pathologie psychique carcérale l.f.
prison mental pathology
Affections liées au séjour en prison, tous les auteurs ne s'accordant pas pour leur accorder une spécificité réelle, d'autant que les conditions mêmes de l'enfermement peuvent avoir un rôle dominant (prisonnier de droit commun, politique, otage, etc.).
Leurs manifestations sont à la fois somatiques et mentales. Sur le plan psychique, la classique psychose carcérale (bouffées délirantes ou poussées confusionnelles pouvant se présenter avec le tableau d'un syndrome de Ganser), réactionnelle à l'incarcération reste rare et controversée. Plus fréquentes sont les décompensations dépressives dès l'admission, avant le procès ou peu avant la sortie (avec un risque suicidaire important).
Très fréquents sont les troubles du sommeil, en raison du rythme de vie particulier, et les manifestations psychosomatiques (impossibilité d'exprimer son désarroi par d'autres voies). La consommation accrue de toxiques constitue un problème majeur.
S. J. M. Ganser, psychiatre allemand (1898)
→ service médico-psychologique régional (SMPR), syndrome de Ganser
[H4, H3]
Édit. 2019
bandelettes optiques (pathologie des) l.f.
optic tracts disorders
Atteinte des bandelettes optiques par un processus pathologique quel qu'il soit, notamment tumoral, vasculaire, inflammatoire ou toxique, qui se traduit par une hémianopsie latérale homonyme.
La limite de cette hémianopsie est strictement médiane, avec partage de la macula. Elle peut comporter une atrophie optique.
En fait, une telle atteinte peut être isolée, en particulier lors des lésions ischémiques et de la sclérose en plaques, mais elle peut faire partie d'un syndrome de l'artère choroïdienne antérieure, où elle s'associe à une hémiplégie et à une hémianesthésie controlatérale complète.
Édit. 2017
isolation affective en pathologie somatique l.f
affective isolation in somatic pathology
Mécanisme de défense caractérisé par l'absence de participation affective manifeste du patient à sa pathologie : il parle en détail de sa maladie comme de celle d'un tiers.
À ce mode de défense peuvent s'en associer d'autres : régression, dénégation ou même déni, formation réactionnelle agressive ou de soumission, voire sublimation. L'abandon de l'isolation affective par le patient peut s'accompagner d'une décompensation psychique parfois majeure du nouvel équilibre déjà précaire ainsi constitué.
pathologie n.f.
1) Etude des maladies
Désigne aussi, pour les anglo-saxons, l’anatomie-pathologique.
2) Par extension impropre, maladie.
pathologie externe l.f.
Selon la tradition médicale, ensemble des affections apparentes ou curables par une action extérieure à l'organisme : lésions traumatiques, malformations et déformations, tumeurs visibles et palpables, généralement affections des membres et du cou.
La distinction entre pathologie externe et interne a ses fondements dans Hippocrate. Jusqu'au milieu du XXe siècle, la pathologie externe était le domaine d'élection du chirurgien. Le bouleversement des thérapeutiques médicamenteuses et chirurgicales modifie les distinctions entre les deux pathologies.
pathologie interne l.f.
Selon la tradition médicale, ensemble des affections inapparentes, non accessibles à une action extérieure, c'est-à-dire pratiquement les maladies des viscères, du tronc et de la boite crânienne.
Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, la pathologie interne, était le domaine du médecin, auquel n'avait pas accès le chirurgien. Depuis 1794, pathologie interne et pathologie externe sont unies dans la même formation universitaire et dans le diplôme d'exercice.
pathologie liée à la corticothérapie l.f.
corticotherapy (psychical disorders)
Manifestations débutant en général dans les deux premières semaines d'administration, et plus marquées si celle-ci est massive.
Il s'agit principalement : de troubles de l'humeur justifiant souvent une thérapeutique spécifique, à type d'euphorie fréquente, excitation psychomotrice, tendance à l'insomnie, parfois dépression ; d'un état psychotique, moins fréquent, polymorphe, fluctuant, surtout confusionnel, lequel cèderait rapidement à l'arrêt du traitement ; d'une pseudodémence, rare, vite réversible elle aussi.
Des troubles marquent fréquemment le sevrage, avec le plus souvent un état dépressif d'autant plus prolongé qu'il existe un composant psychosomatique plus marqué (asthme par ex.).
Le mécanisme le plus vraisemblable actuellement admis est celui d'une hyperactivité des récepteurs stéroïdiens au niveau cérébral.
→ Cushing (troubles psychiques du syndrome de)
[H3]
ultrasoniques (investigations en pathologie vasculaire cérébrale) l.f.p.
