cœlioscopie opératoire l.f.
operative coelioscopy
Intervention chirurgicale pratiquée sous contrôle visuel permanent par cœlioscope, à l'aide d'instruments introduits par de petites incisions cutanées, ou contre-incisions.
Elle permet la cure d’adhérences pelviennes ou de grossesse extra-utérine, les plasties tubaires, les kystectomies ovariennes, les annexectomies, les hystérectomies, les cervicocystopexies, etc.
Syn. cœliochirurgie, laparoscopie opératoire
[L2,O3]
anesthésie pour cœlioscopie l.f.
anæsthesia for laparoscopic surgery
Technique d'anesthésie adaptée à la chirurgie cœlioscopique.
Pour assurer le passage des instruments et permettre à l'opérateur de voir, il faut insuffler du CO2 dans le péritoine (la pression peut être réduite par suspension de la paroi abdominale), mais cela gêne la ventilation en repoussant le diaphragme, surtout en position de Trendelenburg. Le risque d'embolie gazeuse exclut l'usage d'air pour gonfler le pneumopéritoine. C'est pourquoi on utilise le CO2 qui est moins dangereux, parce qu'il est très soluble dans le sang et les tissus. Mais le CO2 est cause d'acidose et son élimination importante par les poumons entraîne une certaine hypoxie. Il faut maintenir l'oxygénothérapie après la fin de l'intervention pendant toute la durée d'élimination du CO2. L'anesthésie pour cœlioscopie demande une ventilation contrôlée, sa surveillance et la réanimation nécessitent une grande vigilance.
Étym. gr. koilia : ventre ; skopeô : observer de haut ou de loin
[G1]
Édit. 2017
cœlioscopie n.f.
coelioscopy, laparoscopy
Visualisation directe de la cavité abdominale préalablement distendue par un pneumopéritoine et des organes qui s'y trouvent au moyen d'un endoscope introduit par voie transabdominale.
La technique est appliquée pour le diagnostic et pour la chirurgie à ventre fermé.
Syn. laparoscopie, culdoscopie
[L2,N2,O3]
cœlioscopie de contrôle l.f.
second-look coelioscopy
Examen destiné à vérifier l'état des organes après une opération pour évaluer les récidives éventuelles, d’une endométriose pelvienne ou d'un cancer p. ex.
[L2,O3]
cœlioscopie vaginale l.f.
culdoscopy
Cœlioscopie pratiquée en introduisant le tube optique dans la cavité pelvienne par le cul-de-sac postérieur du vagin.
Syn. cœlioscopie transvaginale, culdoscopie
[O3]
biopsie per-opératoire l.f.
peroperative biopsy, frozen section
Biopsie qui est souvent examinée de façon extemporanée afin de disposer de son résultat en cours d'intervention.
Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue
Édit. 2017
bloc opératoire l. m.
operating block
Enceinte dédiée à des actes à buts thérapeutique ou diagnostique, réalisés à ciel ouvert ou par voie endoscopique ou encore par ponction.
Ensemble des salles d'opération proprement dites et des moyens et locaux groupés autour d’elles.
Édit. 2017
désinsertion opératoire du muscle quadriceps l.f.
desinsertion of the m. quadriceps femoris
Libération chirurgicale des insertions sur le fémur du muscle quadriceps (m. quadriceps femoris) pour raideur en extension et limitation de la flexion du genou par rétraction du muscle.
Elle peut porter sur tous les chefs ou seulement sur les chefs rétractés en particulier le m. vastus lateralis, le m. vastus intermedius ou le m. rectus femoris. Les rétractions peuvent être d’origine traumatique : adhérences après fracture, fibrose après hématome, d’origine médicamenteuse : injections intramusculaires répétées chez le nourrisson ou congénitales avec luxation ou subluxation de la patella. Elle est suivie de rééducation prolongée.
R. Judet, chirurgien français (1909-1999)
nodule post-opératoire à cellules fusiformes l.m.
postoperative spindle cell nodule
Lésion réactionnelle pseudonéoplasique survenant dans la région génitale ou la cavité buccale, mais également sur la peau, après un traumatisme ou une intervention chirurgicale, et histologiquement apparentée à la fasciite nodulaire.
Elle est constituée de faisceaux de cellules fusiformes entrelacés situés dans un stroma myxoïde richement vascularisé ; les mitoses y sont relativement nombreuses mais non atypiques ; les cellules expriment la vimentine et parfois la desmine et l’actine musculaire spécifique ; elles ne contiennent pas de kératine. Lésion bénigne, son traitement est chirurgical.
C. M. Manson, histopathologiste britannique (1995)
pensée ou vie opératoire l.f.
