Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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piqûre d'hyménoptère l.f.

hymenopteron sting

Piqûre d'insectes à ailes membraneuses tels les abeilles, bourdons, guêpes, Cleroderma domestica (aspect de grosse fourmi), les frelons, les guêpes et les abeilles africaines (Apis mellifera scutellata) qui sont les plus dangereux : une seule piqûre peut être mortelle.
Le venin est hémotoxique, avec atteinte de l'endothélium vasculaire pouvant entraîner des troubles rénaux et neurotoxiques. La dose mortelle de venin d'abeille est de l'ordre de 4 mg/kg environ. La gravité de l'envenimation dépend surtout du lieu d'inoculation et du nombre de piqûres : les piqûres mortelles d'abeilles sont habituellement causées par un essaim, il en est de même des piqûres répétées linéaires de Cleroderma.
Les piqûres dans la bouche ou le larynx provoquent un œdème de la glotte causant une dyspnée qui peut être grave. Celles dans une veine entraînent un œdème pulmonaire, un œdème cérébro-méningé et un collapsus. La sensibilité individuelle intervient : chez des sujets sensibilisés ou allergiques, une nouvelle piqûre peut donner un choc anaphylactique ou un rash allergique : une seule piqûre peut provoquer un urticaire généralisé ou donner des signes respiratoires. Si les piqûres se répètent à quelques semaines d'intervalle un choc anaphylactique peut s'observer. Mais on connaît aussi des phénomènes d'accoutumance chez les apiculteurs.
On observe habituellement une brûlure au point de piqûre, un érythème puis un œdème. Des signes généraux apparaissent parfois (rash, fièvre, adénopathies, myalgies). Dans les formes les plus graves, la gêne respiratoire peut nécessiter l'assistance respiratoire. Une céphalée, de l'agitation, un syndrome méningé, un coma voire des crises convulsives, signent un œdème cérébral.
Outre les traitements de réanimation s'il y a lieu, une immunothérapie antivenimeuse est possible, elle a même été préconisée de façon préventive.

Étym. gr. humên : membrane ; pteron : aile

envenimation, hyménoptères

[D4]

Édit. 2015

diptère (piqûre de) l.m.

dipterous bite

Piqûre d'insecte appartenant à l'ordre des diptères, caractérisés par une seule paire d'ailes (notamment mouches et moustiques qui sont munis de pièces buccales piqueuses ou suceuses).
Leur piqûre est sans gravité par elle-même ; pourtant, surtout dans les pays tropicaux, les diptères sont vecteurs de nombreuses maladies infectieuses ou parasitaires dont certaines peuvent être très graves.
Parmi les maladies transmises par les mouches (phlébotomes, glossines, etc.) et les moustiques (anophèles etc.), citons : dengue, fièvre à papataci, fièvre de la vallée du Rift, fièvre jaune, filarioses, maladie du sommeil, paludisme. Dans les pays tropicaux, la gravité de ces maladies rend indispensable les mesures préventives individuelles (moustiquaires, friction avec des produits répulsifs, etc.) ou collectives.

Étym. gr. dipteron : deux ailes

moustiques

granulome par piqûre d'insecte l.m.

insect bite granuloma

Lésion cutanée persistante nodulaire, végétante ou ulcérée, provoquée par une piqûre ou morsure d'insecte ou d'arachnide, et dont la structure histologique, variable, est parfois inquiétante car pouvant simuler un lymphocytome ou même un lymphome malin.

Syn. entomonide

insecte (granulome par piqûre d') l.m.

insect (granuloma by sting of)

granulome par piqûre d'insecte

mouche (piqûre de) l.f.

fly bite

mouche, diptère (piqûre de)

piqûre de cône l.f.

