fièvres hémorragiques virales l.f.p.
viral haemorrhagic fevers
Maladies infectieuses provoquées par divers virus non apparentés.
Toutes sont potentiellement graves et susceptibles d’être à l’origine d’épidémies localisées, grevées d’une létalité importante.
Elles ont une distribution géographique le plus souvent circonscrite.
Leur symptomatologie associe un état fébrile, des signes digestifs, une éruption cutanée inconstante et, dans les formes graves des signes viscéraux tels qu’hémorragies diverses par thrombopénie, hépatite nécrosante, encéphalite, myocardite, pneumopathie. Le diagnostic biologique repose sur l’isolement du virus à partir du sang total et sur la sérologie. La transmission est soit indirecte par vecteur, soit directe au contact de malades ou par manipulation de produits biologiques infectés. Il n’y a pas de traitement curatif sauf dans la fièvre de Lassa (ribavirine). Quelques vaccins sont disponibles : fièvre jaune, fièvre hémorragique d’Argentine, fièvres hémorragiques d’Omsk, fièvre de la vallée du Rift.
Les fièvres hémorragiques virales sont nombreuses : fièvres hémorragiques transmises par les piqures de moustiques : fièvre jaune (Flavivirus), dengue hémorragique (Flavivirus), fièvre de la vallée du Rift (Phlebovirus), fièvres hémorragiques transmises par les morsures de tiques : fièvres hémorragiques d’Omsk, maladie de la forêt de Kyasanur (Flavivirus), fièvres hémorragiques de Crimée-Congo (Orthonairovirus), fièvres hémorragiques transmises par l’eau, les aliments, la terre souillés par l’urine de rongeurs ou de singes : fièvres hémorragiques avec syndrome rénal (Hantavirus), fièvres hémorragiques d’Argentine (virus Junin), fièvres hémorragiques de Bolivie (virus Machupo), fièvre de Lassa, fièvres hémorragiques du Venezuela (virus Guanarito) ces quatre derniers virus étant des Arenavirus; fièvres hémorragiques de transmission inconnue, dont la contamination est essentiellement interhumaine (contact avec un malade ou avec des produits biologiques infectés tels que le sang ou les excrétas) : maladie à virus Ebola, maladie à virus Marburg (Filovirus).
Les fièvres hémorragiques sont des maladies à déclaration obligatoire.
[D1, D4]
Édit. 2020
arbovirose n.f.
arbovirosis
Maladie virale, provoquée par un arbovirus et transmise par la piqûre de divers arthropodes dont les moustiques.
Les principales arboviroses sont la fièvre jaune et la dengue.
Il s'agit d'infections aigües fébriles. Après une incubation de 2 à 12 jours, le début, très brutal, associe fièvre élevée, frissons, céphalées, myalgies et arthralgies, parfois rash et adénopathies. Au bout de 2 à 4 jours, une brève rémission se manifeste puis survient la phase d'état au cours de laquelle trois tableaux cliniques peuvent schématiquement être observés suivant le virus en cause :
- syndrome "dengue-like" : fièvre, algies intenses, fatigue, éruption, durant 8 à 10 jours et guérissant spontanément sans séquelle,
- syndrome de fièvre hémorragique virale, allant de quelques manifestations hémorragiques sans gravité à des hémorragies multiples et abondantes liées à une coagulation intra-vasculaire disséminée, susceptibles de mener au décès,
- syndrome encéphalitique, allant de quelques signes méningés bénins à un tableau de méningo-encéphalo-myélite aiguë gravissime, conduisant à la mort ou à une guérison avec, parfois, d'importantes séquelles neurologiques.
Le diagnostic est effectué par mise en évidence du virus ou de son génome ou, plus tardivement, par détection d'anticorps spécifiques. Aucun traitement spécifique n'est disponible. A la suite de ces infections persiste une immunité spécifique et durable. Tous les arbovirus peuvent aussi entraîner, chez L'Homme, des infections inapparentes ou très frustes, dont le diagnostic ne peut être que rétrospectif par sérologie.
On connaît une centaine d'arbovirus pathogènes pour l'Homme, par exemple ceux de la fièvre jaune, de la dengue, de l'encéphalite japonaise, de la fièvre de la Vallée du Rift, les virus West Nile, Chikungunya, etc.. Dans leur grande majorité, les arboviroses humaines sont contractées accidentellement à partir d'un réservoir animal, par l'intermédiaire de la piqûre d'un arthropode vecteur (moustique, phlébotome, tique, ...). La plupart des arboviroses s’observent en zone intertropicale, mais quelques unes existent dans les régions tempérées, notamment en Europe. Certaines arboviroses des animaux domestiques posent d'importants problèmes économiques.
