lésion tuberculoïde l.f.
Lésion dont l'aspect morphologique rappelle celui de la tuberculose.
lichénoïde (dermatose) l.f.
lichenoid dermatosis
Affection cutanée de cause variable définie par un aspect clinique (lésion papuleuse) et une image histologique (infiltrat inflammatoire mononucléé disposé en bande dans le derme superficiel avec atteinte des couches inférieures de l'épiderme) qui évoquent plus ou moins le lichen plan.
Les dermatoses lichénoïdes ainsi définies regroupent essentiellement, outre le lichen plan lui-même, le lichen nitidus, les réactions médicamenteuses lichénoïdes, appelées aussi toxidermies lichéniennes, dont peuvent être responsables de très nombreuses molécules (or, arsenic, mépacrine pour les plus classiques), les dermites de contact lichénoïdes, la réaction du greffon contre l'hôte, la kératose lichénoïde bénigne, la kératose lichénoïde striée. D'autres affections comportent dans leur dénomination les termes lichénoïde ou lichen mais n'entrent pas stricto sensu dans le cadre des dermatoses lichénoïdes : le terme dermatite lichénoïde purpurique et pigmentée de Gougerot et Blum désigne une variété d'angiodermite purpurique pigmentée; le terme pityriasis lichénoïde est synonyme de parapsoriasis en goutte.
BCG sigle m. pour Bacille de Calmette et Guérin
Calmette-Guérin vaccine
Souche atténuée de Mycobacterium bovis, le BCG est utilisé comme vaccin contre la tuberculose par voie intradermique.
Cette souche, atténuée par repiquages successifs (230 passages sur milieu à la pomme de terre, bilié et glycériné), a conservé un pouvoir immunisant et allergisant. Le BCG est une mycobactérie ayant les mêmes caractères morphologiques et culturaux que M. tuberculosis et les mêmes caractères biochimiques que M. bovis, mais ne provoque pas de tuberculose. Il peut provoquer des abcès loco-régionaux dans moins d’un cas pour 1000 vaccins et des BCGites chez les immunodéprimés (12 cas annuels en France). L'efficacité de ce vaccin a fait l’objet de controverses, mais à la suite de plusieurs études et méta-analyses il a été bien démontré que la protection conférée par le BCG, légèrement supérieure chez le nourrisson que chez l'enfant, est de l'ordre de 80 % pour les formes graves (miliaires et méningites) et de 55 % pour les formes pulmonaires. En France, la nouvelle politique vaccinale par le BCG prévoit une primo-vaccination uniquement par voie intradermique et l'abandon de la revaccination. L’obligation vaccinale a été suspendue en juillet 2007 pour les enfants et maintenue pour les personnes s'occupant d'enfants et les professionnels exposés à la contamination tuberculeuse. Elle est fortement recommandée dès le premier mois de vie et jusqu’à l’âge de 15 ans pour les enfants à risque élevé de tuberculose: enfant né dans un pays de forte endémie, enfant ayant des antécédents familiaux de tuberculose, enfants dont l’un des parents est originaire de ces pays ou devant y séjourner au moins un mois, enfant résidant en Ile-de-France ou en Guyane, ainsi que les enfants jugés, du fait de leur mode de vie, à risque d’exposition au bacille tuberculeux. L’intradermoréaction à la tuberculine préalable à la vaccination doit être réalisée à partir de l’âge de trois mois. L'administration du BCG entraîne une positivité de l'intradermoréaction à la tuberculine dans un délai de deux à trois mois.
Le BCG est par ailleurs un immunostimulant utilisé dans le traitement local de certains cancers de la vessie.
A. Calmette, bactériologiste français, C. Guérin, immunologiste français, membres de l'Académie nationale de médecine (1908)
→ tuberculose, BCG-thérapie endovésicale, BCG (complications cutanées du)
Édit. 2017
BCG (complications cutanées du) l.f.p.
cutaneous complications of BCG vaccination
Ensemble des manifestations dermatologiques pouvant, exceptionnellement, faire suite à une vaccination par le bacille de Calmette-Guérin, dont les unes sont liées à la technique d'inoculation et d'autres au terrain.