→ psychosomatique (pensée ou vie opératoire)
pollution du bloc opératoire par les gaz anesthésiques l.f.
operating room pollution
L’anesthésie générale amène un rejet de gaz et de vapeurs dans le bloc opératoire où ces polluants peuvent s’accumuler.
Les principaux polluants sont l’acide nitreux (comburant) et les vapeurs anesthésiques halogénées (peu combustibles), halothane, isoflurane, enflurane, desflurane, sévoflurane. L’oxyde d’éthyle et le cyclopropane ne sont plus employés car ils étaient source d’explosions.
On évalue l’importance de la pollution par la concentration du gaz ou de la vapeur dans l’air exprimée en parties par million en volume, ppv. Les limites réglementaires diffèrent légèrement selon les pays, elles sont en France de 25 ppv pour le protoxyde d’azote N2O et 2 ppv pour les substances volatiles halogénées.
L’inhalation prolongée de vapeurs anesthésiques en salle d’opération ou de réveil dépend de la durée de séjour du personnel et de sa position par rapport à la source polluante (les anesthésistes, généralement près de la tête du patient, sont les plus exposés). La toxicité aigüe (loi de Haber) ne s’observe pas en pratique car on est loin du seuil de toxicité, mais les séjours répétés en ambiance polluée accumulent les risques.
Des accidents dus à l'exposition chronique à l'oxyde nitreux ont été observés : le N2O inactive la cobolamine, cofacteur de la méthionine synthétase, nécessaire au métabolisme des folates ; cette dernière intervient dans la biosynthèse de l'ADN et donc dans la multiplication cellulaire. Ainsi les principaux troubles causés par l'inhalation prolongée de N2O touchent le fœtus à la fin du premier mois de la gestation (action abortive et tératogène). Chez l'adulte on note une atteinte de la moelle osseuse (anémie analogue à celle de Biermer) et des troubles nerveux (neuromyopathie). Tous ces troubles régressent rapidement après l'arrêt des inhalations, sauf en ce qui concerne le fœtus.
Les vapeurs halogénées produisent une irritation oculaire et bronchique et, à long terme, des atteintes hépatiques chez quelques sujets prédisposés, mais les enquêtes épidémiologiques n'ont pas démontré la toxicité hépatique ou rénale.
La prévention consiste à réduire la pollution anesthésique et à en minimiser ses effets :
- les anesthésiques volatils doivent être utilisés en circuit fermé,
- les rejets doivent être aspirés et rejetés sur l'extérieur ou absorbés sur du charbon activé,
- les blocs opératoires et les salles de réveil doivent être ventilés («l'atmosphère des salles d'opération et de réveil doit recevoir un apport en air neuf au régime minimal de 15 volumes par heure et par salle avec un apport minimum de 50 m3/h/personne»),
- le personnel ne doit pas rester plus de huit heures par jour en atmosphère polluée et les séances longues doivent être compensées par des jours de travail hors pollution.
→ Haber (loi de), oxyde nitreux
psychosomatique (pensée ou vie opératoire) l.f.
psychosomatic medicine (operative thinking or life)
Fonctionnement psychologique du malade dit psychosomatique : pensée centrée sur l'immédiat, le concret, la description du symptôme. Le patient paraît incapable d'évoquer son histoire personnelle. Plus encore, il semble coupé de son inconscient, de sa vie fantasmatique, de ses rêves. (Terme proposé par P. Marty, N. de M'Uzan et C. David, "École psychosomatique de Paris").
L'origine d'un tel fonctionnement se situerait dans les premières étapes du développement affectif et auraient été, à ce moment, préférentiellement pris en compte les besoins somatiques de l'enfant, au détriment de sa vie affective et psychologique. Si bien qu'ultérieurement, toute sa vie émotionnelle et affective passera par le registre corporel.
Ce terme peut être considéré comme un synonyme du terme d'alexithymie, sans pour autant avoir recours au même soubassement théorique.
P. Marty et M. de M’Uzan, psychanalystes français (1963) ;P. Marty et Ch. David, psychanalystes psychosomaticiens français (1968)
radiologie opératoire l.f.
risque opératoire l.m.
surgical risk
Risque lié directement à l'intervention chirurgicale.Il dépend des complications liées ou consécutives à l'acte opératoire (hémorragies, amputation fonctionnelle ou altération d'un organe, etc.) et de l'état de l'opéré (qui peut être évalué par la classification ASA). Il est souvent difficile de dissocier le risque opératoire du risque anesthésique. La mortalité opératoire globale varie selon la gravité des interventions et selon la classe ASA des patients. En gros le risque anesthésique y prend une part inférieure à 5% pour les interventions d'une certaine gravité.