conus sting

Envenimation résultant de la piqûre par un cône, mollusque univalve de la famille des Conidæ.
Les vivent principalement dans les eaux peu profondes des côtes tropicales des océans Indo-Pacifique et Atlantique. Ils sont très recherchés pour leurs belles couleurs et les dessins variés de leur coquille en forme de cône. Ils sont carnivores et possèdent une dent venimeuse creuse reliée à l'orifice du conduit de la glande venimeuse pharyngée et qu'ils plantent dans la chair de leurs proies pour lui injecter un venin comprenant des toxines dont plusieurs sont paralysantes. Très douloureuses, les piqûres de cônes, surtout des espèces de grande taille généralement piscivores, peuvent être mortelles pour l'homme, surtout pour l'enfant.
Il existe un peu plus de 600 espèces de Conidæ, qu'on classe en piscivores, malacophages et vermivores, selon la nature de leur proies. Les piscivores sont les plus dangereux car leur venin, surtout celui du Conus geographus, est actif sur les vertébrés. Mais d'autres espèces peuvent aussi être dangereuses, voire mortelles, comme Conus textile (malacophage), C. marmoreus, C. litteratus, C. magus, C. striatus, C. omaria, C. aulicus.
Les venins des cônes comprennent un mélange de conotoxines (une centaine pour chaque espèce) qui ont des actions et des sites spécifiques différents.
En général les piqûres des Conidæ produisent une vive douleur et des réactions inflammatoires locales. Dans les formes graves, comme celles consécutives à la piqure du Conus geographus, il se produit d'abord une paralysie spastique par tétanisation des muscles, puis, quarante minutes à cinq heures après la piqûre, une paralysie flasque, avec diplopie et troubles de l'élocution, comparable à une curarisation : elles peuvent entraîner la mort par asphyxie (paralysie du diaphragme) d'où l'importance de la mise en œuvre d'une ventilation assistée. Il n'existe aucun antidote spécifique ; glucocorticoïdes et anti-histaminiques sont sans effet.

conotoxine, envenimation

[D2]

Édit. 2015

piqûre de scorpion l.f.

scorpion sting, scorpion envenomation

La piqûre par un scorpion peut être accompagnée d’injection de venin, entraînant alors une envenimation scorpionique.
Les scorpions sont des Arachnides actifs la nuit, surtout nombreux dans les régions chaudes et sèches. Leur queue est pourvue d’un aiguillon relié à une glande à venin. La piqûre ne s’accompagne pas toujours d’une injection de venin.
On connaît quelque 1.500 espèces de scorpions, toutes venimeuses. Les espèces les plus dangereuses, potentiellement mortelles, appartiennent surtout à la famille des Buthidés : Androctonus mauretanicus, A. australis, Buthus occitanus, Leiurus quinquestriatus, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, B. occitanus, L. quinquestriatus, Hottentota sp. ou Parabutus sp. en Afrique sub-saharienne ; en Amérique, il s’agit surtout d’espèces des genres Centruroides ou Tityus. En France, les quelques espèces de scorpions présentes (dont B. occitanus) ne sont pas considérées comme dangereuses.
La composition du venin varie selon les espèces : il contient surtout des neurotoxines (polypeptides inhibiteurs de canaux ioniques). L’envenimation scorpionique se manifeste par une douleur vive, des signes inflammatoires locaux (œdème parfois suivi d’escarre), des signes généraux (nausées, vertiges, frissons,), des troubles respiratoires (œdème, dyspnée, cyanose), cardiovasculaires (troubles du rythme, hypotension, collapsus, choc), neurologiques (paresthésies, convulsions, spasme de la glotte, parfois atteinte de la conscience). Dans les cas les plus graves, l’évolution peut se faire vers un coma et parfois la mort. Les piqûres sont généralement plus graves chez l’enfant.
L’incidence annuelle des envenimations scorpioniques est très variable suivant les régions : elle peut atteindre 2.000 piqûres p. 100.000 habitants au Mexique. Au total, l’incidence globale serait de l’ordre de 1,2 à 1,5 millions de piqûres, avec 3.000 à 3.500 décès.
Le recours au sérum antivenimeux, lorsqu’il existe, doit toujours être associé au traitement symptomatique (traitement de l’œdème aigu pulmonaire ou du choc cardiogénique notamment).

envenimation, venin, sérum antivenimeux

piqûre de tique l.f.

tick bite

Dilacération par une tique des tissus de l'hôte à l’aide des pièces buccales dont certaines ont une forme de harpon.
Les tiques ne piquent pas à proprement parler.
L’ablation d’une tique impose donc certaines précautions pour ne pas laisser en place le rostre de l’arthropode qui peut être le point de départ de surinfections ou d’un granulome à corps étranger.

tique

piqûre d'insecte l.f.

insect bite

Perforation de la peau par un insecte soit par un dard, soit par ses pièces buccales.
Les piqûres d’insectes sont prurigineuses en raison de la salive injectée.
Chez certains insectes, les orthorraphes (moustiques, p. ex), seules les femelles piquent et sont hématophages car le sang leur est indispensable pour la formation de leurs œufs. D’autres insectes sont hématophages dans les deux sexes (poux, puces, punaises).

piqûre d'insecte (granulome par) l.f.

granulome par piqûre d'insecte