Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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plasmide n.m.

plasmid

Fragment d’ADN circulaire double brin (en dehors de la réplication), distinct du chromosome et capable de réplication autonome.
Certains plasmides contiennent un gène de transfert qui les rend aptes à passer d’une cellule bactérienne à l’autre par conjugaison (plasmides conjugatifs). Les plasmides sont répliqués par des enzymes de la bactérie parfois en un seul exemplaire par bactérie, parfois en de multiples exemplaires. Des plasmides artificiels sont biosynthétisés pour permettre l’insertion de gènes à partir de plasmides recombinés et de polynucléotides biosynthétiques présentant des sites de restriction bien disposés, appelés lieurs multisites(« polylinker »). Parmi les plus utilisés en biologie moléculaire, on connaît le plasmide pBR322 qui possède deux gènes de résistance l’un à l’ampicilline, l’autre à la tétracycline et les pUC18 ou 19 (plasmid of University of California) dans lesquels se trouvent un fragment d’opéron lac, un gène de résistance à l’ampicilline et un lieur multisite ayant les mêmes 13 sites de restriction que le phage M13.

[D1,Q1]

Édit. 2018 

plasmide amplifiable l.m.

amplifiable plasmid

Plasmide pouvant se répliquer quand la division de la cellule hôte est bloquée.

plasmide

[D1,Q1]

Édit. 2018 

plasmide mobilisable l.m.

mobilisable plasmid

Plasmide qui n'est pas autotransférable, mais qui peut être transféré d'une cellule bactérienne à une autre grâce à un plasmide assistant.

plasmide

[D1,Q1]

Édit. 2018 

plasmocyte n.m.

plasma cell

Lymphocyte B activé par sa rencontre avec l’antigène et producteur d’anticorps.
Habituellement non présent dans le sang circulant, il agit au niveau des tissus de la zone paracorticale des nodes (ganglions) lymphatiques, de la pulpe blanche de la rate, du tissu conjonctif des muqueuses, principalement intestinales, de la moelle osseuse. Cette cellule possède un noyau excentré, à chromatine en motte, répartie en rayons de roue ; un cytoplasme basophile riche en ribosomes et renfermant un appareil de Golgi et un réticulum endoplasmique granuleux très développés. L’ensemble de ces constituants cytonucléaires permet une intense activité de synthèse protéique et la production d’immunoglobulines. Dans les étapes qui conduisent du lymphocyte B au plasmocyte, l’activation dépend des antigènes : certains dits T dépendants, les plus importants, agissent grâce aux lymphocytes T par l’intermédiaire des interleukines sécrétées par les T auxiliaires ; d’autres, dits T indépendants, répondent à des polymères de haut poids moléculaire et induisent des liaisons avec les récepteurs cellulaires de surface. Une autre étape correspond à la prolifération des lymphocytes B activés, par divisions cellulaires assurant la transformation de ces cellules en plasmoblastes puis leur maturation en plasmocytes.
Chaque plasmocyte est spécialisé dans la biosynthèse d'une variété de chaîne légère κ ou λ, et d'une variété de chaine lourde α, γ, δ,, exceptionnellement epsilon. Cette spécialisation est acquise à la suite de remaniements portant sur les gènes des immunoglobines des précurseurs lymphoïdes B. Les plasmocytes sont observés comme une population minoritaire des cellules des nodes (ganglions) et tissus lymphatiques. Ils sont rares dans la moelle osseuse, absents dans le sang normal. La prolifération d'une lignée de plasmocytes est à l'origine de la maladie de Kahler ou de plasmocytomes solitaires. Ils peuvent, dans certains états inflammatoires, revêtir des aspects morphologiques particuliers par la distension de l'ergatoplasme (cellules de Mott).

plasmolyse n.f.

plasmolysis

Rétraction d’une cellule en milieu hypertonique par exosmose.

ploïdie n.f.

ploidy

Evaluation du nombre de chromosomes caractérisant une cellule ou un individu.

pluripotent adj.

pluripotent

Se dit d’une cellule capable à la suite de divisions de donner par différenciation plusieurs types cellulaires, comme par exemple des cellules souches tumorales ou des cellules souches de tératomes

pneumatisation de l'apophyse unciforme l.f.

uncinate process pneumatization

Le développement de la cellule unciformienne antérieure peut entraîner la ballonnisation de la portion verticale de l’apophyse unciforme correspondant à la saillie de l’agger nasi.

agger nasi, apophyse unciforme

podocyte n.m.