La prévention des arboviroses repose sur la lutte contre les vecteurs et, parfois, sur la vaccination des populations humaines ou animales exposées.
Dermacentor andersoni
Dermacentor andersoni
Tique très commune dans certaines régions des États-Unis où elle apparaît d’avril à septembre et où elle parasite le bétail (en particulier les chevaux) et éventuellement l’Homme.
À l’état larvaire, elle se développe chez de petits rongeurs qui servent de réservoirs de virus à la fièvre pourprée des montagnes rocheuses. Elle transmet à l’Homme outre la fièvre pourprée des montagnes rocheuses, une forme mortelle de la paralysie ascendante à tiques, la tularémie, la fièvre Q et la fièvre à tiques du Colorado.
rickettsiose n.f.
rickettsiosis
Maladie infectieuse éruptive provoquée par une bactérie du genre Rickettsia.
On distingue les rickettsioses du groupe boutonneux-pourpré (fièvre boutonneuse méditerranéenne due à Rickettsia conorii et autres rickettsioses à tiques telles que la fièvre à tiques africaine et la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses) transmises par tiques et les rickettsioses du groupe typhus (typhus exanthématique provoqué par Rickettsia prowazekii, typhus murin dû à Rickettsia typhi) transmises par déjections d'insectes. La gravité clinique de ces maladies est très variable (les plus sévères sont les infections dues à R. prowazekii et R. rickettsii). Ces infections se caractérisent par une fièvre élevée d'apparition brutale, une éruption cutanée maculopapuleuse et diverses atteintes viscérales, neurologiques, cardiovasculaires, respiratoires, rénales qui conditionnent le pronostic de la maladie. La principale anomalie physio-pathologique des rickettsioses est une augmentation de la perméabilité vasculaire. Le traitement repose essentiellement sur les tétracyclines et les fluoroquinolones.
Étym. l'appellation fait référence à H. T. Ricketts (1907)
arbovirus n.m.
arbovirus
Ensemble hétérogène de virus à ARN, caractérisé par leur mode de transmission : tous sont transmis, à l’Homme ou aux animaux, par la piqûre d’arthropodes hématophages (moustiques, tiques, phlébotomes...), d’où leur dénomination (arthropod-borne virus).
Le principal arbovirus est le virus amaril, agent de la fièvre jaune.
Ils appartiennent à plusieurs familles de virus (Flaviviridae, Orthobunyaviridae, Reoviridae,
Ces infections ont une symptomatologie variée : syndrome fébrile isolé ou d’allure pseudo-grippale, encéphalite aigüe, méningite aigüe lymphocytaire, fièvre hémorragique, hépatite aigüe, éruption fébrile, arthrites, stomatite vésiculeuse etc. ... La fièvre jaune, provoquée par un Flavivirus, fait partie des arboviroses. Le diagnostic biologique repose sur la PCR ou la sérologie.
D'autres arbovirus sont à l'origine de maladies animales dont le retentissement économique peut être important.
brucellose n.f.
brucellosis
Maladie infectieuse présente dans le bassin méditerranéen mais aussi dans d’autres régions, commune à de nombreuses espèces animales et à l’Homme, due aux bactéries du genre Brucella (B. melitensis et B. abortus notamment).
La maladie survient généralement chez un sujet ayant une profession exposée telle qu’éleveur, agriculteur, boucher, vétérinaire. Cliniquement, la forme septicémique est la plus habituelle, se manifestant par une fièvre d’allure souvent caractéristique (fièvre ondulante, fièvre sudoro-algique), une hépatomégalie modérée, des adénopathies, une leucopénie avec neutropénie, la survenue possible de localisations viscérales (ostéo-articulaires, neuroméningées, cardiaques, glandulaires telles qu’orchi-épididymite ou ovarite). La certitude diagnostique est apportée par l’isolement du germe par hémoculture, la possibilité de l’intradermoréaction à la mélitine et celle du sérodiagnostic de Wright. Une antibiothérapie prolongée (tétracycline + rifampicine ou tétracycline + streptomycine) parfois associée aux glucocorticoïdes est nécessaire à la guérison. Sa durée minimale est de trois mois. Les formes chroniques, plus rares, sont de diagnostic difficile,d’autant plus que les hémocultures demeurent négatives.
Les troubles neurologiques sont fréquents, groupés sous le terme de neurobrucellose. Ils sont précoces, lors de la phase septicémique de la maladie ou surviennent à la phase secondaire, associés à d'autres localisations viscérales. Il s'agit d'atteintes polyradiculaires et/ou de nerfs crâniens, de méningomyélites ou méningo-encéphalites, parfois de compressions médullaires ou radiculaires par un foyer de spondylodiscite. Le sérodiagnostic de Wright dans le sang et le LCR permet le diagnostic. L'amplification de Brucella par PCR est très sensible et spécifique.
