Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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circulation fœtoplacentaire l.f.

foeto placental circulation

Ensemble des vaisseaux vascularisant le fœtus et le placenta.
Branches des artères iliaques primitives, les artères ombilicales pénètrent le cordon ombilical et se divisent sur la face fœtale du placenta en branches allantochoriales, d'où partent des branches perforantes pour les villosités-crampons ; depuis les réseaux capillaires se forment des veines centrales qui se réunissent aux autres veines similaires pour constituer la veine ombilicale.

[O6]

anasarque fœtoplacentaire l.f.

hydrops fetalis

Monstrueux œdème généralisé intéressant tous les tissus du fœtus et caractérisé par des épanchements des séreuses (plèvres, péricarde, péritoine), une hépatomégalie ferme, un purpura volontiers ecchymotique, une détresse respiratoire, une fragilité accrue des téguments et des muqueuses, un placenta anormalement volumineux et œdématié, qui, à la coupe, ressemble à de la «chair à saucisse».
Il correspond souvent à une grande anémie, due à une hémolyse par des anticorps immuns issus de la mère (système Rhésus, parfois facteur Kell). Plus rarement l'anémie est liée à une transfusion fœtomaternelle ou entre jumeaux. Une meilleure prise en charge des incompatibilités fœtomaternelles rend compte de la plus grande proportion actuelle des cas, qui relèvent d'un dysfonctionnement cardiaque fœtal, d'une infection (par ex. parvovirus 19), d'une néphropathie ou d'une tumeur hépatique. Grâce à l'échographie le diagnostic peut être fait avant la naissance. En cas d'anémie hémolytique, c'est l'indication d'une transfusion du fœtus in utero avec des globules ne risquant pas d'être détruits par les anticorps immuns issus de la mère. En cas d'anémie aigüe à la naissance faire sur le champ une exsanguinotransfusion dans les mêmes conditions de compatibilité.

Étym. gr. ana : autour ; sarx : chair

→ anémie néonatale

[A4,F3,O3,O6]

Édit. 2017

anasarque fœtoplacentaire non immunologique l.m.

non immune hydrops fœtalis

Rétention hydrique du fœtus et de ses annexes, dont la cause n’est pas une iso-immunisation rhésus mais par ex. une infection à parvovirus B 19 ou une cardiopathie congénitale, avec souvent une anomalie chromosomique.

Étym. gr. ana : autour ; sarx : chair

[A4, D1, K3, O6, Q2]

Édit. 2020

hydrops fœtoplacentaire l.m.

hydrops fetalis

Anasarque placentaire avec un placenta épais, clair, friable, d’aspect granuleux, s’associant à un anasarque fœtal.
Cet aspect est classique au cours d’un décès fœtal intra-utérin à la suite d’un diabète grave, d’une immunisation rhésus, d’une toxémie grave, d’hémoglobinopathie fœtale, de certaines malformations fœtales, d’une infection virale, p. ex. à parvovirus B19, mais souvent sa cause reste inconnue.

unité fœtoplacentaire l.f.

foetoplacental unit

Unité physiologique qui représente l’ensemble complémentaire des fonctions enzymatiques du fœtus et du placenta dans le métabolisme des stéroïdes.
Elle succède, au cours des deuxième et troisième trimestres de la grossesse, à l’activité prédominante du corps jaune de la grossesse pendant les deux premiers mois.

accident de la circulation l.m.

traffic accident

→ route (accident de la)

[G2]

Édit. 2016

circulation assistée l.f.

circulatory assitance

→ assistance circulatoire

[G1]

circulation cérébrale (régulation de la) l.f.

regulation of the cerebral circulation

→ régulation de la circulation cérébrale

[H5,K4,C2]

circulation collatérale l.f.

collateral circulation

Hypertrophie et dilatation naturelle et compensatrice de tout un territoire vasculaire, destinée à contourner un obstacle artériel ou veineux (compression, sténose, oblitération) et à conduire le sang au délai de l’obstacle.
La circulation collatérale artérielle et artériolaire permet d’éviter ou de réduire l’ischémie des territoires d’aval. La circulation collatérale veineuse permet d’assurer ou d’améliorer le drainage du sang veineux comprimé par la lésion sténosante ou oblitérante.

