Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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péricyte n.m.

pericyte

Cellule contractile entourant plus ou moins complètement le capillaire, située en dehors de la membrane basale de celui-ci et possédant sa propre membrane basale.

Étym. gr. peri : autour ; kutos : cellule

péricyte de Zimmermann l.m.

pericyte

Cellule pourvue de prolongements cytoplasmiques située dans des dédoublements de la membrane basale des vaisseaux capillaires qu'ils entourent, et dont le cytoplasme est riche en mitochondries et en réticulum endoplasmique.
La situation péricapillaire des péricytes explique que leur prolifération tumorale, qui réalise les hémangiopéricytomes, se fasse en dehors et autour du capillaire.

K. W. Zimmermann, anatomiste et histologiste allemand (1923) ; C. Rouget, anatomiste français, membre de l’Académie de médecine (1873)

Étym. gr. peri : autour de ; kytos : cellule

Syn. cellule de Rouget, cellule périthéliale

période réfractaire l.f.

refractory period

Période d’inexcitabilité totale ou relative d’une cellule automatique, par ex. une des cellules du tissu d’excitation et de conduction du cœur humain.
La détermination et l’étude des périodes réfractaires apportent des informations précieuses en physiologie et en pathologie du cœur.

periostine n.f.

periostin

Protéine de la matrice cellulaire de 90 kDa, appelée aussi facteur ostéoblastique spécifique de type 2 (« osteoblastic specific factor 2 ») parce que produite par les ostéoblastes, exprimée essentiellement dans le périoste et le ligament périodontal, intervenant dans l’embryogenèse, les interactions cellules-matrice, la migration des cellules inflammatoires, la réaction stromale, les métastases des cancers, et le développement de la fibrose.
La protéine comporte un domaine EMI N-terminal riche en cystéine qui est le site d’interaction avec les autres protéines dont le collagène I et la fibronectine. Présente à l’état physiologique au cours du développement embryonnaire et, à l’âge adulte, dans le périoste, elle est réexprimée dans les stromas de nombreux cancers et les tissus entamant un processus de fibrose. Sans cette protéine, la cellule souche cancéreuse ne peut pas développer des métastases. Sa réexpression dans les tissus lésés promeut la conversion en fibroblastes des cellules épithéliales et la synthèse de collagène I. Sa production est stimulée par le facteur de croissance transformant (TGF) bêta. Elle constitue un facteur essentiel du remodelage du tissu rénal.

Ilaria Malanchi et J. Huelsken, chercheurs en activités cancérologiques en Suisse (2011)

périphérie (effet de) l.f.

periphery effect

Influence exercée sur la réponse d'une cellule rétinienne, géniculée ou corticale par une stimulation présentée en dehors du champ récepteur.

péritriche adj.

peritrichous

1) Se dit d’un protozoaire entouré de cils comme Balantidium coli.
2) Qualifie l'insertion des flagelles à la périphérie de la cellule bactérienne.

[D2]

Édit. 2018

Perls (coloration de ) l.f.

Perls’ staining

Réaction histochimique de coloration dans laquelle le fer ferrique (non héminique), en présence de ferrocyanure de potassium, précipite en milieu acide sous forme de ferrocyanure ferrique ou bleu de Prusse, rendant alors les granules de fer visibles au microscope optique.
La présence de fer ferrique peut être ainsi aisément décelée dans les tissus dans des conditions d’hémolyse, de troubles métaboliques du fer et de maladie de surcharge. Qu’il s’agisse d’un excès local ou systémique de fer, la ferritine entre dans la constitution des granules d’hémosidérine décelables en microscopie photonique par la coloration de Perls.
Les excès locaux de fer et d’hémosidérine proviennent d’hémorragies ; l’exemple le plus simple est l’hématome. L’hémoglobine provenant de la lyse des hématies subit une transformation en hémosidérine. Les macrophages prennent alors part au processus de phagocytose des débris cellulaires et contribuent à transformer dans leurs lysosomes l’hémoglobine en hémosidérine sous forme de granules colorables par le Perls.
Dans la surcharge systémique en fer, l’hémosidérine se dépose dans de nombreux organes et tissus : hémosidérose observée en cas d’absorption exagérée de fer dans l’alimentation, en cas de mauvaise utilisation du fer, en cas d’anémie hémolytique et de transfusions répétées. Dans la plupart de ces cas de surcharge systémique en fer, l’accumulation intracellulaire ne provoque pas de lésion parenchymateuse ni d’altération fonctionnelle des organes. Par contre, dans l’hémochromatose idiopathique, où l’accumulation de fer est la plus importante, il existe des lésions du foie et du pancréas principalement, aboutissant à une fibrose hépatique d’évolution cirrhotique et à un diabète sucré. La coloration de Perls souligne l’importance de la surcharge ferrique dans les cellules hépatiques et dans les cellules de Kupffer.
Lors de l’analyse de frottis de sang et de moelle osseuse, la coloration de Perls permet d’identifier les sidéroblastes : érythroblastes médullaires contenant des granules de fer ; et les sidérocytes : hématies contenant des granules de fer ; elle permet aussi de localiser les granules de fer dans d’autres cellules de la moelle hématopoïétique ou les macrophages, ou en dehors de toute cellule (fer extracellulaire).