Certaines sont dites spécifiques : ulcération extensive, retard de cicatrisation, abcès sous-cutané résultant d'une injection trop profonde, adénite pouvant se fistuliser, développement d'un lupus tuberculeux in situ, voire bécégite généralisée grave chez les immunodéprimés. Des réactions cutanées non spécifiques peuvent s'observer : érythémateuse, papuleuse, urticarienne, etc. ; on range également dans ce cadre celles qui sont à type de tuberculide.
Syn. BCGite
→ BCG
Édit. 2017
BCG-thérapie endovésicale l.f.
endovesical BCG-therapy
Immunothérapie par instillations endovésicales de BCG, destinée au traitement du carcinome in situ et des tumeurs superficielles récidivantes de vessie.
Des réactions aigües sont possibles : générales (fièvre) ou locales (cystite inflammatoire douloureuse, hématurie) ; la tuberculisation de la muqueuse vésicale a été observée de même que, plus rarement, une diffusion systémique.
María Ascención Pérez-Jacoiste Asín, infectiologue espagnole (2014)
→ BCG, carcinome in situ vésical
Édit. 2017
granulome tuberculoïde l.m.
Amas de cellules épithélioïdes, de cellules géantes et de fibroblastes élaborant des fibres de collagène, signant une inflammation chronique et évoquant par sa structure un follicule tuberculeux sans être de nature tuberculeuse vraie.
Syn. granulome sarcoïdosique
inflammation granulomateuse tuberculoïde l.f.
tuberculoid inflammation
→ lésion tuberculoïde, granulome tuberculoïde
lèpre borderline tuberculoïde l.f.
borderline tuberculoid leprosy
Une des cinq formes de lèpre individualisées dans la classification de Ridley et Jopling, caractérisée par l'existence de lésions cutanées peu nombreuses à type de macules ou de placards infiltrés de grande taille, hypo- ou anesthésiques, bien délimités, répartis de façon asymétrique. Il s'y associe généralement une atteinte d'un ou plusieurs nerfs périphériques de façon également asymétrique.
L'examen histologique des lésions montre un infiltrat dermique tuberculoïde à disposition périnerveuse séparé de l'épiderme par une bande claire dite bande de Unna. La recherche de bacilles dans la lésion est soit négative, soit faiblement positive. Elle est négative dans le mucus nasal et le suc dermique du lobule de l'oreille. La réaction de Mitsuda est positive, ce qui traduit une bonne immunité cellulaire vis-à-vis du bacille de Hansen. Cette forme se distingue de la forme tuberculoïde polaire par son plus grand nombre de lésions cutanées et par l'existence d'une atteinte neurologique.
lèpre tuberculoïde l.f.
tuberculoid leprosy
Forme non contagieuse de lèpre, la plus fréquente survenant chez des patients présentant un certain degré d'immunité cellulaire vis-à-vis du bacille de Hansen, et dont les manifestations cutanées sont à type de macules ou de placards infiltrés peu nombreux, de 1 à 10, à bordure nette, et, signe pathognomonique, hypo- ou anesthésiques à un ou aux trois modes de sensibilité.
L'atteinte nerveuse périphérique se limite à un ou quelques nerfs, de façon asymétrique. Il n'y a généralement pas d'atteinte d'autres organes. La réaction de Mitsuda est positive. Histologiquement, l'infiltrat dermique a une disposition péri- et intranerveuse, avec parfois destruction totale du filet nerveux, et est constitué d'histiocytes à différenciation épithélioïde et de lymphocytes. La coloration de Ziehl-Nielsen montre que les bacilles de Hansen sont très rarement présents. La recherche de ces bacilles dans les sites habituels, mucus nasal et suc dermique du lobule de l'oreille ou d'une lésion, est soit négative soit très faiblement positive, ce qui fait considérer cette forme comme une forme paucibacillaire non contagieuse. La classification de Ridley et Jopling distingue les formes tuberculoïde polaire et borderline tuberculoïde.
