halogénides n.m.p.
Lésions cutanées polymorphes caractérisées, le plus souvent, par une ou plusieurs plaques érythémateuses et végétantes, parfois pustuleuses ou ulcéro-croûteuses, mais pouvant aussi prendre un aspect d’éruptions urticariennes, de vascularites type sweet ou de nodules inflammatoires.
Devant de tels aspects on peut évoquer de prime abord une mycobactériose ou un pemphigus végétant ou une vascularite cutanée. La formule sanguine est dans les limites de la normale et les examens bactériologiques et mycologiques sont négatifs.
Le diagnostic d’halogénide repose essentiellement sur l’anamnèse, permettant de relier ces lésions cutanées à une prise médicamenteuse contenant des halogènes, surtout du brome (bromides), de l'iode (iodides) ou du fluor et très exceptionnellement du chlore. Le lithium peut également être responsable du développement d’iodides en augmentant la concentration d’iode sérique par blocage de sa captation par la thyroïde.
Toutes ces lésions sont très rares actuellement, le plus souvent en lien avec un contact accidentel (ingestion ou inhalation) et ne se voient plus en pathologie professionnelle. Le risque de méconnaitre le diagnostic est donc important.
L’examen histologique à partir d’une biopsie de la lésion montre un épiderme hyperplasique, un peu psoriasiforme, avec une hyperkératose et une papillomatose, sans acantholyse, ce qui élimine un pemphigus. Il existe un infiltrat inflammatoire dermique d’abondance modérée, constitué de lymphocytes et de polynucléaires neutrophiles dispersés, souvent altérés, réalisant des images de leucocytoclasie sous la forme de débris nucléaires dispersés. Il n’y a pas d’aspect suppuré ni de granulome épithélioïde. Des polynucléaires neutrophiles en exocytose intra-épidermique sont également présents.
Le seul moyen de confirmer l’hypothèse diagnostique d’halogénide iodée ou bromée est d’effectuer un dosage de l’iode ou du brome sérique et urinaire (valeur pouvant dépasser 91 mmol/l dans les urines pour une normale inférieure à 7).
Seul, l’arrêt et l’éviction du produit médicamenteux responsable entraînent la guérison sans séquelles.
→ vascularite cutanée, mycobactériose, pemphigus végétant
[G4,J1]
Édit. 2015