Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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infanticide n.m.

infanticide

Homicide sur un nouveau-né ou un enfant en bas âge.
Le code pénal en avait donné une définition plus étroite puisqu'il s'agissait du "meurtre d'un enfant nouveau-né" (art. 300 ancien). La jurisprudence avait précisé que cette définition supposait que le crime avait été commis avant que l'enfant ne soit déclaré à la mairie ou avant qu'il n'ait atteint l'âge de trois jours (délai légal pour déclarer un enfant). L'incrimination visait à protéger les nouveau-nés contre la tentation facile de les supprimer pour des raisons économiques ou affectives.
Dans l'immense majorité des cas, l'auteur de l'acte est la mère seule.
Le nouveau code pénal n'a pas repris cette incrimination, qui n'a donc plus de définition légale et entre dans le langage commun. La seule protection accordée par le code pénal au nouveau-né est donc celle qui est reconnue à tout enfant de moins de 15 ans.

grossesse de l'adolescente

signe du ressaut l.m.

Ortolani’s test, Ortolani’s click

Signe permettant de déceler une hanche instable, luxable ou luxée réductible, chez le nouveau-né et le nourrisson.
Ce signe est recherché chez l’enfant couché sur le dos, la cuisse fléchie à 90°, la musculature relâchée. Une pression d’avant en arrière sur la cuisse permet de faire sortir la tête fémorale du cotyle en cas de hanche luxable ; une sensation de ressaut est perçue lorsque la tête fémorale franchit le rebord du cotyle (ressaut en sortant). Un nouveau ressaut est ressenti, parfois audible, quand, la pression relâchée et la cuisse mise en abduction, la fête fémorale réintègre le cotyle.
En cas de luxation vraie (réductible), le ressaut est perçu en plaçant la cuisse en abduction avec une légère traction et une pression sur le trochanter major ; cette manœuvre permet de replacer la tête fémorale dans le cotyle (ressaut en rentrant) mais la hanche a tendance à se reluxer spontanément avec un nouveau ressaut quand la position de réduction est relâchée.
Plusieurs modalités sont utilisées pour rechercher ce signe : elles dérivent toutes de la manœuvre décrite par Le Damany. Dans celle d’Ortolani, le signe du ressaut est recherché symétriquement des deux côtés. Dans celle de Barlow, le pelvis étant maintenu d’une main, le pouce sur le pubis, le ressaut est recherché un côté après l’autre ; cette technique, plus fine, permet de ressentir un ressaut discret quand le rebord cotyloïdien est émoussé.
Ce signe qui permet de dépister très précocement une malformation luxante de la hanche est à rechercher systématiquement chez le nouveau-né et le nourrisson.

P. Le Damany, médecin français (1912), M. Ortoloni pédiatre italien (1937), T. G. Barlow, chirurgien othopédiste britannique (1962)

[I2, O1]

Édit. 2019

convulsion du nouveau-né l.f.

neonatal convulsion

Succession de petites secousses localisées à un orteil, une paupière ou une commissure labiale ; une apnée peut être la seule manifestation notable, parfois il n'y a qu'une tachycardie. L'électroencéphalogramme peut être évocateur (décharges de pointes ou silences).
Les symptômes des convulsions sont beaucoup plus discrets chez le nouveau-né que chez l'enfant ou l'adulte. La cause peut être un traumatisme crânien lié aux conditions de naissance, une hypoglycémie (à corriger au plus vite), une hypocalcémie, une infection (méningite) ou, parfois, une maladie métabolique héréditaire. Pour ne pas courir le risque de méconnaître une méningite qu'il convient d'identifier, la convulsion du nouveau-né impose la ponction lombaire. Souvent les convulsions font suite à une anoxie-ischémie périnatale, qui peuvent se voir après un intervalle dépassant les 24 premières heures.
Le traitement est à base de benzodiazépines (diazépam 0,5 mg/kg) avec, en règle, mise sous ventilation mécanique. Le pronostic des convulsions prolongées ou répétées est mauvais, surtout pour le nouveau-né à terme, sauf dans le cas de certaines convulsions survenant sans raison apparente entre le 3e et le 5e jour.

