dermatite séborrhéique du nouveau-né l.f.
seborrheic dermatitis of the newborn
Dermite érythématosquameuse non prurigineuse, bipolaire, céphalique et périanale, touchant le nouveau-né et le nourrisson de moins de trois mois.
L'étiologie en est inconnue (primo-infection à Malassezia furfur?). La forme généralisée est l'érythrodermie desquamative de Leiner-Moussous. Le traitement fait appel aux imidazolés et aux émollients.
C. Leiner, pédiatre autrichien (1908), A. Moussous, pédiatre français (1893)
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
Syn. dermite séboréique du nourrisson, dermatite séboréique bipolaire
dermatite séborrhéique l.f.
seborrhoeic dermatitis
alopécie séborrhéique l.f.
seborrhoeic alopecia
Terme autrefois utilisé pour l'alopécie androgénogénétique, dont on pensait que l'état séborrhéique était un facteur étiologique important.
Étym. gr. alôpêx : renard ; alopêkia : maladie qui fait tomber les poils du renard (le renard étant sujet à la pelade)
[J1]
Édit. 2017
couronne séborrhéique l.f.
corona seborrhoeica
Aspect clinique particulier pris par une dermite séborrhéique sévère du cuir chevelu débordant sur le front et formant une bande érythémateuse et squameuse en forme de couronne de 1 à 2 cm de haut.
[J1]
dermite séborrhéique l.f.
seborrheic dermatitis
Affection cutanée fréquente, généralement peu prurigineuse, récidivante, caractérisée par des plaques érythémateuses et une desquamation jaunâtre un peu grasse (d'où le qualificatif erroné de "séborrhéique") siégeant dans des territoires cutanés riches en glandes sébacées : sourcils, plis nasogéniens, cuir chevelu, région médiothoracique.
Son étiologie est inconnue mais on pense que la prolifération de levures, telle que Pityrosporon ovale et diverses espèces de Malassezia (M. restricta, M. globosa, M. sympodialis, M. furfur) joue un rôle important. Le traitement, purement local, fait en général appel à des antifongiques.
Chez le nourrisson, elle survient généralement dans le premier mois de la vie et se localise surtout au cuir chevelu et aux fesses.
La dermite séborrhéique infantile, qui correspond à la maladie de Leiner-Moussous, est une dermatose érythématosquameuse du nourrisson, atteignant surtout le siège, les grands plis et le cuir chevelu qui peut être recouvert de squames épaisses, débordant sur le front, réalisant un véritable "casque séborrhéique". Cette dermite peut se généraliser et réaliser une érythrodermie.
C. Leiner, pédiatre autrichien (1908) ; A. Moussous, pédiatre français (1857-1926)
Syn. dermatite séborrhéique, eczéma séborrhéique de Unna, 1887 (obs.), séborrhéide (obs.)
eczéma séborrhéique de Unna l.m.
Unna disease, seborrheique eczema
P. G. Unna, dermatologiste allemand, membre de l'Académie de médecine (1850-1929)
Syn. dermite séborrhéique
[J1]
Édit. 2019
kératose séborrhéique l.f.
seborrheic keratosis
pemphigoïde séborrhéique l.f.
pemphigus séborrhéique l.m.
seborrhoeic pemphigus
Variété de pemphigus localisé, caractérisé par la présence de lésions érythémateuses plus ou moins squameuses plutôt que bulleuses dans les zones dites séborrhéiques, cuir chevelu, visage, régions médiothoracique et médiodorsale, sans participation muqueuse, et par le siège superficiel de l'acantholyse, souvent sous-corné, avec une évolution relativement lente, sans atteinte de l'état général.
Comme dans les autres variétés de pemphigus superficiel, c'est-à-dire à fentes haut situées dans l'épiderme, c'est à ce niveau que sont mis en évidence les auto-anticorps dirigés contre un antigène kératinocytaire, la desmogléine 1. Les appellations syndrome ou pemphigus de Senear-Usher (1926), et pemphigus érythémateux sont souvent utilisées comme synonymes de pemphigus séborrhéique.