Les troubles psychiques des brucelloses sont des manifestations surtout de type asthénique (« patraquerie brucellienne »), dépressif, confuso-onirique (obtusion ou agitation et onirisme dominants), survenant au long de l’évolution et parfois après le retour à l’apyrexie (psychoses tardives).
D. Bruce, Sir, médecin britannique, membre de l'Académie de médecine (1887)
Syn. mélitococcie, fièvre de Malte, fièvre méditerranéenne
→ Brucella, brucelloses (troubles psychiques des)
Édit. 2017
diptère (piqûre de) l.m.
dipterous bite
Piqûre d'insecte appartenant à l'ordre des diptères, caractérisés par une seule paire d'ailes (notamment mouches et moustiques qui sont munis de pièces buccales piqueuses ou suceuses).
Leur piqûre est sans gravité par elle-même ; pourtant, surtout dans les pays tropicaux, les diptères sont vecteurs de nombreuses maladies infectieuses ou parasitaires dont certaines peuvent être très graves.
Parmi les maladies transmises par les mouches (phlébotomes, glossines, etc.) et les moustiques (anophèles etc.), citons : dengue, fièvre à papataci, fièvre de la vallée du Rift, fièvre jaune, filarioses, maladie du sommeil, paludisme. Dans les pays tropicaux, la gravité de ces maladies rend indispensable les mesures préventives individuelles (moustiquaires, friction avec des produits répulsifs, etc.) ou collectives.
Étym. gr. dipteron : deux ailes
fièvre des métaux l.f.
metal fume fever
Fièvre consécutive à l'inhalation de fumées d'oxydes métalliques.
Cette fièvre appartient au groupe des fièvres d'inhalation. Les cas les plus nombreux sont consécutifs à l'inhalation de fumées d'oxyde de zinc (fièvre des fondeurs). De nombreux autres oxydes métalliques peuvent être en cause : magnésium, cuivre, fer, argent, antimoine, étain, sélénium, nickel, cadmium, etc.
[E2]
Édit. 2018
fièvre d'inhalation l.f.
inhalation fever
Fièvre consécutive à l'inhalation d'agents minéraux ou d'organismes variés, spontanément résolutive.
Les fièvres d'inhalation ont surtout été décrites après inhalation d'oxydes métalliques (fièvre des métaux) mais peuvent aussi être consécutives à l'inhalation de polymères fluorés (fièvre des polymères), de poussières organiques contenues dans les humidificateurs ou les systèmes de climatisation. Les mécanismes en cause ne sont ni infectieux, ni allergiques.
[E2]
Édit. 2018
paludisme n.m.
malaria
Parasitose provoquée par des protozoaires du genre Plasmodium.
Quatre espèces de Plasmodium, transmises par des moustiques du genre Anopheles, sont responsables du paludisme de l'Homme: Plasmodium falciparum, P. vivax, P. ovale, P. malariae La pathogénicité, la répartition géographique, la fréquence de ces parasites varient beaucoup suivant l'espèce. D'autres Plasmodium parasitent les animaux.
Dans l'organisme humain, ces parasites présentent un développement complexe comportant un cycle intra-hépatique, strictement asymptomatique, et un cycle endo-érythrocytaire auquel sont liées les manifestations cliniques.
Après une incubation initiale longue de 9 jours à plusieurs mois, le paludisme est caractérisé cliniquement par la survenue d'accès fébriles (frissons, fièvre à 40°C, céphalées, sueurs), généralement accompagnés d'une hépatosplénomégalie, de myalgies, de troubles digestifs (vomissements, diarrhée) et, à la longue, d'une anémie. La périodicité de ces accès est liée à la durée du cycle endo-érythrocytaire, variable selon l'espèce plasmodiale en cause: fièvre tierce avec P. falciparum, P. vivax et P. ovale, quarte avec P. malariae. En l'absence de traitement, l'évolution peut se faire soit vers la guérison, soit vers la répétition des accès et des rechutes à plus ou moins longue échéance, soit encore vers la survenue de diverses complications (paludisme viscéral évolutif, fièvre bilieuse hémoglobinurique...) dont la plus grave est l'accès pernicieux, ou neuropaludisme, dû au seul P. falciparum (encéphalopathie fébrile avec signes méningés, convulsions, coma,... d'évolution toujours rapidement mortelle si un traitement adéquat n'est pas instauré en urgence). Le jeune âge et la grossesse sont deux facteurs accroissant la gravité du paludisme.