épilepsie, crise convulsive,

[H1,O1]

enfant-ancêtre n.m.

child-ancestor

Figure ambigüe rencontrée dans diverses cultures, liée principalement à la notion, si l'enfant tombe malade, d'une relation morbide de sa part avec le monde des ancêtres qui lui a donné vie et dont il ne s'est pas séparé ("Enfant mauvais", H. Collomb).
Très souvent en Afrique, le bébé que la mère porte en elle est d'abord vécu comme appartenant aux dieux et aux ancêtres avant d'être confié à ses parents. L'identification de l'enfant ne sera totale qu'après plusieurs années. Dans ce processus de reconnaissance, la mère tiendra de nouveau un rôle central.
Au Viêtnam, en cas de décès de plusieurs enfants, un enfant "Con Ranh" est évoqué avec effroi : le même esprit mauvais revient sans cesse, s'incarne un temps chez un nouveau-né, l'abandonne en le tuant, puis se réincarne chez un autre enfant. La victime ne vit pas très longtemps et devient à son tour un danger.
En Grèce, jusqu'au début du XXème siècle était évoquée la notion d’enfants "adelphophages" (littéralement "mangeurs de leurs frères").
En France, la coutume qui donne à un nouveau-né le prénom de son grand-père, n'est pas étrangère à ce mythe archaïque.

H. Collomb, psychiatre militaire français (1913-1979)

[H4, O1]

Édit. 2020

immunodéficience congénitale l.f.

congenital immunodeficiency

Etat dans lequel se trouvent des nouveau-nés dépourvus de tout moyen de défense immunologique contre un agent infectieux.
Un nouveau-né n’est doté de moyens de protection contre les agressions infectieuses que par ceux que lui a fournis le sang maternel. Au cours de son développement, il doit forger sa propre immunité, ce qui explique les maladies infectieuses de l’enfance. Certains nouveau-nés tardent à développer ces défenses ou ne les développent jamais : ils doivent être élevés à l’abri de toute agression virale ou bactérienne extérieure, dans des bulles isolantes.

Étym. lat. immunis : exempt de

immunodéficience acquise.

maladie hémorragique du nouveau-né l.f.

hemorragic disease of the newborn

Syndrome hémorragique de gravité variable (hématémèse, rectorragies, hémorragies pulmonaire, cérébrale, intrapéritonéale) constaté chez un nouveau-né, en rapport avec un déficit en vitamine K dû à la prise d'antituberculeux ou d'anticonvulsivants par la mère, l’absence de supplémentation, ou à une malabsorption digestive.
La prescription systématique de vitamine K au nouveau-né dès sa naissance prévient la maladie hémorragique du nouveau-né dans la quasi-totalité des cas.

Syn. syndrome hémorragique du nouveau-né

vitamine K

souffrance néonatale l.f.

neonatal distress

Altération des fonctions vitales du nouveau-né à la naissance.
Conséquence d’une souffrance fœtale aigüe sévère, elle se traduit à des degrés divers par une perte de l’activité cardiaque, respiratoire ou musculaire du nouveau-né, dont le score d’Apgar exprime la gravité, et que quantifie la mesure des gaz du sang au cordon (pH, pO2, pCO2, excès de base, et lactates). Elle réalise au pire une mort apparente du nouveau-né. Elle justifie une prise en charge pédiatrique immédiate et une réanimation qui restaure une dynamique circulatoire par le massage cardiaque externe, une hématose par la ventilation assistée avec ou sans intubation trachéale, une correction de l’acidose métabolique par la perfusion de bicarbonate semimolaire.

Apgar (score d')

tonus néonatal l.m.

