Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hépatite alcoolique l.f.

alcoholic hepatitis

Atteinte aigüe du parenchyme hépatique, avec ou sans infiltration inflammatoire qui n'entraîne aucun symptôme quand elle est limitée, mais qui peut déterminer une insuffisance hépato-cellulaire plus ou moins sévère quand elle est étendue.
On en décrit plusieurs variétés cliniques : hépatites alcooliques aigüe et chronique ainsi que la forme aigüe sur cirrhose.

alcool, alccolisme

[L1]

hépatite stéatosique non alcoolique l.f.

non alcoholic steato hepatitis (NASH)

Atteinte hépatique, en lien avec le syndrome métabolique et en particulier l’insulinorésistance dont les lésions varient de la stéatose optiquement isolée, de bon pronostic, à l'hépatite stéatosique non alcoolique de pronostic réservé, voire à la cirrhose et au carcinome hépatocellulaire. 
25 % de la population mondiale serait atteinte de stéatopathies métaboliques NAFLD (Non alcoholic fatty liver diseases) et 15 à 20 % des NAFLD auraient une NASH.
Elles sont découvertes à l'occasion  d'une élévation modérée des transaminases ou de la ɤ glutamyl-transpeptidase ou une élévation de la ferritine associé à une sidérémie et à un coefficient de la saturation de la transferrine normaux dans 80 % des cas. Cette présentation est appelée « hyperferritinémie métabolique ». L’échographie révèle un foie brillant hyperéchogène traduisant une stéatose. L'iconographie permet le diagnostic de stéatose, mais pas celui d'hépatite stéatosique non alcoolique.Parfois les patients ne présentent aucune anomalie biologique hépatique.
L’examen anatomopathologique montre des lésions histologiques indistinguables de celle de l’hépatite alcoolique. Les lésions se caractérisent par la ballonisation des hépatocytes, leur clarification, l’inflammation et une stéatose macrovacuolaire. La stéatose est pathologique lorsqu’elle concerne plus de 5 % des hépatocytes.
La fibrose ne fait pas partie des critères histologiques de la maladie, mais elle peut s’y associer à un stade évolué et se compliquer de cirrhose. La fibrose est l'élément essentiel à évaluer. Compte tenu de la prévalence très élevée de la NAFLD et aussi de la NASH, la biopsie est remplacée par les marqueurs non invasifs de fibrose que sont l'élastographie hépatique avec une sonde adaptée aux obèses M ou XL et les différents tests sériques de fibrose. 
La NASH peut avoir d'autres causes. La consommation d'alcool comporte des anomalies histologiques indistingables de la NASH. L'association de l'alcoolisme  et  du syndrome métabolique est d'ailleurs possible. La NASH peut  compliquer une dérivation jéjuno-iléale, une pullulation microbienne intestinale, un grêle court, une a-bêta lipoprotéinémie, un hypopituitarisme, une hypothyroidie ou encore avoir une origine toxique industrielle ou médicamenteuse. Mais le syndrome métabolique est de loin la cause la plus fréquente.

Sigle NASH

NASH test, syndrome métabolique, insulinorésistance,  stéatose, cirrhose hépatique, carcinome hépatocellulaire, stéatose hépatique, hépatite stéatosique non alcoolique, fibrose hépatique, hépatite alcoolique, élastographie hépatique, dérivation jéjuno-iléale, a-bêta lipoprotéinémie, hypopituitarisme, hypothyroidie

[L1, R1, R2]

Édit. 2019

élastographie impulsionnelle n.f.

transient elastography

Syn. Fibroscan®

Fibroscan®

[B3, L1]

Édit. 2019

élastographie ultrasonore l.f.