M. Perls, anatomopathologiste allemand (1867)

hémosidérine

personnalité multiple l.f.

multiple personality disorder

Trouble controversé, défini au sens strict par l'existence chez une même personne, surtout une femme, de deux ou plusieurs états de personnalité distincts, l'un d'entre eux se manifestant classiquement seul à un moment donné. Dans chacun, la patiente se comporte comme si elle n'avait aucun souvenir en rapport avec les autres états.
Affection identifiée au début du XIXe siècle, puis tenue pour un simple effet de suggestion avant d'être reconnue comme autonome depuis une trentaine d'années et classée parmi les troubles dissociatifs (de conversion). Dans le DSM-IV, elle est appelée : "trouble dissociatif de l'identité (précédemment personnalité multiple)". Le partage simultané du contrôle par deux ou plusieurs personnalités est désormais admis.
Très rare en France, cette pathologie s'est beaucoup étendue aux États-Unis. Elle pose notamment le problème d'une contagion mentale par suggestion, d'un trouble authentiquement hystérique et celui d'un effet iatrogène lié à une "remémoration", à l'âge adulte, de traumatismes psychiques graves, notamment d'abus sexuels. Ceci, après relation psychothérapique, par levée présumée de la répression. On a même observé rétrospectivement des conflits majeurs, y compris pénaux, avec la cellule familiale d'origine.

PGI sigle f. pour ProstaGlandine I

La PGI2, prostacycline, dont la source principale est la cellule endothéliale, est un puissant vasodilatateur, et le plus puissant des inhibiteurs de l’agrégation plaquettaire.

prostaglandine

phagocyte n.m.

phagocyte

Toute cellule, mobile ou fixe, douée de phagocytose.
On distingue parmi les phagocytes, les histiocytes, les polynucléaires et les macrophages. Toutes ces cellules possèdent des propriétés de motilité, d’adhérence par chimiotactisme, d’englobement et de digestion, par leur contenu en enzymes, à l’égard de particules étrangères, inertes ou vivantes, qui illustrent les propriétés des étapes de la phagocytose.

Étym. gr. phagein, manger ; kutos, cellule

phagocytes mononucléés (système des)

phagocyte mononucléé l.m.

mononuclear phagocyte

Cellule d'origine médullaire passant par différents stades : monocyte, histiocyte, macrophage, leucocyte dendritique, chargée d'une fonction d'épuration (phagocytose) et d'une fonction de déclenchement et de modulation des réponses immunitaires par la sécrétion de diverses monokines.

phagocytose n.f.

phagocytosis

Phénomène par lequel certaines cellules, polynucléaires et macrophages essentiellement, ont le pouvoir de capturer et détruire les particules étrangères en plusieurs étapes : adhérence directe ou par opsonisation ; ingestion, englobement.
Elle aboutit d'abord à la formation d’un phagosome, puis la digestion entraîne la fusion des phagosomes et des lysosomes pour former des phagolysosomes ; dans ces vacuoles néoformées, le contenu des lysosomes est libéré, c'est la dégradation. La lyse du matériel phagocyté met en jeu des systèmes microbicides, dépendant de l’oxygène. La libération des radicaux oxygénés se fait par une action toxique directe ou par peroxydation des membranes lipoïdiques, et la création d’un complexe myéloperoxydasique. La mise en jeu de systèmes indépendants de l’oxygène utilise lysozyme, lactoferrine, cathepsine G. Le matériel non digéré forme un corps résiduel entouré d’une membrane ; il peut rester dans le cytoplasme ou être rejeté hors de la cellule par exocytose.

Étym. gr. phagein : manger ; kuto : cellule

phagosome n.m.

phagosome

Vacuole intracellulaire formée dans un phagocyte par une invagination de sa membrane cytoplasmique qui a enveloppé une particule, bactérie, cellule, etc. s'est séparée de la membrane, et dans laquelle se déverse le contenu des granulations cytoplasmiques lysosomiques.
Il en résulte un phagolysosome dans lequel la particule ingérée est digérée.

pharmacosensibilité n.f.