podocyte

Cellule épithéliale glomérulaire bordant la membrane basale glomérulaire du côté de l’urine, appelée ainsi parce qu’elle possède des prolongements ou pédicelles par lesquels elle s’appuie sur la membrane basale glomérulaire.
Les podocytes sont encore appelés cellules épithéliales viscérales glomérulaires pour les distinguer des cellules épithéliales pariétales de la capsule de Bowman. Les pieds par lesquels ils s’appuient sur la membrane basale sont reliés par les diaphragmes de fente (« slit diaphragms »). Avec la membrane basale glomérulaire, les podocytes représentent la principale barrière au passage des protéines dans l’urine. Ils expriment des protéines intervenant dans ce processus comme la néphrine et la podocine dont les mutations sont à l’origine de syndromes néphrotiques héréditaires. Ils expriment également des antigènes "néphritigènes" dont la liaison à leurs anticorps spécifiques est capable d’induire des glomérulonéphrites extramembraneuses (« membranous glomerulonephritis »).Le plus fréquemment observé de ces antigènes est le récepteur de la phospholipase A2 (PLA2R), ce qui amène à mesurer systématiquement le taux d’anticorps contre cette protéine dans les syndromes néphrotiques de l’adulte. Un autre antigène plus rarement en cause est la neutroendopeptidase chez les femmes enceintes porteuses d’une mutation invalidant le gène de cette enzyme. Chez le rat, existe un modèle expérimental classique de la maladie, le modèle de Heymann, dans lequel l’antigène cible est la mégaline, protéine absente du glomérule humain. Les podocytes interviennent également dans la synthèse des protéines de la membrane basale glomérulaire.

néphrine, podocine, glomérule, néphrotique (syndrome), glomérulonéphrite extra-membraneuse, Heymann (néphrite de), phospholipase A2

pôle apical l.m.

apical pole

Partie de la membrane des cellules épithéliales tubulaires bordant la lumière et ainsi en contact avec l'urine.
Le pôle apical ou luminal des cellules épithéliales tubulaires contient des canaux et des transporteurs assurant le passage de nombreuses substances de l'urine vers la cellule. Il exprime également des enzymes spécifiques.

pôle basolatéral l.m.

basolateral pole

Partie de la membrane des cellules épithéliales tubulaires bordant les espaces interstitiels du rein.
Le pôle basolatéral ou plasmatique des cellules épithéliales contient des canaux et des transporteurs assurant le passage de nombreuses substances de la cellule vers les liquides interstitiels. Il exprime en particulier la Na+-K+-ATPase.

polymorphisme n.m.

polymorphism

En biologie, propriété particulière d’un organisme (cellule ou tout être vivant) de se présenter sous des formes différentes sans modification de sa nature.
En phénoménologie médicale le terme s’applique également aux manifestations souvent très dissemblables d’une maladie, d’un état toxique ou infectieux.
Ce terme implique un état acquis, tandis que le pléomorphisme caractérise un phénomène dynamique, le changement.

Étym. gr. polus : nombreux ; morphé : forme

Syn. polymorphie

pléomorphisme

[C3,D1]

polynucléaire neutrophile l.m.

neutrophilic polymorphonuclear

Cellule de la lignée myéloïde, mobile, à durée de vie courte, ayant un noyau segmenté en deux à cinq lobes et un cytoplasme contenant de nombreuses granulations.
Les polynucléaires neutrophiles constituent la population leucocytaire prédominante du sang circulant (2 500 à 7 500 par mm3 de sang ou 45 à 70% des leucocytes circulants). Ils jouent un rôle important dans les lésions inflammatoires aigües, par ex. au cours d'une infection bactérienne pouvant aboutir à la formation de pus.

granulocyte

polyploïdie n.f.

polyploidy

Etat d’une cellule ou d’un individu, dit alors polyploïde, possédant un nombre anormalement élevé de chromosomes.
Il s’agit d’une mutation chromosomique numérique, par multiplication affectant un jeu chromosomique complet, généralement tri ou tétraploïdie : 69 chromosomes =3n, ou 92 chromosomes = 4n.

chromosome

polyténie n.f.

polyteny

Etat créé par une endomitose au cours de laquelle les chromosomes dupliqués ne s'individualisent pas, ce qui aboutit à la formation de chromosomes géants dits polytènes sans doublement de leur nombre dans la cellule.

endopolyploïdie, duplication

pompe à protons l.f.