neonatal tone

Etat de tension des muscles des membres et du tronc du nouveau-né témoin de sa vitalité, l’hypotonie étant le signe d’une souffrance neurologique néonatale.
Coté de 0 (très perturbé) à 2 (normal) dans l’appréciation du score APGAR, il est vérifié plusieurs fois dans les minutes qui suivent la naissance. Il doit être complété par un examen neurologique comportant l’étude des réflexes archaïques et du tonus musculaire : tonus actif (la mobilité spontanée) et tonus passif, par étirement lent évaluant l’extensibilité musculaire et étirement rapide à la recherche d’une spasticité.
- Le nouveau-né normal présente une hypertonie relative des muscles fléchisseurs des membres par rapport aux extenseurs. Les segments de membre sont en légère flexion, la main est ouverte, les doigts un peu fléchis, le pouce vers la paume. Les doigts se ferment sur le doigt de l’examinateur (palmar grasp reflex). Les muscles axiaux ont un tonus très faible : la nuque et le rachis sont souples ; le nouveau-né ne peut ni tenir sa tête ni rester assis.
- En cas d’hypotonie, l’enfant paraît inerte, les membres supérieurs sont en extension, main ouverte ; les membres inférieurs sont en demi-flexion et rotation externe. L’extensibilité musculaire est excessive : les mouvements passifs sont de grande amplitude, la flexion du poignet dépasse 90° ; bras en adduction sur le thorax, le coude dépasse le milieu de la clavicule
- En cas d’hypertonie, l’extensibilité musculaire est limitée ; le membre supérieur est en hyper-flexion, la main est crispée. La raideur de la ceinture scapulaire se mesure lors de l’adduction du bras devant le thorax. Aux membres inférieurs les genoux sont en extension, l’abduction des hanches est limitée, le pied est en équin ou varus équin ; la nuque et le tronc sont raides.
Ces anomalies du tonus peuvent être uni ou bilatérales ; cette asymétrie est notée d’après les mouvements spontanés, le tonus musculaire et les signes de spasticité en particulier du triceps sural.

APGAR (score d'), grasping

allaitement naturel l.m.

breast feeding

Alimentation du nouveau-né uniquement au lait de femme, directement au sein, qu'il s'agisse de sa mère ou d'une nourrice.
Le rôle des nourrices a été longtemps considéré comme fondamental, le nouveau-né étant réputé ne pas pouvoir digérer le colostrum. Rousseau, dans Emile, en 1762, a énergiquement défendu l'allaitement maternel.

[O1,O5,R2]

Édit. 2017 

Apgar (score d') l.m.

Apgar’s score

Nombre permettant d’évaluer chez un nouveau-né cinq grandes fonctions vitales : le rythme cardiaque, le rythme respiratoire, le tonus, la coloration cutanée et la réactivité aux stimulus, cotées de 0 à 2 de façon répétitive aux première, troisième, cinquième et dixième minutes qui suivent la naissance.
L’administration d’opiacés ou d’anesthésiques à la mère avant l’extraction peuvent abaisser ce score. Le nouveau-né normal a un score de 9 ou 10. La persistance d’un total <7 signale une anomalie ; inférieur à 2, il correspond à une mort apparente et impose d’urgence désobstruction, ventilation et massage cardiaque externe. S’il est inférieur à 5 à la cinquième minute il laisse planer une inquiétude quant au pronostic ultérieur. Les 5 lettres d’Apgar ont servi d’acronyme comme moyen mnémotechnique pour aspect (coloration), pouls, grimace (à l’excitation), activité (tonus), respiration.

CritèresCotation
 012
cœur (fréquence/min)≤ 8080 à100> 100
respirationnullefaiblecri vigoureux
tonusnulextrémités seulestout le corps
réactivité à l'aspirationnullegrimacesvive
couleurlivideimparfaite aux extrémitésrose
Total .....=..... +..... +.....

Virginia Apgar, anesthésiologiste américaine (1953)

changement des récepteurs l.f.

receptor editing

Mécanisme par lequel une cellule B au cours de son développement peut exprimer une première espèce moléculaire de récepteur (BCR).
L’interaction de ce récepteur avec l’antigène peut conduire à un nouveau réarrangement génétique par action de la recombinase, aboutissant à l’expression d’un nouveau type de chaine lourde.

Syn. édition des récepteurs, substitution des récepteurs.