En zone d'endémie, avec la répétition des infections, une immunité de prémunition se constitue progressivement; c'est pourquoi, en zone de forte endémie, les porteurs asymptomatiques, avec faible parasitémie, sont nombreux. Cette immunité disparaît en quelques mois si le sujet n'est pas ré-infecté.
Le diagnostic est principalement fondé sur le tableau clinique et la mise en évidence du parasite dans les hématies. Le traitement repose sur l'administration de médicaments antipaludiques spécifiques, vis-à-vis desquels les Plasmodium développent malheureusement de plus en plus fréquemment des résistances.
Le paludisme est aujourd'hui la parasitose humaine la plus fréquente et la plus largement répandue. Son incidence annuelle est de l'ordre de 600 millions de cas et, selon les différentes estimations, la maladie serait responsable de 1 à 2 millions de décès chaque année, principalement chez des enfants du continent africain. Le paludisme est le plus souvent endémique dans nombre de pays de la zone intertropicale (avec une très forte prédominance en Afrique sub-saharienne où, de plus, P. falciparum est l'espèce de loin la plus fréquente), mais il peut être épidémique dans les régions où le paludisme est instable. La prévention repose sur une chimioprophylaxie spécifique et sur la lutte contre les vecteurs.
L'agent du paludisme a été identifié pour la première fois en 1880, à l'hôpital de Constantine, par le Français A. Laveran, parasitologue, médecin militaire français, membre de l’Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1907
Étym. lat. palus, paludis : marais (d’où l’ancienne dénomination de « fièvre des marais »)
Syn. malaria (utilisé à tort et déconseillé)
→ Plasmodium, Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium ovale, Plasmodium malariae, anophèle, accès palustre, accès pernicieux, paludisme grave, paludisme viscéral évolutif, neuropaludisme, fièvre bilieuse hémoglobinurique
syndrome de fièvre périodique avec hyperimmunoglobulinémie D l.m.
hyperimmunoglobulinemia D and periodic fever
Syndrome caractérisé par des poussées fébriles accompagnées de céphalées, de douleurs abdominales, de vomissements et de diarrhées, d’arthralgies ou d’arthrites, d'hépatosplénomégalie, d’adénopathies, d’éruptions cutanées, qui durent 3 à 7 jours et récidivent toutes les 2 à 8 semaines, variant d'un cas à l'autre.
Les accès, qui débutent le plus souvent lors de la première année de vie, peuvent être spontanés ou déclenchés par des infections ou des traumatismes émotionnels ou physiques. Ils n'ont en général aucun retentissement sur la croissance et le développement des enfants.
La prévalence du syndrome est inconnue (environ 200 cas ont été publiés).
Le pronostic est bon. L'espérance de vie n'est pas diminuée, mais chez l'adulte des complications sont parfois observées : amylose, adhérences abdominales, et plus rarement contractures articulaires.
La transmission est autosomique récessive dû à des mutations du gène codant la mévalonate kinase (enzyme clé de la voie de synthèse du cholestérol et d’autres molécules incluant les dérivés des isoprènes), (MVK situé en 12 q24). Cette mutation n’entraîne qu’un déficit partiel de l’enzyme laissant persister une activité résiduelle. (Le déficit total est responsable chez l’enfant d’unemaladie du développement l’acidurie mévalonique).
Le diagnostic repose sur la mise en évidence d’une mévalonaturie pendant les accès fébriles, ou par le dosage de la mévalonate kinase lymphocytaire pendant ou en dehors des accès ainsi que sur la mise en évidence biochimique ou génétique du déficit en MVK. Le taux des IgD sériques est en général élevé (mais souvent normal chez l'enfant de moins de 3 ans). Le taux des IgA est aussi élevé dans 80 % des cas. Au moment d'un accès, la vitesse de sédimentation est accélérée avec une augmentation de la C-réactive protéine , des interleukines -1 et -6 et du facteur de nécrose tumorale (TNF) alpha.
Le diagnosctic différentiel concerne les autres syndromes auto-inflammatoires: la fièvre méditerranéenne familiale, la fièvre héréditaire périodique liée au récepteur du TNF et le syndrome Muckle-Wells. Chez l'enfant, le tableau clinique de l'HIDS peut être indifférentiable d'un syndrome PFAPA (fièvre périodique avec aphtose, pharyngite et adénite, ou syndrome de Marshall).
Il n'y a pas de traitement spécifique de l'HIDS et le traitement n'est pas standardisé à ce jour. Chez certains patients, on a observé une réponse à la prednisone à haute dose. L'anakinra (un antagoniste du récepteur de l'IL-1) a aussi montré une efficacité dans quelques cas, de même que l'étanercept (un inhibiteur du TNF-alpha). La colchicine n’a aucun effet de prévention des accès.
Quand un couple a un enfant atteint, le risque de récurrence est de 25 % pour l'enfant à venir ; le conseil génétique est donc recommandé.
