hétérogreffe valvulaire l.f.
valvular heterografting
Intervention chirurgicale à cœur ouvert qui consiste, lorsqu'une opération conservatrice n'est pas envisageable, à retirer l'appareil valvulaire pathologique et à le remplacer par un substitut anatomique d'origine animale.
Ce substitut peut être l'appareil valvulaire aortique de l'animal dans le cas de bioprothèse porcine (valve de Hancock) ou une valve constituée de péricarde bovin (valve de Ionescu). Dans les deux cas, le tissu biologique est monté sur un support prothétique. Une génération plus récente utilise des valves aortiques de porc sans montage sur un support. Leur fixation est plus difficile techniquement mais elles évitent l'implantation du matériel étranger que représente le support, ce qui les rend particulièrement intéressantes dans la chirurgie de l'endocardite valvulaire.
W. D. Hancock, chirurgien cardiaque américain (1968) ; M. I. Ionescu, chirurgien cardiaque britannique (1967 et 1972)
Étym. gr. heteros : autre, graphis : poinçon pour écrire
[K2]
Édit. 2015
hétérogreffe n.f.
heterograft
Greffe effectuée avec un greffon prélevé sur un individu d'une autre espèce.
Syn. xénogreffe, greffe hétéroplastique
Étym. gr. heteros : autre, graphis : poinçon pour écrire
Ant. homogreffe
→ greffe hétérologue, xénogreffe, allogreffe, hétérogreffe valvulaire
prothèse valvulaire cardiaque l.f.
cardiac valvular prosthesis
Substitut valvulaire utilisé en chirurgie du cœur pour remplacer une valvule traumatisée ou pathologique.
- On appelle prothèses artificielles celles qui sont fabriquées avec des matériaux non biologiques, métalliques, textiles ou plastiques. Il en existe trois grandes sortes, prothèse à bille (valve de Starr), prothèse à disque (valve de Bjork) ou prothèse à ailette, la plus utilisée aujourd'hui (valve de Saint Jude et assimilée).
- On appelle bioprothèses celles qui sont constituées d’un tissu biologique venu d’un animal et traitées chimiquement pour supprimer toute réaction immunitaire. Les bioprothèses peuvent être cousues sur le malade ou montées sur un cadre rigide. On rapproche de ces bioprothèses animales les homogreffes provenant d'autres êtres humains et des autogreffes (opération de Ross).
Certaines prothèses valvulaires s’efforcent de reproduire le plus possible la forme et la structure de la valvule remplacée. D’autres s’en éloignent délibérément, surtout pour la valvule mitrale.
anévrysme valvulaire l.m.
valvular aneurysm
Anévrysme d'une valve cardiaque consécutif à une endocardite infectieuse, essentiellement la valve mitrale.
Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation
[D1,K2,K3,K4]
Édit. 2017
autogreffe valvulaire l.f.
valvular autografting
Intervention chirurgicale de remplacement valvulaire par un substitut anatomique prélevé sur le patient lui-même.
L'opération consiste à prélever l'appareil valvulaire pulmonaire, à l'implanter en lieu et place de la valve aortique pathologique et à fixer à l'emplacement de la valve pulmonaire prélevée, un substitut biologique, plus rarement prothétique. Cette chirurgie est plus difficile, sa mortalité et sa morbidité sont plus lourdes que dans les autres techniques de remplacement valvulaire mais des survies de vingt ans ont pu être obtenues et on a toujours constaté l'absence de calcification de la valve pulmonaire implantée. Cette autogreffe paraît indiquée chez les patients jeunes.
bioprothèse valvulaire l.f.
valvular bioprosthesis
Valvule cardiaque prélevée sur un animal ou construite à partir de tissus biologiques animaux et destinée à remplacer chez l’homme, une valve cardiaque malformée ou détruite par un processus pathologique.
La prévention des réactions immunologiques de rejet exige que la bioprothèse ne soit pas gardée vivante mais qu’elle soit traitée par une substance chimique fixante dont la plus couramment utilisée est le glutaraldéhyde. La bioprothèse valvulaire peut être directement cousue sur l’hôte ou montée sur un cadre rigide qui facilite sa mise en place et garantit son étanchéité parfaite.
A.Carpentier, chirurgien cardiovasculaire français, membre de l’Académie de Médecine (1965-1970)
Syn. hétérogreffe, xénogreffe
Édit. 2017
endocardite infectieuse sur prothèse valvulaire l.f.
prosthetic valvular infective endocarditis
Endocardite survenant sur une prothèse valvulaire liée à un microorganisme le plus souvent bactérien ou fungique.
