dissociation visuelle incomplète l.f.
partial binocular dissociation
Dissociation obtenue en modifiant de manière variable suivant les test utilisés, les facteurs de stimulation entrant en jeu dans la vision binoculaire habituelle.
Un test de vision binoculaire sera donc plus ou moins dissociant suivant la façon dont sont modifiés ces facteurs. Savoir utiliser des tests plus ou moins dissociants est à la base de l'examen et de la rééducation orthoptique. Ainsi, sur le plan moteur, les verres striés sont moins dissociants que le synoptophore ; une occlusion partielle en diminuant l'acuité visuelle d'un œil favorise la vision de l'autre œil sans rompre la vision binoculaire ou sans révéler un nystagmus latent ou une divergence verticale dissociée, etc. Sur le plan sensoriel, une dissociation partielle bien adaptée, en présentant des images différentes à chaque œil, peut favoriser la rivalité rétinienne et la fusion.
Étym. lat. dissociatio : séparation
achromatopsie congénitale incomplète avec amblyopie l.f.
blue cone monochromacy, BCM
[P2,Q2]
Édit. 2017
achromatopsie congénitale incomplète sans amblyopie l.f.
cone monochromatism
Forme clinique de l'achromatopsie congénitale sans amblyopie ni photophobie ni nystagmus.
Étym. gr. a : privatif ; chrôma : couleur ; opsis : vision
Syn. monochromatisme des cônes
[P2,Q2]
Édit. 2017
achromatopsie congénitale totale incomplète l.f.
blue cone monochromacy
→ achromatopsie congénitale incomplète avec amblyopie
[P2,Q2]
Édit. 2017
achromatopsie incomplète avec fonction lumineuse de type protanope l.f.
→ achromatopsie incomplète de Krill
[P2,Q2]
Édit. 2017
achromatopsie incomplète de Krill l.f.
achromatopsia incomplete, with protan luminosity function
Absence incomplète de perception des couleurs.
Myopie de 3 à 10 dioptries, nystagmus pendulaire, photophobie et petite réponse photopique à l'ERG. Une famille de 14 enfants a été signalée par Smith en 1978 avec consanguinité des parents. Le défaut est très sévère et la fonction visuelle colorée est de type protanope. L'ERG photopique permet en général le diagnostic.
L’affection est autosomique récessive (MIM 200930). Locus du gène en 2p11-q12.
A.E. Krill, ophtalmologue américain (1966)
Étym. gr. a : privatif ; chrôma : couleur ; opsis : vision
Syn. achromatopsie incomplète avec fonction lumineuse de type protanope
[P2,Q2]
Édit. 2017
achromatopsie incomplète récessive liée au sexe l.f.
achromatopsia incomplete X-linked recessive
Affection qui ressemble à l'achromatopsie, en moins grave, sans photophobie avec nystagmus absent ou de très faible amplitude.
L'électrorétrinogramme (ERG) est petit en photopique et normal en scotopique, l'ectro-oculogramme
(EOG) est normal, l'acuité visuelle est mauvaise de 1/10 à 1/20ème, il existe une dyschromatopsie à toutes les couleurs, un nystagmus pendulaire peu marqué. L'aspect du fond d'œil est normal. Dans le monochromatisme aux bâtonnets l'ERG photopique est éteint. Le patient peut voir les petits objets bleus sur fond jaune et vice versa. L’affection est rarissime de fréquence 1 pour 100 millions. Locus est en Xq28. L’affection récessive est liée au sexe (MIM 303700).
J. Huddart, homme de sciences britannique (1741-1816) qui évoqua le premier la dyschromatopsie à toutes les couleurs lors d’une séance de Philosophical Transations of the Royal Society de Londres en 1777.
Étym. gr. a : privatif ; chrôma : couleur ; opsis : vision
Syn. BCM, CBBM, monochromatisme au bleu, achromatopsie monochromatique monocônes bleus, monochromatisme aux cônes.
[P2,Q2]
Édit. 2017
aplasie utérine bilatérale incomplète l.f.
bilateral incomplete congenital absence of the uterus
Absence congénitale d'utérus par aplasie des canaux de Müller, laissant persister sur un ou deux côtés une ébauche de corps utérin.