A. Touraine, membre de l'Académie de médecine et E. Lortat-Jacob, dermatologues français (1941)
Syn. pemphigoïde séborrhéique
Unna (eczéma séborrhéique de) l.m.
Unna’s disease
P.G. Unna, dermatologiste allemand (1886)
verrue séborrhéique l.f.
seborrhoeic keratosis, seborrhoeic wart, senile wart, basal-cell papilloma
Tumeur cutanée bénigne très fréquente, surtout observée dans la seconde moitié de la vie et siégeant principalement sur le tronc, le visage et le cuir chevelu, se présentant soit comme des taches ovalaires brunes plus ou moins nombreuses, soit comme des élevures plus ou moins kératosiques bien circonscrites, de forme ovale ou irrégulière, à surface mamelonnée et recouvertes d'un enduit grisâtre, brunâtre ou noirâtre.
Si cette lésion est très noire, elle peut prêter à confusion avec un mélanome.
L'examen histologique montre une tumeur superficielle en relief sur l'épiderme voisin, à limites nettes, présentant à des degrés variables une hyperkératose orthokératosique, une acanthose constituée de petites cellules basaloïdes et des inclusions de kératine ayant l'aspect de kystes cornés à kératinisation abrupte. Son inflammation ou irritation peut en rendre le diagnostic beaucoup plus difficile. La lésion est chronique. Des mutations du gène FGFR3 gene en sont responsables. Elle peut être aisément traitée par cryothérapie, curetage, dermabrasion ou électrocoagulation superficielle.
E. Leser, chirurgien allemand (1901) ; U. Trélat, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1828-1890)
Étym. lat. verruca : verrue
Syn. kératose séborrhéique, papillome basocellulaire (obs.), verrue sénile
→ mélanome, hyperkératose, acanthose, cryothérapie, dermabrasion, Leser-Trélat (signe de), dermatose papuleuse noire de Castellani, keratosis follicularis inversa, épithélioma intraépidermique, FGFR3 gene
[J1]
Édit. 2019
dermatite n.f.
dermatitis
Ensemble des dermatoses inflammatoires, habituellement des eczémas.
Dans certaines écoles, notamment anglo-saxonne, il a totalement supplanté l'appellation eczéma dans toutes ses variétés.
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
Syn. dermite, ces deux termes étant souvent employés indifféremment
dermatite à IgA linéaire l.f.
linear IgA dermatitis
dermatite actinique chronique l.f.
chronic actinic dermatitis, persistent light reactivity, actinic reticuloid photosensitive eczema
Forme rare de photodermatose idiopathique, atteignant surtout l'homme de plus de 50 ans, caractérisée, sur le plan clinique, par une photosensibilité importante se manifestant par une éruption eczématiforme chronique, éventuellement associée à des papules et à des plaques infiltrées, prédominant sur les zones exposées à la lumière solaire, pouvant s'étendre aux zones couvertes et évoluer vers une érythrodermie obligeant les sujets à vivre reclus dans une chambre noire.
Sur le plan histologique, il existe un aspect à type d'eczéma avec un infiltrat inflammatoire lymphocytaire du derme superficiel à prédominance périvasculaire, une spongiose et une acanthose épidermique; dans les formes les plus importantes, l'infiltrat peut être pseudolymphomateux. L'exploration photobiologique montre un effondrement des doses érythémales minimales UBV et/ou UVA, une fréquente sensibilisation de contact aux lactones sesquiterpéniques présentes dans certaines plantes, aux métaux, et une fréquente photoallergie de contact aux phénothiazines, salicylanilides halogénés, musk ambrette. Actuellement, la photosensibilité rémanente, l'eczéma photosensible et le pseudolymphome actinique sont considérés comme des formes cliniques de la dermatite actinique chronique, et l'apparition d'un lymphome semble être plus une coïncidence qu'une complication de la photodermatose.