[K4]

circulation croisée l.f.

crossed circulation

Procédé chirurgical imaginé et utilisé dans les débuts de la chirurgie à cœur ouvert, consistant à relier la circulation artérielle et veineuse du malade opéré à celle d’un sujet sain donneur, de façon que les poumons du donneur assurent l’oxygénation du sang propulsé ensuite par une pompe dans la circulation artérielle de l’opéré.
Cette technique ingénieuse mais complexe et dangereuse pour le donneur a été abandonnée dès que le développement d’un cœur-poumon artificiel la rendit inutile.

[K3]

circulation extracorporelle l.f.

extracorporeal ciculation

Dérivation hors de l’organisme de tout ou partie de la circulation générale pour suppléer le cœur ou alimenter un dispositif médical d'épuration (rein artificiel p. ex.).
La circulation extracorporelle partielle est passive (sans assistance mécanique) : dans certaines épurations extrarénales et lors de la cytaphérèse. Si elle est totale, elle nécessite un dispositif moteur (cœur artificiel) pour propulser le sang. Dans ce cas, comme la circulation pulmonaire est presque toujours exclue, le cœur artificiel est complété par un échangeur de gaz pour l’oxygénation du sang et le rejet du gaz carbonique : on réalise ainsi un cœur-poumon artificiel.
Toute circulation artificielle nécessite un branchement sur des veines ou des artères et impose l’anticoagulation du sang qui y circule. Outre les risques apportés par l’appareillage, notamment le passage de bulles, et la bio-incompatibilité entre le sang et les surfaces à son contact, les principaux inconvénients sont l'hémolyse, l'adsorption des plaquettes sur les parois des tubulures, le passage d’héparine dans la circulation générale, l’hémodilution initiale par le liquide d’amorçage et le refroidissement du sang.
En chirurgie cardiaque, la circulation extracorporelle permet d’opérer sur cœur arrêté. Prélevé dans les veines caves, le sang est réinjecté dans la crosse de l’aorte ou dans une artère fémorale. La circulation extracorporelle permet d'abaisser rapidement la température de l'opéré avant l'intervention chirurgicale et de le réchauffer efficacement en fin d'intervention.
Elle est utilisée avant une transplantation cardiaque.
Les échangeurs à membranes sont utilisés dans le rein artificiel ou pour l’extraction extracorporelle du CO2 en cas d'insuffisances respiratoires gravissimes. On les emploie en urgence pour réchauffer les sujets en hypothermie accidentelle (noyés, accident de montagne).

Sigle CEC

→ échangeur à membrane, oxygénateur à bulles, pompe à galet, pompe non occlusive

[K3]

Édit. 2019

circulation fœtale l.f.

fetal circulation

Circulation propre au fœtus qui se modifie à la naissance lors de l'occlusion du cordon ombilical et de la respiration autonome.
Le sang oxygéné par le placenta rejoint le fœtus par la veine ombilicale qui donne de multiples branches pour le foie et une branche pour la veine cave inférieure, le canal veineux ou ductus venosus. Le sang de la veine cave inférieure entre dans l'oreillette droite, se dirige via le foramen ovale vers l'oreillette gauche, une petite partie passe dans le ventricule droit. Le sang est poussé dans l'aorte ascendante par le ventricule gauche, s'y mélange du sang venant de l'artère pulmonaire via le canal artériel, le ductus arteriosus, pour être distribué dans l'organisme entier. A souligner que les vaisseaux de la tête et des membres supérieurs débouchent de la crosse de l'aorte avant le canal artériel, ce qui leur permet de transporter du sang très oxygéné.

[O6]

circulation lymphatique l.f.

lymph circulation

Système assurant le transport de la lymphe depuis les capillaires lymphatiques, les collecteurs, le canal thoracique et finalement la veine sous-clavière gauche.

[K4]

circulation placentaire l.f.

placental circulation

→ circulation fœtoplacentaire

[O6]

circulation rénale l.f.