Elle peut être symétrique sous forme de deux nodules pleins comme dans le syndrome de Rokitansky-Kuster-Hauser-Mayer, ou asymétrique avec d’un côté un nodule plein et une annexe normale, de l’autre un ovaire et une trompe atrophique sans nodule.
Étym. gr. a privatif ; plassein : façonner
cirrhose septale incomplète (CSI) l.f.
incomplet septal cirrhosis
La cirrhose septale incomplète fait partie des hypertensions portales intrahépatiques non cirrhotiques dites idiopathiques.
Parmi elles, figurent aussi la sclérose hépatoportale et l’hyperplasie nodulaire régénérative. Cliniquement au cours de ces hypertensions portales intrahépatiques non cirrhotiques, les manifestations d’hypertension portale dominent (hémorragies digestives, splénomégalie) alors que la fonction hépatique est préservée.
Le diagnostic repose sur l’anatomopathologie. La CSI se manifeste par des septa fibreux fins et incomplets. Il existe un rapprochement anormal des espaces portes et des veines centro-lobulaires tendant à former des nodules, la présence de vaisseaux aberrants et des troubles de
l’architecture trabéculaire proche de l’hyperplasie nodulaire régénérative. Des lésions sinusoïdales peuvent être associées et il existe d’ailleurs un over lap avec la sclérose hépato-portale et l’hyperplasie nodulaire régénérative. Le diagnostic histologique est difficile. Les septa fibreux peuvent être méconnus, mieux visualisés par la coloration de Gordon Sweet.
La pathogénie de l’affection est mal connue. Elle pourrait correspondre à une forme évoluée
de sclérose hépatoportale ou à une cirrhose en voie de régression. Le dogme de l’irréversibilité de la cirrhose n’est plus admis, en particulier les cirrhoses jeunes peuvent régresser soit spontanément soit sous l’effet du traitement, par exemple dans le cas de cirrhoses virales C. Ainsi, la CSI est généralement et classiquement considérée dans le cadre des hypertensions portales intrahépatiques non cirrhotiques idiopathiques, mais pourrait aussi faire partie du spectre des vraies cirrhoses.
→ hypertension portale, sclérose hépatoportale, hyperplasie nodulaire régénérative du foie
déchirure incomplète du périnée l.f.
incomplete perineal tea first degree perineal tear
Lésion traumatique du périnée pouvant survenir au cours de l'accouchement, intéressant le vagin, les muscles superficiels du périnée et le périnée, le sphincter anal et la muqueuse digestive étant respectés.
Elle présente trois degrés de gravité :
1er degré : déchirure isolée de la commissure vulvaire,
2e degré : déchirure de la commissure vulvaire et des muscles périnéaux sous-jacents, le bulbo-caverneux et la partie antérieure du noyau fibreux central du périnée,
3e degré : déchirure de la commissure vulvaire et de l'ensemble du noyau fibreux central du périnée.
Syn. déchirure simple du périnée, déchirure périnéale du premier degré
dominance incomplète l.f.
partial dominance
courbe de dissociation de l'hémoglobine l.f.
oxyhaemoglobin dissociation curve
Courbe reliant la saturation de l'hémoglobine en oxygène et la pression partielle en oxygène.
Cette relation n'est pas linéaire en raison des modifications de configuration de la molécule d'hémoglobine au fur et à mesure de la fixation de l'oxygène. Ainsi la courbe a une forme sigmoïde.
[F1]
dissociation n.f.
dissociation
1) En cardiologie : dissociation entre l’activité des oreillettes et celle des ventricules provoquée par des altérations organiques ou fonctionnelles du tissu nodal qui entraînent un ralentissement ou une interruption de la transmission de l’excitation.
On en distingue trois degrés de gravité croissante.
2) En microbiologie : modification phénotypique d'une souche bactérienne donnée.
3) En ophtalmologie : interruption des mécanismes sensorimoteurs qui contrôlent l'alignement des yeux.
Cette dissociation qui peut être spontanée, est en général provoquée par une méthode orthoptique.
Étym. lat. dissociatio : séparation
→ dissociation complète, dissociation incomplète
dissociation accommodation-convergence l.f.
accommodation convergence dissociation
Rupture artificielle de la relation accommodation-convergence obtenue en faisant converger sans accommoder (p. ex. en plaçant des prismes à base temporale sans changer la distance de fixation) ou en faisant accommoder sans converger (p. ex. en mettant des verres concaves sans changer la distance de fixation.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation albuminocytologique l.f.
albuminocytologic dissociation
Élévation isolée de la protéinorachie (normale : 0,20 à 0,40 g/L) sans réaction cellulaire (normale : 2 ou 3 éléments/mm3).