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
Syn. photosensibilité rémanente, photo
dermatite annulaire lichénoïde juvénile l.f.
annular lichenoid dermatitis of youth
Dermatose récemment décrite chez des enfants ou adolescents, siégeant surtout sur les flancs et la région périnéale, faite d’une éruption non prurigineuse de macules annulaires à bordure rouge brun et à centre hypopigmenté, avec une structure lichénoïde comportant une nécrose kératinocytaire massive.
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
dermatite atopique l.f.
Besnier's prurigo
Dermatose chronique fréquente chez le nourrisson, débutant généralement au cours des premiers mois de la vie et évoluant par poussées très prurigineuses, réalisant, dans la forme typique aigüe du petit enfant, des plaques érythémateuses et suintantes surtout sur le visage et les parties convexes des membres; plus tard, il s'agit d'un eczéma sec, lichénifié, épaissi, prédominant dans les plis de flexion, notamment des coudes et des creux poplités.
Elle guérit assez souvent avant l'âge de dix ans mais peut persister aussi à l'âge adulte. Une notion familiale est souvent retrouvée de même qu'une association en alternance avec de l'asthme. Le traitement repose sur la corticothérapie locale, les soins hydratants et la prévention des surinfections. Le rôle des facteurs allergiques, notamment alimentaires, est discuté.
Il peut s’y associer une cataracte d’abord sous-capsulaire postérieure puis corticale postérieure et antérieure et enfin sous-capsulaire dense en « bouclier ». Le kératocône associé à l’atopie a été également décrit (L. A. Brunsting 1955).
Le locus du gène candidat pour l’atopie (FCER1B) est localisé en 11q12-13. L’affection est autosomique dominante (MIM 147050) ou à hérédité indéterminée.
E. Besnier, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1892) ; L. A. Brunsting, dermatologue américain (1955) ; S. Ständler, dermatologue allemand (2021)
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
Syn. eczéma atopique, eczéma constitutionnel (désuet), prurigo diathésique de E. Besnier (désuet)
[J1]
Édit. 2021
dermatite auto-immune à la progestérone l.f.
autoimmune progesterone dermatitis
Éruption érythématovésiculeuse et urticarienne, très prurigineuse, diffuse, atteignant le tronc et les membres qui, en dehors de la grossesse, évolue de façon cyclique par poussées prémenstruelles récidivantes, tandis que, chez la femme enceinte, elle est papulofolliculaire puis pustuleuse, s’accompagne d’arthrite transitoire avec hyperéosinophilie et peut provoquer des fausses couches à répétition.
En dehors de la grossesse, les symptômes sont reproduits par l’administration d’un progestatif et disparaissent lors de la prise d’oestrogènes. Cette dermatose rare est identifiée par une réaction très positive à une injection intradermique de progestérone et se traite par des œstrogènes.
W. B. Shelley dermatologue américain (1964), S. M. Bierman, dermatologiste américain (1973)
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
dermatite auto-immune aux œstrogènes l.f.
autoimmune estrogene dermatitis
Éruption cutanée prurigineuse, généralisée ou localisée, éventuellement à la région anogénitale, soit à type d'urticaire soit faite de papules ou de vésicules inflammatoires, évoluant par poussées prémenstruelles.
Le diagnostic est précisé par la positivité de l'intradermo-réaction aux œstrogènes et par l'amélioration par l'administration d'antiœstrogènes.
W. B. Shelley, dermatologue américain (1995)
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
dermatite bulleuse chronique bénigne de l'enfant l.f.
chronic benign bullous disease of childhood
Dermatose décrite par Bowen en 1901 comme une éruption bulleuse de l'enfant, peu prurigineuse, avec des lésions essentiellement péribuccales et périgénitales et longtemps considérée comme une dermatite herpétiforme de l’enfant avant d'en être différenciée par Kim et Winkelmann en 1961 et de recevoir, de Jordon, son nom actuel en 1970.