proton pump, acid pump

Système enzymatique protéinique permettant le passage de protons d'un côté à l'autre d'une membrane cellulaire ou intracellulaire, comme une membrane lysosomique ou mitochondriale, contre un gradient de concentration, l'énergie étant fournie par l'ATP ou par une oxydoréduction énergétique.
Une pompe à protons est impliquée dans la sécrétion d'acide chlorhydrique par les cellules gastriques. L’enzyme fonctionne comme une pompe refoulant l’acide chlorhydrique de l’intérieur de la cellule vers le contenu de l’estomac. Son activation est mise en jeu sous l’influence de stimulants de la sécrétion acide quelle que soit la nature du stimulant. Son inhibition par les inhibiteurs spécifiques de la pompe à protons (omeprazole, lansoprazole) est utilisée dans le traitement des maladies associées à une hypersécrétion acide.
Il en est de même pour le maintien d'un pH acide dans les lysosomes ; le passage des protons est couplé à un passage inverse d'ions potassium. Une pompe à protons est aussi considérée comme pouvant fonctionner à l'envers dans les oxydations phosphorylantes de la respiration mitochondriale. Une protéine de 34 kDa, qui contient 313 acides aminés dont une cystéine 42 indispensable, joue un rôle de transporteur de l'ion phosphate dans la membrane interne des mitochondries en même temps que d'un ion H+.

H+ / K+ adénosyltriphosphatase (H+ / K+ ATPase, pompe à proton), omeprazole, lansoprazole

porine n.f.

porin

Molécule protéique présente, par ex., dans la couche externe de la paroi des bactéries à Gram négatif et constituant un canal ou pore qui permet le passage d'ions et de petites molécules hydrophiles à l'intérieur de la cellule.
La porine E de la membrane externe d'Escherichia coli, par ex. laisse passer les ions phosphate et d'autres dérivés phosphoriques chargés négativement. Les porines nucléaires (nucléoporines) servent au passage de protéines du cytoplasme vers l'intérieur du noyau, en se liant à une karyophérine ou importine chargée de ce transport.

Étym. fr. pore

prions (maladies à) l.f.p.

Maladies transmissibles qui occupent une place à part au sein des maladies rares.
Leur prévalence ne dépasse pas 1/2000 en Europe, 105 cas probables ou décédés ont été recensés en France, en 2011 comme en 2012.
Ce sont aussi des maladies diversement transmissibles (selon leur variété) qui ont la propriété de pouvoir être:
- sporadiques (certaines maladies de Creutzfeldt-Jakob), kuru, ou
- génétiques, en fonction de diverses mutations du gène de la Prion-related-Protein (PrP) situé sur le chromosome 20 : certaines maladies de Creutzfeldt-Jakob, syndrome de Gerstman-Straüslser-Jakob et insomnie fatale familiale.
Rares chez l’Homme, elles sont bien plus fréquentes chez certaines espèces animales (tremblante, ou « scrapie » du mouton, encéphalopathie spongiforme des bovins…), où elles existent soit sous forme endémique soit sous forme épidémique. La «barrière d’espèce» est parfois franchie, sans, parfois, que l’on en puisse trouver la raison.
Les crises sanitaires qu’ont entraînés ces maladies («vache folle», sang contaminé, hormone de croissance) ont conduit les autorités publique à confier au ministère de la Santé et à l’Institut de veille sanitaire l’organisation d’un système de surveillance exceptionnel qui comporte:
- une Cellule nationale de référence recensant toutes les déclarations obligatoires des cas suspects, possibles, probables ou certains, c’est-à-dire authentifiés par examen du cerveau (prélevé par biopsie ou préférentiellement, pour des raisons éthiques, par autopsie).
- un Centre national de référence regroupant un «Réseau national de neuropathologie de la maladie de Creutzfeldt-Jakob», les Centres agréés pour le dosage de la protéine 14-3-3 du LCR et pour les recherches génétiques de la PrP et des centres de recherche.
Une dernière particularité des agents infectieux responsables tient à la grande stabilité (ils résistent à 3 ans d’enterrement) et à la résistance exceptionnelle des prions (due notamment à leur absence d’ARN ou d’ADN et à la stabilité de la PrPres infectieuse, liée à une transconformation transmissible par simple contact de la PrPc habituelle) aux techniques de décontamination habituelle (seule l’incinération à plus de 800° garantit leur destruction définitive). Elle impose des mesures de précaution très sévères (notamment manipulation en confinement de type L3).