Cette anomalie est observée dans le syndrome de Guillain et Barré, du moins dans ses formes primitives où elle est habituellement évidente vers le 15ème jour, et dans les compressions médullaires, surtout par méningiomes ou neurinomes de taille importante.
Chez un diabétique présentant une polyradiculonévrite aigüe avec atteinte des nerfs crâniens et hyperalbuminorachie isolée, il est bien difficile de distinguer un lien direct au diabète d'un syndrome de Guillain et Barré chez un diabétique. Du reste, une hyperprotéinorachie est fréquente chez ces patients, même en l'absence de neuropathie.
G. Guilllain et J. A. Barré, neurologues français, membres de l’Académie de médecine (1916)
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation auriculoventriculaire l.f.
atrioventricular dissociation
dissociation de la vision binoculaire l.f.
binocular vision dissociation
Altération complète ou incomplète de l'équilibre binoculaire préexistant, normal ou anormal, utilisée dans un but diagnostic ou thérapeutique.
Elle peut être accidentelle quand elle résulte de la perte partielle ou complète de la vision d'un ou des yeux, ou d'une atteinte du système oculomoteur.
Elle est complète quand elle est réalisée par l'occlusion. Les conséquences motrices et sensorielles sont proportionnelles à sa durée. La dissociation brève au cover test fait partie des méthodes diagnostiques du trouble binoculaire.
Elle est incomplète quand elle utilise des tests ou des méthodes n'entravant que partiellement l'acuité visuelle d'un ou des yeux : pénalisation, verres striés, etc. Ces différentes formes de pénalisation constituent la base de l'examen et du traitement orthoptique.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation de l'oxyhémoglobine (courbe de) l.f.
dissociation of the oxyhemoglobin (curve of)
Méthode de mesure à l'équilibre de l'affinité pour l'oxygène de l'hémoglobine.
On fait varier la pression partielle en oxygène (mesurée par une électrode de Clarke) et on enregistre simultanément le pourcentage d'oxyhémoglobine (mesuré par spectrophotométrie) présent dans l'échantillon.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation des fibres nerveuses l.f.
teasing of nerve fibers
Technique consistant à isoler par microdissection, grâce à une loupe binoculaire et à de fines aiguilles, un certain nombre de fibres myélinisées sur une longueur d'environ 1 cm.
La fixation s'effectue comme pour l'étude en microscopie électronique, alors que la post-fixation dans la solution osmique dure 24 heures et le rinçage dans le tampon Palade au moins 24 heures. En microscopie optique, on peut alors étudier la position des nœuds de Ranvier les uns par rapport aux autres et repérer les lésions par démyélinisation segmentaire et par atteinte axonale ou dégénérescence wallérienne. Dyck propose une classification stricte de ces anomalies morphologiques. La quantification, en pourcentage, des lésions, est souvent utile. De même, la mesure des distances internodales permet d'apprécier l'intensité des phénomènes de démyélinisation et de remyélinisation.
A. Gombault, neurologue français (1880)
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation électromécanique l.f.
electro-mechanical dissociation
Lors de l'arrêt cardiaque, persistance de l'activité électrique du cœur pendant un certain temps.
Elle est peu modifiée d'abord, puis il y a un espacement progressif des complexes, certains pouvant se manifester une heure encore après l'arrêt mécanique.
En effet l'activité mécanique du cœur est due à la contraction des myofibrilles riches en mitochondries. Elle dépend du cycle de Krebs qui ne peut se dérouler sans O2 car il fonctionne uniquement dans les mitochondries. Au contraire, l'électrogénèse se produit essentiellement dans les tissus de conduction pauvre en mitochondries mais dont le cytoplasme a une activité lipasique anaérobie. Tant qu'il reste du glycogène, l'électrogénèse peut se faire sans apport d'oxygène.
Étym. lat. dissociatio : séparation
→ arrêt circulatoire, contraction musculaire
dissociation et schizophrénies l.f.
dissociation and schizophrenias
Rupture de l'unité psychique, avec perte de l'association des différentes instances telles que l'affectivité, la volonté, les fonctions intellectuelles, les capacités de raisonnement et de synthèse (all. "spaltung", scission, dislocation).