G. Grateau, L. Guillevin, membre de l’Académie de médecine, médecins internistes français (2005) : J. Frenkel, pédiatre néerlandais (2013)
Syn. syndrome de fièvre avec hyperIgD; hyper IgD syndrome (HIDS); fièvre périodique de type hollandais.
Sigle HIDS
Réf. Orphanet, Gilles Grateau, Loïc Guillevin membre de l’Académie de médecine (2005)
→ amylose, mévalonate kinase, acidurie mévalonique, isoprène, fièvre familiale méditerranéenne, Muckle et Wells (syndrome de), syndrome PFAPA étanerceptLes accès, syndrome PFAPA
[O1, N1,Q3]
Édit. 2019
tache noire l.f.
tache noire
Lésion cutanée nécrotique caractéristique de nombreuses rickettsioses, notamment de celles qui sont transmises par tiques.
Présente dans 50 à 75 % des cas, cette lésion est une escharre d'inoculation localisée au site de piqûre de la tique infectée lors d'une rickettsiose à type de fièvre boutonneuse (ex. : fièvre boutonneuse méditerranéenne à Rickettsia conorii). Habituellement unique, la tache noire est une lésion croûteuse noirâtre, de 0,5 à 2 cm de diamètre, entourée d'un halo érythémateux, apparaissant à la phase de début de la maladie ; elle est souvent accompagnée d'une adénopathie satellite douloureuse. Cette tache noire disparait en quelques semaines. Son aspect caractéristique fait immédiatement évoquer le diagnostic chez un malade présentant brusquement une fièvre, un exanthème maculopapuleux, des céphalées et des myalgies. Une tache noire peut s'observer également dans des rickettsioses transmises par acariens autres que des tiques (ex.: rickettsiose varicelliforme à R. akari, typhus des broussailles à Orientia tsutsugamushi) ou par puces (ex.: rickettsiose à R. felis).
Borrelia hispanica
Borrelia hispanica
Bactérie spiralée de la famille des Spirochaetaceae, responsable d'une fièvre récurrente sporadique à tiques sévissant dans le bassin méditerranéen.
La borréliose à B. hispanica, dénommée "fièvre récurrente hispano-marocaine" ou "hispano-nord-africaine", s'observe en été en Espagne et au Portugal, au Maghreb et, peut-être, en Grèce, à Chypre, et au Proche-Orient. Il s'agit d'une fièvre récurrente marquée par 4 ou 5 récurrences, de gravité modérée hormis quelques rares complications hépato-rénales. Son vecteur est Ornithodoros erraticus, associé aux terriers de rongeurs et autres mammifères et, parfois, aux porcheries, voire aux habitations humaines. Les hôtes habituels de cette Borrelia sont des rongeurs sauvages (Mérions,Gerbilles) ou des Rats ce qui peut donner un caractère urbain à la maladie.
→ borréliose, fièvre récurrente, fièvre récurrente sporadique à tiques, Borrelia, Ornithodoros, Spirochaetaceae
[D1, D4]
Édit. 2019
Borrelia turicatae
Borrelia turicatae
Bactérie spiralée de la famille des Spirochaetaceae, responsable d'une fièvre récurrente sporadique à tiques sévissant aux Etats-Unis et au Mexique.
Chez l'Homme, la fièvre récurrente à B. turicatae demeure relativement bénigne avec une fièvre peu élevée et 3 à 8 accès fébriles, mais les formes à complications neurologiques sont fréquentes (30 % des cas environ). Aux Etats-Unis, la maladie est localisée dans les états de l'Ouest et du Sud. Le vecteur est Ornithodoros turicata, une tique des terriers de rongeurs et des étables et bergeries, voire à proximité des maisons ; cet acarien infecte par sa piqûre et, chez lui, la transmission verticale est habituelle.
→ borréliose, fièvre récurrente, fièvre récurrente sporadique à tiques, Borrelia, Ornithodoros, Spirochaetaceae
[D1, D4]
Édit. 2019
Borrelia parkeri
Borrelia parkeri
Bactérie spiralée de la famille des Spirochaetaceae, responsable d'une fièvre récurrente sporadique à tiques sévissant aux Etats-Unis.Chez l'Homme, la fièvre récurrente à B. parkeri demeure relativement bénigne avec une fièvre peu élevée et 3 à 8 accès fébriles. Cette maladie est localisée à l'Ouest des Etats-Unis, où elle est transmise par la piqûre d' Ornithodoros parkeri, une tique des terriers de rongeurs.
