Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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glande n.f.

gland

Ensemble de cellules épithéliales spécialisées, généralement groupées en un organe, à la fois exo- et endocrines, dont la fonction est de produire une sécrétion qui est soit excrétée (glande exocrine ou glande à sécrétion externe) soit déversée dans le sang circulant (glande endocrine  ou glande à sécrétion interne), certaines pouvant avoir une double fonction car étant à la fois exo- et endocrines. 

Étym. lat. glans, glandula : glande

charnière obstétricale de Budin l.f.

Bande cartilagineuse qui, chez le fœtus et le jeune enfant, unit l’écaille de l’os occipitale et les deux os exo-occipitaux.
Elle constitue la synchondrose intra-occipitale postérieure dans l’accouchement avec présentation du sommet, cette bande non rigide permet un mouvement de bascule de l’écaille et facilite l’expulsion ou l’extraction de la tête.

P. Budin, gynécologue obstétricien français (1846-1907)

Syn. charnière occipitale

synchondrose interoccipitale postérieure

[A1,O1,O3]

kyste séreux de l'ovaire l.m.

ovarian serous cyst

Kyste ovarien à contenu séreux dont la nature cependant n'est établie qu'à l'histologie.
Le plus fréquent des kystes de l'ovaire (25% des kystes), il survient à tout âge. Il peut être bénin, le cystadénome séreux, ou malin, le cystadénocarcinome séreux. Il existe des tumeurs frontières qui se présentent sous forme de végétations exo ou endokystiques. Bilatéral dans 20% des cas, son aspect est ovoïde, lisse et brillant, le plus souvent uniloculaire. Selon qu'il est bénin ou malin, son traitement consiste en une exérèse chirurgicale simple ou une intervention étendue suivie de chimiothérapie.

Langerhans (cellule de) l.f.

Langerhans cell

Cellule dendritique, très claire en microscopie optique (invisible avec les colorations habituelles et mise en évidence par imprégnation argentique), présentant, en microscopie électronique, des organites discoïdes (granules ou corps de Birbeck, ou encore bâtonnets de Langerhans) et qui exprime, à sa surface, des antigènes CD1a.
D'origine médullaire, siégeant dans le stratum spinosum de l'épiderme et dans l'ensemble des muqueuses, ces cellules, qui représentent de 2 à 4 % des cellules épidermiques, constituent un réseau de cellules présentatrices d'antigène intervenant dans les réactions d'allergie de contact. Cellules sentinelles, elles sont capables d’internaliser les exoantigènes et d’induire une réaction de défense immunitaire dans laquelle interviennent les lymphocytes T. Les granules de Birbeck qui se forment par invagination de la membrane cytoplasmique participent au processus d’internalisation et représentent probablement le mode d’adaptation réalisé par la cellule de Langerhans pour “traiter” dans un temps bref une quantité maximale d’exo-antigènes. La cellule de Langerhans quitte l’épiderme, devient dermique (cellule dendritique dermique) ; elle rejoint les ganglions proximaux par les voies lymphatiques (cellule voilée des lymphatiques), et y demeure dans les zones T ganglionnaires (cellule interdigitante). Son origine est discutée : la plus probable est le monocyte. Certaines histiocytoses, dont l'histiocytose X, sont des proliférations de cellules de Langerhans et sont appelées histiocytoses langerhansiennes.

P. Langerhans, anatomopathologiste allemand (1868)

cellule dendritique, cellule présentant l'antigène, Birbeck (corps de), bâtonnets de Langerhans,
CD 1
, monocyte, histiocytose X

[A2, F3]

Édit. 2019

Neu1 gene sigle angl. pour neuraminidase 1

Gène situé sur le locus chromosomique 6p21.3, codant pour la neuraminidase 1, enzyme situé dans les lysosomes qui scinde les oligosaccharides et les attache aux glycoprotéines pour produire de l’acide sialique.
Des mutations de ce gène entraînent un déficit en neuraminidase ou sialidose.
Syn. acetylneuraminyl hydrolase, exo-alpha-sialidase, FLJ93471, G9 sialidase, lysosomal sialidase, N-acetyl-alpha-neuraminidase 1, NANH, NEU, NEUR1_HUMAN, neuraminidase 1 (lysosomal sialidase), neuraminidase 1 precursor, SIAL1, sialidase 1, sialidase 1 (lysosomal sialidase)

neuraminidase (déficit en)

