Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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exécutives (fonctions) l.f.p.

executive functions

Fonctions psychiques élaborées, reposant essentiellement sur l'activité du cortex préfrontal, intervenant dans les situations nouvelles ou non routinières et permettant l'élaboration de solutions grâce à leur capacité de sélection des informations pertinentes, de coordination et d'organisation des autres fonctions cérébrales.
Elles comportent en particulier les fonctions d'anticipation, de sélection des buts, de préplanification et de surveillance.
Des tests considérés comme spécifiques sont nécessaires à leur évaluation en clinique, comme le test de la tour d’ Hanoï ou le Wisconsin Card Sorting Test.

E. Lucas, mathématicien français (1842-1891) ; Esta A. Berg, psychologue américaine (1948)

anti-aromatases

[G3,G5]

Édit. 2018  

fonctions tubulaires l.f.p.

tubular functions

Ensemble des transports à travers la paroi tubulaire entre l'urine et les liquides interstitiels du rein auquel il convient d'ajouter les fonctions métaboliques et endocrines des cellules tubulaires rénales.
L'épithélium tubulaire assure le transport de certains constituants de l'urine vers le plasma (glucose, urée, sodium) et celui de certains constituants du plasma vers l'urine (acides organiques, potassium). Ces deux types de phénomènes sont appelés respectivement réabsorption et sécrétion tubulaire.
Les cellules tubulaires rénales ont une activité métabolique, p. ex. la néoglucogénèse dans le tubule proximal et la glycolyse dans le tubule distal ou la synthèse d'ammoniac à partir de la glutamine.
Les cellules tubulaires peuvent synthétiser et libérer des médiateurs locaux ou des hormones comme le 1,25 dihydroxycholécalciférol.

hémisphère mineur (fonctions de l') l.f.p.

minor hemisphere functions

Fonctions cérébrales de l'un des hémisphères considérés comme mineurs.
Ce terme est lié à la notion de dominance, sous-entendant que l'hémisphère droit, n'ayant le plus souvent, chez le droitier, qu'un rôle accessoire dans les séquences motrices, particulièrement manuelles et le langage, est mineur par rapport à l'hémisphère gauche.
En fait, une des caractéristiques essentielles du cerveau humain est la répartition des fonctions entre les deux hémisphères cérébraux qui ne sont pas entièrement symétrique. Chaque hémisphère possède des capacités spécifiques.
L'origine de l'asymétrie est mal connue, qu'il s'agisse d'hypothèses génétiques, embryologiques ou fondées sur la plasticité fonctionnelle cérébrale.
L'hémisphère dit mineur est dominant pour certaines caractéristiques de l'aptitude musicale, des aptitudes à reconnaître des modèles visuels complexes, pour la reconnaissance et l'expression des émotions. Il fait la synthèse d'une forme par l'analyse visuotactile, évaluant similitudes et différences, contrairement à l'hémisphère dit majeur, qui fonctionne sur un mode analytique en utilisant le langage.
Les capacités perceptives, ou gnosies, notamment somesthésiques perceptivogestuelles et visuospatiales, sont dominantes pour l'hémisphère mineur. Cependant, bien des inconnues persistent.

Étym. gr. hêmi : demi ; sphaira : boule, sphère

dominance hémisphérique, pariéto-occipital droit (syndrome)

[H1]

péritoine (fonctions du) l.f.p.