ultrasonographic elastography, transient elastography, shear wave elastography

Ensemble de  techniques ultrasonographiques destinées à mesurer la rigidité des tissus, dont le principe est identique : application d’une contrainte qui va déformer la structure à étudier ; recueil des signaux des tissus déformés puis analyse de la déformation tissulaire induite.
1. Elastographie avec impulsion mécanique
(« transient elastography »). Cette technique, moins utilisée actuellement, nécessite un appareil spécifique : « FibroscanTM », sans système de guidage, ni imagerie morphologique. La contrainte appliquée est une onde de cisaillement mécanique créée par un vibreur externe. A partir de la moyenne de 10 mesures consécutives le système calcule indirectement le module de Young sur la zone d’intérêt. Il est utilisé en pathologie hépatique.
2. Elastographie ultrasonique quasi-statique en temps réel par contrainte mécanique continue
« strain elastography »). On comprime la zone à étudier avec la sonde à ultrasons et on observe en temps réel par rapport à une coupe identique sans compression les modifications colorimétriques de l’image obtenues qui sont fonction de la rigidité des tissus. Cette technique ne permet pas de mesure mais seulement une estimation qualitative.
3. Elastographie ultrasonique dynamique avec impulsion ultrasonographique
[« Shear wave elastography » (SWE)]. Cette technique, la plus utilisée de nos jours, équipe la plupart des échographes récents de haut niveau. Après repérage échographique de la zone d’intérêt, on y applique une onde à ultrasons  de compression, qui génère elle-même des ondes de cisaillement perpendiculaires à elle. Ce cisaillement est mesuré en temps réel et  mesure d’élasticité en kilopascals déduite de la vitesse des ondes de cisaillement.
La principale application de cette technique est l’évaluation et la quantification de de la fibrose hépatique et la caractérisation des nodules mammaires, accessoirement l’étude des nodules thyroïdiens et de certaines pathologies rénales, prostatiques et musculo-tendineuses.

T. Young, physician britannique (1773-1829)

Fibroscan®

[B1, B3, L1, O5]

Édit. 2019

élastographie n.f.

elastography

élastographie impulsionnelle, élastographie ultrasonore

[B3]

Édit. 2019

jéjuno-iléite ulcéreuse l.f.

protein losing enteropathy

Lésion d’allure inflammatoire du jéjunum et de l’iléon responsable de fuite protéique.
Cliniquement : œdème des membres inférieurs, douleurs abdominales, diarrhée (éventuellement stéatorrhée).
Des jéjuno-iléites ulcéreuses peuvent être dues :
1) à une anomalie primitive du revêtement cellulaire macroscopique (ulcération, cancer, entérocolite) ou microscopique (augmentation de la desquamation, maladie cœliaque, etc.)
2) à une hyperpression lymphatique primitive (lymphangiectasie intestinale primitive ou maladie de Waldmann), ou secondaire à un obstacle lymphatique

T. A. Waldmann, médecin américain (1961)

dérivation n.f.

diversion,

opération destinée à aboucher l’un dans l’autre deux vaisseaux ou viscères qui ne le sont pas normalement.
Dans le domaine artériel ou cardiaque, on crée un shunt pour soulager une surcharge hémodynamique ou pour améliorer un mélange sanguin.
Il peut être pratiqué des dérivations biliaire, du suc pancréatique », urinaire, et péritonéo-veineuse.


  1. En électrocardiographie,

lead EKG

dérivations électrocardiographiques

dérivation biliaire l.f.

bile diversion

Méthode chirurgicale visant à assurer l'écoulement de la bile en dehors des voies naturelles, soit vers l'extérieur, soit vers un autre viscère digestif.
Elle est réalisée chez les malades ayant un obstacle sur les voies biliaires.
Les drainages biliaires externes sont réalisés soit au cours d'une intervention chirurgicale, le plus souvent par un drain en T, soit par voie percutanée transhépatique après repérage des voies biliaires dilatées par échographie, soit par cathétérisme endoscopique de la papille et extériorisation du drain par le nez. En fonction du site de l'anastomose sur la voie biliaire, la dérivation interne est une anastomose cholédocodigestive ou hépaticodigestive, bilioduodénale ou biliojéjunale. Lorsque l'obstacle biliaire est localisé à la partie supérieure du pédicule hépatique, la dérivation biliaire peut être réalisée sur le confluent biliaire supérieur, le canal hépatique gauche ou le canal du segment III dans son trajet intrahépatique superficiel. Ces interventions sont réalisées le plus souvent pour traiter l'ictère et le prurit de malades ayant un rétrécissement biliaire par cancer inextirpable du pancréas ou de la voie biliaire. Plus rarement, une dérivation biliaire peut être faite chez un malade ayant un rétrécissement biliaire au cours d'une maladie bénigne : pancréatite chronique, sténose postopératoire de la voie biliaire principale.