Cliniquement, elle est distinguable de la dermatose à IgA linéaire de l'enfant, avec des bulles tendues, sur peau saine ou érythémateuse, à disposition souvent annulaire, prédominant dans les régions péribuccale et périgénitale et à la partie basse de l'abdomen. Les lésions muqueuses buccales et oculaires ne sont pas rares. L'image histologique est habituellement proche de celle d'une pemphigoïde. Dans la peau malade, on retrouve à la jonction dermoépidermique un dépôt linéaire d'auto-anticorps, le plus souvent IgA, parfois IgG ou les deux, localisé dans la lamina lucida ou le plus souvent sous la lamina densa, dans le derme papillaire. L'évolution et le traitement sont habituellement ceux de la dermatose à IgA linéaire de l'enfant.
J. T. Bowen, dermatologiste américain (1857-1940) ; R. Kim et R. K. Winkelmann, dermatologistes américains (1961) ; R. E. Jordon, dermatologiste américain (1970)
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
dermatite bulleuse mucosynéchiante et atrophiante de Lortat-Jacob l.f. (obs.)
Lortat-Jacob’s bullous dermatitis mucosynéchiante and atrophiante
E. Lortat-Jacob, dermatologiste français (1958) ; W. F. Lever, dermatologiste américain (1965)
Syn. pemphigoïde cicatricielle, pemphigoïde bénigne des muqueuses de Lever
dermatite cercarienne l.f.
swimmer’s itch, cercarial dermatitis
Éruption papuleuse ou érythématopapulaeuse, parfois vésiculeuse, très prurigineuse, provoquée par la pénétration cutanée de cercaires de Trématodes parasites de mammifères et surtout d'oiseaux ou, plus rarement, d’échinostomes parasites d'oiseaux ou de rongeurs.
Cette dermatite très prurigineuse survient habituellement dans les minutes ou les heures qui suivent un bain en eau douce (plus rarement un bain de mer) et peut durer plusieurs jours.
Ces cercaires (improprement appelées « puces des canards ») sont émises par certains mollusques dulçaquicoles, hôtes intermédiaires, qui s’infectent à partir des formes larvaires issues des œufs du parasite éliminés avec les fientes des oiseaux. Elles pénètrent directement dans la peau des nageurs mais ne provoquent pas de bilharziose car leur évolution est bloquée chez l’Homme qui n’est pas leur hôte naturel (barrière d’espèces). La maladie est cosmopolite, sévissant souvent par petites épidémies. Le diagnostic repose sur l'observation clinique des lésions et la notion de bain récent en eau douce. Les corticoïdes locaux permettent d'atténuer le prurit. Les espèces en cause sont nombreuses, appartenant aux genres Trichobilharzia, Ornithobilharzia, Austrobilharzia, Bilharziella. En Europe, il s'agit généralement de Trichobilharzia, le plus souvent T. ocellata, parfois T. franki ou d'autres espèces.
La dermatite cercarienne ne doit pas être confondue avec la bilharziose cutanée qui est une localisation particulière d'une schistosomose due à une espèce parasitant habituellement l'Homme.
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
Syn. gale des nageurs, dermatite des nageurs, dermite cercarienne, cercariose
→ cercaire, Trichobilharzia, schistosome
dermatite collodionnée l.f.
collodion dermatitis
dermatite des bains de mer l.f.
seabather's eruption
Éruption très prurigineuse, parfois accompagnée de signes généraux, succédant à des baignades en mer.
Elle est due au contact de la peau avec des invertébrés, notamment méduses, anémones de mer.
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
→ dermatite des nageurs, prurit aquagénique
dermatite des chaufferettes l.f.
dermatitis of bedwarmers
Dyschromie érythématopigmentée, à disposition réticulée, de la face antérieure des jambes ou des cuisses ou, plus rarement, de toute autre région cutanée qui a été régulièrement exposée à une source de chaleur telle que chaufferette ou bouillotte.
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
Syn. pigmentation a calore ou ab igne
→ pigmentation des chaufferettes
dermatite des nageurs l.f.
swimmer’s itch, cercarial dermatitis
Éruption papuleuse et très prurigineuse provoquée par la pénétration cutanée de cercaires de schistosomes parasites d'oiseaux, mais aussi parfois, en milieu marin, par exemple à la suite d'un contact avec un Bryozoaire.
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
Syn. dermatite cercarienne, cercariose, gale des nageurs