Les fonctions du péritoine découlent de ses origines embryologiques à partir du feuillet mésoblastique au sein duquel, entre la 3ème et la 8ème semaines, va se produire un clivage en deux couches, l’une en continuité avec le mésenchyme extra-embryonnaire tapissant l’amnios, c’est la somatopleure intraembryonnaire ( futur péritoine pariétal), l’autre en continuité avec le mésenchyme tapissant la vésicule vitelline, c’est le splanchnopleure intraembryonnaire (futur péritoine viscéral), ces deux couches délimitant une nouvelle cavité, le cœlome interne future cavité péritonéale ; l’organisation finale du péritoine avec ses mésos et ses fascias d’accolement accompagne le développement des organes intra-abdominaux .
Cette évolution mésoblastique explique les différentes fonctions du péritoine, tant mécaniques que physiologiques :
- maintenir les organes en place par les mésos et fascias d’accolement ;
- servir de structure porteuse aux vaisseaux et nerfs des organes par les mésos ; 
- permettre le glissement harmonieux des viscères grâce à une mince lame lubrifiante qu'il contient. Ce liquide péritonéal existe en quantité minime chez le sujet sain. Il est principalement issu du liquide interstitiel hépatique, passant à travers la capsule du foie. Le liquide interstitiel (et donc la lymphe) hépatique est riche en protéines parce que les capillaires sinusoïdes sont fenêtrés. Les lymphatiques sous-péritonéaux, principalement dans les régions diaphragmatiques, ont pour fonction de drainer ce liquide physiologique. ; la fixation anormale des organes soit au péritoine pariétal, soit par accolement des viscères entre eux par leur péritoine viscéral, est une réaction à des phénomènes inflammatoires quelle qu’en soit l’origine ; elle est expliquée par la richesse du liquide péritonéale en protéines qui, en s’organisant, sera responsable des adhérences. Les conséquences de l’existence d’adhérence sont variable, soit nulles et bien tolérées, soit à l’origine de troubles du transit pouvant aller jusqu’à l’occlusion intestinale.
- protéger les organes contre les infections (rôle du liquide de glissement) ;
- le péritoine sert également de surface d'échange puisqu'il est utilisé dans ce but lors d'une dialyse péritonéale (la membrane péritonéale est alors la membrane d’échange, de dialyse) ;
- le cas particulier de la cœliochirurgie doit être évoqué : plusieurs études ont observé une chute de la température centrale lors d’interventions par cœliochirurgie. Le gaz expose la surface péritonéale (comparable à celle de la peau, soit 1 à 2 m²) à des conditions de température et d’humidité différentes de celles de l’organisme.

feuillet mésoblastique, somatopleure intra-embryonnaire, vésicule vitelline, splanchnopleure intra-embryonnaire, cœlome interne, méso,  fascia d'accolement, péritoine, occlusion intestinale, péritonite, dialyse péritonéale, cœliochirurgie

[A1,C2]

poumon (fonctions métaboliques du) l.f.

metabolic functions of the lung

Fonctions métaboliques importantes du poumon en dehors de celle d'assurer les échanges gazeux.
La biosynthèse des phospholipides tels que la dipalmitoyl-glycérophosphoryl-choline, composant du surfactant, se fait dans les poumons. De même le métabolisme des glucides intervient pour constituer les mucopolysaccharides du mucus bronchique.
Le poumon est le lieu d'élaboration normale du collagène et de l'élastine de son parenchyme, mais dans des conditions anormales les leucocytes ou les macrophages libèrent des protéases qui dégradent ces protéines, il en résulte un emphysème périlobulaire.
Une part importante des cellules de l'endothélium vasculaire est située dans les poumons, aussi le passage du sang à travers le poumon joue un rôle important dans le métabolisme des substances vaso-actives : grâce à l'enzyme convertisseur de l'angiotensine situé dans de petites cavités des parois capillaires (caveolæ intracellulares), l'angiotensine I est transformée en angiotensine II, cinquante fois plus active que son précurseur.
De nombreuses substances sont inactivées par les enzymes pulmonaires, telles la bradykinine (inactivée à 80%) la sérotonine, les prostaglandines E1, E2 et F2alpha la noradrénaline (inactivée à un peu plus de 30%), par contre l'histamine est peu affectée. Le poumon peut vraisemblablement capter et jouer un rôle dans le métabolisme de certains médicaments.

emphysème, lobe pulmonaire, œdème pulmonaire, rénine-angiotensine (système), surfactant

suicide (fonctions du) l.f.p.