Syn. lèpre anesthésique
lèpre tuberculoïde polaire l.f.
polar tuberculoid leprosy
Une des cinq formes de lèpre individualisées dans la classification de Ridley et Jopling dont elle constitue un des deux pôles, caractérisée par une lésion unique, macule hypochromique ou infiltrée et érythémateuse, de grande taille, à limite nette, totalement anesthésique; il n'existe pas d'atteinte des nerfs périphériques.
L'examen histologique de la lésion montre un infiltrat dermique épithélioïde pouvant affleurer l'épiderme, à nette prédominance péri- ou intranerveuse avec parfois destruction du nerf. La recherche de bacilles de Hansen est négative dans le mucus nasal, le suc dermique du lobule de l'oreille et la lésion. La réaction de Mitsuda est très fortement positive, ce qui traduit la bonne immunité cellulaire vis-à-vis du bacille de Hansen et explique qu'elle puisse parfois guérir spontanément.
→ réaction de réversion lépreuse
tuberculoïde (granulomatose) l.f.
tuberculoïde (lèpre) l.f.
dermatite annulaire lichénoïde juvénile l.f.
annular lichenoid dermatitis of youth
Dermatose récemment décrite chez des enfants ou adolescents, siégeant surtout sur les flancs et la région périnéale, faite d’une éruption non prurigineuse de macules annulaires à bordure rouge brun et à centre hypopigmenté, avec une structure lichénoïde comportant une nécrose kératinocytaire massive.
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
dermatite exsudative discoïde et lichénoïde de Sulzberger-Garbe l.f.
exsudative discoid lichenoid chronic dermatosis
Affection très rare, d'autonomie discutée qui atteindrait les hommes de 30 à 50 ans, israélites et atteints de troubles neuropsychiques, caractérisée par une éruption évoluant en plusieurs phases successives ou simultanées : phase exsudative et discoïde rappelant l'eczéma nummulaire; phase lichénoïde correspondant à la lichénification de certaines plaques et à la survenue de papules lichénoïdes de type folliculaire ; phase d'infiltration de certaines plaques; phase urticarienne.
L'atteinte du gland serait constante. L'image histologique n'est pas spécifique, pouvant montrer des aspects d'eczéma ou de lichen. La cause est inconnue. Le traitement repose essentiellement sur la corticothérapie locale.
M. B. Sulzberger, dermatologue américain et W. Garbe, dermatologue canadien (1937)
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
dermatite lichénoïde purpurique et pigmentée de Gougerot-Blum l.f.
Gougerot-Blum’s purpuric and pigmented lichenoïd dermatitis
Dermatose considérée comme une forme papuleuse de dermite ocre, dont la lésion élémentaire est une petite papule, arrondie, lisse et brillante, à surface d'abord purpurique et télangiectasique puis secondairement pigmentée.
Plusieurs lésions confluent le plus souvent pour former des placards irréguliers atteignant essentiellement les jambes.
H. Gougerot, membre de l'Académie de médecine et P. Blum, dermatologues français (1925)
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
dermite lichénoïde du toboggan l.f.
frictional lichenoid eruption in children
Eruption de papules lichénoïdes siégeant sur les coudes, les genoux, les faces dorsales des doigts, plus rarement sur la poitrine et le dos, survenant le plus souvent chez l'enfant, plutôt les garçons que les filles, au décours de frottements répétés sur des surfaces rugueuses, particulièrement lors de glissades sur des toboggans.
Variante de la "frictional lichenoid eruption in children" de M. Waisman et R. Sutto
A. Dupré, dermatologiste français (1974) ; M. Waisman, dermatologiste américain (1966)
dermite lichénoïde purpurique et pigmentée de Gougerot-Blum l.f.