renal circulation

Système circulatoire comportant l'apport au rein du sang artériel, la circulation à l'intérieur du parenchyme, puis le retour du sang dans le système veineux général.
Cette circulation est particulièrement complexe liée à la structure néphronique. Le flux sanguin rénal chez l'adulte est de l'ordre de 1 litre minute, soit environ un cinquième du débit cardiaque.
L'artère rénale nait de l'aorte au niveau du bord supérieur de la deuxième vertèbre lombaire. Elle se divise habituellement aux abords du parenchyme rénal en cinq branches, dites segmentaires, qui n'ont pas d'anastomose entre elles. Ces branches donnent naissance aux artères interlobaires qui pénètrent dans les colonnes de Bertin et cheminent entre les pyramides rénales jusqu'à la jonction corticomédullaire. Les artères interlobaires se prolongent par les artères arciformes ou arquées. Celles-ci donnent naissance aux artères interlobulaires qui traversent le cortex en direction de la capsule et qui se divisent en de très nombreuses petites branches qui constituent l'artériole efférente du glomérule. Du pôle vasculaire de chaque glomérule nait une artériole afférente de longueur variable suivant le siège du glomérule. Certaines de celles-ci plongent dans la médullaire et s'unissent au réseau veineux. Elles donnent naissance aux "vasa recta".
Le système veineux suit l'arbre artériel et lui emprunte sa nomenclature, il aboutit à la veine rénale. Il faut signaler l'existence d'un système veineux superficiel sous capsulaire qui rejoint les veines interlobaires et qui peut se dilater donnant naissance aux "étoiles de Verheyen". Il existe de larges anastomoses veinoveineuses près de la surface externe des calices.
Le système lymphatique est double, l'un superficiel capsulaire, l'autre profond lui-même divisé en un réseau cortical, le plus important et un réseau médullaire.

→ cortex rénal, médullaire rénale, néphron

[M1,C2]

circulation sanguine l.f.

blood circulation

Système circulaire qui transporte le sang.
On distingue la grande circulation qui distribue le sang aux tissus et qui a un rôle nutritif : ventricule gauche, artères, artérioles, capillaires, veinules, veines et oreillette droite ; et la petite circulation qui sert à la réoxygénation du sang : ventricule droit, artère pulmonaire, capillaires pulmonaires, veines pulmonaires et oreillette gauche.

[A2,C2,F1]

circulation utéroplacentaire l.f.

utero placental circulation

Ensemble des vaisseaux vascularisant l'utérus et le placenta.
Les artères utérines se divisent en différentes branches, dont les artères spiralées ou hélicoïdales, qui irriguent les espaces intervilleux, et le sang se collecte dans les branches des troncs villositaires pour rejoindre les veines utérines.

[O3]

circulation vitelline l.f.

vitelline circulation

Première circulation chez l'embryon comportant l'ébauche cardiaque, l'aorte primitive et les vaisseaux omphalomésentériques.

[O6]

régulation de la circulation cérébrale l.f.

regulation of the cerebral circulation

Fonction indispensable au cerveau, que l'absence de réserves d'oxygène et de glucose rend dépendant d'un débit sanguin cérébral (DSC) important, par comparaison avec d'autres organes.
Le DSC est défini comme le rapport entre la pression de perfusion cérébrale (PPC) et les résistances vasculaires cérébrales (RVC). Les RVC sont liées essentiellement au calibre des artères et artérioles cérébrales.
Sous l'influence de certains facteurs généraux comme les pressions partielles artériolaires en CO2 et en O2 (PaCO2 et PaO2), la RVC peut varier globalement dans toutes les régions cérébrales.
Le DSC local dépend étroitement de l'activité neuronale. Ainsi, l'augmentation du métabolisme d'une région corticale comporte une augmentation conjointe du DSC dans cette région. Ce couplage entre métabolisme et débit cérébral provient de facteurs qui modifient localement la RVC des micro-vaisseaux cérébraux.
En pathologie, l'innervation noradrénergique des vaisseaux cérébraux, qui favorise la sécrétion endothéliale de substance vasoconstrictives, peut prendre part au vasospasme de l'hémorragie sous-arachnoïdienne. Parmi les facteurs favorisant la sécrétion endothéliale de substances vasodilatatrices, le principal est le monoxyde d'azote (NO).

→ débit sanguin cérébral

[H5,K4,C2]

régulation de la circulation coronaire l.f.

coronary circulation control

Ensemble des mécanismes qui ajustent le débit sanguin dans le lit coronaire.
Ils sont de trois types :
- des facteurs hémodynamiques : la pression aortique, la résistance des artères coronaires, la contraction ventriculaire,
- des facteurs neurohumoraux : stimulation sympathique, stimulation ou blocage des bêtarécepteurs,
- des facteurs métaboliques : variations de la pression partielle en O2 des liquides tissulaires myocardiques et peut-être d’autres médiateurs chimiques.