Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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grossesse et psychotropes l.

pregnancy and chemotherapies

Liaison problématique et discutée, car souffrant de la rareté des travaux, concernant d'une part divers effets tératogènes organiques, et peut-être aussi une "tératogénèse comportementale" chez l'enfant.
Compte tenu de la tératogenèse, surtout au premier trimestre, et d'un risque de prématurité, dans un état maniaque des neuroleptiques phénothiaziniques sédatifs, aux risques moindres doivent être substitués au lithium. Dans les schizophrénies et les autres psychoses délirantes on utilisera surtout l'halopéridol, considéré comme porteur de peu de risques, avec, si possible, son arrêt en fin de grossesse, afin d'éviter les syndromes extrapyramidaux du nouveau-né.
Dans les états dépressifs les tricycliques sont le plus souvent préférés, sous réserve d'une surveillance de leurs effets anticholinergiques et hypotenseurs et, pour eux aussi, d'une diminution voire d'un interruption en fin de grossesse, afin de prévenir certains phénomènes toxiques chez le nouveau-né. La prophylaxie d'une psychose maniacodépressive peut faire appel principalement à des tricycliques à petites doses progressivement diminuées, ou à l'utilisation prudente d'anticonvulsivants comme la carbamazépine, dont la sécurité génétique n'a été établie qu'en épileptologie. Il faut si possible éviter le lithium (M. Schou) ; sinon, il doit être arrêté au début du travail ou, progressivement, le mois précédant les couches. Sous réserve de précautions, la sismothérapie reste indiquée dans les dépressions sévères, résistantes ou engageant le pronostic vital et dans certains états psychotiques du premier trimestre.
Hospitalisée ou non, la patiente doit bénéficier d'une relation psychothérapique et psychosociale particulière.