M. Kasai, chirurgien japonais (1951)

Syn. dérivation biliodigestive

Kasaï (opération de)

dérivation digestive du suc pancréatique l.f.

pancreatic enteric diversion

Dans le cadre de la transplantation pancréatique, dérivation vers le tube digestif de la sécrétion exocrine du pancréas, généralement par anastomose duodéno-iléale latérolatérale ou sur anse en Y.

conversion digestive

dérivation du liquide céphalorachidien l.f.

diversion of the spinal fluid

Dérivation permanente du liquide céphalorachidien retenu dans les ventricules cérébraux en cas d’hydrocéphalie.
La dérivation peut se faire vers les citernes des espaces sous-arachnoïdiens (ventriculo-cysternostomie1), soit vers des régions extra-crâniennes : dans une oreillette cardiaque (ventriculo-atriostomie2) ou dans la cavité péritonéale (ventriculo-péritonéostomie3).

W. E. Dandy, neurochirurgien américain (1922) ; 2 A. Torkildsen, neurochirurgien norvégien (1939); 2 F. E. Nulsen et E. B. Spitz, neurochirurgiens américains (1952) ; 3 W. Kaush, chirurgien allemand (1908), W. V. Cone, neurochirurgien canadien (1948) ; J. F Hirsch, neurochirurgien français (1992)

hydrocéphalie, ventriculo-cisternostomie, ventriculo-atriostomie, ventriculo-péritonéostomie

dérivation péritonéoveineuse l.f.

peritoneovenous shunt

Dérivation permanente de l'ascite vers la circulation générale par l'intermédiaire d'une valve.
Cette valve implantée chirurgicalement est unidirectionnelle barosensible raccordée à un cathéter plongeant dans l'ascite et à un autre cathéter dont l'extrémité est située dans la veine cave supérieure ou dans l'oreillette droite. La différence de pression entre la cavité péritonéale et l'oreillette droite fait circuler l'ascite vers le cœur, elle est ensuite éliminée par les reins. Les deux valves les plus fréquemment employées sont la valve de LeVeen et celle de Denver. La dérivation péritonéoveineuse est utilisée comme traitement des ascites compliquant une cirrhose ou une carcinose péritonéale réfractaires aux traitements médicaux.

dérivation urinaire l.f.

urinary diversion

Opération destinée à changer le cours de l'urine en raison de l'obstruction ou de la destruction de la voie excrétrice d'aval.
Cette dérivation peut être située à tous les niveaux de l'arbre urinaire : néphrostomie, urétérostomie, cystostomie, uréthrostomie. Elle peut se faire par abouchement d'un segment de la voie excrétrice, ou par l'intermédiaire de tubes, sondes ou cathéters. Elle peut être conçue définitive ou transitoire. Elle peut être interne, dérivant l'urine dans un autre organe (p. ex. urétérosigmoïdostomie) ou externe (par ex. urétérostomie cutanée, simple ou transintestinale).

dérivation urinaire continente l.f.

continent urinary diversion

Mode de dérivation externe de l'urine ne donnant pas lieu à un écoulement permanent.
Ce type de dérivation suppose la confection d'un réservoir intermédiaire entre le cours des urines et la peau, par utilisation en général d'un segment intestinal (iléal, colique, caecal), et d'un système à fonction de valve empêchant le passage spontané de l'urine vers la stomie cutanée, rendant ainsi inutile tout appareillage externe. L'opéré vide régulièrement ce réservoir urinaire intestinal par cathétérisme. Les variétés techniques opératoires sont complexes et nombreuses. Les inconvénients sont la stase urinaire, l'infection, les difficultés de cathétérisme.

N. Kock, chirurgien suédois (1982)

Kock (poche de), vessie caecale

dérivation urinaire du suc pancréatique l.f.

pancreatic urinary diversion

Dans le cadre de la transplantation pancréatique, dérivation de sa sécrétion exocrine vers la voie excrétrice urinaire, habituellement par anastomose duodéno-vésicale.

conversion digestive

Pescador, (dérivation de ) l.f.

Pescador’s derivation

Dérivation électrocardiographique précordiale bipolaire réalisée en plaçant une électrode en V1 et l’autre en V6 qui dans certains cas d’insuffisance coronaire peut mettre en évidence des anomalies inapparentes dans les dérivations usuelles.

L. Pescador, médecin cardiologue espagnol (1951)

électrocardiogramme

acidocétose alcoolique l.f.

alcoholic ketoacidosis

Acidose métabolique due à l'élévation de la concentration des corps cétoniques dans le sang (acide acétyl-acétique, acide bêta-hydroxybutyrique) survenant en l'absence de diabète chez l'alcoolique chronique dénutri.
Les signes sont proches de ceux de l'acidocétose diabétique, mais la glycémie reste normale. Le traitement consiste en l'administration de glucides (fructose) et, pour certains, d'insuline.

