myélopathie des cervicarthroses et sténoses du canal rachidien l.f.
myelopathy of cervical spine arthrosis and stenosis
Affection médullaire cervical relativement rare au regard de la fréquence d'une étroitesse anormale du canal rachidien par arthrose après la cinquantaine, surtout chez l'homme.
Il ne s'agit pas de compression directe, mais du retentissement des microtraumatismes subis par la moelle lors des mouvements du cou, avec leurs incidences circulatoires.
Le patient, dont les antécédents de névralgie cervico-brachiale sont fréquents, se plaint de fatigabilité à la marche, perte de l'aisance des mains et/ou paresthésies des membres, lentement aggravées les unes ou les autres. Un syndrome pyramidal très spastique, bilatéral mais volontiers asymétrique, est associé à une atteinte radiculaire possible aux membres supérieurs, discrète ou atypique, traduisant une zone plutôt qu'un niveau strict. Les déficits sensitifs objectifs sont habituellement peu marqués. Un signe de Lhermitte (sensation de décharge électrique à la flexion de la nuque) est fréquent. Un syndrome "mains malhabiles-astéréognosie" peut traduire une atteinte cervicale haute. Un syndrome de Brown-Séquard s'esquisse parfois.
Dans cette symptomatologie protéiforme, des formes atypiques, voire trompeuses sont fréquentes : amyotrophiques ; évoluant par poussées pseudomultiloculaires ; ataxo-spasmodiques, à type de sclérose combinée, etc.
Parmi les investigations complémentaires : le LCR est normal ou paranormal ; les clichés de première intention montrent une arthrose cervicale, souvent un canal rachidien étroit et parfois une malformation de la charnière, un bloc cervical ou un rétrolisthésis ; l'IRM permet une appréciation fine des divers éléments en cause.
L'évolution est habituellement lente, par paliers, au fil des années, et de plus en plus invalidante.
Après le fréquent échec de la mise au repos complet, de tractions légères et du port d'une minerve, la chirurgie peut devenir indispensable dans la mesure où l'état du patient le permet, avec pour objectif de rétablir un espace suffisant autour de la moelle, quelle que soit la technique utilisée (discectomie, arthrodèse intercorporale, laminectomie d'arcs postérieurs, etc.).
C-É. Brown-Séquard, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1851) ; J. Lhermitte, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1924)
canal rachidien l.m.
[A1]
Édit. 2015
canal rachidien sacré l.m.
[A1]
Édit. 2015
sténose du canal rachidien l.f.
spinal canal stenosis
→ canal cervical étroit, canal lombaire étroit, cervicarthroses et sténoses du canal rachidien (myélopathies des)
myélopathies aigües non vasculaires l.f.p.
non-vascular acute myelopathies
Ensemble des affections médullaires non vasculaires de la moelle, quelle que soit leur étiopathogénie et dont la symptomatologie est maximale en moins de quatre semaines.
Ce cadre dépasse notamment celui de myélite (Ch. Ollivier d'Angers, 1821), qui préjugeait d'une origine seulement inflammatoire.
Après un début le plus souvent rapide (parfois moins de 24 heures), avec déficit moteur et généralement dorsalgies, s'installent une paraplégie flasque sensitivomotrice, une rétention d'urines et parfois un tableau de section médullaire (dit de myélite transverse). Une fréquente pléiocytose du LCR s'accompagne d'hyperprotéinorachie. L'IRM effectuée en urgence permet d'éliminer une compression médullaire mais peut mettre en évidence un hypersignal en T2.
Les étiologies sont essentiellement :
- virales : rougeole, oreillons, herpèsvirus, cytomégalovirus, varicelle et zona, VIH ;
- bactériennes : tuberculose, syphilis (désormais exceptionnelle), infection à mycoplasma pneumoniae, maladie de Lyme, brucellose :
- parasitaires : schistosomiase, toxoplasmose ;
- vaccinales : apparaissant quelques jours ou quelques semaines après l'injection (p. par exemple contre la rage, la rubéole, la poliomyélite ou la diphtérie) ;
- inaugurales d'une sclérose en plaques (surtout si l'IRM initiale a montré des lésions ou si le patient appartient au groupe HLADR2), ou survenant dans le cours ce celle-ci ;
- toxiques : p. par exemple dues à l'héroïne ou à des médicaments cytotoxiques ;
- lupiques et/ou chez des porteurs d'anticorps antiphospholipides ;
- lors d'un syndrome de Gougerot-Sjögren primaire, exceptionnelles ;
- après électrocution, avec parfois atrophie des muscles innervés par le segment médullaire touché ;
- paranéoplasiques, pouvant être inaugurales de divers types de cancers.
Ces diverses myélopathies s'associent fréquemment à d'autres manifestations neurologiques, notamment à des méningoencéphalites.
En dehors d'un traitement étiologique éventuel, les corticoïdes sont utilisés, mais sans données statistiques significatives. Sauf après les chocs spinaux, de pronostic défavorable, une récupération s'observe chez un à deux tiers des patients en trois à six mois.
Ch. Ollivier d’Angers, anatomiste, anatomopathologiste français, membre de l’Académie de médecine (1796-1845)
Étym. gr. muelos : moelle ; pathos : maladie
myélopathies vasculaires l.f.p.
vascular myelopathies
Affections médullaires de cause vasculaire.
Elles sont bien connues depuis les progrès de l'imagerie précoce, mais plus rares qu'au niveau cérébral du fait, p. par exemple, d'un réseau anastomotique médullaire riche.
Sera cependant citée l'artère d'Adamkiewicz irriguant le renflement lombaire et accompagnant une racine située entre D9 et L2, dont les possibilités de suppléance à partir des régions voisines sont très limitées, expliquant la fréquence des ramollissements de la région dorsale moyenne.