[C3]

développement de l'embryon et du fœtus humain (séquence de 16 à 40 semaines) l.m.

human embryonic and fetal development (16 to 40 weeks)

Cette période correspond approximativement aux 22ème à 38ème semaines de gestation de Streeter; en fin de séquence la taille vertex-coccyx (VC) atteint 160 mm. ; la taille allongée de naissance est en moyenne de 350mm.
Les caractéristiques du développement sont les suivantes :
- morphologie corporelle : la pilosité du lanugo apparaît ; le vernix caseosa s’amasse ; le corps amaigri est mieux proportionné ; le fœtus amaigri est ridé et rouge ; les paupières ptosiques s’ouvrent à nouveau ; les testicules ont gagné le scrotum ; la graisse s’accumule, les rides s’adoucissent ; le corps s’arrondit ;
- cavité buccale : l’émail et la dentine se déposent ; la tonsille linguale se forme ; les dents permanentes primordiales s’ébauchent ; les dents de lait ne font pas éruption à la naissance ;
- pharynx et ses annexes : les tonsilles ont pris leur structure typique ;
- tube digestif et ses glandes : les nodules lymphatiques et la muscularis mucosae de l’intestin sont en place ; le côlon ascendant est identifiable ; l’appendice vermiculaire s’allonge derrière le caecum ; les grosses glandes oesophagiennes se forment ;
- système respiratoire : l’ossification du nez commence ; les narines s’ouvrent à nouveau ; l’épithélium pulmonaire cuboïdal disparait des alvéoles ; seules les ramifications pulmonaires de 2ème et 3ème ordre sont complètes ; les sinus frontaux et sphénoïdaux sont encore très incomplets ;
- cavité cœlomique et les mésos : les accolements mésentériques sont complets ; les sacs vaginaux sont descendus dans le scrotum ;
- système urogénital : le sinus urogénital femelle devient un vestibule peu profond ; la lumière vaginale se reforme ; les glandes utérines apparaissent ; les tubules rénaux arrêtent leur formation à la naissance ;
- système vasculaire : l’hématopoïèse s’accroît dans la moelle osseuse et diminue dans le foie ; la rate acquiert sa structure typique ;
- système squelettique : les os du carpe et du tarse et le sternum s’ossifient plus tard, un peu après la naissance ; de nombreux centres épiphysaires apparaissent après la naissance et beaucoup durant l’adolescence ;
- système musculaire : le développement des muscles périnéaux est terminé ;
- téguments et leurs annexes : le vernix caseosa est visible ; l’épiderme se kératinise ; le lit des ongles apparait ; les cheveux poussent ; les glandes mammaires primordiales bourgeonnent ; ces bourgeons se ramifient et se creusent ; l’ongle atteint l’extrémité des doigts ; la pilosité du lanugo pousse puis disparait ;
- système nerveux : les commissures sont complètes ; la myélinisation de la moelle spinale commence ; le cortex cérébral acquiert ses couches caractéristiques ; les fissures et les gyrus cérébraux apparaissent rapidement ; la myélinisation du cerveau commence ;
- organes des sens : le nez et l’oreille sont ossifiés ; la tunique vasculaire du cristallin est à son développement maximum ; les couches rétiniennes sont complètes et la lumière perçue ; le sens du toucher est présent ; les paupières sont ouvertes ; les cellules mastoïdiennes ne sont pas formées ; l’oreille est sourde à la naissance.

L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)

Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé

stades carnegie, horizons de Streeter

[A4,O6]

diaphragmatique (paralysie) l.f.

diaphragmatic paralysis

Paralysie totale ou partielle de l'hémidiaphragme correspondant, entraînée par la lésion d'un nerf phrénique (traumatique ou thérapeutique), ce qui amène sa remontée assez haut dans le thorax (vers le niveau du mamelon).
La constatation à l'inspection et surtout à la palpation d'une absence de gonflement inspiratoire de l'épigastre fait évoquer le diagnostic de paralysie diaphragmatique. La phrénicectomie étant maintenant abandonnée, cette paralysie peut être la séquelle d'un traumatisme du thorax, de chirurgie thoracique (blessure ou échauffement du nerf phrénique par le bistouri électrique) ou d'un mauvais abord vasculaire au niveau du cou. La paralysie peut aussi résulter d'une neuropathie centrale ou périphérique.
Chez le nouveau-né, une extraction difficile à la naissance en est la principale cause, elle peut être associée du même côté à une paralysie du plexus brachial voire à une paralysie laryngée. La paralysie diaphragmatique favorise les atélectasies du côté atteint et les reflux gastroœsophagiens. Chez le nouveau-né les paralysies périphériques traumatiques récupèrent en général en 2 à 12 semaines.
Le traitement utilise des effets mécaniques : la position demi-assise (qui abaisse le diaphragme) et une rééducation respiratoire dès que l'âge de l'enfant le permet (apprendre le relâchement actif de l'abdomen à l'inspiration). La mise sous pression expiratoire positive (PEP) en respiration spontanée est bénéfique pour une paralysie traumatique unilatérale, mais une ventilation mécanique peut être nécessaire. Quand il n'est pas possible d'attendre une récupération spontanée la plicature chirurgicale du diaphragme favorise le retour à l'autonomie respiratoire.

