blocs de conduction (neuropathie focale avec) l.f.
focal neuropathy with conduction blocks
Neuropathies le plus souvent purement sensitives avec blocs de conduction multifocaux et chroniques.
Surtout masculines, elles comportent une atteinte motrice asymétrique plutôt distale, prédominant aux membres supérieurs, avec crampes, fasciculations et aréflexie fréquente. Leur évolution est lente.
Selon certains, ces neuropathies sont proches des polyradiculonévrites chroniques et elles se caractérisent par : une élévation, dans un bon nombre de cas, d'anticorps antigangliosides (antiGM) dans le sérum du patient et par l'efficacité des traitements à visée immunosuppressive (immunoglobulines par voie intraveineuse, cortisone, échanges plasmatiques et immunosuppresseurs tels que le cyclophosphamide).
Édit. 2017
conduction cardiaque l.f.
cardiac conduction
Propriété du myocarde permettant la propagation de l’excitation électrique d’une fibre musculaire à l’autre, et assurant la coordination de l’ensemble de la contraction cardiaque.
La fonction de conduction existe dans tout le myocarde mais elle est plus particulière à certaines structures différenciées appelées pour cette raison tissu de conduction ou voies de conduction. Les voies de conduction normales comportent le nœud sinusal de Keith et Flack où nait l’excitation, les fibres musculaires de la paroi auriculaire, le nœud auriculoventriculaire d’Aschoff-Tawara, le faisceau de His et ses deux branches terminales, enfin le réseau de Purkinje. Il peut exister, de plus, des voies de conduction accessoires.
A. Keith, Sir, anatomiste britannique et M. Flack, physiologiste britannique (1906) ; K. Aschoff, anatomopathologiste allemand (1866-1942) ; S. Tawara, anatomopathologiste japonais (1873-1952) ; W. His, Jr anatomiste suisse (1863-1934) ; J. Purkinje, anatomiste et physiologiste tchèque (1787-1869) ; A. F. Kent, physiologiste britannique (1893) ; I. Mahaim, médecin cardiologue suisse (1932)
→ Kent (faisceau de), Mahaim (fibres de)
[C1,K2]
aphasie de conduction l.f.
conduction aphasia
Aphasie dont les perturbations essentielles se retrouvent au niveau de l'expression orale.
Fluente, celle-ci est caractérisée par de nombreuses transformations phonémiques dont le patient est le plus souvent conscient, ce qui l'amène à des conduites d'approche. Ces mêmes anomalies s'observent avec encore plus d'intensité dans les épreuves de transposition orale (répétition plus que lecture). Dans l'expression écrite, les troubles peuvent être de même nature ou se manifester par une dysorthographie et une dyssyntaxie discrètes. La compréhension orale et écrite est globalement préservée. Ce type d'aphasie peut survenir d'emblée ou constituer une forme évolutive d'aphasie de Wernicke.
Les lésions responsables impliquent habituellement le faisceau arqué et le gyrus supramarginalis, ou bien la région postérieure du gyrus insulaire, le cortex auditif proche et la substance blanche sous-jacente.
Étym. gr. aphasia : impuissance à parler
bloc de conduction l.m.
conduction block
Défaut de propagation d'un potentiel d'action à un endroit localisé sur le trajet du nerf.
Réduction de l'amplitude ou de la surface du potentiel évoqué d'au moins 30% après stimulation proximale par rapport à la stimulation distale, à condition qu'il n'y ait pas de dispersion trop importante de la réponse : l'élargissement de celle-ci doit être inférieur à 15%. En pratique électromyographique, les blocs de conduction sont recherchés au niveau des fibres motrices. Ils sont caractéristiques des lésions démyélinisantes focales.
Par stimulation "haute" au-dessus de la lésion, l'amplitude et surtout la surface sont réduites par rapport à la stimulation "basse" au-dessous de la lésion. En cas d'absence de potentiel d'action global du muscle (PAM) par stimulation haute, on a un bloc de conduction dit complet. Le bloc complet est accompagné cliniquement par une paralysie du muscle où un PAM normal est recueilli par stimulation basse.
