Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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chimiokine n.f.

chemokine

Ensemble de cytokines de faible poids moléculaire qui induisent la migration des leucocytes vers le site de sécrétion de ces molécules ainsi que l’activitation cellulaire (adhérence, dégranulation).
Les chimiokines sont classées en trois familles structurales définies par de fortes homologies au sein de la même famille. La famille α ou famille CxC est définie par la présence de deux cystéines séparées par un autre acide aminé. Les chimiokines de cette famille sont codées par des gènes localisés en 4q12-21. Les principales chimiokines de la famille α sont l’IL-8, les protéines inflammatoires des macrophages MIP-2α et MIP-2ß, des facteurs plaquettaires (oncostatine ou PF4, thromboglobuline ß) et la protéine d’activation des neutrophiles AP-2.
La famille des chimiokines ß (C-C) est définie par l’association de deux cystéines. Les gènes de ces chimiokines sont localisés en 17q11-32. Cette famille comprend les protéines inflammatoires des macrophages MIP-1α et ß, les protéines chimioattractantes des monocytes MCP-1, 2 et 3 et la molécule RANTES.
La troisième famille C est représentée par la lymphotactine (Ltn).
Les chimiokines se fixent à des récepteurs à 7 domaines transmembranaires au nombre de 4 à 5 pour chacune des familles α et ß. La synthèse des chimiokines est induite par différents signaux inflammatoires (microbiens, toxiques). Les chimiokines peuvent être synthétisées par un grand nombre de cellules en particulier l’endothélium, les leucocytes et notamment les lymphocytes T activés, les plaquettes, ou d’autres cellules. L’interaction des sélectines avec leurs ligands entre leucocytes et endothélium, provoque la synthèse des chimiokines par l’endothélium, active les intégrines leucocytaires et permet une forte adhérence des leucocytes à l’endothélium, étape essentielle de toute réaction inflammatoire.
Certains récepteurs de chimiokines sont des corécepteurs du virus de l’immunodéficience humaine.

[C1,C3 ]

nævus verrue molle l.m.

terme désuet

→ nævus tubéreux

verrue n.f.

verruca, wart

Tumeur papillomateuse bénigne, cutanée ou muqueuse, fréquente, contagieuse et auto-inoculable, due à un papillomavirus humain (surtout HPV 2) responsable d'une prolifération épidermique bénigne.
La transmission est interhumaine : en particulier microtraumatismes pour les verrues des mains, fréquentation des piscines pour les verrues plantaires.
L'image histologique, assez caractéristique, consiste en une "dégénérescence cavitaire" des kératinocytes dont le noyau devient foncé et le cytoplasme, vacuolisé, contient des corpuscules de Lipschütz.

B. von Lipschütz, dermatologiste autrichien (1909)

Étym. lat. verruca : verrue

Syn. verrue vulgaire, papillome viral

→ papillomavirus, kératinocyte, corpuscule de Lipschütz, verrue vulgaire, verrue plantaire

[J1]

Édit. 2019

naevus verrue molle l.m. terme désuet

Syn. naevus tubéreux

→ naevus tubéreux

[J1]

Édit. 2019

verrue plane l.f.

plane wart, verruca plana ou juvenilis

Petite papule à peine surélevée, jaune ou chamois, à surface lisse ou finement mamelonnée, siégeant avec prédilection au visage et sur le dos des mains, due aux papilloma virus humain 3 et 10.
Les lésions sont souvent multiples, touchant surtout les enfants et la femme jeune, et fréquentes chez l'immunodéprimé, et très rebelles. Les papules de l'épidermodysplasie verruciforme sont proches cliniquement des verrues planes.

Étym. lat. verruca : verrue

→ papillomavirus, épidermodysplasie verruciforme de Lewandowsky-Lutz

[J1]

Édit. 2019

verrue plantaire l.f.

plantar wart, verruca plantaris, verruca plantae

Verrue localisée à la plante du pied, siégeant aux points d’appui, parfois très douloureuses à la pression, souvent profondément enchâssée dans le derme et recouverte d’une peau kératosique ou d’un véritable durillon.
Les verrues plantaires sont assez souvent multiples et bilatérales et peuvent confluer en de véritables nappes.

Étym. lat. verruca : verrue

→ myrmécie, verrues en mosaïque

[J1]

Édit. 2019

verrue séborrhéique l.f.

seborrhoeic keratosis, seborrhoeic wart, senile wart, basal-cell papilloma

Tumeur cutanée bénigne très fréquente, surtout observée dans la seconde moitié de la vie et siégeant principalement sur le tronc, le visage et le cuir chevelu, se présentant soit comme des taches ovalaires brunes plus ou moins nombreuses, soit comme des élevures plus ou moins kératosiques bien circonscrites, de forme ovale ou irrégulière, à surface mamelonnée et recouvertes d'un enduit grisâtre, brunâtre ou noirâtre.
Si cette lésion est très noire, elle peut prêter à confusion avec un mélanome.
L'examen histologique montre une tumeur superficielle en relief sur l'épiderme voisin, à limites nettes, présentant à des degrés variables une hyperkératose orthokératosique, une acanthose constituée de petites cellules basaloïdes et des inclusions de kératine ayant l'aspect de kystes cornés à kératinisation abrupte. Son inflammation ou irritation peut en rendre le diagnostic beaucoup plus difficile. La lésion est chronique. Des mutations du gène FGFR3 gene en sont responsables. Elle peut être aisément traitée par cryothérapie, curetage, dermabrasion ou électrocoagulation superficielle.

E. Leser, chirurgien allemand (1901) ; U. Trélat, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1828-1890)

Étym. lat. verruca : verrue

Syn. kératose séborrhéique, papillome basocellulaire (obs.), verrue sénile

→ mélanome, hyperkératose, acanthose, cryothérapie, dermabrasion, Leser-Trélat (signe de), dermatose papuleuse noire de Castellani, keratosis follicularis inversa, épithélioma intraépidermique, FGFR3 gene

[J1]

Édit. 2019

verrue sénile l.f.

senile wart

Syn. verrue séborrhéique

→ verrue séborrhéique

[J1]

Édit. 2019

verrue vulgaire l.f.

verruca vulgaris, common wart

Verrue exophytique, localisée principalement sur les doigts et la paume des mains, due le plus souvent au papillomavirus PVH 2 et touchant principalement l'enfant et l'adulte jeune.
Les verrues vulgaires sont hémisphériques ou aplaties, parfois hérissées de villosités kératosiques indolores. Les verrues péri-unguéales et sous-unguéales sont souvent douloureuses et peuvent entraîner des déformations de l’ongle. Le traitement par cryothérapie ou par applications d'acide salicylique, voire d'antimitotique, n'empêche pas les récidives qui sont fréquentes. La disparition spontanée des verrues après quelques mois ou années est la règle.

Étym. lat. verruca : verrue

→ verrue, verrue plantaire, cryothérapie, papillomavirus

[J1]

Édit. 2019