Gougerot-Blum’s purpuric and pigmented lichenoïd dermatitis
H. Gougerot, membre de l'Académie de médecine et P. Blum, dermatologistes français (1925)
Gougerot-Blum (dermatite lichénoïde purpurique et pigmentée de) l.f.
H. Gougerot, membre de l'Académie de médecine et P. Blum, dermatologistes français (1925)
→ dermatite lichénoïde purpurique et pigmentée de Gougerot-Blum
kératose lichénoïde bénigne l.f.
benign lichenoid keratosis, solitary lichen planus
Papule cutanée isolée des parties couvertes ou découvertes comportant histologiquement une hyperkératose volontiers parakératosique, un épiderme sans atypies nucléaires et un infiltrat lichénoïde du derme.
Cette lésion représente, pour certains, une affection autonome; pour d'autres, elle n'est qu'une kératose actinique bénigne histologiquement lichénoïde.
Syn. kératose lichénoïde isolée, kératose lichénoïde solitaire
kératose lichénoïde striée l.f.
keratosis lichenoides chronica
Affection très rare définie cliniquement par la présence de papules cornées à disposition en stries ou en bandes plus larges généralement situées sur les membres et comportant une image histologique souvent voisine du lichen plan verruqueux.
Syn. kératose lichénoïde striée chronique, keratosis lichenoides striata, lichen ruber verrucosus et reticularis de Kaposi, porokeratosis striata lichenoides de Nekam, lichenoid trikeratosis, dermatose papulokératosique en stries
myxœdème lichénoïde l.m. (obs.)
parapsoriasis lichénoïde l.m.
parapsoriasis lichenoides
Variété de parapsoriasis en grandes plaques d'autonomie discutée puisqu'elle est caractérisée par un tableau clinique très proche du parapsoriasis poïkilodermique avec simplement, en plus, quelques papules d'allure lichénienne.
L'évolution, l'histologie et le risque de mycosis fongoïde sont les mêmes que pour le parapsoriasis poïkilodermique.
pityriasis lichénoïde chronique l.m.
pityriasis lichenoides chronica, chronic pityriasis lichenoides
Forme chronique du pityriasis lichénoïde, c'est-à-dire du parapsoriasis en gouttes, correspondant à une dermatose inflammatoire d'origine inconnue touchant enfants et adultes jeunes, caractérisée par des poussées multiples et récidivantes de papules qui sont d'abord érythémateuses et lisses et se recouvrent ensuite d'une squame qui se détache d'un bloc, « en pain à cacheter », puis disparaissent; l'éruption, polymorphe, comporte des lésions d'âge différent et a une disposition bigarrée.
L'examen histologique met en évidence une parakératose, une exocytose d'éléments mononucléés avec de l'exosérose et un infiltrat inflammatoire dermique de densité modérée plus ou moins périvasculaire ; des hématies peuvent également se retrouver dans l'épiderme.
Syn. parapsoriasis en gouttes chronique
pityriasis lichénoïde varioliforme aigu l.m.
acute varioliform pityria lichenoides
Forme aiguë rare de pityriasis lichénoïde, habituellement observée chez l'enfant, correspondant à une éruption à début brutal faite de papules qui deviennent nécrotiques ou croûteuses puis s'ulcèrent et dont la cicatrisation peut prendre un aspect varioliforme.
L'évolution, plus courte que celle des formes chroniques, dure quelques semaines, voire quelque mois. Il existe des formes suraiguës fébriles. L'image histologique est superposable à celle du pityriasis lichénoïde chronique, mais est plus marquée, avec, notamment, une réelle vascularite qui constitue probablement la lésion élémentaire.
Syn. parapsoriasis varioliforme de Mucha-Habermann
Sigle : PLEVA
Sulzberger-Garbe (dermatite exsudative discoïde et lichénoïde de) l.f.
Sulzberger-Garbe’s discoid and lichenoid exsudative dermatitis
M.B. Sulzberger, dermatologue américain et W. Garbe, dermatologue canadien (1937)