Certains processus démyélinisants segmentaires comportent des blocs de conduction multiples, soit moteurs purs, soit sensitivomoteurs, d'évolution prolongée. Il s'agit de formes cliniques de polyradiculonévrites démyélinisantes chroniques.
→ blocs de conduction (neuropathie focale avec), Uthoff (phénomène d')
Édit. 2017
conduction aérienne l.f.
aerial conduction
Propagation normale du son pour atteindre la cochlée par le méat acoustique externe, le tympan, les osselets.
Sigle CA
[P1]
conduction antérograde l.f.
anterograd conduction
Conduction électrique intracardiaque normale, se propageant du nœud sinusal, au nœud d'Aschoff-Tawara puis au faisceau de His, à ses branches terminales et au réseau de Purkinje.
K. Aschoff, anatomopathologiste allemand (1866-1942) ; S. Tawara, anatomopathologiste japonais (1873-1952) ; W. His, Jr, anatomiste suisse (1863-1934) ; J. Purkinje, anatomiste et physiologiste tchèque (1787-1869)
[C1,K2]
conduction cartilagineuse l.f.
cartilage conduction
Propagation du son par les cartilages de l’oreille.
Pour le mesurer, le diapason est placé sur le tragus.
Sigle CC
[C2,P1]
conduction nerveuse l.f
nervous conduction evaluation
→ stimulodétection, étude de la conduction nerveuse
[C2,H1]
conduction osseuse l.f.
bone conduction, cranial conduction
Propagation du son à travers les structures osseuses du crâne.
La conduction osseuse est étudiée à l’aide d’un diapason appliqué sur la mastoïde. On distingue la conduction osseuse relative (COR), le diapason est simplement appliqué sur la mastoïde et la conduction osseuse absolue (COA), le diapason est appliqué sur la mastoïde et le méat acoustique externe est obturé.
Normalement : CA>CC>CO et COA>COR.
Sigle CO
[C1,P2]
conduction rétrograde l.f.
retrograd conduction
Conduction électrique intracardiaque anormale toujours liée à un obstacle anatomique ou fonctionnel sur le trajet des voies de conduction.
Dans ce cas l’onde d’excitation suit en totalité ou en partie un trajet inverse du trajet normal.
[C2,K2]
dysplasie épiphysaire multiple avec myopie et surdité de conduction l.f.
epiphysal dysplasia multiple with myopia and conductive deafness
Une famille avec myopie progressive, fragilité rétinienne, cataracte, surdité de conduction et dysplasie épiphysaire multiple.
L’affection est autosomique dominante (MIM 132450).
P. Beighton, médecin généticien sud-africain (1978)
Étym. gr. dus : difficulté ; plasein : façonner
→ dysplasie spondyloépiphysaire congénitale
système de conduction du cœur l.m.
complexus stimulans cordis, systema conducente cordis (TA)
conducting system of heart
Partie du myocarde chargé des fonctions d’excitation et de conduction.
Elle comporte deux segments : 1) l’appareil atrionecteur représenté par le nœud sinuatrial ; 2) L’appareil ventriculonecteur (ou système de Tawara-His-Purkinje) représenté par le nœud atrioventriculaire et par le faisceau atrioventriculaire qui se divise en deux branches droite et gauche, se ramifiant elles-mêmes en un réseau subendocardial.
Syn. anc. appareil connecteur atrioventriculaire, myocarde différencié, système autonome du cœur, système cardionecteur, système musculaire spécifique, système de commande du cœur, tissu cardionecteur, tissu nodal
→ nœud sinuatrial , nœud atrioventriculaire, faisceau atrioventriculaire, branche droite du faisceau atrioventriculaire, branche gauche du faisceau atrioventriculaire, rameaux subendocardiaux
temps de conduction atrio-ventriculaire l.m.
atrioventricular conduction time
Durée de la propagation de l’onde et excitation cardiaque entre l’oreillette et le ventricule.