suicidal functions

Démarche d'approfondissement de la conduite suicidaire, effectuée initialement par E. Stengel (1964), qui permet de mieux dégager, pour chaque cas, sa valeur de communication et ses principales significations, si possible au-delà du contenu manifeste.
Ces fonctions sont les suivantes : auto-agressivité, surtout dans la dépression mélancolique ; hétéroagressive, associée à un retournement de l'agressivité contre soi-même (S. Freud) ; appel à un entourage vécu comme indifférent ou hostile afin qu'il intervienne ; chantage ; fuite devant une situation inacceptable ou une douleur excessive ; ordalique, où prévaut le "jugement de Dieu". Cette série est complétée par la notion de suicide dans le cadre d'une réaction catastrophique (réaction non mentalisée, "en coupe-circuit", comparable aux crises excitomotrices).
Le plus souvent, la complexité de chaque situation fait apparaître l'association de plusieurs fonctions, qui peuvent évoluer en cas de récidive.
Malgré le désir de mort toujours présent, cette tentative de réduction des tensions internes, dans son ambivalence vie-mort, peut s'inscrire à la limite comme une tentative de résolution d'un problème de vie.

E. Stengel, psychiatre britannique (1964)

Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper

suicide

hypophyse n.f.

hypophysis (TA)

pituitary gland

Glande endocrine située à la base du cerveau, dans la selle turcique, comprenant une partie postérieure, la neurohypophyse ( ou post-hypophyse ou neurohypophyse), appendue par la tige pituitaire à l’hypothalamus, et une partie antérieure, l’adénohypophyse (ou antéhypophyse).
La neurohypophyse, lobe postérieur, est une structure nerveuse reliée par la tige pituitaire à l’infundibulum du plancher du 3e ventricule dont il est une des dépendances. De structure névroglique, il reçoit par la tige pituitaire (nerf pédonculaire et hypophyse de Roussy) le faisceau hypothalamo-hypophysaire émanant des noyaux dorsal, ventral, préoptique et supraoptique de l’hypothalamus. Ses sécrétions sont la vasopressine ou hormone antidiurétique (ADH) et l’ocytocine. La nature lipidique des granules présécrétoires de la neurohypophyse explique l’hypersignal normal en IRM sur la séquence pondérée en T1.

Syn. glande pituitaire

[A1,04]

hypophyse accessoire l.f.

Toute glande surnuméraire de structure adénohypophysaire développée sur le trajet du canal cranio-pharyngien de Landzert.
Ces glandes représentent un vestige fragmenté du pédicule pharyngien embryonnaire. Suivant leur situation on distingue trois types d’hypophyses accessoires : hypophyse pharyngée ; hypophyse accessoire intra-osseuse, développée dans le corps de l’os sphénoïde ; hypophyse accessoire intracrânienne (ou sous-hypophysaire), située sur le fond de la selle turcique, sous le pôle inférieur du lobe antérieur de l’hypophyse dont elle est séparée par un feuillet réfléchi de la dure-mère. Les hypophyses accessoires peuvent être le point de départ de tumeurs (adénomes, craniopharyngiomes).

T. Landzert, anatomiste russe (1868)

hypophyse d'Erdheim l.f.

J. Erdheim, anatomopathologiste autrichien (1874-1937)

hypophyse pharyngée

hypophyse  pharyngée l.f.

hypophysis pharyngealis (TA)

pharyngeal hypophysis.
Hypophyse accessoire située sous la muqueuse naso-pharyngée, sur la ligne médiane et contre la face inférieure du corps du sphénoïde, à égale distance du bord postérieur du vomer et de la tonsille pharyngée.  
De forme et de volume très variables, en général de la grosseur d’un grain de blé, elle présente des connexions avec la bourse pharyngée. Elle est richement vascularisée. Elle est normalement dépourvue d’activité endocrinienne.

J. Erdheim, anatomopathologiste autrichien (1874-1937)

Syn. anc. hypophyse d’Erdheim

[A1,04]

lobe antérieur de l'hypophyse l.m.

adénohypophyse

lobe postérieur de l'hypophyse l.m.

neuro-hypophyse

nerf pédonculaire de l'hypophyse de Roussy l.m.

G. Roussy , anatomopathologiste français, membre de l'Académie de médecine (1874-1948)

tractus hypothalamo-hypophysaire

post-hypophyse n.f.

neurohypophyse

tente de l'hypophyse l.f.

diaphragme de la selle