[C3,R1]

Édit. 2017

alcoolique   adj., n.m. ou f.

alcoholic

1) Qui a trait à l’alcool.
2) Appliqué à une personne, terme imprécis qui peut avoir plusieurs sens :
- personne qui aux yeux de son entourage, consomme trop de boissons contenant de l’alcool,
- personne atteinte d’une alcoolopathie organique ou mentale.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

[C1,G3,G4]

Édit. 2017 

alcoolique dangereux l.m.

dangerous alcoholic

Sujet ivre ou alcoolique, dont le comportement atteint ou laisse pressentir un degré de violence débordant les capacités de tolérance de l'entourage, et menaçant son intégrité.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé

loi du 15 aril 1954, dangerosité en psychiatrie

[E3,G3,G4]

Édit. 2017 

amnésie transitoire alcoolique l.f.

transient alcoholic amnesia

État second avec conservation d'une conduite d'apparence normale, survenant au cours d'une alcoolisation aigüe suivi d’un retour brutal à la normale au bout de quelques heures, avec prise de conscience d'une lacune dans les souvenirs.

Étym. gr. amnesia : oubli (a : privatif ; mnaomai : se souvenir)

palimpseste

[G4,H3,H4]

Édit. 2017

boisson alcoolique l.f.

alcoholic beverage

Boisson fermentée (vin, bière, cidre, etc.) ou distillée (eau-de-vie, cognac, whisky, etc.). contenant naturellement de l'éthanol.
La distinction entre boisson alcoolique et boisson alcoolisée (où de l'éthanol a été ajouté, p. ex. dans le "café arrosé") semble ne plus devoir s'imposer, les effets étant les mêmes.

Édit. 2017

cirrhose alcoolique l.f.

alcoholic cirrhosis

Cirrhose due à l'ingestion chronique excessive d'alcool éthylique en l'absence d'autre cause.
C'est la cause dominante des cirrhoses en France. L'origine alcoolique peut être affirmée sur les données de l'interrogatoire, l'existence éventuelle d'autres maladies liées à l'alcool (hypertrophie parotidienne, polynévrite, pancréatite chronique p. ex.), d'une macrocytose, d'une augmentation prédominante des ASAT sur les ALAT, d'une forte augmentation de la gamma-GT, d'une augmentation de l'IgA sérique, et sur des signes histologiques associés d'hépatite alcoolique. Le pronostic dépend de la sévérité de la maladie et de la poursuite de l'alcoolisme.

cirrhose hépatique

[L1]

cure de désintoxication alcoolique l.f.

alcoholic disintoxication cure, treatment

Expression qui, par abus de langage et déviation de sens, entend désigner l'existence d'un traitement définitif et radical de l'alcoolisme chronique.
L'alcoologie moderne s'inscrit en faux contre cette croyance mythique, car le processus de levée de la dépendance, loin d'être rapide, est fonction de l'adhésion progressive et de la participation active d'un sujet qui conserve sa vulnérabilité à l'alcool et, par voie de conséquence, le risque de rupture de l'abstinence.
Simple épisode d'une prise en soins, une éventuelle cure en milieu hospitalier pourra s'inscrire dans un projet personnalisé et un processus d'accompagnement de plusieurs années.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

alcoolique (traitement de la maladie), aversion, disulfirame

[G3,G4]

degré alcoolique l.m.

alcoholic degree

degré volumique

délire alcoolique subaigu l.m.

alcohol-induced subacute psychotic disorder

alcoolique aigüe et subaigüe (psychose)

démence alcoolique l.f.

alcoholic dementia

État d'affaiblissement intellectuel global et progressif, irréversible, secondaire à une intoxication alcoolique chronique.
La détérioration mentale alcoolique évolue peu à peu vers la déchéance intellectuelle, la perte du sens moral et la désintégration des conduites sociales.
Les principales formes cliniques sont la pseudoparalysie générale alcoolique, le syndrome de Marchiafava-Bignami et le sclérose laminaire de Morel.
Les lésions anatomiques provoquées par l'éthanol sont semblables à celles de la sénescence. Elles n'en diffèrent qu'au plan évolutif, le processus étant plus précoce et plus rapide.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

[H1,H3,G3,G4]

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