→ borréliose, fièvre récurrente, fièvre récurrente sporadique à tiques, Borrelia, Ornithodoros, Spirochaetaceae
[D1, D4]
Édit. 2019
Borrelia hermsii
Borrelia hermsii
Bactérie spiralée de la famille des Spirochaetaceae, responsable d'une fièvre récurrente sporadique à tiques sévissant aux Etats-Unis et au Canada.
Chez l'Homme, la fièvre récurrente à B. hermsii demeure relativement bénigne avec une fièvre peu élevée et 3 à 8 accès fébriles. Cette maladie est localisée à l'Ouest des Etats-Unis et en Colombie britannique. Elle sévit surtout par petites épidémies familiales chez des campeurs ou des personnes occupant temporairement des bungalows en bois à proximité desquels vivent des rongeurs. La transmission est assurée par la piqûre d'Ornithodoros hermsii.
→ borréliose, fièvre récurrente, fièvre récurrente sporadique à tiques, Borrelia, Ornithodoros, Spirochaetaceae
[D1, D4]
Édit. 2019
abcès froid pleural l.m.
pleural cold abscess
Pleurésie purulente tuberculeuse isolée, non surinfectée, cloisonnée, particulière par l'absence de fièvre et de signes généraux.
Il s'observe encore parfois, de façon sournoise, longtemps latente avec un assez bon état général. Méconnu, l'évolution se ferait par poussées avec apparition de fièvre et pourrait évoluer vers un pyopneumothorax.
Il ne se voit que dans les pays pauvres.
Étym. lat. abcessus, d’abcedere : s’éloigner
→ tuberculose, pleurésie, pyopneumothorax chronique
[A2, D1, K1]
Édit. 2020
Aedes
Aedes
Genre de moustiques vecteurs de filarioses, principalement à Wuchereria pacifica et de diverses arboviroses, en particulier la fièvre jaune et la dengue.
Morphologiquement, les adultes sont semblables à ceux des Culex mais les œufs sont pondus isolément et les larves présentent un siphon respiratoire court.
Les Aedes sont cosmopolites. Ils piquent le jour. En dehors d’Aedes aegypti, vecteur de la fièvre jaune, les principales espèces sont A. simpsoni et A. africanus dans les forêts africaines et A. polynesiensis dans les îles de l’océan Pacifique et Aedes albopictus, cosmotropical.
→ filariose, arbovirose, Culex
[D1, D4]
Édit. 2020
amaril adj.
amarillic
Concerne le virus de la fièvre jaune (virus amaril) qui est endémique dans plusieurs pays tropicaux d’Afrique et d’Amérique Latine.
La vaccination amarile a une validité qui commence dix jours après une injection unique et couvre une période de dix ans. Inutile en Asie où la fièvre jaune n’existe pas, cette vaccination est obligatoire dans les pays tropicaux endémiques ou réceptifs où l’insecte vecteur, un moustique habituellement du genre Aedes, est présent. Le certificat de vaccination anti-amarile doit être rédigé sur un document officiel fourni par l’OMS.
→ fièvre jaune , virus amaril, vaccin fièvre jaune
[D1, G5]
Édit. 2020
amylose rénale l.f.
renal amyloidosis
Localisation fréquente de la maladie amyloïde caractérisée par l'accumulation progressive extracellulaire d'une protéine insoluble fibrillaire colorable par le rouge Congo.
On distingue l'amylose AA, héréditaire dans la fièvre méditerranéenne familiale, ou secondaire à des maladies diverses notamment tuberculose, cancers etc. et l'amylose AL dérivant de chaînes légères d'immunoglobulines, associée à une dysprotéinémie de cause inconnue.
Les formes anatomo-cliniques sont multiples. La plus fréquente est la glomérulopathie amyloïde cause d'une protéinurie avec parfois syndrome néphrotique et qui évolue habituellement vers l'insuffisance rénale plus ou moins rapidement progressive. L'hypertension artérielle fait habituellement défaut. Des dépôts tubulaires amyloïdes peuvent induire une acidose tubulaire, un diabète insipide néphrogénique. Une thrombose des veines rénales peut être à l'origine d'une insuffisance rénale aigüe sévère.
L'administration prolongée de colchicine peut prévenir la survenue ou ralentir l'évolution des manifestations rénales de la fièvre méditerranéenne familiale.
Étym. gr. amulon : amidon
Syn. néphropathie amyloïde
→ amylose
[A3,C3,G5,M1,N3,Q2]
Édit. 2017
artérite, granulomatose familiale et polyarthrite juvénile l.f.
arteritis, familial granulomatous with juvenile polyarthritis
Triade clinique dans une famille sur trois générations, de fièvre, hypertension artérielle et polyarthrite juvénile avec granulome non caséifié dans les vaisseaux et en dehors.
