dépistage des lésions du col de l’utérus l.m.
cervical cancer screening
Il a pour but de dépister les lésions pré-cancéreuses du col de l’utérus et également les cancers à un stade de curabilité.
Le dépistage concerne essentiellement les femmes de 25 à 65 ans. Il existe actuellement deux moyens recommandés : le frottis cervico-utérin qui permet l’analyse des cellules prélevées sur le col utérin (à réaliser tous les trois ans) et , chez les femmes de 35 à 70 ans, la recherche des virus HPV (Human Papilloma Virus) oncogènes (tous les 5 ans ), suivie de frottis pour les cas positifs.
Un programme national de dépistage organisé du cancer du col utérin utilisant, selon des critères définis l’un ou l’autre de ces tests, est en cours de mise en place par l’INCa (2018). Les tests utilisés font l’objet d’un contrôle de qualité.
→ cancer du col de l’utérus, frottis cervico-utérin, INCa, papillomavirus
[E1, F2, O3]
Édit. 2020
dépistage du cancer du sein l.m.
breast cancer screening
Le dépistage organisé du cancer du sein concerne les femmes de 50 à 74 ans, sans risque particulier;il a pour but de dépister des cancers au stade initial (in situ et invasifs de petite taille).
Le test de dépistage, pratiqué tous les deux ans, est une mammographie comportant deux clichés accompagnés d’un examen clinique. Si une anomalie est constatée les investigations sont poursuivies. En l’absence d’anomalie, une deuxième lecture est pratiquée (par un lecteur analysant environ 2000 mammographies par an). Ce dépistage implique un contrôle de qualité (personnel et matériel). Seuls sont habilités, les cabinets de radiodiagnostic ayant fait un minimum de 500 mammographies par an.
Les formes à très haut risque, en particulier celles à caractère familial, relèvent d’un dépistage particulier tant en ce qui concerne l’âge à partir duquel il est pratiqué, que les moyens utilisés.
→ cancer du sein, carcinome in situ, carcinome canalaire in situ du sein, carcinome lobulaire in situ du sein, dépistage des cancers, mammographie,
[E1, B2, F2, O5]
Édit. 2020
dépistage du cancer colo-rectal l.m.
colorectal cancer screening
Il a pour but de dépister des lésions précancéreuses ou des cancers de stade limité du colon ou du rectum.
Différents tests de dépistage de ces cancers ont fait l’objet d’études d’efficience : la colonoscopie, la recto-sigmoïdoscopie, et la recherche de saignement occulte dans les selles (le test immunologique s’est avéré le plus performant). La colonoscopie a l’avantage, lors de la découverte d’une lésion, de pouvoir la biopsier d’emblée, voire d’en pratiquer l’exérèse. Elle a l’inconvénient de nécessiter une préparation pénible pour le patient, de mobiliser une équipe (gastro-entérologue et anesthésiste) et de comporter un risque faible mais réel de perforation colique. La recto-sigmoïdoscopie, plus simple, permet une exploration plus limitée du colon, mais concerne le segment anatomique où se développent le plus souvent ces cancers. Actuellement, en France, les autorités de santé proposent aux sujets âgés de 50 à 74 ans une recherche de sang dans les selles tous les 3 ans.
Les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de pathologie colique ou rectale font l’objet d’un dépistage adapté à leur cas particulier. Des tests sanguins sur des cellules circulantes sont en cours d’étude (2020), il permettraient de diagnostiquer des lésions moléculaires spécifiques. Leurs qualités (spécificité, sensibilité, reproductibilité) et leur coût doivent encore être évalués.
→ dépistage des cancers, adénocarcinome rectocolique
[E1, F2, L1]
Édit. 2020
dépistage du cancer du pancréas lm
Pancreatic cancer screening
Le cancer du pancréas qui ne fait pas partie du cadre du dépistage organisé des cancers, doit dans certains cas bien sélectionnés, être proposé au cours d’une consultation d’oncogénétique.
Il existe des facteurs de risque d’adénocarcinome pancréatique : la pancréatite chronique, le tabac, le diabète, l’obésité et des altérations génétiques.
Au cours de la pancréatite chronique, qui est le plus souvent d'origine alccolique, le surrisque de cancer du pancréas est trouvé avec un ratio d’incidence standardisé allant de 16,5 à 27. Dans le cas de la pancréatite chronique héréditaire, le risque de cancer du pancréas est encore nettement supérieur à celui de la pancréatite chronique non héréditaire; le surrisque est de 69 chez les hommes et de 142 chez les femmes.
La proportion de cancers du pancréas attribuable au tabagisme est estimée à 20 %.
Il existe aussi un lien entre l’obésité de type androïde, le diabète et le cancer du pancréas. Mais il faut aussi noter que l’insulinorésistance et le diabète sont d’apparition fréquente dans les années précédant la survenue d’un cancer du pancréas.
La plupart des patients ayant ces facteurs de risque ne justifient pas le dépistage du cancer du pancréas ; c’est le cas en particulier des patients ayant une pancréatite chronique de cause alcoolique.