1) Processus par lequel une cellule, un individu ou une population réagit à une stimulation ou à une agression due à une substance xénobiotique

2) Par extension, propriété de la cellule ou de l’individu permettant ce processus.
En réalité ce terme sensibilité ne convient pas ici car il possède plusieurs sens parfaitement admis et différents de ce nouvel usage impropre ; en outre peut intervenir une idée de comportement immunologique lorsque on parle d’hypersensibilité et de sensibilisation. 

phénotype n.m.

phenotype

Ensemble des caractères observables d'une cellule, d'un organisme ou d'un individu qui est conditionné en grande partie par l'expression de son génotype mais qui dépend aussi des influences du milieu ou des caractères acquis au cours du développement de l'individu.
Dans le cas où le génotype est déterminé par des allèles récessifs et des allèles dominants, seuls ces derniers s'expriment toujours dans le phénotype, les caractères ne pouvant apparaître qu'en l'absence des dominants. Dans le cas d'une dominance absolue du gène A sur un gène a, des homozygotes AA auront le même aspect extérieur, c'est-à-dire le même phénotype, que des sujets hétérozygotes Aa.

Étym. gr. phaïnein : apparaître

génotype

phialide n.f.

phialide

Cellule en forme de bouteille, produisant une succession de conidies (mycologie).

phosphoglycéraldéhyde n.m.

phosphoglyceraldehyde

Ester phosphorique du glycéraldéhyde formé au cours de la glycolyse, par action de l'aldolase sur le fructose-1,6-diphosphate.
Il est en équilibre tautomérique avec la phosphodihydroxyacétone, mais constitue la forme qui est directement catabolisée. Son oxydation en acide phospho-3-glycérique par la phosphoglycéraldéhyde-déshydrogénase représente la première des étapes de la glycolyse, permettant à la cellule la synthèse d'une liaison riche en énergie. Le phosphoglycéraldéhyde est également un précurseur indirect de l'α-glycérophosphate, qui intervient dans la synthèse des lipides.

phosphoprotéine n.f.

phosphoprotein

1) Ester phosphorique d'une protéine.
De nombreuses protéines enzymatiques se trouvent modifiées physiologiquement par phosphorylation et déphosphorylation.
2) Hétéroprotéide contenant de l'acide phosphorique.
La caséine du lait et la vitelline du jaune d'œuf en sont les exemples les plus classiques, mais des phosphoprotéines sont également des constituants normaux de la cellule animale, en particulier parmi les enzymes, tels que les flavo-enzymes, la phosphoglucomutase, etc.
Les hydrolysats acides mettent en évidence l'union des molécules d'acide phosphorique ou pyrophosphorique aux acides aminés alcools (comme la sérine et la thréonine) par des liaisons ester, ou à la fonction phénol des tyrosines par une liaison énol. A l'intérieur d'une molécule, les différentes chaines polypeptidiques des phosphoprotéines peuvent également s'unir par des liaisons diester phosphorique ou pyrophosphorique. Les phosphoprotéines ont la particularité d'être très sensibles à l'action des alcalis.

Syn. phosphoprotéide

photopléthysmographie n.f.

photoplethysmography

Technique utilisant une cellule photo-électrique pour enregistrer une variation tinctoriale de la peau en rapport avec la circulation sanguine.

photothérapie dynamique topique à l'acide delta aminolevulinique (ALA) l.f.

Méthode basée sur le principe de la photosensibilisation, c'est-à-dire sur l’activation d’un chromophore par la lumière, utilisée pour le traitement des cancers et précancers cutanés non mélaniques.
Le photosensibilisant est un chromophore endogène, la protoporphyrine IX  synthétisée dans toutes les cellules, dont les kératinocytes, à partir de l’ALA.
L’application d’ALA sur la peau entraîne, par excès de substrat, l’accumulation de protoporphyrine IX dans les cellules. L’absorption de l’ALA  se fait électivement par les cellules à renouvellement rapide et par les cellules cancéreuses, induisant ainsi une accumulation élective de protoporphyrine IX dans ces cellules et, en conséquence,  une certaines électivité de l’action thérapeutique. L’absorption est facilitée par la méthylation de l’ALA. L’activation par une lumière visible (rouge ou bleue) de la protoporphyrine IX ainsi accumulée dans la cellule déclenche une réaction photodynamique avec production d’une grande quantité d’oxygène singulet, aboutissant à la mort cellulaire.
En pratique, une crème à base d’ALA ou d’un de ses dérivés méthylés (Metvix®  ou Metvixia®) est appliquée sous pansement occlusif pendant trois heures sur la zone cutanée à traiter, puis cette zone est illumintée par une source lumineuse, le plus communément une diode électro-luminescente.
Les indications actuellement retenues par l’AMM pour cette méthode thérapeutique sont les kératoses actiniques fines non kératosiques et non pigmentées du visage et du cuir chevelu, le carcinome basocellulaire superficiel et non récidivant du cou et des membres, mais aussi la maladie de Bowen non pigmentée chez les sujets immunocompétents lorsque le traitement chirurgical est impossible.