Le diagnostic peut être retenu devant un état septicémique avec hémocultures positives et un dysfonctionnement de la prothèse par thrombose ou surtout désinsertion. Le pronostic de ces endocardites, souvent dues aux staphylocoques, reste grave surtout après la pose récente de la prothèse. L'intervention chirurgicale s'impose rapidement devant la gravité des dysfonctions prothétiques, plus rarement devant un état infectieux non contrôlé, des embolies septiques ou l'apparition de troubles de conduction.
Étym. gr. endon : à l’intérieur ; kardia : cœur
[D1, K2]
Édit. 2019
fénestration valvulaire l.f.
valvular fenestration
Orifice anormal congénital, situé le long du bord libre d’une valve sigmoïde aortique.
Il a en général peu de conséquences sauf si la languette comprise entre la fenêtre et le bord libre se rompt, entrainant une insuffisance aortique.
[K2]
Édit. 2018
greffe valvulaire l.f.
valvular graft
Substitution à une valvule cardiaque pathologique réséquée d’une prothèse de remplacement fabriquée avec un tissu biologique.
Le greffon peut être prélevé sur le receveur lui-même (autogreffe), un homme (allo- ou homogreffe), un animal (xéno- ou hétérogreffe). Au terme de greffe, certains préfèrent celui de bioprothèse ou de transplantation valvulaire.
homogreffe valvulaire l.f.
valvular homografting
Intervention chirurgicale de remplacement valvulaire total ou partiel par un substitut anatomique d'origine humaine.
Il s'agit de valves humaines, provenant du cœur explanté lors d'une transplantation cardiaque dans la mesure où cet appareil valvulaire est indemne de toute lésion. Pratiquement abandonnée chez l’adulte, ces valves sont encore utilisées en chirurgie pédiatrique.
Étym. gr. homos : semblable ; lat. graphium : poinçon pour écrire
[G5,K2]
implantation valvulaire aortique par cathétérisme l.f.
transcatheter aortic valve implantation (TAVI)
A. Cribier, médecin cardiologue français, membre de l’Académie de médecine (2002)
Étym. lat. plantare : ficher dans le sol
→ TAVI
insuffisance valvulaire l.f.
valvular insufficiency
Perte de la continence normale d’une ou plusieurs valvules situées en un ou plusieurs points du système circulatoire.
L’insuffisance valvulaire des veines périphériques prédispose à la stase veineuse et au développement des varices. L’insuffisance des valvules cardiaques crée des maladies graves.
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
→ insuffisance aortique, mitrale, pulmonaire, tricuspide
insuffisance valvulaire pulmonaire l.f.
pulmonary valvular insufficiency
Défaut d'étanchéité de l'appareil valvulaire pulmonaire dans le ventricule droit.
Ce défaut d'étanchéité est généralement dû à une dilatation de l'anneau valvulaire consécutive à une hypertension artérielle pulmonaire (= IP "fonctionnelles"). Une anomalie des valvules elles-mêmes est beaucoup plus rarement en cause (malformations congénitales (syndrome de), Marfan, endocardite infectieuse, syndrome carcinoïde, traumatisme). L'insuffisance peut être la conséquence d’un acte chirurgical pour élargir la voie pulmonaire.
Un remplacement valvulaire est envisagé devant le retentissement sur le ventricule droit. L'implantation de la valve de la veine jugulaire interne du Bœuf sur l'artère pulmonaire humaine a été réalisée par voie percutanée avec succès. L'étiologie rhumatismale est exceptionnelle et même discutée. Le signe clinique principal est le souffle diastolique (dit "de Graham Steell") mais le diagnostic n'est affirmé que par l'échodoppler, l'angiographie et le phonocardiogramme endocavitaire. Une insuffisance pulmonaire peut être longtemps bien tolérée mais, en pratique, le pronostic et le traitement sont ceux de l'affection causale ; un remplacement valvulaire ne peut être envisagé que si l'insuffisance cardiaque droite est directement dépendante de la dysfonction valvulaire et si elle est réfractaire au traitement médical.
G. Steell, médecin cardiologue britannique (1888) ; A. B. Marfan, pédiatre français, membre de l’Académie de médecine (1896)
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
→ hypertension artérielle pulmonaire, Marfan (maladie de), rhumatisme articulaire aigu, cardiopathie carcinoïde
papillome valvulaire l.m.
valvular papilloma
Tumeur fibreuse se développant sur une valvule cardiaque, plus souvent sur une sigmoïde que sur une valve auriculoventriculaire.
Pour certains il s’agit d’une formation d’origine thrombosique et non d’une véritable néoformation, ce qui expliquerait son volume toujours très modéré et l’absence habituelle de retentissement clinique et de gravité évolutive.
prolapsus valvulaire mitral (PVM) l.m.
mitral valve prolapse
Anomalie fréquente, définie par la protrusion d'une ou des deux valves mitrales dans l'oreillette gauche au cours de la systole.