Par contre, les patients ayant une pancréatite chronique héréditaire liée à des mutations de PRSS1 idiopathiques ou génétiques en rapport avec des mutations de SPINK1, CTRC ou CFTR, avec imagerie pancréatique anormale (TDM et IRM avec CPIRM) justifient un dépistage.
Il est également recommandé de mettre en œuvre des mesures de dépistage chez les sujets ayant un contexte de cancers pancréatiques familiaux (avec ou sans anomalie génétique identifiée) . Les cas familiaux sont définis par l’existence d’un cancer chez au moins 2 apparentés au premier degré ou de 3 apparentés quel qu' en soit le degré . Ils représentent 5 à 10 % des cancers du pancréas. Tous les apparentés au premier degré des cas index doivent être dépistés.
Une consultation d’oncogénétique doit être proposée aux patients avec un syndrome de Peutz – Jeghers, c’est-à-dire porteurs d’une mutation constitutionnelle de LKB1/STK11 ; Formes héréditaires des cancers du sein et de l’ovaire, en rapport avec une mutation constitutionnelle des gènes BRCA1/2 porteurs d’une mutation constitutionnelle des gènes BRCA2 ou de PALB2 ayant un apparenté au premier degré ayant eu un cancer du pancréas ou au minimum 2 apparentés de tout degré ; mélanome familial multiple porteurs de mutation du gène p16/CDKN2A, ou ayant un syndrome de Lynch avec au minimum un cas de cancer du pancréas chez un apparenté au premier degré. Polypose adénomateuse familiale, mutation constitutionnelle du gène APC identifiée dans la famille. L’objectif est de poser le diagnostic de cancer de forme héréditaire et/ou de faire une étude moléculaire afin d’identifier la mutation causale, de proposer un protocole de dépistage adapté et si l’anomalie moléculaire est identifiée de proposer la réalisation d’un test moléculaire ciblé aux apparentés à risque. À noter que l’absence d’identification d’une anomalie constitutionnelle ne permet pas d’éliminer le diagnostic de forme héréditaire. Ce diagnostic est alors basé sur des critères généalogiques, les antécédents personnels et familiaux du patient. Le déterminisme n’est alors pas connu (altération d’un ou de plusieurs gènes non encore identifiés).
Le dépistage caractérisé actuellement par un faible taux de détection, est néanmoins optimisé dans les populations bien sélectionnées, avec des risques de surtraitement et d’anxiété.
→ pancréatite chronique héréditaire, STK11 gene, BRCA gene, syndrome de prédisposition héréditaire aux adénocarcinomes pancréatiques
[F2, L1, Q1]
Édit. 2020
arbre de vie du col de l'utérus l.m.
→ plis palmés du canal cervical de l'utérus
col de l'utérus l.m.
cervix uteri (TA)
cervix of uterus
Segment inférieur de l’utérus relié au corps par l’isthme.
Renflé à sa partie moyenne, il est divisé par l’insertion du vagin en deux parties, la portion susvaginale et la portion intravaginale dite museau de tanche.
[A1]
Édit. 2015
portion supravaginale du col de l'utérus l.f.
portio supravaginalis cervicis uteri (TA)
supravaginal part of cervix of uterus
Partie du col de l’utérus située au-dessus du fornix vaginal.
portion vaginale du col de l'utérus l.f.
portio vaginalis cervicis uteri (TA)
vaginal part of cervix of uterus
Partie intravaginale du col de l’utérus, de forme conique, faisant saillie dans le vagin.
A son sommet s’ouvre l’orifice externe du col qui donne accès à la cavité utérine. Sa lèvre antérieure (ou moitié antérieure) descend un peu plus bas mais reste moins saillante que la lèvre postérieure. Chez la femme vierge, la portion vaginale du col utérin est lisse, de consistance ferme ; son orifice externe est circulaire ou en forme de fente transversale. Chez la primipare, son sommet est aplati, sa consistance moins ferme et l’orifice externe, aplati transversalement, présente au milieu de ses extrémités latérales une ou deux incisures peu profondes. Chez la multipare, la portion vaginale du col est raccourcie et plus large, de consistance encore moins ferme ; l’orifice externe est large, bordé de deux lèvres rendues irrégulières par l’existence de nombreuses déchirures. La portion vaginale du col est séparée de la paroi vaginale par le fornix du vagin. Elle se ramollit dès le début de la grossesse.
Syn. anc. museau de tanche
centre d'information et de dépistage anonyme et gratuit l.m.
Organisme destiné à la lutte contre des maladies sexuellement transmissibles : VIH et hépatites virales.
Il existe au moins un tel centre par département.
Sigle CIDAG
[E,D3]
dépistage n.m.
Action de santé par laquelle on soumet une population qui se considère en bonne santé, à des procédés de diagnostic pour déceler éventuellement une ou plusieurs maladies avant qu’elles aient donné des manifestations morbides.