Doppler’s sonography of supra-aortic vessels
→ échographie Doppler des troncs supra-aortiques, effet Doppler
akinésie psychique l.f.
psychic akinesia
[H3]
appareil psychique l.m.
psychical apparatus
Modèle de représentation que S. Freud emprunte à la physiologie (optique, arc réflexe, etc.) et qu'il utilise sur un mode métaphorique pour rendre compte des topiques inconscientes qui, en aucune façon, ne correspondent à des localisations anatomiques cérébrales.
Le mot d'appareil suggère l'idée d'un travail de l'inconscient, dont l'activité est de maintenir un niveau énergétique interne le plus bas possible et de procéder à des transformations de l'énergie libre en énergie liée.
Étym. lat. apparatus : ce qui est préparé
ataxie psychique l.f.
psychical ataxia
Perte de cohérence entre les idées et les sentiments d'une part, et leur expression émotionnelle d'autre part (rires immotivés à l'évocation de circonstances tragiques, par ex.).
Plus généralement, manque de cohésion interne de la personne, à l'origine de la discordance schizophrénique. Dès 1903, E. Stransky avait désigné cette rupture de l'unité mentale sous le nom d'ataxie ou dislocation intrapsychique.
E. Stransky, psychiatre viennois (1877-1962)
Étym. gr. a : priv. ; taxis : ordre
atteinte à l'intégrité physique et psychique l.f.
attack on the physical and psychic integrity
« Réduction définitive du potentiel physique et/ou psychique médicalement constatable ou médicalement explicable à laquelle s’ajoutent les douleurs et les répercussions psychiques que le médecin sait normalement liées à la séquelle ainsi que les conséquences dans la vie de tous les jours habituellement et objectivement liées à cette séquelle ».
Cette définition, qui émane des travaux du Groupe de Trèves en juin 2000 (guide barème européen d’évaluation médicale des atteintes à l’intégrité physique et psychique), regroupe sous un même vocable trois entités différentes de la nomenclature des postes de préjudices corporels qui se situent toutes dans le stade séquellaire de la classification de Wood : le déficit fonctionnel objectivable et quantifiable, les douleurs permanentes ressenties (à distinguer des « souffrances endurées ») et les répercussions psychologiques, ces deux dernières entités étant du domaine subjectif.
Un tel amalgame est contraire aux principes de la Résolution (75)7 du Conseil de l’Europe. Le guide barème européen est une tentative d’harmonisation de la réparation des préjudices corporels en Europe. Il est annexé au statut des fonctionnaires européens.
Sigle : AIPP
→ nomenclature des postes de préjudices corporels, déficit fonctionnel personnel définitif, préjudice personnel permanent, incapacité permanente partielle, Wood (classification de), souffrances endurées
auto-activation psychique (perte d') l.f.
Inertie comportementale, perte de la résonance affective et vide mental spontanés, liés à des lésions des circuits fronto-putamino-pallido-frontaux
Typiquement, cette hypoactivité est réversible lors de stimulations extérieures, avec retour transitoire fréquent à un fonctionnement quasi normal, parfois stéréotypé. Elle évoque notamment le ralentissement psychomoteur dépressif, mais sans tristesse ni anxiété. Elle accompagne souvent des troubles de type obsessionnel-compulsif, mais sans le monde obsessionnel qui caractérise la névrose.
De telles perspectives permettent de renouveler le dialogue entre spécialistes des neurosciences, neurologues et psychiatres.
D. Laplane, neurologue français (1981)
automatisme psychique l.m.
psychical automatism
Activité mentale effectuée dans la vie quotidienne sans participation de la volonté consciente et constituée de nombreux comportements réflexes et d'actes courants d'adaptation.
D'autres automatismes ont été liés en particulier à une levée de la censure, comme le fut l'écriture automatique des surréalistes. Sur un plan franchement pathologique, ces manifestations sont relevées principalement dans les états seconds chez les hystériques (déambulation, fugue amnésique, etc.) ou dans les états crépusculaires chez les épileptiques (automatismes oro-alimentaires, mimiques, gestuels, verbaux, ambulatoires).
Étym. gr. automatos: spontané
blessés (réadaptation psychique des) l.f.
wounded persons (psychic rehabilitation among)
Ensemble des dispositifs thérapeutiques et d'assistance qui visent à la prise en charge de la dimension psychique des troubles liés aux suites de blessures physiques.
Indissociables des thérapeutiques réparatrices et de la rééducation fonctionnelle, ils ont pour objet de restaurer chez le patient une image de soi qui permette le rétablissement de sa capacité relationnelle à autrui, puis sa réinsertion sociale. Associant, suivant les cas, des techniques de rééducation des fonctions cognitives et psychothérapiques à des mesures de soutien social, la réadaptation psychique des blessés est particulièrement nécessaire lorsque subsistent des handicaps moteurs et cérébraux, ou chez les blessés de la face (« les gueules cassées ») et les grands brûlés.