Elle est mesurée sur l’électrocardiogramme par la longueur de l’intervalle PR.
temps de conduction sino-atriale l.m.
sino atrial conduction time
Intervalle de temps séparant le début de l’onde P de l’électrocardiogramme de surface, et le sommet de l’onde de l’auriculogramme enregistrée sur l’électrocardiogramme endocavitaire.
Cet intervalle représente le temps de conduction sinusonodal et a normalement une durée de 30 à 55 millisecondes.
Son allongement témoigne d’un trouble de la conduction intraauriculaire.
vitesse de conduction l.f.
conduction rate, conduction velocity (CV)
Vitesse de propagation d'un potentiel d'action le long d'un nerf ou d'une fibre musculaire.
Le nerf est stimulé à intensité maximale ou supramaximale en deux points (distance de conduction). La différence des latences des deux réponses ainsi évoquées (potentiel d'action global des fibres du muscle, PAM, et potentiel d'action des fibres nerveuses sensitives, PAS) est le temps de conduction. La distance de conduction divisée par le temps de conduction donne la vitesse de conduction des fibres les plus rapides. Celle-ci est exprimée en m/s.
Sigle VC
→ neurone, potentiel d'action global du muscle, potentiel d'action sensitif
voie dorsale de conduction optique l.f.
dorsal stream, parietal stream
Module anatomique de traitement des signaux visuels relatifs à l’espace, qui regroupe des aires corticales étroitement connectées au cortex pariétal.
La voie pariétale reçoit essentiellement des projections de type M (magnocellulaire), traitant des signaux de latence courte, particulièrement adaptés au codage du mouvement, caractéristique de l’aire MT(medial temporal) du singe. La lésion de cette aire entraîne une perte de la discrimination des mouvements. Mais les effets de la lésion sont transitoires, sauf si la lésion implique également les aires adjacentes MST(medial superior temporal sulcus) et FST(floor of superior temporal sulcus). Le module de la voie dorsale est donc dévolu à la perception d’objets en mouvement, aux tâches de coordination visuomotrice ou de déplacement relatif du corps et de l’environnement.
Syn. voie occipitopariétale, voie pariétale
voie occipitopariétale de conduction optique l.f.
occipito-parietal approach
→ voie dorsale de conduction optique
voie occipitotemporale de conduction optique l.f.
occipito-temporal approach
→ voie ventrale de conduction optique
voie pariétale de conduction optique l.f.
parietal approach
→ voie dorsale de conduction optique
voie temporale de conduction optique l.f.
temporal stream
→ voie ventrale de conduction optique
voie ventrale de conduction optique l.f.
ventral stream
Module anatomique de traitement des signaux visuels de détails fins de formes, de texture et de couleurs, constitué par les connexions réciproques d'un groupe d'aires visuelles qui regroupe les aires étroitement connectées au cortex inférotemporal.
La voie ventrale reçoit des projections de type M(magnocellulaire), P(parvocellulaire) et K (koniocellulaire) dont la latence de réponse est très dispersée. Elle pourrait donc fonctionner selon un motif temporel d'activité créé par l'activation successive de ses composants. Dans cet ensemble, les neurones de l'aire V4 sont activés de façon optimale par les couleurs et les formes. Dans l'aire TE (temporale externe) du singe, les champs récepteurs répondent à des formes complexes centrées sur le point de fixation. C'est donc le module de traitement de la reconnaissance visuelle des formes.
Syn. voie occipito-temporale
voies de conduction cardiaques l.f.p.
cardiac conduction ways
Ensemble des structures intracardiaques qui assurent la naissance et la propagation de l’onde électrique d’excitation destinée au déclenchement de la contraction cardiaque.
Les altérations anatomiques ou fonctionnelles de ces voies entraînent des troubles dits conduction
voies de conduction optique l.f.p.
tractus opticus
optic, visual tracts
Voies qui assurent l'acheminement des sensations visuelles de la rétine au cortex cérébral et qui comprennent, à partir de la rétine : la voie primaire formée par le nerf optique, le chiasma optique, la bandelette optique, un relais dans le corps genouillé latéral, les radiations optiques (voies optiques intracérébrales) vers le cortex occipital et des prolongements secondaires vers les aires de reconnaissance du cortex occipito-pariétal et occipito-temporal.