Pour être cliniquement et économiquement justifiée, une action de dépistage doit obéir à certaines règles : le taux prévisible des cas positifs doit être suffisant, les procédés diagnostics utilisés doivent être fiables, peu offensants et peu coûteux, les moyens nécessaires en personnels, matériels et financement doivent être assurés pour une durée donnée et pour son évaluation, etc. La ou les maladies recherchées doivent aussi répondre à un traitement efficace, pour que le patient tire d’un diagnostic précoce un bénéfice supérieur à celui d’un traitement plus tardif.
dépistage génétique l.m.
genetic case finding, genetic screening
secteur de dépistage l.m.
diagnostic sector
En ophtalmologie, type de secteurs nasaux symétriques utilisés pour détecter une amblyopie ou un strabisme.
dépistage des cancers l.m.
cancer screening
Action de santé publique destinée à réduire la mortalité imputée au cancer, en le dépistant et si possible en appréciant son incidence, en identifiant par un test au sein d’une population définie, les personnes qui bien que sans symptôme, sont atteintes de ce cancer ou d’une lésion précancéreuse.
Cette action s’inscrit dans le cadre de la prévention primaire et se justifie dans la mesure où une détection précoce peut permettre d’interrompre le cours naturel de la maladie en assurant un traitement curatif, tout en limitant les éventuels effets négatifs, en particulier pour les participants indemnes de toute lésion. Le dépistage s’adresse à l’ensemble d’une population non demandeuse de soins et dont la grande majorité des individus ne sont pas porteurs de la maladie. De ce fait, il s’appuie sur des règles d’éthique collective différentes de celles de la médecine curative fondées sur le colloque singulier médecin-patient dans lequel ce dernier est le demandeur. Le dépistage n’est donc pas la prescription individuelle d’un test réalisé au hasard d’une consultation ; son bénéfice n’est identifiable que sur la collectivité dans une population définie : « un cancer dépisté n’est pas synonyme de vie sauvée ou prolongée », seule la baisse des taux de mortalité ou d’incidence dans la population ciblée mesure les bénéfices apportés. En revanche les effets indésirables (faux positifs, examens et traitements inutiles, faux négatifs…) sont eux supportés au niveau individuel et doivent être identifiés et mesurés dans la population concernée. Trois cancers font actuellement l'objet d'un dépistage qui s’avère utile dans une population ciblée (sexe et âge) : celui du sein, celui du colon et du rectum, et celui du col de l'utérus.
Certaines formes familiales de cancers font l’objet de dépistage approprié.
→ dépistage du cancer colo-rectal, dépistage du cancer du col de l'utérus, dépistage du cancer du sein
[E1, F2]
Édit. 2020
cancer in situ du col utérin l.m.
carcinoma in situ of the uterine cervix
Carcinome épidermoïde intra-épithélial du col de l’utérus, n’envahissant pas le chorion sous-jacent et respectant la membrane basale.
Lié à une infection par papillomavirus il succède à une dysplasie de haut grade, néoplasie intra-épithéliale cervicale de type III. Décelé sur un frottis cervical de dépistage, localisé par la colposcopie qui oriente la biopsie, il doit être toujours confirmé par une conisation diagnostique, au bistouri ou au laser, qui assure l’absence d’invasion. Après 40 ans, l’hystérectomie simple est ensuite préférable.
Syn. cancer intra-épithélial du col utérin, carcinome in situ du col utérin
→ cancer in situ, papillomavirus, néoplasie intraépithéliale cervicale
[F2,O3]
cancer intra-épithélial du col utérin l.m.
intra-epithelial carcinoma of the cervix
→ cancer in situ du col utérin
[F2,O3]
cancer invasif du col utérin l.m.
invasive cancer of the uterine cervix
Carcinome épidermoïde de l’exocol ou adénocarcinome de l’endocol envahissant le stroma conjonctif.
[F2,O3]
cancer liminaire du col utérin de Pozzi l.m.
Pozzi’s prefatory cancer of the uterine cervix
Cancer siégeant à la limite entre le col utérin et le cul-de-sac postérieur du vagin.
S. J. Pozzi, gynécologue français, membre de l’Académie nationale de médecine (1890)
[F2,O3]
cancer micro-invasif du col utérin l.m.
microinvasive cancer of the uterine cervix
Carcinome épidermoïde du col utérin envahissant le chorion sous-jacent sur une hauteur inférieure à 5 mm et une largeur inférieure à 7 mm, stade Ia de la classification internationale.
Le risque d’envahissement ganglionnaire n’étant que de 3-5%, leur traitement se limite à une hystérectomie.
[F2,O3]
cancer utérin sur col restant l.m.
cancer of the remaining uterine cervix
Cancer développé sur le col utérin laissé en place après une hystérectomie subtotale.
Son risque justifie pour beaucoup la pratique de l’hystérectomie totale de principe.
Syn. carcinome utérin sur col restant
[F2,O3]
Pozzi (cancer liminaire du col utérin de) l.m.
S. J. Pozzi, gynécologue français, membre de l’Académie nationale de médecine (1890)