Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hétérogreffe valvulaire l.f.

valvular heterografting

Intervention chirurgicale à cœur ouvert qui consiste, lorsqu'une opération conservatrice n'est pas envisageable, à retirer l'appareil valvulaire pathologique et à le remplacer par un substitut anatomique d'origine animale.
Ce substitut peut être l'appareil valvulaire aortique de l'animal dans le cas de bioprothèse porcine (valve de Hancock) ou une valve constituée de péricarde bovin (valve de Ionescu). Dans les deux cas, le tissu biologique est monté sur un support prothétique. Une génération plus récente utilise des valves aortiques de porc sans montage sur un support. Leur fixation est plus difficile techniquement mais elles évitent l'implantation du matériel étranger que représente le support, ce qui les rend particulièrement intéressantes dans la chirurgie de l'endocardite valvulaire.

W. D. Hancock, chirurgien cardiaque américain (1968) ; M. I. Ionescu, chirurgien cardiaque britannique  (1967 et 1972)

Étym. gr. heteros : autre, graphis : poinçon pour écrire

bioprothèse valvulaire

[K2]

Édit. 2015

hétérogreffe n.f.

heterograft

Greffe effectuée avec un greffon prélevé sur un individu d'une autre espèce.
Syn. xénogreffe, greffe hétéroplastique

Étym. gr. heteros : autre, graphis : poinçon pour écrire

Ant. homogreffe

greffe hétérologue, xénogreffe, allogreffe, hétérogreffe valvulaire

prothèse valvulaire cardiaque l.f.

cardiac valvular prosthesis

Substitut valvulaire utilisé en chirurgie du cœur pour remplacer une valvule traumatisée ou pathologique.
- On appelle prothèses artificielles celles qui sont fabriquées avec des matériaux non biologiques, métalliques, textiles ou plastiques. Il en existe trois grandes sortes, prothèse à bille (valve de Starr), prothèse à disque (valve de Bjork) ou prothèse à ailette, la plus utilisée aujourd'hui (valve de Saint Jude et assimilée).
- On appelle bioprothèses celles qui sont constituées d’un tissu biologique venu d’un animal et traitées chimiquement pour supprimer toute réaction immunitaire. Les bioprothèses peuvent être cousues sur le malade ou montées sur un cadre rigide. On rapproche de ces bioprothèses animales les homogreffes provenant d'autres êtres humains et des autogreffes (opération de Ross).
Certaines prothèses valvulaires s’efforcent de reproduire le plus possible la forme et la structure de la valvule remplacée. D’autres s’en éloignent délibérément, surtout pour la valvule mitrale.

anévrysme valvulaire l.m.

valvular aneurysm

Anévrysme d'une valve cardiaque consécutif à une endocardite infectieuse, essentiellement la valve mitrale.

Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré)  : dilatation

[D1,K2,K3,K4]

Édit. 2017

autogreffe valvulaire l.f.

valvular autografting

Intervention chirurgicale de remplacement valvulaire par un substitut anatomique prélevé sur le patient lui-même.
L'opération consiste à prélever l'appareil valvulaire pulmonaire, à l'implanter en lieu et place de la valve aortique pathologique et à fixer à l'emplacement de la valve pulmonaire prélevée, un substitut biologique, plus rarement prothétique. Cette chirurgie est plus difficile, sa mortalité et sa morbidité sont plus lourdes que dans les autres techniques de remplacement valvulaire mais des survies de vingt ans ont pu être obtenues et on a toujours constaté l'absence de calcification de la valve pulmonaire implantée. Cette autogreffe paraît indiquée chez les patients jeunes.

bioprothèse valvulaire l.f.

valvular bioprosthesis

Valvule cardiaque prélevée sur un animal ou construite à partir de tissus biologiques animaux et destinée à remplacer chez l’homme, une valve cardiaque malformée ou détruite par un processus pathologique.
La prévention des réactions immunologiques de rejet exige que la bioprothèse ne soit pas gardée vivante mais qu’elle soit traitée par une substance chimique fixante dont la plus couramment utilisée est le glutaraldéhyde. La bioprothèse valvulaire peut être directement cousue sur l’hôte ou montée sur un cadre rigide qui facilite sa mise en place et garantit son étanchéité parfaite.

A.Carpentier, chirurgien cardiovasculaire français, membre de l’Académie de Médecine (1965-1970)

Syn. hétérogreffe, xénogreffe

Édit. 2017

endocardite infectieuse sur prothèse valvulaire l.f.

prosthetic valvular infective endocarditis

Endocardite survenant sur une prothèse valvulaire liée à un microorganisme le plus souvent bactérien ou fungique.
Le diagnostic peut être retenu devant un état septicémique avec hémocultures positives et un dysfonctionnement de la prothèse par thrombose ou surtout désinsertion. Le pronostic de ces endocardites, souvent dues aux staphylocoques, reste grave surtout après la pose récente de la prothèse. L'intervention chirurgicale s'impose rapidement devant la gravité des dysfonctions prothétiques, plus rarement devant un état infectieux non contrôlé, des embolies septiques ou l'apparition de troubles de conduction.

