Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

93 résultats 

fistule vésico-intestinale l.f.

vesico-intestinal fistula

Communication anormale entre la vessie et un segment intestinal, grêle ou côlon, liée habituellement à l'évolution d'une affection digestive primitive : diverticulose colique, maladie de Crohn, cancer du côlon.
Elle se traduit par pneumaturie, fécalurie, infection vésicale, écoulement urinaire par le rectum. Les modalités de son traitement, chirurgical, varient avec la maladie causale.

B. B. Crohn, gastroentérologue américain (1932)

Étym. lat. fistula : canal

[L1,M2]

Édit. 2018

fistule vésico-utéro-cervicale l.f.

vesico-utero-cervical fistula

Communication anormale entre la face postérieure de la vessie et l’isthme et le col utérin, provoquant un écoulement d’urine par le col utérin et le vagin.
Elle est due à une nécrose traumatique lors d’un accouchement dystocique prolongé, d’une déchirure du col utérin, d’une plaie instrumentale lors de l’application de forceps, d’une hystérectomie vaginale ou abdominale ou lors d’une césarienne.

Étym. lat. fistula : canal

[O3,M2]

Édit. 2018

cul-de-sac vésico-utérin l.m.

utero-vesical cul de sac

Espace anatomique limité par le feuillet péritonéal qui, en avant du corps utérin, passe sur le fond de la vessie.

[1]

Édit. 2015

muscle vésico-utérin l.m.

vesico-uterine muscle

Ensemble de fibres musculaires lisses émanant des couches les plus superficielles de la musculature vésicale et tendues entre la vessie et l'isthme utérin.
Elles constituent, avec le faisceau pubo-utérin, les ligaments pubovésico-utérins de Farabeuf. Elles ont un rôle sustentateur mineur.

Syn. pilier de la vessie

reflux vésico-urétérorénal l.m.

vesico-ureteral reflux

Trouble dynamique de la voie excrétrice urinaire supérieure se traduisant par le reflux de l'urine de la vessie vers l'uretère et le rein, en rapport avec un trouble fonctionnel ou organique, congénital ou acquis, de la jonction urétérovésicale.
Se produisant lorsque la pression intravésicale devient supérieure à celle de l'uretère terminal, sur une jonction urétérovésicale "incompétente", le reflux vésico-urétéral est dit actif s'il se produit lors de la miction, passif s'il existe dès la simple réplétion vésicale.
La conséquence physiopathologique principale de tout reflux est liée aux facteurs mécaniques d'hyperpression et à l'infection ajoutée, aboutissant à l'altération fonctionnelle rénale par pyélonéphrite chronique. L'importance et la chronologie des lésions rénales sont cependant différentes selon que le reflux est congénital ou acquis.

néphropathie du reflux, reflux vésico-urétéral acquis, reflux vésico-urétéral congénital

reflux vésico-urétéral acquis l.m.

secondary vesico ureteral reflux

Apparition secondaire d'un reflux vésical dans un uretère initialement sain du fait d'une pathologie acquise de la jonction urétérovésicale ou du bas appareil.
Ce reflux est soit secondaire à une lésion directe de l'orifice urétéral ou du trajet intramural, postinfectieuse, traumatique, iatrogène postchirurgicale ou endoscopique, soit secondaire à un obstacle acquis du bas appareil urinaire, tels une sclérose du col ou un adénome prostatique, soit lié à certains modes de réimplantation urétérovésicale ou urétéro-intestinale. Quant au reflux dit "simple", "pur" ou "isolé" sur uretère unique, fin, son origine congénitale ou acquise est parfois difficile à préciser. Les conséquences physiopathologiques sont celles de tout reflux vésico-urétérorénal.

néphropathie du reflux, reflux vésico-urétérorénal

reflux vésico-urétéral congénital l.m.

congenital vesico-ureteral reflux

Reflux de l'urine vésicale vers l'uretère et le rein en rapport avec une malformation congénitale de la jonction urétérovésicale ou du bas appareil.
Celle-ci aboutit à l'absence ou l'insuffisance des éléments du dispositif anatomique antireflux normal. La conséquence en est la formation d'un méga-uretère refluant et de lésions variables du rein sus-jacent ajoutant à la néphropathie interstitielle des zones de dysplasie, l'ensemble pouvant aller jusqu'à la destruction fonctionnelle du rein dès la naissance. La malformation peut être uni ou bilatérale.
Le reflux et le méga-uretère qui en résultent sont dits "primaires" ou "primitifs" s'ils sont liés uniquement à l'anomalie de la jonction urétérovésicale ; ils sont dits "secondaires" s'ils sont en rapport avec un obstacle congénital du bas appareil tels que maladie du col, valvules de l'urèthre postérieur, etc.