Syn. maladie à agents transmissibles non conventionnels (ATNC)

prion, prions (maladies familiales à), Creutzfeldt-Jakob (maladie de), Gerstmann-Straüssler-Scheinker (syndrome de), insomnie fatale familiale, encéphalopathie spongiforme bovine, PRNP gene

[D1,E1,H1 ]

Édit. 2017

PRNP gene sigle angl. pour prion protein

Gène localisé en 20p13 qui code pour la constitution de la protéine prion (PrP) active dans le cerveau et plusieurs autres tissus.
Bien que la fonction précise de cette protéine ne soit pas connue, un rôle important est proposé dans plusieurs processus importants qui comprennent le transport du cuivre à l’intérieur de la cellule et la protection des neurones. Un rôle de la PrP dans la formation des synapses est possible. Plusieurs formes de PrP ont été identifiées : la protéine normale est désignée par le sigle PrPc pour la distinguer des formes anormales PrPSc.
Plus de 30 mutations de ce gène ont été indentifiées dans les formes familiales de maladies à prions (maladie de Creutzfeld-Jacob, syndrome de Gerstmann-Sträussler-Scheinker, insomnie fatale familiale. Le changement ou l’addition d’un acide aminé de la PrP est à l’origine de ces affections. La PrPsc pourrait se lier à la PrPc et provoquer sa transformation en PrPsc.
D’autres mutations de ce gène interviennent dans l’apparition de la maladie de Huntington et de la maladie de Wilson.

Syn. AltPrP, ASCR, CD230 antigen, GSS, MGC26679, PRIO_HUMAN, prion protein (p27-30) (Creutzfeldt-Jakob disease, Gerstmann-Straüssler-Scheinker syndrome, fatal familial insomnia), PRIP, PrP, PrP27-30, PrP33-35C.

prion, Creutzfeld-Jacob (maladie de), Gerstmann-Sträussler-Scheinker (syndrome de), insomnie fatale familiale

[D1,D5,E1,H1,Q3]

Édit. 2017

procaryote n.m.

procaryote

Microorganisme unicellulaire dont le noyau dépourvu de membrane est fait d’un unique chromosome.
Les bactéries sont un exemple de procaryote. Le génome de la cellule est composé du génome chromosomique et éventuellement du génome plasmidique et/ou phagique. Les gènes sont continus et souvent groupés en opérons.

Étym. gr. pro : avant ; karuon : noyau

Syn. bactérie

eucaryote, gène en mosaïque

procollagène n.m.

procollagen

Protéine précurseur du tropocollagène, de masse moléculaire élevée (3 chaînes de 150 kDa), formée de 2 chaînes alpha 1 et d'une chaîne alpha 2, liées 2 à 2 par trois ponts disulfure, et enroulées par leur partie médiane en triple hélice.
Le procollagène est sécrété par les cellules (fibroblastes, ostéoblastes ou autres) après un cheminement dans l'appareil de Golgi, où sont ajoutés des unités glucidiques, et les microtubules. C'est après la sortie de la cellule que le procollagène subit les actions protéolytiques le transformant en tropocollagène, puis en fibres insolubles de collagène.

Étym. gr. pro : devant ; kolla : colle ; génês : qui produit

pro-enzyme n.m.

proenzyme

Molécule protéinique synthétisée dans une cellule précurseur d'un enzyme.
La transformation d'un pro-enzyme inactif en un enzyme actif peut être obtenue de plusieurs manières : par ex. une protéolyse transforme un zymogène en enzyme dans l'intestin ; le détachement d'un inhibiteur lipidique est le mécanisme d'activation d'une protyrosinase.

proglucagon n.m.

proglucagon

Protéine de 160 acides aminés précurseur du glucagon, qu'on trouve dans les granules de sécrétion des cellules A des ilots de Langerhans du pancréas, ainsi que dans les muqueuses gastriques et intestinales.
Un clivage protéolytique permet de transformer en glucagon lorsque la cellule pancréatique est stimulée, ou en glicentine et oxyntomoduline dans les cellules des muqueuses digestives.

promastigote n.m.

promastigote

Stade évolutif des Leishmania, se présentant comme une cellule allongée, fusiforme, de 15 à 25 µm de long, avec un kinétoplaste en position antérieure par rapport au noyau.
Le flagelle qui émerge à la partie antérieure possède une portion libre importante et confère une grande mobilité. La forme promastigote se retrouve chez le vecteur et c’est sous cet aspect que se présente la forme infestante pour l’homme. On la rencontre également dans la phase liquide des milieux de culture.

promégacaryoblaste n.m.

promegakaryoblast.
Cellule progénitrice de la lignée mégacaryocytaire, non identifiable par des critères cytologiques ou immunologiques au niveau du myélogramme.
Son existence repose sur les données des cultures des cellules mononucléées de la moelle osseuse. Ainsi, sous l'action de certains facteurs de croissance spécifiques dont la thrombopoïétine, est-il possible d'obtenir des colonies mégacaryocytaires dont la taille dépend de la capacité de prolifération de ces progéniteurs.

mégacaryocytopoïèse

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