Étym. gr. endon : à l’intérieur ; kardia : cœur

[D1, K2]

Édit. 2019

fénestration valvulaire l.f.

valvular fenestration

Orifice anormal congénital, situé le long du bord libre d’une valve sigmoïde aortique.
Il a en général peu de conséquences sauf si la languette comprise entre la fenêtre et le bord libre se rompt, entrainant une insuffisance aortique.

[K2]

Édit. 2018 

greffe valvulaire l.f.

valvular graft

Substitution à une valvule cardiaque pathologique réséquée d’une prothèse de remplacement fabriquée avec un tissu biologique.
Le greffon peut être prélevé sur le receveur lui-même (autogreffe), un homme (allo- ou homogreffe), un animal (xéno- ou hétérogreffe). Au terme de greffe, certains préfèrent celui de bioprothèse ou de transplantation valvulaire.

homogreffe valvulaire l.f.

valvular homografting

Intervention chirurgicale de remplacement valvulaire total ou partiel par un substitut anatomique d'origine humaine.
Il s'agit de valves humaines, provenant du cœur explanté lors d'une transplantation cardiaque dans la mesure où cet appareil valvulaire est indemne de toute lésion. Pratiquement abandonnée chez l’adulte, ces valves sont encore utilisées en chirurgie pédiatrique.

Étym. gr. homos : semblable lat. graphium : poinçon pour écrire

[G5,K2]

implantation valvulaire aortique par cathétérisme l.f.

transcatheter aortic valve implantation (TAVI)

A. Cribier, médecin cardiologue français, membre de l’Académie de médecine (2002)

Étym. lat. plantare : ficher dans le sol

TAVI

insuffisance valvulaire l.f.

valvular insufficiency

Perte de la continence normale d’une ou plusieurs valvules situées en un ou plusieurs points du système circulatoire.
L’insuffisance valvulaire des veines périphériques prédispose à la stase veineuse et au développement des varices. L’insuffisance des valvules cardiaques crée des maladies graves.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance aortique, mitrale, pulmonaire, tricuspide

insuffisance valvulaire pulmonaire l.f.

pulmonary valvular insufficiency

Défaut d'étanchéité de l'appareil valvulaire pulmonaire dans le ventricule droit.
Ce défaut d'étanchéité est généralement dû à une dilatation de l'anneau valvulaire consécutive à une hypertension artérielle pulmonaire (= IP "fonctionnelles"). Une anomalie des valvules elles-mêmes est beaucoup plus rarement en cause (malformations congénitales (syndrome de), Marfan, endocardite infectieuse, syndrome carcinoïde, traumatisme). L'insuffisance peut être la conséquence d’un acte chirurgical pour élargir la voie pulmonaire.
Un remplacement valvulaire est envisagé devant le retentissement sur le ventricule droit. L'implantation de la valve de la veine jugulaire interne du Bœuf sur l'artère pulmonaire humaine a été réalisée par voie percutanée avec succès. L'étiologie rhumatismale est exceptionnelle et même discutée. Le signe clinique principal est le souffle diastolique (dit "de Graham Steell") mais le diagnostic n'est affirmé que par l'échodoppler, l'angiographie et le phonocardiogramme endocavitaire. Une insuffisance pulmonaire peut être longtemps bien tolérée mais, en pratique, le pronostic et le traitement sont ceux de l'affection causale ; un remplacement valvulaire ne peut être envisagé que si l'insuffisance cardiaque droite est directement dépendante de la dysfonction valvulaire et si elle est réfractaire au traitement médical.

G. Steell, médecin cardiologue britannique (1888) ; A. B. Marfan, pédiatre français, membre de l’Académie de médecine (1896)

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

hypertension artérielle pulmonaire, Marfan (maladie de), rhumatisme articulaire aigu, cardiopathie carcinoïde

papillome valvulaire l.m.

valvular papilloma

Tumeur fibreuse se développant sur une valvule cardiaque, plus souvent sur une sigmoïde que sur une valve auriculoventriculaire.
Pour certains il s’agit d’une formation d’origine thrombosique et non d’une véritable néoformation, ce qui expliquerait son volume toujours très modéré et l’absence habituelle de retentissement clinique et de gravité évolutive.

prolapsus valvulaire mitral (PVM) l.m.

