futures grossesses chez les mères immunisées sont à haut risque pour le fœtus.

P. Ronco, médecin néphrologue français, membre de l’Académie de médecine (2012)

néprilysine

hétéro-immunisation n.f.

heteroimmunisation

Immunisation secondaire à une injection d’un antigène appartenant à une autre espèce.

Syn. xéno-immunisation

[F3]

immunisation n.f.

immunization

Processus par lequel un sujet acquiert une immunité spécifique à l’égard d’un antigène.
L'immunisation est dite active quand elle résulte de l’action sur le système immunitaire d’un sujet receveur d’un antigène (vaccin, antigène provenant d’un agent infectieux, antigène inerte) introduit dans l’organisme ou produit par lui. Elle est dite passive quand elle résulte de l’administration au sujet receveur d’immunsérum, d’anticorps purifiés ou encore de lymphocytes sensibilisés spécifiques les uns et les autres pour un antigène donné. En cas d’immunisation active, l’antigène peut être introduit dans l’organisme ou y pénétrer par voie cutanée ou muqueuse (orale, nasale, oculaire, digestive). Il peut aussi être introduit par voie parentérale (injection sous-cutanée, intramusculaire ou intravasculaire). Une immunisation peut aussi être réalisée en utilisant des acides nucléiques contenant des séquences codantes pour l’antigène d’intérêt. L’immunisation peut concerner un hétéroantigène (c’est-à-dire un antigène provenant d’une autre espèce animale, végétale ou microbienne), un isoantigène (antigène provenant d’un sujet de même espèce mais génétiquement différent), un antigène provenant du sujet lui-même (autoantigène) ou d’un sujet génétiquement identique (individu dit syngénique ou encore isogénique).

Étym. lat. immunis : exempt de

antigène, immunisation active, vaccination, immunisation passive, immunsérum, anticorps

immunisation active l.f.

active immunization

Stimulation par un organisme de sa propre réponse immunitaire sous l'influence d'un vaccin ou à la suite d'une infection.
Elle est assez lente à s'établir mais durable.

Étym. lat. immunis : exempt de

vaccination

immunisation antirhésus l.f.

Rh disease

Immunisation survenant après transfusion de sang hétérospécifique ou pendant la grossesse par passage transplacentaire d’hématies fœtales rhésus positif dans la circulation d’une mère rhésus négatif.
Elle peut survenir à tout moment de la grossesse. Au premier trimestre, au cours d’un avortement spontané, d’une interruption volontaire de grossesse, d’une grossesse extra-utérine ; au deuxième trimestre, lors de tous les gestes anténatals comme l’amniocentèse, la ponction de sang fœtal ; au troisième trimestre, lors de l’accouchement, qu’il soit normal ou par césarienne ou lors de la délivrance. Elle est responsable des accidents de la maladie hémolytique du nouveau-né entraînant un anasarque fœtal et une mort fœtale par anémie. Sa prévention repose sur l’injection d’immunoglobuline anti-D après l’accouchement de toute femme enceinte de groupe rhésus négatif jusque-là non immunisée et donnant naissance à un enfant de groupe rhésus positif. Son traitement repose sur la pratique des transfusions in utero, de sang rhésus négatif, dans le cordon, à partir du 4èmemois de la grossesse dans les cas les plus sévères.

Étym. lat. immunis : exempt de

maladie hémolytique du nouveau-né, transfusion fœtomaternelle

immunisation intracellulaire l.f.

intracellular immunization

Variété de thérapie génique destinée à tenter d’introduire, dans des cellules humaines, des gènes codant pour une ou plusieurs protéines susceptibles d’interférer avec la reproduction d’un virus, tel que le VIH, qui infecte ces cellules.

Étym. lat. immunis : exempt de

immunisation passive l.f.

passive immunization

Utilisation d'un anticorps ou de lymphocytes sensibilisés provenant d'un individu immunisé, pour établir chez le receveur un état d'immunité passive à court terme contre une substance antigénique telle qu'une toxine.

Étym. lat. immunis : exempt de

sérothérapie

iso-immunisation n.f.

iso-immunization

Immunisation d’une mère contre les antigènes érythrocytaires, leucocytaires ou plaquettaires de son fœtus.

immunisation fœtomaternelle