Les cellules sensorielles, cônes et bâtonnets, envoient leurs informations aux cellules ganglionnaires par l’intermédiaire des cellules bipolaires. Les axones issus des cellules ganglionnaires se regroupent à la papille pour former le nerf optique (IIème paire crânienne) qui traverse le canal optique. Les deux nerfs droit et gauche se rejoignent au dessus de la partie antérieure de la selle turcique pour former le chiasma optique où se produit le croisement (décussation) sur la ligne médiane des axones qui proviennent de la région nasale de la rétine. Les axones provenant des régions temporales de la rétine ne croisent pas et restent homolatéraux. Ainsi les informations provenant du champ visuel droit sont dirigées vers l’hémisphère gauche et vice versa.
Les axones issus des angles postérieurs du chiasma forment les bandelettes optiques (ou tractus) qui atteignent les corps genouillés latéraux (CGL, partie du thalamus). Les cellules du CGL sont réparties en six couches. Les fibres issues des cellules ganglionnaires de grande taille (type M) de la rétine périphérique forment des synapses avec les grandes cellules des couches 1 et 2 ; celles-ci, avec leurs axones, forment le système magnocellulaire (5% des fibres). Les couches 3 à 6 formées de petites cellules reçoivent les axones issus de cellules P de la rétine et forment le système parvocellulaire (90% des fibres). Des cellules très petites forment la couche ventrale K (koniocellulaire) du CGL; elles reçoivent les axones de cellules ganglionnaires connectées aux cônes de type B (bleu).
Les axones issus du CGL forment les radiations optiques de Gratiolet qui, à travers la substance blanche, se dirigent vers le cortex occipital et aboutissent à l’aire visuelle primaire V1 du cortex strié (ex aire 17 de Brodmann), de part et d’autre de la scissure calcarine à la face axiale du lobe occipital. Les fibres provenant de la macula par l’intermédiaire du CGL aboutissent à la partie toute postérieure du cortex strié.
A partir de V1 les informations visuelles se propagent aux aires extra-striées V2 à V5, aires d’intégrations, avec deux voies principales : la voie dorsale ou occipito-pariétale vers le cortex pariétal, spécialisé dans la localisation spatiale et le mouvement et la voie ventrale, occipito-temporale pour la reconnaissance des formes, des objets et de la couleur.
Les aires visuelles occipitales correspondent approximativement aux aires rétiniennes (organisation rétinotopique) sans proportionnalité.
L. P. Gratiolet, anatomiste et zoologiste français (1854) ; K. Brodmann, anatomiste et neurologue allemand (1905 et 1908)
Syn. voies optiques
→ cellule ganglionnaire, corps géniculé latéral (CGL), chiasma optique, cortex visuelaire V1, aires visuelles, koniosystème, magnosystème, parvosystème, lobe occipital, voie dorsale, voie ventrale, organisation rétinotopique
voies de conduction visuelle l.f.p.
visual conduction tracts
→ voies de conduction optique, voies optiques secondaires et accessoires
étude de la conduction nerveuse l.f
nervous conduction evaluation
Variable liée aux caractéristiques des fibres nerveuses, qui est d'autant plus rapide que celles-ci sont myélinisées et de gros diamètre.
Cependant, un nerf périphérique étant composé des différents types de fibres, les vitesses de conduction sont comparables dans les nerfs étudiés en stimulodétection.
Les latences distales sont de l'ordre de 3,7 millisecondes pour les nerfs des membres supérieurs et de 5 millisecondes pour les nerfs distaux des membres inférieurs.
Les vitesses de conduction sont de l'ordre de 50 mètres par seconde pour les nerfs des membres supérieurs et de 40 mètres par seconde pour les nerfs des membres inférieurs. La vitesse de conduction sensitive est étudiée sur les nerfs en effectuant un rapport distance/ temps de latence. Les fibres proprioceptives sont explorées par l'étude du réflexe H.
[C2,H1,B3]
Édit. 2018