Pit (cell) l.f.

Pit cell, liver associated lymphocyte
Cellule proche des grands lymphocytes granuleux du sang périphérique, située au contact des cellules de Küpffer et/ou de l'endothélium sinusoïdal et qui, par son activité lytique, participe aux mécanismes de défense contre les virus et les tumeurs, notamment les métastases.

plage de lyse l.f.

Dans une culture en nappe d'une bactérie ou une culture de tissu en couche monocellulaire, zone circulaire où les cellules ont été lysées par suite du développement d'un bactériophage ou d'un virus.
Une plage correspond au développement d'un unique virion comme une colonie résulte du développement d'une cellule bactérienne isolée.

plan blanc l.m.

hospital emergency planning

Plan hospitalier d'accueil de blessés ou autres patients en grand nombre.
Ce plan complète les plans extrahospitaliers («plan rouge», dispositions ORSEC).
Avec la montée en puissance du SAMU, il consiste à mettre en œuvre :
- une cellule de crise (direction de l'hôpital, médecin du SAMU ou de son antenne, infirmière générale) ;
- un rappel planifié des personnels des services hospitaliers (chirurgie, médecine, réanimation avec recensement des moyens de ventilation et d'épuration extrarénale, etc., imagerie, laboratoire) et techniques concernés, avec le bilan des lits effectivement disponibles et surtout des salles d'opération (spécialité des chirurgiens, moyens d'anesthésie). Le plan blanc envisage mal ce qu'il faut faire pendant la première heure de l'accueil des patients : en fait il faut de nombreuses heures pour mettre que le plan blanc soit en état d'être efficace.

plan rouge

plaque motrice l.m.

motor end plate, myoneural junction, neuromuscular junction

Jonction neuromusculaire, région du sarcolemme où se situe la synapse, qui permet la transmission de l'influx nerveux à la cellule striée du muscle squelettique.
Elle est constituée de trois parties : la terminaison axonale (ensemble des ramifications de l'axone, entourées par l'axolemme qui, au contact de la fente synaptique, prend le nom de membrane présynaptique, et dont chaque élément contiendrait de l'acétylcholine) ; les gouttières synaptiques (replis de la membrane sarcolemmique formant des fentes synaptiques secondaires) ; entre les deux, la fente synaptique primaire.
Située à égale distance des extrémités de la fibre musculaire, la plaque motrice est entourée par la jonction de l'endomysium (formation conjonctive qui engaine chaque fibre musculaire striée et assure notamment la transmission de ses contractions au périmysium et à l'épimysium) avec l'endonèvre (fin réseau de collagène et de rares fibroblastes, qui entoure les fibres nerveuses à l'intérieur d'un fascicule et les unit au périnèvre).
La transmission intervenant au niveau de cette région suscite une éjection d'acétylcholine par la terminaison nerveuse, avec modifications de la perméabilité de la plaque motrice aux ions et dépolarisation (potentiel de plaque). La cholinestérase en excès, inactivatrice de l'acétycholine par hydrolyse, permet la réversibilité du phénomène. Quand le potentiel de plaque rejoint une amplitude suffisante, un potentiel propagé à l'ensemble de la fibre provoque la contraction.

synapse, curarisation

plaquettes sanguines l.f.

blood platelet

Cellule sanguine intervenant dans l'hémostase, issue du cytoplasme du mégacaryocyte et déversée dans les sinus médullaires avant de rejoindre le sang où sa durée de vie est de sept à dix jours.
La plaquette (sans noyau) comprend 1) une membrane riche en glycoprotéines importantes dans l'agrégation plaquettaire et des phospholipides qui se déplacent de l'intérieur vers l'extérieur au cours de l'activation plaquettaire. 2) un cytoplasme riche surtout en granules ou organelles alpha et d'autres denses aux électrons. Leur taille est de 2 à 3 mm, soit trois fois moins qu'un érythrocyte.

G. Bizzozero, médecin histologiste italien (1881)

Syn. thrombocyte.

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