Étym. gr. diaphragma : séparation, cloison

paralysie des cordes vocales, "sniff test"

graisse brune l.f.

brown fat, brown adipose tissue

Variété de tissu adipeux, surtout situé dans la région scapulaire, composé d'adipocytes bruns, présent chez le nouveau-né et chez les mammifères adultes qui hibernent, chez lesquels elle exerce un rôle important dans la régulation thermique.
Chez le nouveau-né humain elle maintient la chaleur corporelle pendant la période néonatale, puis subit une involution pendant la première enfance. Elle existe encore en petite quantité chez l’homme adulte, notamment autour des surrénales. Les cellules qui la constituent sont des adipocytes à noyau central qui contiennent dans leur cytoplasme de nombreuses petites gouttelettes lipidiques, leur donnant un aspect vacuolaire.
La rare tumeur développée aux dépens de ce tissu adipeux particulier est l’hibernome dont il existe une forme maligne.

tissu adipeux, hibernome

grossesse et psychotropes l.

pregnancy and chemotherapies

Liaison problématique et discutée, car souffrant de la rareté des travaux, concernant d'une part divers effets tératogènes organiques, et peut-être aussi une "tératogénèse comportementale" chez l'enfant.
Compte tenu de la tératogenèse, surtout au premier trimestre, et d'un risque de prématurité, dans un état maniaque des neuroleptiques phénothiaziniques sédatifs, aux risques moindres doivent être substitués au lithium. Dans les schizophrénies et les autres psychoses délirantes on utilisera surtout l'halopéridol, considéré comme porteur de peu de risques, avec, si possible, son arrêt en fin de grossesse, afin d'éviter les syndromes extrapyramidaux du nouveau-né.
Dans les états dépressifs les tricycliques sont le plus souvent préférés, sous réserve d'une surveillance de leurs effets anticholinergiques et hypotenseurs et, pour eux aussi, d'une diminution voire d'un interruption en fin de grossesse, afin de prévenir certains phénomènes toxiques chez le nouveau-né. La prophylaxie d'une psychose maniacodépressive peut faire appel principalement à des tricycliques à petites doses progressivement diminuées, ou à l'utilisation prudente d'anticonvulsivants comme la carbamazépine, dont la sécurité génétique n'a été établie qu'en épileptologie. Il faut si possible éviter le lithium (M. Schou) ; sinon, il doit être arrêté au début du travail ou, progressivement, le mois précédant les couches. Sous réserve de précautions, la sismothérapie reste indiquée dans les dépressions sévères, résistantes ou engageant le pronostic vital et dans certains états psychotiques du premier trimestre.
Hospitalisée ou non, la patiente doit bénéficier d'une relation psychothérapique et psychosociale particulière.

hématome sous-cutané crânien tardif généralisé du nouveau-né . l.m.

late subcutaneous epicranial diffuse hematoma of the newborn

Epanchement sanguin diffus dans le tissu cellulaire souscutané crânien du nouveau-né, débordant les sutures, décollant le cuir chevelu.
Souvent lié à un trouble de la crase sanguine, il représente une forme de maladie hémorragique du nouveau-né.