dysplasie rénale, néphropathie ascendante, néphropathie interstitielle

vésico-utérin adj.

vesico-uterine

Qui concerne la vessie et l'utérus.

cul-de-sac vésico-utérin, fistule vésico-utérine

vésico-utérin
adj.

vesico-uterine

Qui concerne la vessie et l'utérus.

cul-de-sac vésico-utérin, fistule vésico-utérine

[M2, O3]

Édit. 2019

aortopulmonaire (fistule) l.f.

aortopulmonary fistula

fistule aortopulmonaire

fistule n.f.

fistula

Orifice ou conduit pathologique, acquis ou d'origine congénitale.
La fistule met en communication deux organes (par ex. fistule colovésicale) ou deux vaisseaux (par ex. fistule artérioveineuse) ou fait aboucher un viscère à l'extérieur. Par la fistule, peut s'évacuer du pus (abcès fistulisé), des produits de sécrétion et des matières organiques.

Étym. lat. fistula : canal

[A3]

Édit. 2018

fistule aérodigestive l.f.

tracheoesophageal fistula

Fistule mettant en communication les voies respiratoires, trachée ou bronche, avec le tube digestif, le plus souvent l'œsophage.

Étym. lat. fistula : canal

[L1,K1]

Édit. 2018

fistule anale l.f.

anal fistula

Fistule située au niveau de l'orifice anal consistant en un trajet irrégulier allant de la muqueuse rectale vers la marge de l'anus et faisant communiquer l'une de ces surfaces, ou toutes les deux avec la cavité d'un abcès périanal.
Elle peut être borgne et ne comporter qu'un orifice externe cutané (fistule anale borgne externe), ou un orifice interne muqueux (fistule anale borgne interne), ou complète avec deux orifices, ou encore complexe avec plusieurs orifices (fistule anale à trajets multiples dite “en terrier de lapin”).
Selon sa topographie, le siège peut être en dedans du sphincter (fistule intrasphinctérienne) ou en dehors (fistule extrasphinctérienne).

Étym. lat. fistula : canal

[A3]

Édit. 2018

fistule anopérinéale l.f.

anoperineal fistula

Trajet fistuleux reliant le canal anal aux téguments du périnée.

Étym. lat. fistula : canal

[A3]

Édit. 2018

fistule anovaginale l.f.

anovaginal fistula

Fistula faisant communiquer la région anale avec le vagin.

Étym. lat. fistula : canal

[A3]

Édit. 2018

fistule aortocardiaque l.f.

aortocardiac fistula

Communication anormale de la racine de l’aorte avec une des cavités cardiaques.
Les plus fréquentes sont constituées par la rupture dans les cavités droites d’un anévrisme d’un sinus de Valsalva. Mais il existe également des communications directes entre aorte et cœur droit. Une variété exceptionnelle est le tunnel aortoventriculaire gauche. Toutes ces malformations doivent être opérées lorsqu’elles entraînent un shunt intracardiaque important.

Étym. lat. fistula : canal

[A3]

Édit. 2018

fistule aortopulmonaire l.f.

aortopulmonary fistula

Malformation congénitale rare réalisant une communication directe entre l’aorte ascendante et le tronc de l’artère pulmonaire, parfois associée à d’autres malformations.
Elle entraîne un shunt gauche-droit de grand débit comportant le risque évolutif du développement d’une hypertension artérielle pulmonaire et d’une élévation de la résistance artérielle pulmonaire. Cette évolution grave peut être prévenue par la fermeture chirurgicale de la fistule.

Étym. lat. fistula : canal

[A3,K2,K4]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse l.f.

arteriovenous fistula

Communication anormale, congénitale ou acquise, entre une artère et une veine, court-circuitant le réseau capillaire normal.
Elle peut être traumatique ou infectieuse ou encore créée chirurgicalement en vue d’une hémodialyse.
Elle tire sa gravité, si elle est volumineuse, de ses conséquences hémodynamiques possibles, et du risque de greffe septique. Une fistule artérioveineuse unique peut être traitée soit par intervention chirurgicale, soit par obturation à l’aide d’une technique de cardiologie interventionnelle. Les fistules artérioveineuses multiples appartiennent avec les anévrismes cirsoïdes, certains angiomes, la maladie polyanévrismale, à un groupe nosologique de frontières incertaines.