D'abord rash érythémateux chez le nourrisson, puis kystes aux poignets et genoux et épanchement péricardique. Plus tard, fièvre, épilepsie et céphalées, puis hypertension artérielle, épanchement péricardique, iridocyclite bilatérale et œdème papillaire. Enfin artérite des artères splénique, rénales et iliaques. Amélioration sous glucocorticoïdes et immunosuppresseurs. Assez proche de la maladie de Jabs mais où l'artérite n'est pas observée. L’affection est autosomique dominante (MIM 108050).
Deborah Rotenstein, pédiatre américaine (1982)
dengue n.f.
dengue, dengue fever, break bone fever
Arbovirose humaine, donnant lieu à d’importantes épidémies, due à quatre sérotypes de Flavivirus (famille des Flaviviridae), répandue dans la plupart des régions tropicales et sub-tropicales mais également dans la région méditerranéenne.
La maladie est caractérisée par une période d’invasion brusque (fièvre, céphalées frontales et rétro-orbitaires puis douleurs articulaires et musculaires, anorexie, nausées), suivie, vers le 3ème ou 4ème jour, d'une défervescence thermique et d'une sensation de mieux-être, puis, à la phase d'état, par une reprise de la fièvre et des douleurs, accompagnées d’une éruption morbilliforme prurigineuse.. Les formes bénignes (dengue "classique") guérissent spontanément en une semaine mais des formes sévères, dont le mécanisme physio-pathologique demeure mal compris, sont observées (1 à 5% des infections cliniques), principalement chez l'enfant, en Amérique tropicale et surtout en Asie. Il s'agit de formes hémorragiques, souvent accompagnées d'une perméabilité capillaire, de choc hypovolémique, d'épanchements liquidiens, d'hypoxie, de défaillance hépatique ou rénale aiguë, de détresse respiratoire ou cardiaque, voire d'encéphalopathie. L'évolution de ces formes sévères peut aboutir au décès dans un pourcentage de cas variant de 1 à 5% (parfois jusqu'à 20%). On note, sur le plan biologique, une leucopénie, une thrombopénie, une hémoconcentration. En cas de guérison, la convalescence est longue et se caractérise par une asthénie intense et l'absence de toute séquelle. L’infection laisse une immunité durable, spécifique du type viral en cause (il n’existe pas d’immunité croisée entre les quatre sérotypes viraux). Aucun traitement étiologique n'est disponible, la prise en charge repose sur l'administration d'antipyrétiques (non salicylés), la réhydratation, les transfusions de sang ou de plaquettes, la correction des désordres métaboliques, le traitement du choc et des éventuelles défaillances respiratoire, cardiaque, hépatique ou rénale.
L'incidence annuelle est estimée à quelque 60 millions de cas par an. En outre, les formes asymptomatiques ou frustes sont fréquentes.
Les virus en cause sont des Flavivirus. Il en existe quatre sérotypes antigéniquement distincts, transmis par des moustiques du genre Aedes, principalement Aedes aegypti et Aedes. albopictus. Il s'agit de moustiques anthropophiles, bien adaptés au milieu urbain, dont les larves se développent dans des gîtes artificiels (récipients de stockage d'eau auxquels s'ajoutent, en saison des pluies, des récipients abandonnés). La maladie, qui sévit sur un mode épidémique ou endémo-épidémique, est surtout observée en Asie et en Amérique tropicale et en Océanie ; elle est moins fréquente en Afrique sub-saharienne et des cas sporadiques peuvent survenir dans le bassin méditerranéen.
Le réservoir de ces virus est constitué par les populations humaines urbanisées. En l'absence de traitement spécifique et de vaccin, la prévention repose avant tout sur la lutte anti-vectorielle en milieu urbain.
Sigle s DENV1, DENV2, DENV3, DENV4
diphtérie n.f.
diphtheria
Due à Corynebacterium diphtheria ou bacille de Klebs-Löffler (ou Loeffler), la diphtérie classique est une maladie contagieuse associant la présence de fausses membranes sur certaines muqueuses rhino-pharyngées à des signes d'intoxication plus ou moins graves dus à une exotoxine, la toxine diphtérique.