Étym. gr. haïma : sang, ôma : tumeur

[01,F1]

hémorragie cérébrale intraventriculaire du nouveau-né l.f.

intra-ventricular cerebral hemorrhage of the new-born

Forme clinique intraventriculaire de l’hémorragie cérébrale du nouveau-né, due à la grande prématurité ou à l’anoxie du perpartum.
Sa traduction clinique est bruyante, particulièrement chez le prématuré : malaise brutal, apnée, accès de cyanose réitérés, convulsions, mouvements anormaux, etc..
Le diagnostic est établi par l’échographie transfontanellaire ou la scanographie qui montrent l’hémorragie intraventriculaire et précisent en outre l’atteinte éventuelle du parenchyme
cérébral.
Le risque augmente si la tendance hémorragique du tout nouveau-né n’est pas corrigée par une administration efficace de vitamine K1. Il est aggravé par l’hypothermie, la dyspnée (par ex. d’un pneumothorax) ou si l’enfant est soumis à des manœuvres agressives (abords vasculaires douloureux, intubation). Quand il s’agit d’une hémorragie peu importante localisée aux seuls ventricules, le pronostic n’est pas toujours mauvais mais, en revanche, l’avenir est sombre si le parenchyme cérébral est touché, surtout des deux côtés.
Le meilleur traitement est préventif, en évitant les naissances prématurées ou traumatisantes, les gestes agressifs et douloureux, en respectant une stricte discipline d’asepsie, en conduisant la ventilation mécanique avec un régime de pression le plus faible possible.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

Syn. hémorragie ventriculaire du nouveau-né

[O1]

hémorragie cérébroméningée du nouveau-né l.f.

subarachnoïdal cerebral neonatal hemorrhage

Chez le nouveau-né, saignement consécutif à une lésion vasculaire siégeant sous l'arachnoïde à la base du cerveau, ou sous la tente du cervelet, dans les ventricules cérébraux ou dans le parenchyme cérébral.
Elle peut être due à un traumatisme par accouchement dystocique, extraction instrumentale ou manœuvre obstétricale, à une anoxie fœtale perpartum, surtout à une grande prématurité. Evoquée dans les premières heures de vie devant des anomalies neurologiques, des crises convulsives du nouveau-né, elle est mise en évidence par l'échographie transfontanellaire et la scanographie cérébrale. Parfois mortelle ou source de séquelles psychomotrices graves, son pronostic dépend de son volume et de son siège.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[O1]

immaturité vésicale l.f.

bladder immaturity

État caractérisé par la persistance chez l'enfant des réflexes mictionnels archaïques du nouveau-né, génératrice de troubles fonctionnels de la miction.
La vessie du nouveau-né à terme peut stocker et expulser périodiquement environ 40 mL d'urine à la faveur d'une contraction phasique. Le réflexe mictionnel, dès lors organisé dans la moelle sacrée, peut être déclenché par la stimulation des récepteurs cutanés et muqueux. Ces réflexes archaïques disparaissent progressivement avec l'âge, de sorte que le réflexe mictionnel, dès lors organisé dans le tronc cérébral, ne prend plus en compte que la stimulation des récepteurs de tension du détrusor. Leur persistance au moment où l'enfant apprend la propreté se traduit par une pollakiurie, une impériosité avec ou sans incontinence, souvent associée à une énurésie. Les contractions vésicales mal inhibées mais énergiquement retenues par la contraction sphinctérienne volontaire peuvent aboutir à la constitution d'une vessie de lutte, provoquer des infections urinaires récidivantes et parfois de petits reflux vésico-urétéraux.

hyperréflectivité vésicale, instabilité vésicale

KCNQ1 gene sigle angl. pour potassium voltage-gated channel subfamily Q member 1

Localisé en 11p15.5-p15.4, appartenant à la grande famille des gènes qui fournissent des instructions pour la constitution des canaux potassiques, KCNQ1 intervient au niveau de l’oreille interne et du myocarde ainsi que dans le rein, le poumon, l’estomac et les intestins.
Les mutations de ce gène sont à l’origine de la fibrillation atriale, du syndrome de Jervell et Lange-Nielsen, du syndrome de Romano-Ward, du syndrome du QT court, de la mort subite du nouveau-né.
syndrome du QT court familial, mort subite du nouveau-né