En clinique, aux territoires dépendant de l'artère spinale antérieure et des deux artères spinales postérieures, correspondent trois types principaux de ramollissements, visualisables notamment en IRM : transverse avec, dans le territoire sous-jacent, paraplégie sensitivomotrice brutale, massive, et troubles sphinctériens majeurs ; spinal antérieur, avec paraplégie et troubles sensitifs surtout thermo-algiques par atteinte du cordon spinothalamique, mais sensibilité profonde normale car transmise par le cordon postérieur, vascularisé par les artères spinales postérieures ; spinal postérieur, bien plus rare du fait de nombreuses anastomoses, avec atteinte de la sensibilité profonde et le plus souvent du faisceau pyramidal croisé par débordement sur le cordon latéral.
L'évolution peut être rapidement mortelle, principalement au niveau cervical, ou bien se constituera une paraplégie spasmodique. Infection urinaire et escarres grèvent le pronostic très réservé, au moins sur le plan fonctionnel.
La plupart de ces troubles proviennent d'une affection touchant une grosse artère, habituellement l'aorte (occlusion, anévrisme non rompu, dissection, coarctation). Bien plus rarement, ils sont liés à une embolie ou à une affection primitive des artères spinales, voire au retentissement circulatoire d'une affection rachidienne ou intrarachidienne. Dans les formes rares d'hématomyélie et d'hématomes spinaux épidural et sous-dural, l'étiologie est traumatique, sinon angiomateuse dans la première, ou par troubles de l'hémostase et effet des anticoagulants dans les seconds. De plus, toute intervention doit épargner la vascularisation médullaire, surtout dans la région dorsale.
Étym. gr. muelos : moelle ; pathos : maladie
Syn. infarctus médullaire
paranéoplasiques (myélopathies) l.f.p.
paraneoplastic myelopathies
Atteintes de la moelle au cours de cancers constituant des affections exceptionnelles et volontiers discutées.
Le plus souvent au cours d'un lymphome, une atteinte du motoneurone spinal est décrite, et plus rarement un syndrome de sclérose latérale amyotrophique. L'évolution de ce dernier est indépendante du cancer, en tout cas plus rapide que celle de la SLA-maladie.
Les myélopathies nécrosantes comportent une paraplégie indolore ascendante d'évolution subaigüe, avec conjointement un carcinome bronchique ou un lymphome malin. L'IRM permet d'exclure une compression médullaire. Leur origine paranéoplasique reste en question.
ganglion rachidien l.m.
→ ganglion sensitif d'un nerf spinal
gouttière du nerf rachidien l.f.
liquide céphalo-rachidien l.m.
Dénomination obsolète
Abrév. LCR
nerf rachidien cervical l.m.
cervical spinal nerve
Nerfs qui commandent la motricité des muscles de la nuque et ramènent l'information sensitive de la peau située en regard. La 1ère branche dorsale est uniquement motrice par le biais du rameau dit petit nerf occipital (nervus suboccipitalis) ; elle innerve les petits muscles fixés sur l'atlas, l'axis et l'os occipital. La 2ème branche dorsale donne le nerf grand occipital d'Arnold (nervus occipitalis major), qui assure l'innervation sensitive des téguments du cuir chevelu et de la peau entre le vertex et l'occiput. La IIIe paire donne l'innervation sensitive de la nuque. Les branches ventrales des trois premiers nerfs rachidiens cervicaux s'anastomosent pour réaliser l'anse cervicale (anse de l'hypoglosse, ou ansa cervicalis profonda). À partir de cette anse, se détachent des rameaux qui assurent l'innervation des muscles sous-hyoïdiens : sternohyoïdien, sternothyroïdien, et omohyoïdien.
rachidien adj.
rachidien
Qui se rapporte au rachis, à la colonne vertébrale.
racine antérieure du nerf rachidien l.f.
→ racine antérieure du nerf spinal
racine motrice du nerf rachidien l.f.
→ racine antérieure du nerf spinal
sillon du nerf rachidien l.m.
Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales l.m.
- directement imputables à une activité de prévention, de diagnostic ou de soins, réalisée en application de mesures prises en cas de menace sanitaire grave et urgente, notamment en cas de menace d’épidémie,
- résultant de l’intervention, en cas de circonstances exceptionnelles, d’un professionnel d’un établissement, service ou organisme en dehors du champ de son activité de prévention, de diagnostic ou de soins.
L’office a été créé par application de l’article 98 de la loi du 4 mars 2002 modifiée par la loi du 30 décembre 2002 sur la responsabilité civile médicale.
Il est administré par un conseil d’administration qui comprend, outre son président, onze représentants de l’Etat, neuf membres désignés par arrêté du ministre de la Santé et deux représentants du personnel de l’office élus par ce personnel.
Sigle : ONIAM
→ Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, Commission nationale d'accidents médicaux
Édit. 2017
canal des adducteurs l.m.
canalis adductorius (TA)
adductor canal
Segment inférieur du canal fémoral s’étendant sur toute la hauteur du tiers inférieur de la cuisse jusqu’au hiatus tendineux de l’adducteur.
Il est individualisé par une lame fibreuse épaisse qui constitue sa paroi médiale.
Syn. anc. canal de Hunter
[A1]
Édit. 2015
GMPc-d'ouverture du canal cationique des photorécepteurs l.f.
cGMP-gated cation photoreceptor channel
Nucléotide cyclique responsable de l'ouverture du canal cationique des photorécepteurs, situé dans la membrane plasmatique du segment externe.
Le gène codant ce canal,qui intervient dans la transduction visuelle, est localisé en 4p12, (MIM 123825). Des mutations sont responsables d’une rétinite pigmentaire autosomique récessive.
T. P. McGee, biochimiste américain (1994)