Le PVM est classiquement associé à la survenue d'accidents emboliques artériels périphériques et cérébraux ; toutefois, isolé, sans modification myxoïde des valves, il ne comporte qu'un risque extrêmement faible d'embolies. Des feuillets valvulaires épaissis, une régurgitation mitrale, un prolapsus tricuspidien ou aortique associé et, bien entendu, la survenue de complications telles qu'une arythmie auriculaire ou une endocardite infectieuse, augmentent le risque d'embolies systémiques.
remplacement valvulaire l.m.
valvular replacement
Intervention chirurgicale, encore habituellement à cœur ouvert, qui consiste, dans l'impossibilité de toute chirurgie conservatrice, à retirer l'appareil valvulaire pathologique et à le remplacer par une prothèse qui peut être mécanique ou biologique d'origine animale (hétérogreffe) ou humaine (homogreffe).
Les prothèses mécaniques ont une durée plus longue mais elles sont thrombogènes et imposent un traitement anticoagulant à vie avec des risques de complications thromboemboliques ou hémorragiques graves. Les prothèses biologiques permettent d'éviter les risques et les contraintes d'un traitement anticoagulant mais, malgré l'amélioration des traitements de conservation, leur longévité n'excède qu'exceptionnellement dix ans ; leur dégénérescence aboutit à des calcifications et des déchirures qui nécessitent leur remplacement. Ces données interviennent pour beaucoup dans le choix d'une prothèse mais la décision dépendra aussi de l'âge du patient, du terrain, du type de valvulopathie, du degré de dilatation de l'orifice valvulaire et de l'état sur et sous-valvulaire, etc.
Une technique d’implantation valvulaire aortique par cathétérisme artériel (TAVI) a été mise au point dans le traitement de certaines sténoses aortiques calcifiées serrées.
→ TAVI
rétrécissement valvulaire l.m.
Diminution pathologique du calibre d’un des orifices valvulaires du cœur, soit par malformation congénitale, soit par maladie acquise (rhumatisme articulaire le plus souvent)
Syn. sténose valvulaire
→ rétrécissement aortique, rétrécissement mitral, rétrécissement tricuspidien
sténose valvulaire l.f.
valvular stenosis
Rétrécissement congénital ou acquis d’une des valvules cardiaques (aortique, pulmonaire, mitrale, tricuspide) isolé (sténose valvulaire pure) ou associé à d’autres lésions ou malformations.
Les sténoses valvulaires peuvent être traitées soit à cœur fermé par cardiologie interventionnelle, soit par intervention chirurgicale à cœur ouvert sous hypothermie modérée ou circulation extracorporelle. L’ouverture chirurgicale d’une sténose valvulaire est une valvulotomie ou une commissurotomie.
Étym. gr. : stenos : étroit
traumatisme valvulaire l.m.
valvular trauma
Lésion des valvules, de l'anneau ou de l'appareil sous-valvulaire cardiaque provoquée directement ou indirectement par un agent extérieur le plus souvent un choc direct violent sur la paroi thoracique.
Quelques fois, l'ébranlement brutal de la masse sanguine au cours d'un traumatisme thoracique important peut créer une onde de choc lésant les valves cardiaques ou les appareils sous valvulaires.
L'insuffisance aortique semble la lésion valvulaire la plus fréquemment observée mais il est rare qu'elle soit isolée. On observe des insuffisances aortiques ou pulmonaires après un traumatisme thoracique, précordial au cours du sport ( ballon heurtant la poitrine avec violence) ou lors d'un accident de voiture, à la décélération , une onde de choc rétrograde qui lèse les valvules aortiques ou pulmonaires.
Le plus souvent, un traumatisme pénétrant provoque aussi et surtout des lésions péricardiques et myocardiques.
tubercule valvulaire l.m.
valvulaire adj.
valvular, valvar
Qui concerne une valvule ou siège à son niveau.
Étym. lat. valvula, diminutif de valva : porte double
[A1]
Édit. 2019
végétation valvulaire l.f. p.
valvular vegetation
Lésion proliférante de l’endocarde valvulaire ou pariétal (en général multiples) composée de dépôts fibrinoplaquettaires, initialement stérile, caractéristique de l’endocardite infectieuse.
À l’occasion d’une bactériémie, elles s’infectent et se développent, constituées d’amas de fibrine, de plaquettes et de bactéries, formant la lésion élémentaire caractéristique de l’endocardite bactérienne.
Les végétations sont à l’origine de manifestations infectieuses et immunologiques à distance par essaimage dans la circulation sanguine de bactéries à l’origine de foyers septiques secondaires et de complexes immuns circulants, entraînant des lésions de vascularite dans les viscères.
W. Osler, Sir, médecin interniste canadien, membre de l’Académie de médecine (1849-1919)
[D1, A3, K2]
Édit. 2020