Plasmodium malariae

Plasmodium malariae
Plasmodium responsable de la fièvre quarte qui, contrairement aux trois autres espèces plasmodiales humaines, n’est pas strictement spécifiques de l’homme mais peut être retrouvé chez certains singes.
Cette espèce a une répartition tropicale et subtropicale cosmopolite mais très inégale. Elle sévissait jadis en Europe (delta du Danube) d’où elle a maintenant disparu. Sur le plan clinique, le paludisme à Plasmodium malariae est surtout caractérisé par la longueur de son évolution (plusieurs dizaines d’années parfois), qui n’est pas liée à la présence de formes exo-érythrocytaires quiescentes (hypnozoïtes) qui n’ont jamais été mises en évidences, mais qui résulte de la très longue persistance de parasitémies infradécelables. Il s’agit donc de recrudescences et non pas de rechutes palustres. La parasitémie est habituellement modérée (5.000 à 50.000 µL). Morphologiquement, cette espèce est caractérisée, sur un frottis sanguin coloré au Giemsa, par des hématies parasitées plus petites que la normale, avec des trophozoïtes en "bague à chaton", des schizontes âgés en "écharpe" ou en "bandelette équatoriale". Il n’existe pas de granulations mais un abondant pigment mélaniquee. Les gamétocytes sont sphériques ou ovoïdes et il existe des corps en rosace très réguliers, comprenant 6 à 12 noyaux ("corps en marguerite") avec un pigment dense au centre. Le cycle évolutif chez l’homme (cycle schizogonique) est de 72 heures, entraînant la périodicité quarte (un accès tous les trois jours) du paludisme correspondant.

Plasmodium vivax

Plasmodium vivax
Agent de la fièvre tierce bénigne dont la répartition est mondiale, avec une prédominance dans les zones tempérées.
Plasmodium vivax ne peut pas infester les sujets du groupe sanguin Duffy négatif, très nombreux en Afrique, ce qui explique son absence en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Chez l’Homme, le développement exo-érythrocytaire est très particulier, par la formation de stades quiescents, les hypnozoïtes, responsables des rechutes et par sa durée très variable qui conditionne la longueur de l’incubation. Cette durée peut aller de 7 à plus de 300 jours, selon les souches, ce qui conduit à décrire des sous espèces : Plasmodium vivax hibernans, P. vivax vivax. La parasitémie est d’intensité moyenne (20.000 à 80.000 µL). Sur des frottis sanguins colorés au Giemsa, les hématies parasitées sont plus grandes que la normale, et contiennent de nombreux grains de Schüffner. Les trophozoïtes ont une forme en "bague à chaton" et occupent le quart ou le tiers de l’hématie. Les schizontes âgés se présentent sous forme de masses arrondies, amiboïdes, avec de nombreuses granulations de Schüffner. Les corps en rosace ont 16 à 24 noyaux avec un pigment noir central. Les gamétocytes sont arrondis ou ovalaires avec du pigment et des granulations de Schüffner.

tératome n.m.

teratoma

Formation tumorale constituée d'une variété de cellules ou de tissus par définition étrangers à la région qui l'abrite mais provenant du développement, à des stades variés, y compris jusqu'au stade adulte (tératome adulte ou mature), d'un ou de plusieurs des trois feuillets embryonnaires (tératome uni- ou pluritissulaire), ce qui explique son polymorphisme histologique ; mais il existe presque toujours une composante neuroépithéliale.
 Suivant le degré de maturation ou de différenciation des tissus produits par la tumeur, on distingue les tératomes matures ou bénins constitués de tissus bien différenciés dérivés d’un ou deux ou trois feuillets embryonnaires ( les dérivés du tissu ectodermique sont les plus représentés) et les tératomes immatures, malins,(parfois nommés térato-carcinome) produisant des tissus embryonnaires, plus ou moins identifiables, le plus souvent capables d’élaborer de l’α-fœto-protéine. L’immaturité ou la régression tumorale peuvent aller jusqu’à la production de tissu placentaire (chorio-carcinome) ou de tissu vitellin (tumeur vitelline caractérisée par la production de globules hyalins, PAS et α-fœto-protéine positifs).
C’est une tumeur rare de l'enfant et de l'adulte jeune, appartenant au groupe des tumeurs germinales (ovaire, testicule), prenant naissance dans les gonades ou dans d'autres territoires tels que médiastin, rétro-péritoine, hypophyse. Les tératomes sacro-coccygiens, à développement exo- ou endo-pelvien sont fréquents et peuvent être diagnostiqués pendant la vie fœtale.
C’est une volumineuse tumeur bosselée, irrégulière, plus ou moins infiltrante, hétérogène à la section, où les zones kystiques alternent avec des zones denses, riches en os, en cartilage et en cheveu. Dans le système nerveux, plus de la moitié siègent dans la région pinéale ou parapinéale et prédominent dans le sexe masculin. Les autres s'observent dans la région sellaire, la fosse postérieure et la région sacrococcygienne, associées à un spina bifida. Le degré de malignité d'un tératome est généralement en fonction inverse du degré de différenciation tissulaire. Certaines de ces tumeurs ne comportent que des tissus parfaitement différenciés : elles sont dites matures. D'autres possèdent un contingent de cellules immatures : elles vont subir une évolution maligne d'autant plus fréquente qu'elles sont immatures.
Les tératomes sont peu sensibles à la radiothérapie et à la chimiothérapie.

Étym. gr. teras, teratos : monstre ; -ome : suffixe signifiant tumeur

Syn. dysembryome, tumeur dysembryoplasique