ballonnet de sonde d'intubation l.m.
cuff of a tracheal tube
Petit manchon gonflable en caoutchouc ou en plastique mince, placé au bout d'une sonde d'intubation trachéale et destiné à assurer l'étanchéité dans la lumière de la trachée.
La sonde est munie à l'extérieur d'un ballonnet témoin où règne la même pression que dans le ballonnet intratrachéal. Même en bon état, s'il est mal ou trop gonflé, un ballonnet trachéal peut être la cause d'accidents pulmonaires graves immédiats ou tardifs.
Trois causes de risques sont à signaler :
- défaut d'étanchéité : un ballonnet percé ou mal gonflé est la cause de fuites rendant la ventilation artificielle inefficace, ce qui entraîne une hypoxie-hypercapnie. Dans ces conditions, l'intubation ne protège pas contre une régurgitation ;
- excès de gonflage : il résulte soit d'un remplissage initial excessif du ballonnet, soit, lors d'une anesthésie de longue durée, de la diffusion progressive du N2O à travers la fine paroi du ballonnet. Le ballonnet comprime alors la paroi trachéale, ce qui arrête la circulation au niveau du contact avec la muqueuse. Un ballonnet témoin trop tendu doit permettre de contrôler le gonflage. La compression de la muqueuse peut être à l'origine d'ulcérations entraînant par la suite une sténose cicatricielle, souvent méconnue, qui peut engendrer une dyspnée inspiratoire à l'effort et ultérieurement un emphysème pulmonaire par effet de soupape dynamique ;
- hernie du ballonnet : elle peut former un clapet entravant l'expiration et simulant un bronchospasme. Le ballonnet témoin ne permet pas de détecter cet accident.
Aussi, avant d'intuber, convient-il de vérifier la symétrie de gonflage des ballonnets après les avoir légèrement gonflés.
L'emploi de sondes à usage unique a quasiment supprimé le risque de hernie du ballonnet et l'emploi des ballonnets larges à basse pression (qui diminuent l'ischémie de la muqueuse trachéale) a considérablement réduit le risque d'ulcération générateur de sténose trachéale. Mais il subsiste le risque de dégonflage accidentel du ballonnet trachéal ou de son gonflement insidieux par diffusion d'oxyde nitreux.
La surveillance attentive du ballonnet témoin est indispensable en anesthésie comme en réanimation (notamment pour les sondes de trachéotomie à ballonnet).
Lors du premier examen clinique d'un emphysème, il faut rechercher la notion d'une ancienne anesthésie générale longue ou d'une intubation difficile : si cela est confirmé, la recherche d'une éventuelle sténose trachéale est indiquée si l'exploration fonctionnelle apporte des arguments (VIMS diminué).
Édit. 2017