hypocondrie n.f.
hypochondriasis
Sentiment pathologique d'une modification du corps avec estimation péjorative ou mise en question du fonctionnement, de l'intégrité, voire de l'existence ou de l'appartenance de tout ou partie de celui-ci, et qui recouvre une mosaïque clinique très composite.
Située à un carrefour névrotique et psychotique, inscrite généralement sur une personnalité paranoïaque ou obsessionnelle, la forme considérée comme "organique" est jalonnée, avec ses cénesthopathies et ses préoccupations, par une répétition constante de consultations et d'investigations médicales. Il s'agit notamment pour le patient d'obtenir, sur le plan conscient, une consécration officielle de la maladie dont il se croit atteint. À un niveau très archaïque (oral et anal), agressivité, culpabilité et conflit anxiogène s'investissent dans l'organe incriminé. C'est dire la résistance aux approches thérapeutiques. Pratiquement, ce trouble est inclus dans les troubles somatoformes par la CIM et le DSM.
En fait, depuis de banales rationalisations, l'hypocondrie se rencontre dans toutes les pathologies, notamment : dépressive (à formulation hypocondriaque), névrotique (formes nosophobiques), ou délirante.
Étym. gr. hupokhondrios : situé sous les cartilages
arganisme n.m.
Estimation péjorative de l’état d’intégrité ou de santé de son propre corps.
J. L. Abadie, neurologue français, professeur de neuro-psychiatrie à Bordeaux, membre de l’Académie de médecine (1930)
Étym. Ce terme a été construit par emprunt au Malade imaginaire de Molière.
Syn. hypocondrie
[H3]
Édit. 2019