Édit. 2017
cécité psychique l.f.
psychical blindness
Syn. agnosie visuelle (obs.)
→ agnosie
[P2,H4]
choc psychique l.m.
[H4]
choix psychique invisible l.m.
invisible psychical choice
Conditions psychologiques rencontrées à la base de certaines crises ou décompensations hystériques, amenant le sujet à une fuite ou à un état d'agitation (tempête motrice) face à un danger réel ou vécu comme tel sur le plan affectif (E. Kretschmer).
Le "choix forcé" constitue selon J. Lacan la pierre angulaire de la construction du sujet. C'est celui de tout sujet inscrit dans le symbolique, soit dans le signifiant auquel, par contrecoup, il est aliéné. Par ce choix forcé, se construit la structure névrotique et sont articulés et liés symbolique, réel et imaginaire. Au contraire, dans la psychose, le défaut d'inscription du signifiant fondamental ne permet pas que puisse se nouer cette construction stable.
E. Kretschmer, psychiatre allemand (1888-1964)
[H3,H4]
conflit psychique l.m.
psychical conflict
Antagonisme de tendances ou d'exigences internes inconciliables, mis par Freud au centre de sa théorie des névroses.
La censure maintient refoulées les représentations sexuelles susceptibles de provoquer du déplaisir dans le moi et inconciliables avec lui. Si le refoulement ne suffit pas à assurer la domination du conscient/préconscient sur l'inconscient, d'autres mécanismes de défense interviennent pour établir un équilibre acceptable entre les forces en présence, au prix de la formation de symptômes.
Dans la deuxième topique, Freud rapporte à la pulsion de mort l'instance même du conflit, mais conserve le modèle œdipien, dans lequel il est lié à la conjonction originaire du désir et de l'interdit.
S. Freud, neuropsychiatre autrichien (1895)
[H4]
défaillance psychique sénile l.f.
psychical failure in the old
→ glissement (syndrome de), réaction catastrophique
démence (retentissement psychique sur les proches donneurs de soins) l.
dementia (psychical repercussions among relatives caregivers)
Effets négatifs considérés comme majeurs, surtout décrits dans l'entourage des alzheimériens, et qui sont plutôt imputés à l'effet des troubles non cognitifs (psychotiques, dépressifs et comportementaux) des patients, ainsi qu'aux nécessaires restrictions apportées par l'entourage à ses relations et activités sociales.
Malgré les discordances entre les études publiées, la prévalence des troubles psychiques, en particulier dépressifs, apparaît très élevée. Des risques somatiques importants sont mis en évidence : hypertension artérielle, infarctus du myocarde, déficits immunitaires, etc. L'alcoolisme, l'abus de psychotiques sont fréquents.
Une prise en charge ou même en soins de ces "aidants" est souvent indispensable.
Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit
déséquilibre psychique l.m.
mental unbalance
Notion propre à l'école française classique et qui, surtout à la fin du XIXème siècle, réunissait les anomalies de la personnalité sous différentes formes.
Elle correspond assez bien à ce qu'était devenue la "moral insanity" des anglo-saxons (J.C. Prichard, 1835), ou au concept allemand de personnalité psychopathique (K. Schneider, 1923).
Initialement lié à la dégénérescence et à l'hérédité, tenu pour un manque d'équilibre entre les différentes parties du système nerveux, p. ex. dans les perversions sexuelles (V. Magnan, 1885), le groupe englobait aussi bien l'activité créatrice mais socialement inadaptée d'un artiste que l’expression englobait aussi bien l’activité créatrice mais socialement inadaptée d’un artiste que le désordre comportemental d'un vagabond. Sous le nom de déséquilibre mental, et sans parti pris doctrinal, Ph. Chaslin (1912) évoquait "... ces demi-folies qui pullulent dans ce qu'on appelle le borderland of insanity...", préfigurant en particulier les états limites. Depuis, ce cadre a été profondément mis en question et démembré sous l’effet des doctrines psychodynamiques et sous l’influence, en particulier, de l’intérêt porté aux traits de personnalité sous-jacents, qui a permis de distinguer de nombreuses formes de personnalités pathologiques.
Dans une perspective à la fois classique et restrictive, le déséquilibré est soumis sans angoisse (sinon de façon très labile mais extrême) à l'élémentarité de ses pulsions, exprimées dans le passage à l'acte antisocial. Instable, intolérant aux frustrations, imprévoyant, vivant dans l'instantanéité du présent, indifférent à autrui, il est peu en mesure de tirer parti de l'expérience vécue. Souvent cynique, ostentatoire, réticent, argotique, il est rare qu'il consulte spontanément, mais plutôt après une manifestation paroxystique (agitation ou geste suicidaire, p. ex.). Le plus souvent, la rencontre psychiatrique a lieu en situation d'expertise. La relation à autrui se fait sur un mode spécieux et agressif. Le sujet ne peut intérioriser ses conflits.