A la suite d'une incubation de 2 à 5 jours, la forme la plus habituelle est l'angine diphtérique commune, dans laquelle les fausses membranes adhérant aux tissus sous-jacents, intéressent surtout le pharynx, les amygdales et la luette. Cette angine s'accompagne d'une fièvre modérée, d'un malaise général intense, d'une anorexie. En l'absence de traitement précoce, elle peut évoluer vers le croup, dû à l'extension des fausses membranes au palais, au larynx et à l'arbre respiratoire conduisant à l'asphyxie ou vers l'angine maligne liée à l'imprégnation par la toxine et dont le pronostic est très sévère. Elle s'accompagne alors de pâleur, d'une prostration, d'une tachycardie, d'une stupeur voire d'un coma, alors que la fièvre reste modérée. L'action de la toxine concerne surtout le myocarde, le système nerveux périphérique et les reins. Les formes malignes comportent donc des paralysies du voile du palais ou de l'accommodation survenant précocement, souvent d'un œdème du cou et d'adénopathies ; plus tardivement surviennent des polynévrites (entre la première semaine et le premier mois), des paralysies touchant les membres les nerfs crâniens ou le diaphragme, ou encore une myocardite, une insuffisance rénale. Il existe aussi une thrombopénie et une protéinurie.
Le mécanisme physiopathologique des troubles neurologique est une dégénérescence segmentaire périaxile touchant les gaines myéliniques.
L’antibiothérapie précoce (pénicilline G, macrolides) permet la guérison.
La vaccination par l’anatoxine diphtérique a éliminé cette maladie de nombreux pays. En France, où la déclaration est obligatoire ainsi que la vaccination avant l’âge de deux ans, il n’y a plus de cas autochtone depuis 1990. La diphtérie réapparaît si la couverture vaccinale est insuffisante (inférieure à 60-70%). Une épidémie en Russie et dans les pays de l’Europe de l’Est, entre 1990 et 1996, a entraîné plus de 250 000 cas et des milliers de décès. Des cas sporadiques ou épidémiques surviennent encore dans des pays où la couverture vaccinale ne peut être assurée, notamment en cas d'insécurité. On estime à 4 500 le nombre des cas de diphtérie survenus en 2015.
Les infections par Corynebacterium ulcerans et C. pseudotuberculosis se traduisent par des diphtéries cutanées habituellement assez bénignes et non contagieuses.
P. Bretonneau, médecin clinicien français, membre de l’Académie de médecine (1826)
Étym. gr. diphthera : membrane, peau (dénomination créée en 1826 par le médecin français P. Bretonneau)
→ vaccin diphtérie, diphtérie cutanée, Corynebacterium diphtheriae, toxine diphtérique
[D1,O1]
fièvre d'Ebola l.f.
Ebola virus disease
Maladie infectieuse à type de fièvre hémorragique due au virus Ebola, de la famille des Filoviridae, transmise à l'Homme par contact avec des Singes infectés de la République démocratique du Congo (Zaïre) et du Soudan et par contamination interhumaine.
Les signes principaux sont la fièvre, des céphalées, des courbatures, une pharyngite, de la toux, des troubles digestifs, une éruption, un ictère puis des hémorragies et des signes de défaillance multiviscérale. L'évolution est fatale dans 50 à 90% des cas avec des lésions disséminées de nécrose tissulaire, notamment dans le foie. Le diagnostic repose sur l'identification du virus dans le sang par amplification génomique.La découverte d’un vaccin se montre efficace pour enrayer les épidémies.
P. Piot, baron, microbiologiste et épidémiologiste belge, membre de l’Académie nationale de médecine (1977); H. Feldmann, virologue américain (2020)
Étym. Ebola : cours d'eau de la République démocratique du Congo (Zaïre)
[D1]
Édit. 2020
encéphalite japonaise l.f.
japanese encephalitis
Arbovirose extrême-orientale qui représente la première cause d'encéphalite virale dans ces régions.
Plusieurs milliers de cas rapportés chaque année, principalement chez les autochtones résidant en zone rurale.
Le Flavivirus en cause est transmis par des moustiques femelles du genre Culex qui le prélèvent sur certaines espèces d'oiseaux constituant un réservoir de virus, et assurent son transfert sur le porc domestique. Des antigènes communs existent avec d'autres virus de ce genre, notamment les virus de la fièvre jaune et de la dengue, mais sans protection contre les infections hétérologues.
Après une incubation silencieuse d'une à deux semaines, le début est brutal, avec fièvre élevée, céphalées et altération de l'état de conscience. S'associent souvent un syndrome méningé, un syndrome pyramidal ou extrapyramidal. Le LCS est caractéristique d'une encéphalite virale. Mais plus de 95% des cas sont asymptomatiques. La létalité d'une encéphalite cliniquement avérée varie de 10 à 30%, pouvant atteindre 50% chez les petits enfants et après 50 ans. D'importantes séquelles neropsychiques persistent dans un tiers de ces deux tranches d'âge.
Des campagnes de vaccination de masse conduites chez les enfants au Japon, en Corée et en Thailande ont semblé efficaces.
Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)
Sigle JEV
→ Flavivirus, vaccin contre l'encéphalite japonaise, Culex, arbovirose, fièvre jaune, dengue, encéphalite
[ D1, D4, H1]
Édit. 2019