hypoglycémie n.f.
hypoglycemia
Diminution de la teneur du sang en glucose, au-dessous de la limite normale de 0,8 g/L (4,5 mmol/L).
On peut observer une hypoglycémie sous l’influence des traitements par l'insuline, dans les hyperinsulinismes pathologiques, dans les insuffisances antéhypophysaires et corticosurrénaliennes, au cours du jeûne et chez des gastrectomisés, de même que dans le carcinome hépatocellulaire.
Elle se traduit par des malaises généraux avec transpiration, des altérations du comportement avec agressivité, agitation, ébriété pseudo-alcoolique. Il existe des formes confusionnelles, confuso-oniriques ou hallucinatoires ainsi que des troubles thymiques dépressifs ou maniaques, des manifestations plus ou moins chroniques d'asthénie ou d'anxiété. Sont également observés des signes déficitaires en foyer, des crises épileptiques généralisées ou focales.
Elle peut être responsable d’un coma avec sueurs abondantes, signe de Babinski bilatéral, hypothermie et parfois accès de décérébration. L'apport glucidique a un effet spectaculaire.
Le glucose est la seule substance métabolique à franchir la barrière hémocérébrale assez rapidement, pour assurer les besoins énergétiques cérébraux. La rapidité et la sévérité des incidences encéphaliques de l'hypoglycémie résultent de la faiblesse des réserves cérébrales en glucose et de l'importance de sa consommation par le système nerveux central, qui en dépend presque exclusivement pour son énergie.
Un tableau inexpliqué de coma ou d'encéphalopathie doit évoquer systématiquement une hypoglycémie et faire injecter par voie veineuse, une solution de glucosée hypertonique avant même de connaître la valeur de la glycémie. Devant un coma survenant lors d'une intoxication éthylique aigüe, la glycémie doit être systématiquement mesurée en raison d'hypoglycémies sévères occasionnées par l'alcool.
Les neuropathies hypoglycémiques sont surtout motrices. Leur rareté illustre la moindre sensibilité du système nerveux périphérique à l'hypoglycémie.
La présence de critères cliniques et biologiques significatifs est indispensable pour éliminer un état psychiatrique d'un autre registre, en particulier névrotique. Le retentissement cognitif des hypoglycémies prolongées et répétées reste discuté.
[R1,G5]
hypoglycémie du nouveau-né l.f.
neonatal hypoglycemia
Glycémie égale ou inférieure à 2 mmol/L.
Un tel abaissement indique déjà un désordre redoutable : les signes cliniques, (par ex. une apnée) n'apparaissent qu'à la suite de dommages cérébraux. Devant toute détresse du nouveau-né on doit dépister l'hypoglycémie par une bandelette réactive et mettre en œuvre d'urgence le traitement. Sont plus particulièrement prédisposés les enfants hypotrophes, les post-matures, les jumeaux, les enfants de mère diabétique, les enfants infectés : ils doivent être étroitement surveillés et traités préventivement par un apport de glucose. Le seul traitement est la perfusion continue de glucose (maintenir la glycémie aux alentours de 5 mmol/L).
hypoglycémie grave l.f.
severe hypoglycemia
Glycémie inférieure ou égale à 3,6 mmol /L = 650 mg/L.
L'hypoglycémie grave est la cause de troubles neuropsychiques graves aboutissant au coma. On distingue cliniquement les crises convulsives avec état de mal, les manifestations neuropsychiques aigües (agitation confusion), les formes dites «pseudo-ictus» (avec hémiplégie réversible sous apport glucosé) et les comas avec agitation, hypertonie et signe de Babinski bilatéral, accompagné de signes cardiovasculaires et généraux (sudations, troubles vasomoteurs, tachycardie, hypertension, signes électrocardio
Chez les diabétiques, l'hypoglycémie grave relève d'une mauvaise mise en œuvre du traitement. En dehors du diabète de tels signes peuvent survenir à la suite de causes nutritionnelles (jeûne), métaboliques (fructosémie), fonctionnelles (nerveuses vagales), tumorales (pancréatiques surtout), hépatiques, toxiques, médicamenteuses, endocrines, etc.
Devant de tels symptômes l'injection d'une solution glucosée hypertonique assure le traitement d'urgence et, s'il est immédiatement efficace, confirme le diagnostic d'hypoglycémie.
amblyopie organique l.f.
organic amblyopia
Amblyopie provoquée par une anomalie de l'œil : cataracte, glaucome congénital avec vergeture de la cornée, opacité cornéenne au niveau de l'axe visuel, traumatisme, tumeur.
Quand l'atteinte est bilatérale, on ne doit plus parler d'amblyopie mais de malvoyance ou de basse vision.
Étym. gr. amblus : affaibli ; ops : œil
[P2]
Édit. 2017
hyperinsulinisme organique l.m.
S. Harris, médecin endocrinologue américain (1924)
Syn. Harris (syndrome de)
[R1]
Édit. 2015
insomnie organique l.f.
organic insomnia
Ensemble de troubles qui se définit essentiellement comme une plainte portant notamment sur la lenteur et les difficultés d'installation du sommeil, sur de nombreux réveils et une baisse de son "efficacité".