Étym. lat. fistula : canal

fistule artérioveineuse pour hémodialyse

[A3,M1]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse céphalique l.f.

cephalic arteriovenous fistula

Fistule entre une artère et une veine de la région céphalique.
Elle peut notamment être à l’origine d’acouphènes.

acouphène

[A3,P1]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse cérébrale l.f.

cerebral arteriovenous fistula

Malformation artérioveineuse à circulation rapide, située en général sur la surface cérébrale, caractérisée par un shunt direct entre une ou plusieurs artères et une ou plusieurs veines sans réseau capillaire intermédiaire.
Le risque majeur est la rupture. Il existe cependant plusieurs types de malformations dont les risques sont variables. L'attitude thérapeutique est directement liée à l'évaluation de ces risques.
Parmi les traitements proposés, l'approche endovasculaire semble la technique de choix, car la chirurgie est souvent difficile et la radiothérapie peu efficace sur les shunts à haut débit.

Étym. lat. fistula : canal

[A3]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse congénitale l.f.

congenital arteriovenous fistula

anévrisme cirsoïde

[A3,K2]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse de la rétine l.f.

retinal arteriovenous fistula

hémangiome racémeux rétinien

[A3,P2]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse durale vertébrale l.f.

spinal dural arteriovenous fistula

Cause rare mais curable de myélopathie non compressive, qui touche principalement les hommes à partir de la cinquantaine.
Ces malformations siégeant dans l'épaisseur de la dure-mère de la colonne vertébrale se drainent dans les veines médullaires et y maintiennent une hyperpression. Des radiculalgies bilatérales des membres inférieurs sont les premiers signes. À la phase d'état, la clinique comporte un syndrome du cône terminal ou de la queue de cheval. Pour autant qu'elle montre un hypersignal du cône médullaire sur les séquences pondérées en T2, associé à des dilatations vasculaires intradurales et sans pathologie compressive, l'IRM est très évocatrice. Une angiographie sélective est indiquée.
De la précocité du traitement, qui a pour but d'occlure le début de la veine de drainage afin de déconnecter la fistule des veines spinales, dépend le résultat. Mais celui-ci n'est pratiquement jamais complet.

Étym. lat. fistula : canal

syndrome du cône terminal, queue de cheval (syndrome de la), syndrome du canal lombaire étroit

[A3]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse pour hémodialyse l.f.

arterio-venous fistula and hemodialysis

Anastomose artérioveineuse créée chirurgicalement, le plus souvent à l'avant-bras entre l'artère radiale et une veine superficielle, en vue du traitement par hémodialyse périodique.
Cette technique  a remplacé le shunt artério-veineux de Quinton-Scribner. Elle a considérablement amélioré la technique de l'hémodialyse en facilitant la connection entre le dialyseur et le patient grâce à la facilité de la ponction itérative de la veine artériolisée. En cas d'obstruction des vaisseaux de l'avant-bras la fistule peut être réalisée soit au bras soit exceptionnellement au membre inférieur.

M. J. Brescia et J. E. Cimino, néphrologues américains (1966) ; W. E. Quinton, technicien médical et B. H. Scribner, néphrologue américains (1960)

Étym. lat. fistula : canal

hémodialyse périodique, Scribner (shunt de), fistule artérioveineuse

[A3,M1]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse pulmonaire l.f.

pulmonary arteriovenous fistula

Communication anormale entre les circulations artérielle et veineuse pulmonaires court-circuitant le sang désoxygéné sans que son oxygénation se soit faite, créant un shunt droit-gauche.
Il existe des observations familiales. Les formes localisées sont les plus fréquentes. Les formes diffuses s'intègrent dans le cadre de la maladie de Rendu-Osler.
Révélée dans la moitié des cas avant l'âge de 15 ans, sa triade est faite de cyanose, polyglobulie, hippocratisme digital. L'hypoxie peut être sévère. Le diagnostic repose sur une opacité dense, homogène, arrondie ou ovoïde souvent dans la moitié inférieure du thorax. La tomodensitométrie avec injection vasculaire permet d'affirmer le diagnostic.
Les complications sont l'hypoxémie chronique, les accidents vasculaires cérébraux, l'abcès du cerveau, mais aussi les hémoptysies, l’hémothorax, l’endocardite.
Le traitement s'impose dans les formes compliquées, dans les formes localisées en cas d'hypoxie sévère, et en cas de lésions sous-pleurales : l'embolisation, l'exérèse chirurgicale ou l'association des deux selon les cas s'en partagent les modalités.
Anc. dénom. angiome pulmonaire, hémangiome caverneux, anévrisme artérioveineux pulmonaire

H. Rendu, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1896) ; W. B. Osler, Sir, médecin canadien, membre de l’Académie de médecine (1901)

Étym. lat. fistula : canal

[A3,K1,K2]

Édit. 2018

| /4 | page suivante