Terme introduit par E. Bleuler (1911) pour désigner ce qu'il considéra initialement comme le trouble fondamental du "groupe des schizophrénies").
Élaboré sous l'influence des doctrines associationnistes et des premiers acquis psychanalytiques, ce concept exprime le manque de cohérence de la conscience et de la personnalité chez les anciens déments précoces. L'accent est mis en particulier sur les troubles du cours de la pensée, estimés pathognomoniques.
Essentiellement descriptive, la notion de discordance (Ph. Chaslin) a été reconnue par Bleuler comme évoquant le même trouble primaire. Sa traduction clinique est effectivement très proche.
P. Chaslin, psychiatre français (1912) ; E. Bleuler, psychiatre suisse (1926)
Étym. lat. dissociatio : séparation
→ ataxie psychique, autisme, discordance
dissociation isorythmique l.f.
isorhythmic dissociation
Variété de dissociation auriculoventriculaire cardiaque dans laquelle oreillettes et ventricules battent isolément, mais chacun à un rythme régulier.
La répartition voisine du rythme auriculaire et du rythme ventriculaire donne un aspect électrocardiographique dans lequel l’onde P semble flotter autour de l’onde ventriculaire rapide.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation statocinétique l.f.
dissociation visuelle complète l.f.
full binocular dissociation
Dissociation obtenue par la suppression totale de tout stimulus visuel structuré sur l'un des deux yeux, ce qui empêche la fusion.
La dissociation est brève si on utilise un écran opaque ou translucide ; elle est prolongée si on utilise l'occlusion complète.
Sur le plan moteur, cette dissociation peut révéler une déviation latente de type phorique, phorotropique, ou une déviation verticale dissociée pouvant déclencher un spasme musculaire, un nystagmus latent, etc.
Sur le plan sensoriel, elle réalise une privation monoculaire et participe au traitement d'une amblyopie, d'une neutralisation, d'une mauvaise dominance, etc.
Quand on utilise le terme dissociation sans spécifier, il s'agit en général de la dissociation binoculaire complète.
Étym. lat. dissociatio : séparation
Syn. dissociation binoculaire complète
oxyhémoglobine (dissociation de l') l.f.
oxyhemoglobin dissociation
Réaction limitée de fixation et de libération entre l'oxygène et l'hémoglobine.
Comme le nombre de molécules d'Hb dans un volume donné, celui du globule rouge notamment, est limité, celui-ci ne peut fixer qu'un nombre limité de molécules d’oxygène : même si la PO2 augmente, à partir d'un certain moment il y a saturation. Par contre s'il y a de nombreuses molécules d'Hb désoxygénées, la fixation des molécules d’oxygène est facile et linéaire à la PO2. La courbe traduisant ce phénomène (courbe de Barcroft) est une sigmoïde, asymptotique au voisinage de la limite de saturation (150 mm de Hg) tandis qu'elle est assez linéaire entre 40 et 20 mm de Hg). La P50 (de l'ordre de 3,6 kPa = 27 mm de Hg) est la pression partielle d’oxygène correspondant à la demi-saturation, c'est-à-dire que la moitié des molécules d'Hb ont fixé une molécule d’oxygène. Si l'affinité diminue, notamment parce que des molécules de CO2 sont fixées sur l'Hb, la P50 doit être plus élevée (cas du sang veineux), au contraire s'il y a peu de CO2 l'affinité augmente et la P50 peut être plus faible (cas du sang artériel). Ainsi, dans les capillaires de la grande circulation le CO2 venant des tissus chasse l’oxygène du globule rouge, tandis que dans les capillaires pulmonaires le CO2 s'échappant dans les alvéoles laisse une plus grande place pour la fixation de l’oxygène (l'affinité devient plus grande - effet Bohr). La dissociation de l’oxygène va en sens opposé de celle du CO2 ; ces deux réactions se font à pH sensiblement constant mais l'entrée et la sortie du CO2 dans le globule rouge entraîne un passage d'eau et de chlore en sens inverse.
Les principaux facteurs modifiant l'affinité de l'Hb pour l’oxygène sont la concentration en ions H+, la PCO2, la concentration intraérythrocytaire en 2,3 DPG et la température.
C. Bohr, physiologiste danois (1904)
Édit. 2017