On ne doit plus poser un tel diagnostic sans avoir soigneusement exclu d'autres éventualités comme : une organicité (séquelles encéphaliques d'affections diverses, comitialité surtout "temporale") ; une psychose latente ou un état limite (tout spécialement une héboïdophrénie) ; une névrose de caractère ; une perversion.
En pratique, le déséquilibre psychique correspond assez bien à ce que l'on nomme actuellement personnalité antisociale ou dyssociale.
J. C. Prichard, médecin et ethnologue britannique (1786-1848) ; K. Schneider, psychiatre allemand (1887-1967) ; V. Magnan, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1835-1916) ; Ph. Chaslin, psychiatre français (1857-1923)
élaboration psychique l.f.
psychical working out
Travail de l'appareil psychique qui consiste à lier des quantités d'énergie pulsionnelle à des représentations et à établir entre elles les représentations des voies associatives.
S. Freud a d'abord décrit l'élaboration psychique à propos du traitement de l'hystérie. Avec l'abréaction, elle représente dans cette névrose une des issues offertes aux excitations apportées par l'expérience traumatique. Puis Freud élargit la notion à l'ensemble des névroses, qui sont caractérisées sur le plan énergétique par une stase de la libido : l'établissement de liaisons entre les représentations permet l'écoulement de l'énergie. La cure psychanalytique est conçue comme un dispositif qui rend possible l'élaboration psychique.
→ pulsion, hystérie (histoire de l'), abréaction , névrose, libido
[H3]
Édit. 2019
guérison psychique l.f.
psychic recovery
Retour, exceptionnellement accession, d'un patient atteint d'une affection psychiatrique, à une bonne santé mentale.
Il s'agit, non pas comme en médecine, de la suppression d'une agression somatique avec restitutio ad integrum, ni de la reprise d'un statu quo ante organique satisfaisant, mais d'une nouvelle étape dans l'organisation psycho-affective du sujet.
Par la discontinuité qu'elle provoque dans une trajectoire existentielle, la maladie mentale peut susciter une maturation de l'économie psychique et de l'équilibre adaptatif du patient si les mécanismes de défense ont été suffisamment respectés. C'est dire que la disparition des symptômes ou la sédation d'une crise suffisent d'autant moins à définir une évolution favorable que les limites entre normal et pathologique sont souvent difficiles à préciser.
Très fréquemment sont rencontrées soit une rémission, soit une stabilisation avec reprise d'un équilibre antérieur plus ou moins satisfaisant. Dans ce dernier cas, le psychiatre devra se contenter souvent de minimiser un handicap déficitaire. Car aucune évolution délirante n'est sans substrat ni incidences.
La guérison a également un aspect social. Il s'agit pour le malade de pouvoir mieux vivre dans son milieu social et, si possible professionnel, favorisant par là-même la désaliénation.
Les médicaments psychotropes sont purement symptomatiques et non curatifs. Ils soulagent la souffrance des patients, leur rendent la possibilité de vivre en société dans des conditions acceptables et facilitent leur abord par les soignants.
hallucination psychique l.f.
psychical hallucination
Hallucination seulement observée sur l'écoute, caractérisée par l'absence ou la faible part de la sensorialité, mais toujours vécue par le patient comme une intrusion de l'autre dans son intimité ("xénopathique"), avec croyance en sa réalité (J. Baillarger, 1846).
Il s'agit de "voix" intérieures, avec notamment transmission de pure pensée, idées imposées, conversation d'âme à âme.
Elles tiennent un rôle fondamental dans le syndrome d'automatisme mental, et surtout d'influence (idées, ordres, commentaires des actes).
Parmi les synonymies, on cite les fausses hallucinations (C.F. Michéa), les hallucinations aperceptives (K.L. Kahlbaum), les hallucinations motrices verbales (J. Séglas). On en rapproche aussi les pseudo-hallucinations (V. Kandinsky), représentations mentales vives mais sans aucune extériorité.
G. Clérambault assimilait les hallucinations psychiques aux intuitions.
J. Baillarger, neuropsychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1846) ; C.-F. Michéa, psychiatre aliéniste français (1846) ; K. L. Kahlbaum, psychiatre allemand (1874) ; J. Séglas, psychiatre français (1888) ; V. Kandinsky, psychiatre russe (1884) ; G. de Clérambault, psychiatre français (1921).
Étym. lat. hallucinare : se tromper
[H3]
Édit. 2015