Syn. ATFB1, IKs producing slow voltage-gated potassium channel alpha subunit KvLQT1, JLNS1, KCNA8, KCNA9, KQT-like 1, Kv1.9, Kv7.1, KVLQT1, LQT1, potassium channel, voltage gated KQT-like subfamily Q, member 1

fibrillation atriale, Jervell et Lange-Nielsen (syndrome de), syndrome de Romano-Ward,

lait maternel l.m.

maternal milk

Liquide physiologique sécrété par les glandes mammaires de la femme mère.
Il constitue l'aliment spécifique complet et adapté aux besoins de la croissance du nouveau-né et du nourrisson. Il contient les anticorps maternels qui protègent le nouveau-né contre les infections. Il transmet a contrario certains médicaments, microbes ou virus, le virus VIH par exemple, préjudiciables à l'enfant.

méningite néonatale l.f.

neonatal meningitis

Forme de méningite du nouveau-né survenant au décours de l'accouchement.
Elle est souvent d'origine bactérienne, due à un streptocoque β-hémolytique ou à Listeria monocytogenes présents dans la filière génitale de la mère et transmis au nouveau-né lors de la naissance. La listériose peut  également être transmise par voie transplacentaire. Leur  morbidité et leur mortalité néonatales sont élevées.

Étym. gr. meningx : membrane ; - ite : suffixe indiquant l’inflammation :

Moro (réflexe de) l.m.

Moro's reflex

Réflexe archaïque ou automatisme primaire provoqué chez le nouveau-né par toute manœuvre qui produit une mobilisation rapide des muscles de la nuque.
La réponse se décompose en trois temps : abduction des bras et extension des avant-bras, ouverture des mains et, temps le plus significatif, cri. La recherche de ce réflexe fait partie de l'examen du nouveau-né à la naissance.

E. Moro, pédiatre allemand (1918)

mort apparente du nouveau-né (état de) l.m.

neonatal asphyxia, severe neonatal distress

État prélétal d'un nouveau-né ayant souffert dans les minutes précédant sa naissance d'une insuffisance d'oxygénation d'origine placentaire.
L’enfant naît inerte, mal coloré, la détresse néonatale sévère est caractérisée par l’absence de respiration spontanée, l’abolition des réflexes périphériques, l’assourdissement et le ralentissement extrême des battements cardiaques (moins de 100 par minute) préservant à peine l’irrigation cérébrale, une acidose majeure. Le pronostic vital est en jeu, l’évolution pouvant se faire vers la survie, mais avec parfois des séquelles neurologiques sévères, ou vers le décès du nouveau-né. L’urgence est extrême.
Il faut désobstruer le pharynx puis la trachée par aspiration, ensuite intuber, faire la ventilation mécanique (en oxygène pur si possible, à la fréquence de 40 /min environ) et un massage cardiaque externe à la fréquence de 120 /min. Si la situation ne s'améliore pas en 3 min, injecter dans une veine périphérique ou ombilicale 2 mmole/kg de solution tampon alcaline en une ou deux minutes. Si la fréquence du pouls reste inférieure à 100/min, instiller 30 µg/kg d'adrénaline par un cathéter fin, glissé dans la trachée jusqu'aux bronches distales. L'avenir neurologique est très compromis s'il n'y a pas de gasps dans les 15 min (en l'absence de médicaments dépressifs injectés à la mère). Une surveillance attentive doit ensuite être mise en œuvre ensuite dans une unité de réanimation.

gasp

Ortolani (signe d') l.m.

Ortolani’s click, Ortolani’s test

Ressaut perçu lors de l'examen de la hanche d'un nouveau-né ou d'un nourrisson qui présente une luxation de la hanche en portant le fémur en abduction avec légère traction dans l'axe.
Le test est recherché quand l'enfant est couché sur le dos, la hanche fléchie, le bassin stabilisé. Si le signe est positif, les doigts placés contre le trochanter major perçoivent un ressaut caractéristique, parfois audible, de la tête fémorale qui rentre dans le cotyle : ressaut de rentrée. En relâchant la traction et l'abduction, un nouveau ressaut " en sortant" peut être perçu lors de la relaxation.

M. Ortolani, pédiatre italien (1937)

Syn. signe du ressaut, manœuvre d'Ortolani, signe d’Ortolani-Le Damany

Barlow (manœuvre de)

Édit. 2017

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