L'enregistrement polysomnographique montre une diminution des proportions de sommeil paradoxal et lent profond, ainsi qu'une durée moyenne inférieure à celle des bons dormeurs, mais aussi un large recouvrement des courbes entre les deux populations.
Seront distinguées :
- les insomnies neurologiques, d'origine: traumatique (rupture du cycle veille-sommeil en phase aigüe, de mauvais pronostic, insomnie résiduelle, syndrome post-commotionnel) ; dégénérative (maladie de Parkinson, chorée de Huntington, démence d'Alzheimer, etc.) ; présumée infectieuse (maladie de Creutzfeldt-Jakob, insomnie familiale fatale, chorée fibrillaire de Morvan) ; vasculaire (insomnies sévères des lésions thalamiques et protubérantielles) ; épileptique (à l'extrême, effacement des stades du sommeil lors de crises fréquentes) ;
- les insomnies somatiques, notamment : le syndrome des jambes sans repos ; les infections à VIH (fréquence de la plainte insomniaque chez les séropositifs asymptomatiques) ; les affections douloureuses (céphalées, cancer, algies rhumatismales, en particulier) ; les troubles respiratoires (apnées du sommeil, bronchopneumopathies obstructives, etc.) ; les affections cardiovasculaires (crises nocturnes d'angor, p. ex.) ; diverses affections métaboliques et endocriniennes (dans le diabète du fait de la polyurie, de l'hypoglycémie, d'une neuropathie périphérique, dans l'hyperthyroïdie, etc.) Il est de fait que des facteurs non spécifiques (douleurs, fièvre, troubles respiratoires, toux, handicap fonctionnel, inconfort, anxiété) peuvent intervenir au moins partiellement.
J. Parkinson, médecin et paléontologue britannique (1817) ; G. Huntington, médecin américain (1872) ; A. Alzheimer, neuropathologiste allemand (1906) ; H. G. Creutzfeld, neuropathologiste allemand (1920) ; A. Jakob, neurologue allemand (1921) ; A. M. Morvan, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1890)
→ polysomnographie, Parkinson (maladie de), Huntington (chorée de), Alzheimer (maladie d’), Creutzfeldt-Jakob (maladie de), insomnie familiale fatale, chorée fibrillaire de Morvan, épilepsie, maladie des jambes sans repos, séropositif au VIH, syndrome des apnées du sommeil, bronchopneumopathie chronique obstructive, angor de décubitus, diabète, hyperthyroïdie
intolérance alimentaire non organique l.f.
non-organic food intolerance
Ensemble de réactions subjectives plus imprécises et fluctuantes que celles d'une intolérance organique.
L’intolérance organique, allergique, est mieux admise par le patient et les siens en raison de son origine exogène. Une épreuve de provocation alimentaire en double insu reste l'investigation la plus sûre de cet effet nocebo.
Une psychogénèse exclusive ne peut être retenue. En dehors d'une affection psychiatrique caractérisée, une relation médicale globale, "sur mesure", établie si possible par le généraliste, à type dominant d'éclaircissement et de soutien, doit être associée à des traitements symptomatiques adaptés.
Malgré la persistance de nombreuses questions, s'impose une démystification des courants qui étendent à l'excès l'effet allergique des substances alimentaires, valorisant les "produits naturels".
organique adj.
organic
1) En pratique médicale, désigne un phénomène en liaison avec l’atteinte lésionnelle d’un organe ou d’un tissu.
On parle ainsi de troubles organiques, de souffle organique par opposition aux anomalies sans substratum anatomique.
2) En chimie, se dit d'un composé qui contient des éléments extraits du vivant.
On parle par exemple du phosphore organique inclus dans l’os, et du phosphore non organique lié aux phosphates du sang.
Étym. gr. organon : instrument de travail, organe
Ant. anorganique, fonctionnel
Édit. 2017
psychosyndrome organique l.m.
organic psychosyndrome
Syndrome commun à de multiples affections encéphaliques, également qualifié de "syndrome amnésique", comprenant des anomalies de la personnalité, mais plus généralement des troubles de la mémoire, du raisonnement, de l'attention, de la pensée et de l'affectivité (labilité) (E. Bleuler).
Sous la qualification de l'"exogene psychische Reaktion typen", traduit en français par "syndromes exogènes aigus", K. Bonhoeffer (1910,1917) groupait des épisodes d'"obscurcissement de la conscience" d'origine organique, liés à une cause extérieure infectieuse ou toxique, produisant la même sémiologie subdivisée en plusieurs formes. Ce terme correspond à la "confusion mentale" d'origine organique de l'école française et à son homologue étranger, le "delirium".
En 1971, C. Müller a élargi le psychosyndrome organique aux syndromes démentiels. Plus récemment, le DSM-III-R et la CIM IO ont classé sous la même rubrique de "troubles mentaux organiques", les confusions, les démences, diverses manifestations mentales évolutives et les modifications de la personnalité d'origine organique.
La DSM-IV a constitué le cadre des "troubles mentaux en rapport avec une affection générale" et a supprimé le "psychosyndrome organique", encore inclus dans le DSM-III-R.
E. Bleuler, psychiatre suisse (1857-1939) ; K. Bonhoeffer, neurologue et psychiatre allemand (1868-1948) ; C. Müller, psychiatre suisse (1921-2013)