mitral valve prolapse

Anomalie fréquente, définie par la protrusion d'une ou des deux valves mitrales dans l'oreillette gauche au cours de la systole.
Le PVM est classiquement associé à la survenue d'accidents emboliques artériels périphériques et cérébraux ; toutefois, isolé, sans modification myxoïde des valves, il ne comporte qu'un risque extrêmement faible d'embolies. Des feuillets valvulaires épaissis, une régurgitation mitrale, un prolapsus tricuspidien ou aortique associé et, bien entendu, la survenue de complications telles qu'une arythmie auriculaire ou une endocardite infectieuse, augmentent le risque d'embolies systémiques.

remplacement valvulaire l.m.

valvular replacement

Intervention chirurgicale, encore habituellement à cœur ouvert, qui consiste, dans l'impossibilité de toute chirurgie conservatrice, à retirer l'appareil valvulaire pathologique et à le remplacer par une prothèse qui peut être mécanique ou biologique d'origine animale (hétérogreffe) ou humaine (homogreffe).
Les prothèses mécaniques ont une durée plus longue mais elles sont thrombogènes et imposent un traitement anticoagulant à vie avec des risques de complications thromboemboliques ou hémorragiques graves. Les prothèses biologiques permettent d'éviter les risques et les contraintes d'un traitement anticoagulant mais, malgré l'amélioration des traitements de conservation, leur longévité n'excède qu'exceptionnellement dix ans ; leur dégénérescence aboutit à des calcifications et des déchirures qui nécessitent leur remplacement. Ces données interviennent pour beaucoup dans le choix d'une prothèse mais la décision dépendra aussi de l'âge du patient, du terrain, du type de valvulopathie, du degré de dilatation de l'orifice valvulaire et de l'état sur et sous-valvulaire, etc.
Une technique d’implantation valvulaire aortique par cathétérisme artériel (TAVI) a été mise au point dans le traitement de certaines sténoses aortiques calcifiées serrées.

TAVI  

rétrécissement valvulaire l.m.

Diminution pathologique du calibre d’un des orifices valvulaires du cœur, soit par malformation congénitale, soit par maladie acquise (rhumatisme articulaire le plus souvent)

Syn. sténose valvulaire

rétrécissement aortique, rétrécissement mitral, rétrécissement tricuspidien

sténose valvulaire l.f.

valvular stenosis

Rétrécissement congénital ou acquis d’une des valvules cardiaques (aortique, pulmonaire, mitrale, tricuspide) isolé (sténose valvulaire pure) ou associé à d’autres lésions ou malformations.
Les sténoses valvulaires peuvent être traitées soit à cœur fermé par cardiologie interventionnelle, soit par intervention chirurgicale à cœur ouvert sous hypothermie modérée ou circulation extracorporelle. L’ouverture chirurgicale d’une sténose valvulaire est une valvulotomie ou une commissurotomie.

Étym. gr. : stenos : étroit

traumatisme valvulaire l.m.

valvular trauma

Lésion des valvules, de l'anneau ou de l'appareil sous-valvulaire cardiaque provoquée directement ou indirectement par un agent extérieur le plus souvent un choc direct violent sur la paroi thoracique.
Quelques fois, l'ébranlement brutal de la masse sanguine au cours d'un traumatisme thoracique important peut créer une onde de  choc  lésant les valves cardiaques ou les appareils sous valvulaires.
L'insuffisance aortique semble la lésion valvulaire la plus fréquemment observée mais il est rare qu'elle soit isolée. On observe des insuffisances aortiques ou pulmonaires après  un traumatisme thoracique, précordial au cours du sport ( ballon heurtant  la poitrine avec violence) ou lors d'un accident de voiture, à la décélération , une onde de choc rétrograde qui lèse les valvules aortiques ou pulmonaires.
Le plus souvent, un traumatisme pénétrant provoque aussi et surtout des lésions péricardiques et myocardiques.

tubercule valvulaire l.m.

tuber du vermis

valvulaire adj.

valvular, valvar

Qui concerne une valvule ou siège à son niveau.

Étym. lat. valvula, diminutif de valva : porte double

[A1]

Édit. 2019

végétation valvulaire l.f. p.

valvular vegetation

Lésion proliférante de l’endocarde valvulaire ou pariétal (en général multiples) composée de dépôts fibrinoplaquettaires, initialement stérile, caractéristique de l’endocardite infectieuse.
À l’occasion d’une bactériémie, elles s’infectent et se développent, constituées d’amas de fibrine, de plaquettes et de bactéries, formant la lésion élémentaire caractéristique de l’endocardite bactérienne.
Les végétations sont à l’origine de manifestations infectieuses et immunologiques à distance par essaimage dans la circulation sanguine de bactéries à l’origine de foyers septiques secondaires et de complexes immuns circulants, entraînant des lésions de vascularite dans les viscères.

W. Osler, Sir, médecin interniste canadien, membre de l’Académie de médecine (1849-1919)

Osler (endocardite d')

[D1, A3, K2]

Édit. 2020